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08/10/2012

Quel ouvrage plus digne de vous et quelle plume plus digne de ce héros, pour transmettre sa gloire à la postérité ?

 ... Un film documentaire, par exemple, pour toi petit Zorro Poutine !

http://www.rfi.fr/europe/20120217-russie-poutine-storytelling-russia-2012

 Attention ! méfiance, mafia .

 

le cas poutine 0630.JPG

 

 

« A Monsieur de Voltaire [de la part de Fedor Pavlovitch Veselovsky] 1

 Genève le 16 février 1757

 Monsieur,

Je n'ignore pas combien un éloge de la part d'un particulier, quelque juste qu'il soit, doit peu toucher un goût aussi délicat qu'est le vôtre, particulièrement après ceux dont toute l'Europe éclairée vous a comblé ; mais quand j'aurai l'honneur de vous apprendre qu'il n'y a point de pays où votre mérite , vos talents et votre rare génie soient mieux reconnus, plus honorés et admirés qu'en Russie, ma patrie, je me flatte que cette nouvelle connaissance ne vous sera pas indifférente . J'y ajouterai encore que parmi tous vos admirateurs, il est une personne de la cour des plus distinguées par ses vertus, ses lumières et son haut rang qui en est le plus pénétré : c'est monsieur le comte Jean de Schouvaloff, chambellan et lieutenant-général de Sa Majesté impériale . Ce seigneur, zélé pour l'honneur de sa patrie et pour la gloire de Pierre le Grand, est persuadé comme moi qu'on ne pourrait rendre un service plus signalé à la Russie qu'en vous engageant, monsieur, à écrire l'histoire du règne de ce grand monarque. Quel ouvrage plus digne de vous et quelle plume plus digne de ce héros, pour transmettre sa gloire à la postérité ?

Ce seigneur ne pouvant se flatter de vous attirer dans sa patrie pour mettre la main à un tel ouvrage, espère que dans votre retraite ici vous n'aurez aucune répugnance d'entreprendre cette histoire qui ne fera qu'ajouter un nouveau lustre à votre brillante réputation et qui vous sera d'autant plus facile à exécuter que ce seigneur pourra vous envoyer tous les mémoires et tous les matériaux nécessaires ; il y a d'ailleurs une collection de médailles en or des principaux évènements du règne de Pierre le Grand qui pourrait vous aider dans cet ouvrage et qu'il m'a chargé de vous offrir , monsieur, comme une marque d'amitié et d'estime qu'il a pour vous . En vous les faisant parvenir, il serait flatté que vous les agréassiez . Je ne saurais, monsieur, vous exprimer la satisfaction que je ressens de m’acquitter d'une commission aussi flatteuse pour moi ; rien ne peut l'égaler que l'espérance que j'ai de pouvoir réussir dans ma négociation ; vous voudrez bien me faire la faveur de me marquer votre intention, et celle d'agréer les assurances des sentiments de la plus haute estime avec lesquels , j'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très humble et très obéissant » etc.

 

je dirais que tout cela est d'une création nouvelle, et j'entrerais en matière par faire connaître le créateur de tous ces prodiges

... Et si j'ajoute que l'on parle ici de la Russie, vous devinez aisément que le crateur de prodiges ne peut être que Vlad (pour les intimes, s'il en reste ) Poutine pour le reste du monde dit civilisé . 

On peut le voir en belle compagnie, le pope étant le confident/confesseur/informateur du KGB de notre Tartufe moderne .

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 A tout prendre, la poutine canadienne n'a pas le même pouvoir de nuisance, même si certains me trouvent optimiste à ce sujet .

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« A M. Fedor Pavlovitch VESELOVSKY 1

A Monrion, février [1757].

Monsieur, j'ai reçu une lettre 2 que j'ai crue d'abord écrite à Versailles ou dans notre Académie, et c'est vous, monsieur, qui me faites l'honneur de me l'adresser. Vous me proposez ce que je désirais depuis trente ans; je ne pouvais mieux finir ma carrière qu'en consacrant mes derniers travaux et mes derniers jours à un tel ouvrage.
Je ferais le voyage de Pétersbourg si ma santé pouvait le permettre mais, dans l'état où je suis, je vois que je serai réduit à attendre dans ma retraite les matériaux que vous voulez bien me promettre.
Voici quel serait mon plan. Je commencerais par une description de l'état florissant où est aujourd'hui l'empire de Russie, de ce qui rend Pétersbourg recommandable aux étrangers, des changements faits à Moscou, des armées de l'empire, du commerce, des arts, et de tout ce qui a rendu le gouvernement respectable.
Ensuite je dirais que tout cela est d'une création nouvelle, et j'entrerais en matière par faire connaître le créateur de tous ces prodiges. Mon dessein serait de donner ensuite une idée précise de tout ce que l'empereur Pierre le Grand a fait depuis son avénement à l'empire, année par année.
Si M. le comte de Schouvalow a la bonté, monsieur, comme vous m'en flattez, de me faire parvenir des mémoires sur ces deux objets, c'est-à-dire sur l'état présent de l'empire et sur tout ce qu'a fait Pierre le Grand, avec une carte géographique de Pétersbourg, une de l'empire, l'histoire de la découverte du Kamtchatka, et enfin des renseignements sur tout ce qui peut contribuer à la gloire de votre pays, je ne perdrai pas un instant, et je regarderai ce travail comme la consolation et la gloire de ma vieillesse.
La suite des médailles est inutile; elles se trouvent dans plusieurs recueils, et la matière de ces médailles est d'un prix que je ne puis accepter. Je souhaiterais seulement que M. le comte de Schouvalow voulût bien m'assurer que Sa Majesté l'impératrice désire que ce monument soit élevé à la gloire de l'empereur son père, et qu'elle agrée mes soins.
Voilà, monsieur, quelles sont mes dispositions. Je me tiendrai très-honoré et très-heureux si elles s'accordent avec les vôtres j'attendrai vos ordres et ceux de M. le comte de Schouvalow, à qui vous me permettrez de présenter ici mes respects en recevant les miens.
J'ai l'honneur d'être, monsieur, avec tous les sentiments que je vous dois, etc. »

1 Cette lettre est une réponse à une lettre de Veselovsky de Genève du 16 février 1757 . Les deux frères Veselovsky, Fedor et Avram avaient été impliqués dans l'affaire du prince-héritier Alexis , fils de Pierre 1er . Avram s'était établi à Genève et Fédor avait retrouvé la faveur impériale .

On considèra aussi, au XIXè , par erreur, que le destinataire était Michel, comte de Bestucheff-Riumin, né vers 1686, ambassadeur de l'impératrice Elisabeth à Paris de 1756 à 1760, année où il mourut .