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07/07/2025

mon nom ferait plus de tort que de bien à l’ouvrage, et ne manquerait pas de réveiller des ennemis qui croiraient trouver trop de liberté dans les articles les plus mesurés

... On brasse beaucoup d'air (ce qui pourrai être agréable en période caniculaire ) de tous côtés à l'heure de désigner un.e candidat.e  capable d'être élu.e à la mairie de Paris : https://www.leparisien.fr/elections/municipales/municipales-paris/

Quelques notables sont notablement indésirables, de vrais repoussoirs  pour les postulants .

En cas de doute, il reste la bonne vieille méthode enfantine du tire-poils qui en vaut bien d'autres .

 

 

« A Jean Le Rond d'Alembert

31 de janvier [1770] 1

Rétablissez votre santé, mon très cher philosophe ; j’en connais tout le prix, quoique je n’en aie jamais eu : porro unum est necessarium 2, et sans ce nécessaire, adieu tout le plaisir, qui est plus nécessaire encore. Je me souviens que je n’ai pas répondu à une galanterie de votre part qui commençait par Sic ille vir 3: soyez sûr que vir ille n’a jamais trempé dans l’infâme complot dont vous avez entendu parler. Il n’est pas homme à demander ce que certaines personnes avaient imaginé de demander pour lui ; mais il désirerait fort de vous embrasser et de causer avec vous.

Je vous avais bien dit que l’aventure de Martin était véritable 4. Le procureur général travaille actuellement à réhabiliter sa mémoire : mais comment réhabilitera-t-on les Martins qui l’ont condamné ? le pauvre homme a expiré sur la roue, et le tout par une méprise. Qu’on me dise à présent quel est l’homme qui est assuré de n’être pas roué !

Voici l’édit des libraires 5, tel que je l’ai reçu ; c’est à vous à voir si vous l’enregistrerez. Pour moi, je déclare d’abord que je ne souffrirai pas que mon nom soit placé avant le vôtre et celui de M. Diderot dans un ouvrage qui est tout à vous deux. Je déclare ensuite que mon nom ferait plus de tort que de bien à l’ouvrage, et ne manquerait pas de réveiller des ennemis qui croiraient trouver trop de liberté dans les articles les plus mesurés. Je déclare, de plus, qu’il faut rayer mon nom, pour l’intérêt même de l’entreprise.

Je déclare enfin que si mes souffrances continuelles me permettent l’amusement du travail, je travaillerai sur un autre plan qui ne conviendra pas peut-être à la gravité d’un Dictionnaire encyclopédique 6.

Il vaut mieux d’ailleurs que je sois le panégyriste de cet ouvrage que si j’en étais le collaborateur.

Enfin ma dernière déclaration est que si les entrepreneurs veulent glisser dans l’ouvrage quelques-uns des articles auxquels je m’amuse, ils en seront les maîtres absolus quand mes fantaisies auront paru. Alors ils pourront corriger, élaguer, retrancher, amplifier, supprimer tout ce que le public aura trouvé mauvais ; je les en laisserai les maîtres.

Vous pourrez, mon très cher philosophe, faire part de ma résolution à qui vous jugerez à propos : tout ce que vous ferez sera bien fait ; mais surtout portez-vous bien. Mme Denis vous fait ses compliments ; nous vous embrassons tous deux de tout notre cœur. »

1 Ed. Kehl ; Renouard qui restitue les deuxième et troisième phrases du premier paragraphe omises par Kehl.

2 Luc, X, 42 : https://saintebible.com/luke/10-42.htm

Pourtant une seule chose est nécessaire .

3 Faisant allusion aux difficultés que V* éprouve à rentrer à Paris, dans la lettre du 11 décembre 1769 de d'Alembert :  https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome46.djvu/523

On trouve « Hiccine vir patriae natus » c'est-à-dire « Cet homme né pour sa patrie » ; V* change la formule non le sens : « ainsi cet homme là... »

4 Ce n'est pas ce qu'en dit ici V* qui confirme la vérité , voir lettre du
9 août 1769 à Dompierre d'Hornoy :
http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/02/16/on-dit-que-vous-etes-un-des-meilleurs-acteurs-que-nous-ayons-c-est-dommage.html

5 Le prospectus pour l'Encyclopédie révisée, que V* nomme édit par allusion à la solennité du ton des libraires .

6 Cette allusion aux Questions sur l'Encyclopédie devient tout à fait claire .

Éthis de Novéau

... Rien de nouveau ...

 

« A Éthis de Novéau 1

[Ferney 30 janvier 1770]2

[Pas de texte disponible.]

1 Commissaire provincial des guerres à Besançon.

2Manuscrit olographe signé , passé à la vente chez Charavay le 17 avril 1880, puis une seconde fois le 25 mai 1882 .

Voir aussi 7111 https://c18.net/vll/vll_pages.php

Il faudra craindre les oppositions de ceux qui sont intéressés à rendre éternelle la tyrannie dont on se plaint

... Serais-je qualifié de mal pensant, médisant infect si je voyais les marchands d'armes - tous les marchands d'armes, de tous pays - comme des profiteurs intéressés à ce que les conflits n'aient point de fin , que les dictateurs règnent éternellement ? J'aimerais bien me tromper à ce sujet . But business is business every where, all the  time ! L'ONU n'est plus qu'une coquille creuse qui constate, dénonce et ne peut rien : c'est tout ; par exemple récent :  https://www.slate.fr/monde/genocide-gaza-onu-rapport-mult...

 

 

« A Charles-Frédéric-Gabriel Christin fils

Avocat en Parlement

à Saint-Claude

Le solitaire mande au petit philosophe, son ami, que l’édit pour la fondation de Versoix 1 va paraître ; alors le moment pourra être favorable pour présenter la requête 2. Je crois qu’il faudra en envoyer des copies collationnées à tous les ministres. Une affaire si délicate ne peut être jugée que dans le conseil du roi. Il faudra craindre les oppositions de ceux qui sont intéressés à rendre éternelle la tyrannie dont on se plaint. Vos ennemis sont sans doute instruits de la démarche des communautés. Il serait bon de répandre le bruit qu’on a renoncé à l’entreprise ; on frapperait le coup plus sûrement. Je désire autant que vous le succès de cette affaire.

Pour la babiole des Choudens, j’ai mandé à Balleidier 3 de faire tout ce qu’il voudrait ; je serai mort avant que cette affaire soit entièrement jugée.

J’attendrai avec bien de l’impatience que vous veniez ici faire vos pâques.

Je vous embrasse bien tendrement, mon cher ami. 

30è janvier 1770.»

1 La chute de Choiseul empêcha qu'un édit officiel ne fut rendu ; voir pourtant la Gazette de France du 5 novembre 1770, et Caussy N.

2 Pour les serfs du mont Jura, contre les privilèges des communautés religieuses du Jura, la requête Au Roi en son Conseil, rédigée par Christin, revue par V*, publiée à Genève, 1770 : https://artflsrv03.uchicago.edu/philologic4/toutvoltaire/navigate/894/1/

3 Procureur à Gex ; pour l'affaire Choudens, voir : https://journals.openedition.org/rde/6070