26/09/2012
Nous nous arrangerions pour que votre voyage ne vous coûtât rien
... Mme Denis a des arguments matériels qui touchent et s'ajoutent aux sentiments bienveillants . Elle m'amuse par cette petite cachotterie faite à son oncle bien-aimé, on dirait une gosse qui prépare un petit spectacle pour la fête des pères . Elle est touchante et je l'aime bien .
Frühling !
Je vous invite à passer un excellent moment musical avec Spira Mirabilis , et dites-moi si après ça vous n'avez pas une pêche d'enfer .
http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=uvc2hlvEDiM
Je suis fan de ces jeunes !
« De Madame Marie-Louise DENIS à Henri-Louis LEKAIN
[6] Février 1757. 1
Votre lettre, monsieur, m'a fait un plaisir extrême, l'éloignement ne me fait oublier ni vos grands talents, ni mon ancienne amitié pour vous. On nous mande de toute part que vous vous surpassez encore dans Sémiramis; on dit aussi que Mlle Dumesnil y fait des merveilles.
Mon oncle écrira certainement à M. le maréchal de Richelieu pour le congé que vous demandez, il n'a pu le faire jusqu'à présent, n'ayant pas cru convenable de lui parler de comédie dans un moment où le roi a donné de si justes alarmes à toute la France. Il me charge de vous dire qu'il lui écrira incessamment. Si vous passez par Lyon, vous seriez bien aimable de venir nous voir quelques jours aux Délices. Vous les trouveriez bien mieux nommés actuellement qu'ils n'étaient autrefois, et vous y trouveriez deux personnes qui vous aiment toujours. Nous nous arrangerions pour que votre voyage ne vous coûtât rien, et nous pourrions jouer ensemble devant mon oncle Alzire, Zaïre, Mérope, afin de lui donner envie de vous donner encore une pièce. Pensez à cela; nous saurons nos rôles à votre arrivée, et nous surprendrons tout le monde, pensez-y sérieusement; mais gardez-moi un secret inviolable, je vous le demande en grâce. Adieu, monsieur, soyez bien sûr que personne ne vous admire avec plus de plaisir que moi.
DENIS. »
1 Mémoires de Lekain, page 286 : elle y paraît datée du 6 février 1756, par erreur. http://books.google.fr/books?id=6OaxAybosCIC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false
16:38 | Lien permanent | Commentaires (0)
L'on débite cent choses nouvelles tous les jours. Tout devient intéressant
... Oh là ! oh là !! ne nous emballons pas ! Sur cent il y en a peut-être une qui vaut la peine d'être retenue , et encore . Et je ne pense qu'aux nouvelles écrites . Si l'on tient compte des fameux tweets, essentiellement volatiles, la proportion de nouvelles intéressantes atteint des doses homéopathiques, pas de quoi tuer le malade, mais pas de quoi le soigner non plus .
En parlant de nouvelles, en voici une qui ne l'est plus à mes lecteurs assidus mais qui reste intéressante et urgente à diffuser encore et encore , n'y manquez pas .
Voltairiens, voltairistes, féministes, diffusez largement ceci :
http://fonds-voltaire.org/index.php/patrimoine/cirey

« De M. le comte d'ARGENSON
De Paris, 30 janvier [1757].
Pierre 1 Damiens est interrogé fréquement et longuement. Il n'est plus permis de douter qu'il n'ait des complices. La lettre adressée à monsieur le dauphin est très-vraie; vous pouvez compter là-dessus.
On lui marque dans cette lettre que sa vie est en danger, qu'il ne lui sera pas difficile de se garantir du fer; mais qu'il n'a d'autre moyen d'éviter le poison qu'en se servant de la poudre renfermée dans la lettre. L'on a fait essai de cette poudre c'était le poison le plus subtil. Des consuls de la ville ont reçu aussi une lettre dans ce goût, datée de Strasbourg. Je ne puis revenir de pareilles abominations. Notre siècle ne vaut pas mieux que les autres. Il est vrai que l'assassin n'a pas paru proprement un fanatique; mais ce qui explique cela, c'est qu'il n'est point décidé, qu'il n'ait pas espéré de se sauver, et il y a même apparence du contraire.
L'on débite cent choses nouvelles tous les jours. Tout devient intéressant, il semble que tout a rapport à l'affaire principale qui occupe tous les honnêtes gens. La Bastille est pleine; on y a renfermé encore une dame du Mecklembourg mais elle doit en sortir aujourd'hui. Il s'agissait d'une lettre au sujet du roi de Prusse et d'un Autrichien; l'affaire est manquée, et elle n'a aucun rapport aux affaires d'ici.
Le roi de France vient de changer de ministres. On croit que l'abbé de Bernis, qui a signé le traité de Vienne, aura les affaires étrangères. »
1 Le comte d'Argenson est sans doute à l'origine de l'erreur de prénom employé souvent par V* ; c'est Robert-François Damiens .
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