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23/04/2017

mon zèle et mon peu de crédit

... Zèle pour Voltaire,OK . 

Peu de crédit ? OK ; je serais d'un orgueil démesuré si je pensais en avoir -du crédit, bien sûr, pas de l'orgueil - auprès de vous amis lecteurs ou de quiconque .

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Diront en choeur 9 candidats ce soir !

 

 

« A François Tronchin

[vers le 5 juin 1762]

Voici la réponse de M. le duc de Choiseul ; monsieur Tronchin connaîtra mon zèle et mon peu de crédit .

Je vous supplie de me renvoyer la lettre . »

 

Il faut qu'il sache, et qu'il mande la vérité . On se conduira en conséquence

... Mais est-il tâche plus difficile pour un candidat à la présidentielle que de savoir, puis dire la vérité ? Certains semblent être d'une ignorance crasse doublée d'une aptitude au mensonge hors norme, vous ne pouvez les avoir pas repérés, il y a l'embarras du choix.

Et à propos de choix, comme le dit si bien Voltaire, on se conduira en conséquence .

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« A Jean Ribote-Charron

à Montauban

La personne à qui monsieur Ribote écrit, a fait pendant deux mois les plus grands efforts auprès des premières personnes du royaume en faveur de cette malheureuse famille qu'il a cru innocente . Mais on les croit tous très coupables . On tient que le parlement a fait justice et miséricorde 1. Monsieur Ribote devrait aller à Toulouse, s'éclaircir de cette horrible aventure . Il faut qu'il sache, et qu'il mande la vérité . On se conduira en conséquence . On lui fait mille compliments .

5è juin [1762] »

1 Ce que lui avait écrit le duc de Villars le 26 mai 1762 ; voir lettre de mai-juin 1762 à Cathala : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2017/04/18/l-arret-peut-n-etre-point-injuste-voila-pourquoi-il-est-tres-5934250.html

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22/04/2017

Je donne au public beaucoup plus que je n’avais promis

... Nos chers (et certains même très onéreux) fonctionnaires ne semblent pas près d'entendre ceci de la bouche de l'élu présidentiel (faute d'être providentiel ! ) qui, ainsi que le prouve l'histoire, est rarement en capacité de donner ce qu'il a promis . [NDLR - James dit "il" car il n'envisage pas du tout une présidente, pas plus d'extrême droite que d'extrême gauche] .

 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

5 juin 1762 1

Mes divins anges je suis à vos pieds, et j'y mets messieurs de la poste . Je vous dois quinze francs pour leur insolence, permettez-moi celle de vous les payer ; mais permettez-moi une autre insolence . Nous supplions madame d'Argental de vouloir bien nous envoyer la sœur de la cuvette charmante 2 qu'elle avait eu la bonté d'ordonner avec tant de goût .

Je suis aussi honteux que pénétré de toutes vos bontés ; je vous remercie de celles de M. le comte de Choiseul.

M. Duclos me mande qu’on a rendu les annonces des Cramer, si ridiculement saisies. Mes commentaires sont très sévères, et doivent l’être, parce qu’il faut qu’ils soient utiles ; mais après avoir critiqué en détail, je prodigue les éloges en gros, j’encense Corneille en général, et je dis la vérité à chaque ligne de l’examen de ses pièces.

Je donne au public beaucoup plus que je n’avais promis ; vous aurez bientôt le Jules César de Shakespear, traduit en vers blancs, imprimé à la suite de Cinna, et la comparaison de la conspiration contre César avec celle contre Auguste ; vous verrez si je loue Corneille, et Shakespear vous fera bien rire.

La Place n’a pas traduit un mot de Shakespear 3.

Vous aurez aussi la traduction de l’Héraclius de Calderon, et vous rirez bien davantage. Que les Français ne sont-ils dans la tactique ce qu’ils sont dans le dramatique !

Tronchin ne sait ce qu’il dit . Le lait d’ânesse m’a fait mal ; j’ai eu le malheur de travailler ; mais il est trop affreux de ne rien faire.

J’apprends dans l’instant qu’on vient d’enfermer dans des couvents séparés la veuve Calas et ses deux filles. La famille entière des Calas serait-elle coupable, comme on l’assure, d’un parricide horrible ? M. de Saint-Florentin 4 est entièrement au fait ; je vous demande à genoux de vous en informer. Parlez-en à M. le comte de Choiseul ; il est très aisé de savoir de M. de Saint-Florentin la vérité ; et, à mon avis, cette vérité importe au genre humain.

La poste part ; je vous adore. »

1 Dans l'édition de Kehl, manquent les passages suivants , biffés sur le manuscrit : « je suis à vos pieds […] tant de goût . [début] et Je ne manquerai pas […] M. de Courteilles . [vers la fin ].

