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17/04/2024

Pas de texte disponible

... Bref !

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« A Pierre-Jean Boudot

Ferney 2 octobre 1768

[Pas de texte disponible.]1

1  Manuscrit olographe et signé d'une page, passé en vente Thomas Raffles le 29 juin 1891 . L'abbé Pierre-Jean Boudot est le collaborateur de Hénault pour l'Abrégé chronologique.

Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Jean_Boudot

J’habite un pays qui a l’air du paradis terrestre, mais qui, en effet, est maudit de Dieu, et qui ne produit rien d’agréable

... Combien de millions d'humains peuvent en dire autant en ce moment ?

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C'est schtroumpfement flippant

 

 

« A Jeanne-Françoise de Fradet de Bellecombe, baronne de Saint-Vidal 1

Au château de Ferney, 1er octobre 1768

J’ai reçu presque en même temps, madame, la lettre dont vous m’honorez, et les fromages que monsieur votre fils 2 veut bien m’envoyer. Il m’accable de présents, et il me fait rougir de ne pouvoir reconnaître tant de bontés. J’habite un pays qui a l’air du paradis terrestre, mais qui, en effet, est maudit de Dieu, et qui ne produit rien d’agréable. Un des plus grands plaisirs qui m’y aient consolé a été d’y voir monsieur votre fils ; mais c’est un plaisir dont j’ai joui trop peu de temps. Si ma vieillesse et ma mauvaise santé me l’avaient permis, je lui aurais certainement rendu sa visite. J’aurais été charmé de vous faire ma cour.

J’ai l’honneur d’être avec respect, madame, votre très humble et très obéissant serviteur,

Voltaire,

gentilhomme ordinaire

de la chambre du roi. »

2 Rochefort, celui-ci étant apparenté au chevalier de Rochefort d'Ally dont la mère est la comtesse de Saint-Point .

16/04/2024

Les intendants, monsieur, sont faits, à ce que je vois, pour vexer les pauvres cultivateurs

... Triste actualité sous un titre ronflant : Ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire ; l'emploi du temps de Marc Fesneau peut se suivre sur les réseaux sociaux si vous avez le temps entre deux traites, un épandage, un semis, un désherbage, un nourrissage, des soins vétérinaires, le dépannage du matériel, la tenue de kilos de documents français et européens, la bagarre avec les banques , et tutti quanti ...

Petite actualité sur le quotidien paysan de ceux qui nous nourrissent : https://www.terre-net.fr/

 

 

 

« A Joseph-Jérôme Le François de La Lande , de

l 'Académie des sciences, etc.

à Bourg-en-Bresse 1

1er octobre 1768

Les intendants, monsieur, sont faits, à ce que je vois, pour vexer les pauvres cultivateurs . Ils vous ont enlevé à moi. Je ne peux pourtant pas blâmer monsieur l’intendant de Bourgogne 2 ; si j’avais été à sa place, je vous assure que j’en aurais fait autant que lui. Comme il est de très bonne compagnie, il est bien juste qu’il l’aime.

C’est bien dommage, monsieur, que ce qui arrive aujourd’hui en Italie ne soit pas arrivé quand vous y étiez ; vous auriez ajouté un tome bien curieux à vos six volumes 3. La bulle In cœna Domini 4, proscrite par la dévote reine de Hongrie ; le pape enrôlant des soldats ; les femmes poursuivant les enrôleurs à coups de pierres, et criant qu’on enrôle des jésuites, et qu’on leur rende leurs amants ; les Romains se moquant universellement de Rezzonico ; le pape s’amusant à faire des saints dans le temps qu’on lui prend ses villes 5 : tout cela forme un tableau qui méritait d’être peint par vous, puisque vous avez eu la bonté de mêler l’étude des folies de la Terre à celle des phénomènes du ciel.

Nous saurons donc, l’année qui vient, à quelle distance nous sommes du soleil 6; j’espère que nous saurons aussi à quel point nous sommes éloignés de la superstition.

Si vous voyez votre très aimable commandant 7, je vous prie de me mettre à ses pieds.

Vous ne doutez pas que j’aie l’honneur d’être, avec la plus véritable et la plus respectueuse estime, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

V. »

1 Joseph-Jérôme Le Français de Lalande, né à Bourg-en-Bresse le 11 juillet 1732, mort le 4 avril 1807. Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_J%C3%A9r%C3%B4me_Lefran%C3%A7ois_de_Lalande

4 La bulle In coena domini est une condamnation annuelle de divers hérésies ou sacrilèges ; voir : https://www.vaticannews.va/fr/vacances-liturgiques/jeudi-saint---coena-domini.html

6 Halley a montré que la parallaxe du soleil pouvait être déterminées à l’occasion des passages de Vénus sur le disque solaire . V* songeait à l'ouvrage suivant de son correspondant : Explication de la figure du passage de Vénus sur le disque du soleil qui s'observera le 3 juin 1769, 1694 et qui fut suivi par son Mémoire sur le passage de Vénus observé le 3 juin 1769, 1772.

