28/01/2024
vous vous en tirerez comme vous pourrez
... Ceci est valable autant pour M. Attal que pour les paysans qui en viennent au blocage des routes et de l'éonomie . Nous ne sommes plus durant la Guerre de Cent ans, alors que donnera cette jacquerie moderne ?
Is this the right time for an uprising?
https://www.google.com/search?client=firefox-b-d&q=uprising+muse#fpstate=ive&vld=cid:6795155f,vid:w8KQmps-Sog,st:0
«A François de Chennevières
10 juin 1768 1
Mon cher ami, je fais partir par la poste une Princesse de Babylone, mais vous ne la recevrez pas plus que les autres paquets, à moins que vous ne vous adressiez à M. Jeannel ; je vous en donne avis . On ne croit pas qu’un livre arrivé de Genève puisse regarder les hôpitaux militaires . Cependant je hasarde l'envoi, vous vous en tirerez comme vous pourrez .
J’aurai bien voulu être entre vous, Mme de Chennevières et Mme Denis, mais ma destinée ne le permet pas . Je suis réduit à vous embrasser de loin, à cultiver la terre, à faire de mauvaise prose et de mauvais vers.
Je prends le parti d'adresser le paquet à M. Jeannel pour Mme de Chennevières. »
1 Boissy d'Anglas, incomplète de la dernière phrase ; copie ancienne ; édition Cayrol.
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27/01/2024
Il y a cinquante ans que j’ai fait vœu de douter
... Et j'en suis sûr ! A moins que ...
« A Horace Walpole
6 Juin 1768, à Ferney, près Genève 1
Monsieur, j’apprends dans ma retraite que vous avez fait un excellent ouvrage 2 sur le pyrrhonisme de l’histoire, et que vous avez répandu une grande lumière sur l’obscurité qui couvre encore les temps des rose blanche et rouge, toutes deux sanglantes et fanées.
Il y a cinquante ans que j’ai fait vœu de douter ; j’ose vous supplier, monsieur, de m’aider à accomplir mon vœu. Je vous suis peut-être inconnu, quoique j’aie été honoré autrefois de l’amitié of the two brothers 3. Je n’ai d’autre recommandation auprès de vous que l’envie de m’instruire : voyez si elle suffit ; voulez-vous avoir la bonté de m’envoyer votre ouvrage par la poste, sous l’enveloppe de M. le chef du bureau des interprètes, à Versailles ? Ma témérité va plus loin encore, monsieur. J’ai toujours douté de l’assassinat de M. de Genonville 4, qui a produit en France plus de mauvais vers 5 que de représailles . Je vois que, dans aucune pièce juridique, dans aucun manifeste, dans aucun écrit des ministres respectifs, il n’est question de cet assassinat prétendu. Si cependant il est vrai que vos soldats aient commis cette barbarie sauvage ou chrétienne en Canada, je vous prie de me l’avouer ; s’ils n’en sont pas coupables, je vous prie de les justifier par un mot de votre main. Tout ce que la renommée m’apprend de vous me persuade que vous pardonnerez à toutes les libertés que je prends.
Vous pardonnerez encore plus à mon ignorance de vos titres ; je ne respecte pas moins votre personne. Je connais plus votre mérite que les dignités dont il doit être revêtu.
Je suis avec l’estime la plus respectueuse, etc.
Voltaire. »
1 Édition The Works of Horatio Walpole, Earl of Oxford, 1798, qui donne la date précise.
2 Historic Doubts on the Life and Reign of King Richard the Third, 1768 ( Doutes sur la vie et le règne de Richard III. ) . Noter que V* reprendra bientôt comme titre d'un ouvrage la formule « pyrrhonisme de l'histoire ».
3 Robert Walpole premier comte d'Oxford , père d'Horace et William Walpole premier baron Walpole, oncle d'Horace . (F. François.)