2 Sur cette cuvette ou « vaisseau » destiné à Jean-Robert Tronchin, voir lettre du 8 février 1762 aux mêmes : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2017/01/29/son-vaisseau-pour-les-verres-est-malheureusement-le-plus-bea-5904773.html

3 C'est exact .

4 Saint-Florentin avait dans son ministère la maison du roi, les affaire religieuses, le Languedoc, Montauban, et aussi les postes, où son premier commis était Chaban .Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_Ph%C3%A9lypeaux_de_Saint-Florentin

 

il fallait que je prisse la liberté de vous adresser la réponse

... à vous ô sondeurs d'opinions de toutes sortes, y compris celle du redoutable NSPP* !

Il fallait ! il fallait ! vous en avez de bonnes avec vos questions ! vous vous contenterez du résultat des urnes qui ne laissera plus de doute , lui .

* Ne Se Pro-nonce Pas (même s'il s'é-nonce, apostolique ).

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« Au prince Dimitri Mikhaïlovitch Golitsuin 1

[4 juin 1762 ?]

Monsieur,

Ayant reçu une lettre de M. de Shouvalow , chambellan et lieutenant général de Sa Majesté impériale, j'ai été instruit en même temps qu'il fallait que je prisse la liberté de vous adresser la réponse . Je suis persuadé monsieur que le nom de M. de Shouvalow sera mon excuse auprès de vous et que vous vous chargerez avec plaisir du soin de lui faire tenir cette lettre . Oserais-je vous supplier, monsieur, de vouloir bien m'en accuser la réception et le départ ? Je vous aurais beaucoup d'obligation .

J'ai l'honneur d'être avec tous les sentiments que je vous dois,

monsieur,

votre . »

 

21/04/2017

Plût à Dieu que je puisse voir l’architecte dont je ne suis que le maçon !

... Mon architecte est Voltaire, mais comme il  dit si bien "s'il plait à Dieu", j'aimerais bien vivre jusqu'à poser la dernière pierre du monument de sa correspondance , et alors "ite missa est" .

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« A Ivan Ivanovitch Schouvalov

4 juin 1762, aux Délices 1

Monsieur, j’ai reçu par M. le prince de Gallitzin la lettre du 19/30 Avril, dont vous m’honorez. J’avais déjà eu l’honneur de vous mander plusieurs fois que M. de Soltikof était parti pour l’Angleterre, qu’il avait écrit à Votre Excellence, et que je n’avais aucune de ses nouvelles.

Je viens d’apprendre dans le moment que la sœur de l’hôte chez qui il demeurait à Genève a reçu des lettres de lui, datées de Hambourg, il y a environ deux mois. Il lui mandait qu’il allait s’embarquer pour la Russie. Il faut qu’il n’ait demeuré que très peu de temps en Angleterre, et qu’il se soit hâté de revenir auprès de vous. Je suppose qu’à présent il est à Pétersbourg. Vous le trouverez instruit dans presque toutes les langues de l’Europe, et je suis persuadé encore que votre excellence n’aura pas perdu le fruit de ses bienfaits.

Il n’en est pas de même de M. de Puskin : on prétend qu’il est en prison à Paris pour ses dettes. Je ne regrette point les deux mille ducats qu’il m’apportait ; mais je regrette infiniment les médailles 2 qui faisaient une suite complète, et qui servaient à l’histoire de Pierre-le-Grand. Je garde la lettre pour M. de Soltikoff, afin de la lui envoyer , en cas qu'il ne soit pas en Russie, et que je puisse découvrir sa demeure . Mais je me flatte qu'il fait à présent sa cour à Votre Excellence, qu'il profite de vos bontés et de vos conseils ; et j'aurai l'honneur de vous renvoyer la lettre, au premier ordre que je recevrai de vous .

Vus avez dû recevoir plusieurs lettres de moi, monsieur, par M. de Czernichef, plénipotentiaire à Vienne, mais comme vous ne m'en avez jamais accusé la réception , je vous écris par duplicata . Une copie passera par Vienne, et l'autre par la poste ordinaire . Votre Excellence peut m'adresser les paquets qu'il me destine, par un banquier de Pétersbourg, correspondant du banquier Duval, citoyen de Genève . Je crois même que ce correspondant demeurant à Pétersbourg, s'appelle aussi Duval 3, et c'est le propre frère du Genevois .

Je vous réitère, monsieur, les assurances de l’envie extrême que j’ai de finir l’Histoire de Pierre-le-Grand à votre satisfaction. Tout malade que je suis, tout surchargé du fardeau des commentaires sur Pierre Corneille, je me livrerai à Pierre-le-Grand. Plût à Dieu que je puisse voir l’architecte dont je ne suis que le maçon !