Voir : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k32004770.texteImage

et

https://fr.wikisource.org/wiki/M%C3%A9moires_extraits_des_recueils_de_l%E2%80%99Acad%C3%A9mie_royale_de_Berlin/M%C3%A9moire_sur_le_passage_de_V%C3%A9nus_du_3_juin_1769

7 Le chevalier de Jaucourt, frère de l'encyclopédiste . Voir lettre du 29 janvier 1767 à Hennin : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2022/05/23/vous-savez-que-le-pays-de-gex-ne-fournit-rien-du-tout-vous-etes-temoin-que.html

 

15/04/2024

il voulait de l’ordre et de l’économie ; on n’aime ni l’un ni l’autre

...  Il n'est qu'à voir les intentions de vote pour le mois de juin pour se persuader que ça se vérifie toujours en France . Faire confiance à ce point à un Bardella c'est se tirer une balle dans le pied, à un NUPES se bousiller le second et un LR se trancher la gorge .  Cette élection va être un carnage .

 

 

« A Jean-François-René Tabareau

[ Septembre – octobre 1768 ] 1

Il est étonnant, monsieur, que les Chinois sachent au juste le nombre de leurs concitoyens, et que nous, qui avons tant d’esprit et qui sommes si drôles, nous soyons encore dans l’incertitude ou plutôt dans l’ignorance sur un objet si important. Je ne garantis pas le calcul de M. de La Michodière 2 ; mais, s’il y a vingt millions d’hommes en France, chaque individu doit prétendre à quarante écus de rente ; et si nous n’avons que seize millions d’animaux à deux pieds et à deux mains, il nous revient à chacun 144 livres ou environ. Cela est fort honnête ; mais les hommes ne savent pas borner leurs désirs.

Il y a une chose qui me fâche davantage, c’est que quand vous avez la bonté de donner cours à mes paquets pour Paris, vos commis mettent Genève sur l’enveloppe : cela est cause qu’ils sont ouverts à Paris. Les tracasseries genevoises ont probablement été l’objet de cette recherche ; mais je ne suis point Genevois représentant. J’ai cru que ma correspondance, favorisée par vous, serait en sûreté. Je vous prie en grâce de me dire si les paquets pareils à ceux que je vous ai fait tenir pour vous-même ont été marqués, dans vos bureaux, de ce mot funeste Genève. Il serait possible que, dans la multiplicité de mes correspondances, j’eusse envoyé quelques-unes de ces brochures imprimées en Hollande, qu’on me demande quelquefois ; il serait bien cruel qu’elles fussent tombées dans des mains dangereuses.

Tout le monde paraît content du débusquement 3 de M. Del Averdi ; et on ne l’appelle plus que M. Laverdi 4. Cela semble prouver qu’il voulait de l’ordre et de l’économie ; on n’aime ni l’un ni l’autre à la cour, mais il en faut pour le pauvre peuple 5. Cependant ce ministre avait fait du bien ; on lui devait la liberté du commerce des grains, celle de l’exercice de toutes les professions, la noblesse donnée aux commerçants, la suppression des recherches sur le centième denier après deux années, les privilèges des corps de villes, l’établissement de la caisse d’amortissement. Le public est soupçonné quelquefois d’être injuste et ingrat.

Comme nous allons bientôt entrer dans l’Avent, votre bibliothécaire, monsieur, vous envoie un sermon 6. Il est vrai que ce sermon est d’un huguenot ; mais la morale est de toutes les religions. Je ne manquerai pas de vous faire parvenir tous les ouvrages de dévotion qui paraîtront dans ce saint temps.

Vous savez combien je vous suis attaché. »

1 Copie Beaumarchais-Kehl ; édition de Kehl . Cette lettre est très probablement l'amalgame de deux lettres, la première contemporaine de L'Homme aux quarante écus, l'autre de septembre ou octobre ; voir note 2 de la présente lettre .

3 Littré ne cite que l'exemple de ce passage pour débusquement, au sens « action de déposséder quelqu'un de l'emploi qu'il occupe ». Cet emploi est en revanche bien attesté pour le verbe débusquer .

4 Sur François de Laverdy , voir lettre du 19 décembre 1763 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2018/12/25/e... . Dans cette lettre V* écrit son nom De La Verdi, d'où sans doute ce jeu de mots . Laverdy fut démis de ses fonctions de contrôleur général par Maupéou qui était devenu chancelier le 18 septembre .

Voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome43.djvu/208

et https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome43.djvu/234

 

Lorsqu’il quitta le ministère, on fit ce couplet sur L’air de la Bourbonnaise :

Le roi, dimanche,
Dit à Laverdi, (bis)
Le roi, dimanche,
Dit à Laverdi :
Va-t’en lundi. »

5 La copie Beaumarchais-Kehl poursuit par : On dit que la livre de Paris vaut quatre sous et demi à Paris, et que les murmures sont grands. Cette phrase a été biffée et remplacée par le reste du paragraphe tel qu'il a été donné .

6 L'Homélie du pasteur Bourn, 1768.

C’est vers février 1768 que Voltaire avait publié son Sermon prêché à Bâle (voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome26.djvu/591). Je crois qu’il s’agit ici de l’Homélie du pasteur Bourn, qui parut en octobre (voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvre... ). (Beuchot.)