4 Lapsus ( significatif de la part de V* qui a eu Genonville pour ami ) pour Jumonville, officier français assassiné sans déclaration de guerre par les Anglais au Canada ; voir les lettres du 4 juin 1757 à J.-R. Tronchin : « Je ne suis pas fâché que les Anglais soient punis . Ils ont été assassins en Amérique, pirates sur mer, receleurs sur le Gange.. Ils méritaient bien quelque petit châtiment. » et du 12 juillet 1757 à Le Compasseur de Créquy- Montfort, marquis de Courtivron : http://www.monsieurdevoltaire.com/article-correspondance-annee-1757-partie-11-116532843.html
Dans ses notes bibliographiques, Walpole enregistre à la date du 20 juin 1768 la réception de cette lettre de V* ainsi que la suite de la correspondance . Il note qu'il refuse d’entrer en controverse avec V* sur un point d'histoire où « toute la France serait de son côté, et l'Angleterre du mien . »
5 Allusion au poème de Antoine-Léonard Thomas qui avait paru en 1759 : Jumonville, poème historique, 1759 .
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26/01/2024
de pareils sujets mériteraient d’être mis souvent sur la scène. Il est vrai qu’ils sont difficiles à traiter
... La vie des agriculteurs, français en particulier, est brutalement mise au grand jour, quelles seront les solutions compatibles entre écologie, santé publique et revenus raisonnables pour ceux qui nous nourrissent ?
https://www.20minutes.fr/societe/4072676-20240125-manifes...

« A Paul-Phlippe Gudin de La Brenellerie 1
Si je n’ai pas eu l’honneur, monsieur, de vous remercier plus tôt, pardonnez à un vieillard malade. Je n’en ai pas moins senti le mérite de votre pièce, et les bontés dont vous vouliez m’honorer. Je viens de lire votre tragédie 2, qui a été imprimée à Genève depuis un mois; il n’y a plus moyen de vous parler en critique, quand l’ouvrage est publié : je ne dois vous parler qu’en homme très reconnaissant, et surtout très persuadé que de pareils sujets mériteraient d’être mis souvent sur la scène. Il est vrai qu’ils sont difficiles à traiter ; mais il paraît, à votre coup d’essai, que vous seriez capable de faire des chefs-d’œuvre ; la conformité de votre manière de penser avec la mienne semble me permettre de compter un peu sur votre amitié ; les philosophes n’ont plus d’autre consolation que celle de se plaindre ensemble.
J’ai l’honneur d’être, avec tous les sentiments que vous méritez,
monsieur,
votre très humble, et très obéissant serviteur
V.
6 juin 1768.»
1 Voir : https://data.bnf.fr/fr/11906110/paul-philippe_gudin_de_la_brenellerie/
et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul-Philippe_Gudin_de_La_Brenellerie
2 Lothaire, ou le Royaume mis en interdit : https://books.google.fr/books?id=MO07plg6hUMC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false
Sur cet ouvrage, voir lettre de mai 1768 à Cramer : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/01/10/en-attendant-on-le-prie-d-envoyer-les-quatre-volumes-des-nou-6479620.html
Cette tragédie ne fut jamais représentée .
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C’est du temps qu’il faut attendre la réforme. On parle comme on peut, on se conduit de même, et chacun vit avec ses défauts comme avec ses amis
... Le gouvernement, au contraire est pressé de promulguer le décret d'application de la loi sur l'immigration ce qui fait hurler des grandes gueules de droite qui jouent aux vierges effarouchées stupides : https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/01/26/loi-imm...
« A D'Antoine 1
6 juin 1768
Ma vieillesse et mes maladies m’ont empêché, monsieur, de répondre plus tôt à votre lettre du 21 de mai ; mes yeux affaiblis distinguent à peine les caractères. Je suis peu en état de juger de la réforme que vous voulez faire dans les langues de l’Europe. Il en est peut-être de ces langues comme des mœurs et du gouvernement ; tout cela ne vaut pas grand’chose . C’est du temps qu’il faut attendre la réforme. On parle comme on peut, on se conduit de même, et chacun vit avec ses défauts comme avec ses amis.
