26/02/2026
Pardonnez-moi cette opiniâtreté
... Nous le faisons volontiers M. Zelensky , d'autant plus que l'acharnement atroce de Poutine fait frémir et qu'on ne lui pardonnera jamais tous les morts et invalides tant ukrainiens, que russes .

https://www.cartooningforpeace.org/editos/lukraine-en-que...
« A Catherine II, impératrice de Russie
À Ferney, 28è auguste 1770
Madame,
Mes craintes sont dissipées, malgré tous les efforts des dissidents de Pologne et des gazetiers des autres pays . Votre victoire complète remportée sur les Ottomans auprès du Pruth 1 est une terrible réponse. Que Votre Majesté impériale me permette de lui témoigner l’excès de ma joie. Je ne suis plus en peine de la Grèce, sur laquelle on me donnait tant d’alarmes. Je vous crois toujours maîtresse de Navarin et de plusieurs autres places. Il n’est pas croyable que vos troupes aient évacué ce pays, comme on le dit, lorsque vous battez les Turcs sur mer comme sur terre ; et quand même la division de vos forces vous obligerait de différer ou même d’abandonner la conquête de la Grèce, ce serait toujours une entreprise qui vous comblerait de gloire. Je maintiens qu’il ne s’est rien fait de si grand depuis Annibal ; et cet Annibal, qui fut enfin contraint de retourner en Afrique, n’en a pas moins de réputation. Quand vous n’auriez réussi qu’à porter la terreur aux portes de Constantinople, à mener vos troupes jusqu’auprès de Corinthe, et à peupler vos États d’un grand nombre de familles grecques, vous auriez eu encore un grand avantage ; mais votre dernière victoire me fait tout espérer.
Si vous voulez pousser vos conquêtes, vous les étendrez, je pense, où il vous plaira ; et si vous voulez la paix, vous la dicterez. Pour moi, je veux toujours que Votre Majesté aille se faire couronner à Constantinople. Pardonnez-moi cette opiniâtreté ; elle est presque aussi forte que celle avec laquelle je suis attaché à votre personne et à votre gloire et puisque vous êtes devenue ma passion dominante, je me flatte que Votre Majesté impériale daignera toujours recevoir avec bonté le profond respect et le dévouement inviolable du vieux hermite de Ferney. »
1 V* répond ici à la lettre de Catherine II du 21 juillet/1er août 1770 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_7966
17:36 | Lien permanent | Commentaires (0)
Que j’aime à voir notre vicaire Appliquer assez pesamment Un baiser, près du sanctuaire, A la femme du prédicant !
... Entente cordiale et tolérance religieuse souhaitables , en tout bien tout honneur bien sûr .
« A Louise-Honorine Crozat, duchesse de Choiseul
et à
Etienne-François de Choiseul-Stainville, duc de Choiseul-Stainville
Ferney, 27è Auguste 1770
Madame,
Après avoir embelli votre royaume de Chanteloup par vos bienfaits, vous venez encore, M. le duc de Choiseul et vous, d’étendre vos grâces sur notre hameau de Ferney.
Peut-être apprendrez-vous tous deux avec quelque satisfaction que nos émigrants ont donné pour la Saint-Louis une petite fête qui a consisté en un très bon souper de cent couverts, avec illumination, feu d’artifice, et des vive le roi sans fin. Peut-être même monsieur le duc ne sera pas fâché d’apprendre au roi qu’il est aimé et célébré par ses nouveaux sujets comme par les anciens.
Vos noms, madame, n’ont été oubliés ni en buvant, ni dans le feu d’artifice.
Nous étions tous fort attendris,
Voyant, du fond de nos tanières,
Des Choiseul les beaux noms écrits
En caractères de lumières
Sur nos vieux chênes rabougris,
Et parmi nos sèches bruyères.
C’était un plaisir de voir nos huguenots et nos papistes être tous de la même religion, en 1 montrant à leurs bienfaiteurs la même reconnaissance.
Rien n’est plus selon mon humeur
Que de voir ces bons hérétiques
Boire et chanter de si grand cœur
Avec nos pauvres catholiques.
Dans cet asile du bonheur 2,
Le prêche est ami de la messe ;
Ils se sont dit : Vivons heureux,
Et tolérons avec sagesse
Ceux qui se moquent de nous deux.
Que j’aime à voir notre vicaire
Appliquer assez pesamment
Un baiser, près du sanctuaire,
A la femme du prédicant !
On voit bien après cela, monseigneur, qu’il n’y a pas moyen de refuser un édit de tolérance.
Nos colons, vos protégés, se mettent à vos pieds, et nous supplions tous notre bienfaiteur et notre bienfaitrice d’agréer nos profonds respects et notre reconnaissance.
Le vieil ermite de Ferney, secrétaire. »
1 La copie Beaumarchais suivie des autres éditions remplace ce en par et .
2 Ce vers omis dans la copie Beaumarchais, est restitué d'après l'édition de Kehl .
08:31 | Lien permanent | Commentaires (0)