Je serai toute ma vie, avec les sentiments les plus respectueux et les plus tendres,

monsieur

de Votre Excellence

le très humble et très obéissant serviteur

Voltaire. »

1 On connait une copie contemporaine signée avec en-tête « p[ou]r duplicata » qui est donc bien le duplicata mentionné dans la lettre . Le passage Je garde la lettre […] frère du Genevois manque dans toutes les éditions .

3 Louis-David Duval [1727-1788] était établi à Saint Saint-Pétersbourg depuis 1754 . son correspondant à Genève était l'un de ses frères, Gédéon [1716-1787] ou David [1711-1791]. Voir : http://gw.geneanet.org/rossellat?lang=fr&iz=22759&p=louis+david&n=duval&oc=2

et : http://gw.geneanet.org/rossellat?lang=fr&iz=22759&p=gedeon&n=duval&oc=1

et : http://gw.geneanet.org/rossellat?lang=fr&iz=22759&p=david&n=duval&oc=8

 

Pardonnez à un pauvre malade, s'il ne vous dit pas avec plus d'étendue combien il vous estime

... Si peu !

Déclaration valable pour neuf des onze candidats à la présidence .

Pauvre malade ! C'est effectivement avec un mental très atteint que se termine bientôt pour moi cette période électorale (en attendant les législatives), mental atteint et c'est peu dire  après tant de bourrage de crâne, de demi-vérités, de vrais mensonges, de quelques idées qui tiennent la route, de combats stériles et simulés .

 Pauvres malades ! ainsi sont ces quelques-uns qui prennent leurs vessies pour des lanternes éclairant le monde et qui crient haut et fort "je serai au deuxième tour" ; on connait le déni de grossesse, le déni de fourvoiement existe aussi, tout comme l'égo surdimensionné .

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« Au comte Filipo Mazzuchelli

à Brescia

Lombardia

Aux Délices, par Genève 4è juin 1762 1

J'étais très malade, monsieur, lorsque je reçus l'honneur de votre lettre et votre dissertation ; je suis encore dans un état bien douloureux ; il m'empêche de vous répondre de ma main, mais il ne m'empêche pas de sentir tout votre mérite , j'y suis aussi sensible qu'au plaisir que m'a fait votre ouvrage . Pardonnez à un pauvre malade, s'il ne vous dit pas avec plus d'étendue combien il vous estime . J'ai l'honneur d'être avec tous les sentiments qui vous sont dus, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire

gentilhomme ordinaire de la chambre du roi . »

 

20/04/2017

je n'ai point encore cette éducation de l'homme le plus mal élevé qui soit au monde . Je l'aurai incessamment

... Ou pas ! Être mal élevé me semble demander un travail de tous les instants, une volonté sans faille, ou alors simplement mettre en application les délirantes directives de Jean-Jacques Rousseau et son Emile , et ce n'est pas mon professeur de philosophie  Osiris Cecconi qui dira le contraire ( il nous avait mis en garde , à juste titre mille fois, contre l'absurdité de la pédagogie rousseauiste qui mène à l'échec ).

 Un  exemple très parlant de mal élévée : Marine Le Pen, qui, comme Rousseau, aime les fleurs et la nature .

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 Encore un qui se prend pour Jésus Christ !

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

4 juin [1762] 1

Mon cher frère, je n'ai point encore cette éducation de l'homme le plus mal élevé qui soit au monde 2. Je l'aurai incessamment . Je sais, en attendant, que l'auteur est un monstre d'insolence et d'ingratitude . Le chien qui suivait Diogène était moins méprisable que lui .

Permettez que je vous adresse un exemplaire d'une brochure plus abominable 3 que tous les livres de Jean-J. Rousseau ; elle est pour M. le marquis d'Argence . Ce n'est pas le prétendu marquis d'Argens, compilateur fort plat des Lettres juives 4, qui est à Berlin, c'est le marquis d'Argence, maréchal de camp, en son château, près d'Angoulême . C'est un homme très instruit qui veut réfuter ce détestable ouvrage : il est prodigieusement rare, et, Dieu merci, il ne fera nul mal .

On ne veut donc pas imprimer l’Éloge de Crébillon ? J'étais curieux de le voir .

Je crois frère Thieriot en chemin ; je voudrais bien que vous puissiez en faire autant . Vale . »

1 Il existe une copie du XIXè siècle au dos de laquelle figure une note autographe de V* ainsi conçue : « Le baron de Pellemberg officier aux gardes wallones fils du baron d'Hovorst Pellemberg général major au service de l'impératrice reine » . On retrouvera le second de ces Pellemberg dans la correspondance une dizaine d'années plus tard . Il existe aussi une copie Beaumarchais-Kehl, et une édition Cayrol .

2 L'Emile de JJ Rousseau qui venait de paraître .