Cependant si vous voulez absolument réformer les langues, vous pouvez m’adresser votre ouvrage 2 à Lyon, chez M. Lavergne, mon banquier, par les voitures publiques. En attendant que la langue française se corrige, et que tout le monde écrive français avec un a, et non pas avec un o, comme saint François d’Assise, mon cher patron, j’ai l’honneur d’être, selon la formule ordinaire des Français,
monsieur,
votre très humble. »
1 Copie Beaumarchais-Kehl avec en-tête « à M. Dantoine à Manosque en Provence » ; édition de Kehl .
2 Cet ouvrage semble ne pas avoir été publié . Voir : https://books.google.fr/books?id=R16KBegzW9AC&pg=PA30&lpg=PA30&dq=dantoine+d+antoine+manosque+1768+voltaire&source=bl&ots=7fbl-caSHM&sig=ACfU3U1XYq2pX3YOT7o-4sTMom-Ub8BhSQ&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiAqaXTpPuDAxUuTaQEHWGACdQQ6AF6BAgaEAM#v=onepage&q=dantoine%20d%20antoine%20manosque%201768%20voltaire&f=false
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Il est clair que c'est un maraud
... Tel Mathias Vicherat, directeur de Sciences Po , en délicatesse avec la justice et les étudiants : https://www.liberation.fr/societe/education/accuse-de-violences-conjugales-le-directeur-de-sciences-po-mathias-vicherat-retrouvera-ses-fonctions-lundi-20240124_5AVZDP63VRDH5DED5PC5KDJSNY/
« A Charles-Frédéric-Gabriel Christin
Avocat au Parlement à
Saint-Claude
en Franche-Comté
Mon cher ami, je vous ai envoyé trois factums 1, comme on donnait des [ ] au prince de [ ] pour l’amuser 2 . Je vous prie, quand vous n'aurez pas de client à défendre au parlement de Saint-Claude, de lire ce procès auquel je m'intéresse 3, et de m'en dire votre avis . L'abbé Clautre s'appelle sans doute Tartuffe dans son nom de baptême . Il est clair que c'est un maraud, mais j'ai peur que ce maraud n'ai raison juridiquement sur deux ou trois points assez essentiels .
Dites-moi je vous prie votre avis , ou plutôt venez me le dire si vous avez un moment de loisir, et si vous aimez qui vous aime .
V.
6 juin 1768. »
1 Sur ceux-ci, voir lettre du 25 juin 1768 à Christin : « Je ne vous ai pas remercié, mon cher ami, aussitôt que je l'aurais dû de votre patience à lire trois gros mémoires, et de l'avis que vous avez donné avec tant de sagacité . »
2 Plusieurs mots ont été ici fortement biffés
3 Voir Le Procès Claustre : https://fr.wikisource.org/wiki/Proc%C3%A8s_de_Claustre/%C3%89dition_Garnier
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25/01/2024
Que le bon Dieu vous accorde de bons comédiens, pour amuser la vieillesse où l’un de vous deux va bientôt entrer, si je ne me trompe ; car il faut s’amuser : tout le reste est vanité et affliction d’esprit
... Meilleurs voeux pour le couple E. et B. M*** , Dieu reconnaîtra les siens .
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental
et à
Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental
6 Juin 1768 1
Mes chers anges,
Vous voulez une nouvelle édition de la Guerre de Genève ; mais vous ne me dites point comment il faut vous la faire parvenir. Je l’envoie à tout hasard à M. le duc de Praslin, quoiqu’il soit, dit-on, à Toulon. S’il y est, il n’y sera pas longtemps, et vous aurez bientôt votre Guerre.
Que le bon Dieu vous accorde de bons comédiens, pour amuser la vieillesse où l’un de vous deux va bientôt entrer, si je ne me trompe ; car il faut s’amuser : tout le reste est vanité et affliction d’esprit, comme dit très bien Salomon 2. Je doute fort que le Palatin, qu’on veut faire venir de Varsovie 3, remette le tripot en honneur. J’attends beaucoup plus de ma Cateau de Russie et du roi de Pologne ; ce sont eux qui sont d’excellents comédiens, sur ma parole.
Je suis fâché que mon gros neveu le Turc veuille faire une grosse histoire de la Turquie 4, dans le temps que Lacroix, qui sait le turc, vient d’en donner un abrégé très commode, très exact, et très utile 5. Je suis encore plus fâché que mon gros petit-neveu soit si attaché aux assassins du c.d.L.B 6. Pour moi, je ne pardonnerai jamais aux barbares.
