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19/04/2017

l'arrêt peut n'être point injuste , voilà pourquoi il est très important de ne point accuser les juges

... N'est-ce pas Marine Le Pen ? N'est-ce pas Fanfoué Fillon ? Vous êtes assez aisés pour vous offrir de merveilleux avocats et assez grandes gueules pour crier au charron . J'aimerais que vous vous comportiez en citoyens, mais c'est sans doute trop vous demander , liberté-égalité-fraternité très peu pour vous, dur-dur de se comporter en justiciable commun quand on a si peu de bonne foi et si peu d'éléments à décharge  .

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Y a-t-il eu trêve dans les fraudes ?

 

Non ! alors ...

 

 

« A Henri Cathala

[mai-juin 1762] 1

J'envoie à monsieur Cathala la requête au roi que je viens de composer . Elle suffit s'il est vrai que la veuve Calas, son fils et Lavaysse et le malheureux père ne se sont point quittés depuis ce souper funeste . Ce fait seul dit tout . Il ne faut entrer dans aucun détail . Il ne faut que toucher le roi . Ce mémoire peut faire verser des larmes et effrayer les lecteurs . Si Mme Calas ose le signer, elle est innocente, et elle et son mari et Pierre et Lavaysse 2. Sinon ils sont tous coupables .

Monsieur Cathala peut envoyer ce mémoire par la poste à M. Damilaville, premier commis du vingtième . Ne cachetez point le mémoire . Avertissez-le seulement de la demeure de la personne à laquelle il faut le rendre .

Il n'y a qu'à mettre sur un carré de papier

 

  1. Damilaville est prié d'envoyer ce mémoire à …

 

Encore une fois tout dépend de cette grande vérité . La compagnie est-elle demeurée ensemble dans la même chambre depuis le souper ou non ?

J'ajoute à mon billet, que je crois les Calas innocents, et que les juges ont jugé selon les lois . Calas avait menacé son fils, ce fils est trouvé mort chez le père, des chirurgiens déposent qu'il n'a pu se pendre, l'arrêt peut n'être point injuste , voilà pourquoi il est très important de ne point accuser les juges . »

1 D'après le manuscrit olographe, sauf le dernier paragraphe, daté « 1762, fin » et « vers le 24 janvier 1763 » d'une autre main. L'édition Lettres inédites de 1863 la date d'avril ou mai 1762 . Le mémorandum dont parle ici V* ne fut pas composé ; voir lettre du 15 juin 1762 à Damilaville qui permet de dater ici avec une certaine précision .

Le duc de Villars écrit à V* le 26 mai 1762 : « Puisque vous souhaitez, monsieur, que je vous parle de la condamnation de Calas qui a fait tant de bruit je vous dirai ce que j'en sais de bonne part, en vous priant de ne point le répéter . Il n'est que trop vrai que cet homme qui avait déjà beaucoup maltraité le plus jeune de ses enfants, parce qu'il s'était fait catholique, a fait périr l'ainé par le même principe de fanatisme ; les mémoires qui ont été faits pour lui et ses complices ont fait naître dans les esprits des doutes là-dessus, mais ils sont entièrement contraires à la procédure, et c'est sur elle seule que ce malheureux a été jugé ; tout le monde le croit maintenant coupable, les protestants même qui sont à Toulouse n'osent plus en douter […] mais s’il était coupable, les autres l'étaient aussi ? Oui, sans doute, pourquoi donc n'ont-ils pas tous été condamnés à mort ? C'est que leurs juges trop indulgents, à ce qu'on dit, n'ont voulu punir que celui contre qui les preuves étaient directes et dans la crainte même qu'il ne parlât à la question plus qu'ils ne voulaient, ils eurent la précaution de la lui faire donner le plus légèrement qu'il fut possible . Je puis vous assurer que parmi eux il n'y avait point de fanatique, que le rapporteur est très éclairé et très sage et que si les conclusions des gens du roi avaient été suivies, les autres prévenus seraient également morts dans les supplices […] »

V* a noté sur le manuscrit « étrange lettre du duc de Villars qui croit les Calas coupables. »

Voir : http://www.justice.gouv.fr/histoire-et-patrimoine-10050/proces-historiques-10411/laffaire-calas-22774.html

2 François-Alexandre Gaubert de Lavaysse, hôte des Calas le soir du drame, dont le témoignage était loin d'être aussi décisif que le souhaitait V* . Voir lettre du 4 août 1762 à Lavaysse : « Les personnes qui protègent à Paris la famille Calas sont très étonnés que le sieur Gaubert Lavaysse ne fasse pas cause commune avec elles .[...]Monsieur Lavaysse en élevant la voix n'a rien à craindre .[...] »

 

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