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19/02/2017

conforme à la prud’homie de la police et aux volontés du parterre, volontés qui sont souvent des caprices auxquels il ne faut pas se rendre aveuglément, mais qu’il ne faut pas choquer avec trop d’obstination

... Tel est Fanfoué Fillon :"Je suis candidat et j'irai jusqu'à la victoire !" .

Candidat : ouaip !

La victoire : pffftt, oublie ça gamin ! retourne dans ta boite de conseil, tu n'impressionne plus personne, tout le monde est prêt à te rentrer dedans, seuls ceux de ton parti (et encore pas les plus nombreux actuellement) qui ont peur de risquer de couler avec toi (financièrement parlant : plus de place d'élu = fin de sinécure ) font le choix forcé de te soutenir .         

 Et que dire des navrances du programme de Nicolas Dupont Aignan, content de lui-même, cela va sans dire ! ainsi que des ruineux programmes de Marine ? Glisser- déposer dans la Corbeille (avec leurs auteurs ) - vider Corbeille - Formater disque .

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« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grace Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

2 mars [1762] à Ferney 1

O mes anges, vous aurez incessamment Acanthe 2 conforme à la prud’homie de la police 3 et aux volontés du parterre, volontés qui sont souvent des caprices auxquels il ne faut pas se rendre aveuglément, mais qu’il ne faut pas choquer avec trop d’obstination.

A l’égard de Cassandre, nous avons du temps ; et si mon ours de six jours demande six mois pour être léché, nous lécherons six mois entiers sans plaindre notre peine, puisque vous ne la plaignez pas. Vous êtes, vous dis-je, d’impitoyables anges ; vous ne faites pas seulement attention que j’ai tout Pierre Corneille sur les bras, et encore l’Histoire générale des sottises des hommes, depuis Charlemagne jusqu’à notre temps, que je suis vieux et malade, et que je me tue pour une nation un peu ingrate . Mais mes anges me tiennent lieu de ma nation.

Vous ne m’avez rien dit de la façon dont le public a appliqué certains vers d’Aménaïde au maréchal de Broglie.4

Vous ne daignez pas me rassurer sur la prétendue intelligence de Pierre III et de Frédéric III, j’y suis pourtant très intéressé en qualité d’historiographe russe . Mais vous ne me croyez que citoyen des faubourgs d’Éphèse. Vous savez que ma chère impératrice Élisabeth avait souscrit deux cents exemplaires pour Marie Corneille.

Vous ne me dites rien non plus du parlement de Bourgogne, qui s’est avisé aussi de cesser de rendre justice pour faire dépit au roi, qui sans doute est fort affligé qu’on ne juge point mes procès. Le monde est bien fou, mes chers anges. Pour le parlement de Toulouse, il juge ; il vient de condamner un ministre de mes amis à être pendu 5, trois gentilshommes à être décapités, et cinq ou six bourgeois aux galères 6; le tout pour avoir chanté des chansons de David . Ce parlement de Toulouse n’aime pas les mauvais vers 7.

Permettez que je joigne ici un petit billet pour Lekain 8.

Je baise vos ailes avec componction. 

V.»

1 L'édition de Kehl, suivie des autres éditions, omet l'avant-dernier paragraphe rayé sur la copie Beaumarchais .

2 Un des personnages du Droit du seigneur .

3 Il semblerait bien que les censeurs aient demandé des corrections dans le texte aussi bien que dans le titre ; voir lettre du 9 mars 1762 à Damilaville une semblable allusion : « Tout ce qui a été ridiculement retranché à la police de Paris a été rétabli à la nôtre . »

4 Il s'agissait du vers : « On dépouille Tancrède, on l’exile, on l'outrage » ; voir lettre du 5 mars 1762 au cardinal de Bernis : http://www.monsieurdevoltaire.com/article-correspondance-annee-1762-partie-9-122909800.html

. Thieriot écrira le 3 mars à V* : « Vous savez que M. le maréchal et le comte de Broglie ont été exilés sur l'examen de leur mémoire . On joua Tancrède à Paris le soir que la nouvelle en fut répandue . Lorsque Mlle Clairon eut dit ces vers : On dépouille Tancrède, On l'exile, on l'outrage ./ C'est le sort d'un héros, etc. , on fit l'application, et on applaudit si fort qu'on ne remettra la pièce que dans quelques jours d'ici . »

7 On retrouve à peu près la même formule dans le Pot pourri : «  … Dieu aime-t-il les mauvais vers et la mauvaise musique ? »

 

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