Écoutez bien la réponse péremptoire que je vous fais sur les fureurs d’Oreste . Elles sont telles qu’elles doivent l’être dans l’abominable édition de Duchesne, et telles qu’on les débite au tripot : mais vous savez que cet Oreste fut attaqué et défait par les soldats de Corbulon 7. On affecta surtout de condamner les fureurs, qui d’ailleurs furent très mal jouées, et qui doivent faire un très grand effet par le dialogue dont elles sont mêlées, et par le contraste de la terreur et de la pitié, qui me paraissent régner dans cette fin de la pièce. Je fus forcé, par le conseil de mes amis, de supprimer ce que j’avais fait de mieux, et de substituer de la faiblesse à de la fureur J’ai toujours ressemblé parfaitement au Meunier, à son Fils, et à son âne 8. J’ai attendu l’âge mûr d’environ soixante-quinze ans pour en faire à ma tête, et ma tête est d’accord avec les vôtres en faisant faire un grand carton par les frères Cramer et le savant Panckoucke qui a traduit Lucrèce assez platement 9.
Vous ne me parlez point, mon cher ange, de l’autre tripot sur lequel on doit jouer Pandore. J’ai tâté, dans ma vie, à peu près de tous les maux qui furent renfermés dans la boite de cette drôlesse. Un des plus légers est qu’on m’a cru incapable de faire un opéra. Plût à Dieu qu’on me crût incapable de toutes ces brochures que de mauvais plaisants ou de mauvais cœurs mettent continuellement sous mon nom !
Je vous souhaite à tous deux santé et plaisir, et je suis à vous jusqu’à ce que je ne sois plus. »
1 Original partiellement autographe à partir de qui a traduit Lucrèce ; édition de Kehl .
2 Ecclésiaste, I, 14 : https://saintebible.com/ecclesiastes/1-14.htm
3 Andrzej Mokronowski a été envoyé pour négocier avec la confédération de Bar ; on sait que le palatin ou voïvode est un haut dignitaire polonais. Voir : https://en.wikipedia.org/wiki/Andrzej_Mokronowski
et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9d%C3%A9ration_de_Bar
4 Sur l’abbé Mignot et son Histoire de l'empire ottoman, voir lettre du 14 janvier 1767 au marquis de Florian : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2022/05/07/les-choses-dans-ce-monde-prennent-des-faces-bien-differentes-6380671.html
5 Sur cet ouvrage, voir lettre du 27 mai 1768 à Mme Denis : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/01/18/je-m-en-remets-entierement-a-vous-sur-tout-ce-que-vous-voudr-6480895.html
6 Le chevalier de La Barre, bien entendu .
7 C'est-à-dire par Électre de Crébillon . Voir : http://www.monsieurdevoltaire.com/2015/07/jugement-eloge-de-crebillon-partie-9.html
8 Voir lettre du 10777 à Cramer ; V* écrit meunier, alors que Wagnière suit la prononciation locale de Genève et de la Bourgogne et écrit munier.
9 Voir lettre du 28 février 1767 à Panckoucke : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2022/08/02/tout-ce-qui-me-viendra-de-vous-me-sera-precieux-6394520.html
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24/01/2024
J'ai mis tout en ordre et je fais mon métier de correcteur
... Gérard Larcher l'affirme et s'oppose à l'inscription de l'IVG dans la constitution, ce en quoi je l'approuve fermement : https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/01/23/gerar...

« A Gabriel Cramer
au château de Tournay
J'ai envoyé à l'imprimerie les feuilles de l'ancienne édition corrigée jusqu'aux chapitres VII et VIII . J'ai envoyé les feuilles manuscrites jusqu'au numéro 12 inclusivement . J'envoie la suite de ces feuilles manuscrites depuis le numéro 13 jusqu'à 62 . Le tout avec les ratures et les renvois nécessaires qui demandent une grande attention de la part de l'imprimeur . J'ai envoyé par Chirol vendredi la dernière épreuve que j’ai corrigée ; j'attends le retour de cette dernière épreuve pour la confronter avec ce qui précède et ce qui suit, de peur qu'on ne se soit trompé ou que je ne me sois trompé moi-même .
J’informe monsieur Cramer de tout ce détail et je le prie de vouloir bien diriger d'un coup d’œil cette petite opération , qui peut-être est difficile, attendu le mélange des imprimés et des m[anus]crits que j’ai envoyé et la multiplicité des renvois . J'ai mis tout en ordre et je fais mon métier de correcteur d’imprimerie du mieux que je puis .
Dimanche matin 5 juin 1768 . »
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