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30/07/2018

Si on ne veut pas de ce petit disticon , qu’on se couche auprès, car je n’en ferai pas d’autre

... C'est dit .

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Couché, sans bouger, les pattes en croix .

 

 

« A Nicolas-Claude Thieriot

10è auguste [1763] , à Ferney 1

Frère, vous m’avez donné une terrible commission, notre langage gaulois n’est point fait pour les inscriptions. Quand vous voudrez du style lapidaire, commencez par retrancher les verbes auxiliaires et les articles. J’essaie pourtant de louer le roi et messieurs de Reims en deux vers, sans article et sans verbe avoir : le roi est un bon prince, les Rémois sont de bons sujets, et il me paraît juste de dire un petit mot de ceux qui font la dépense de la statue :

Peuple fidèle et juste, et digne d’un tel maître,

L’un par l’autre chéri, vous méritez de l’être.

Si on ne veut pas de ce petit disticon 2, qu’on se couche auprès, car je n’en ferai pas d’autre.

Je suis très fâché que vous ne soyez pas voisin de mon autre frère 3 ; mais je me flatte que vous le voyez souvent. Je voudrais que frère Duclos eût une de ces petites brochures dont vous me parlez .

Il y a une profusion de poésie dans les Quatre Saisons qui fait grand plaisir aux gens du métier.

Je n’ai nulle nouvelle de Protagoras. J’ai lu les Richesses de l’État ; on aurait beau faire cent volumes de cette espèce, ils ne produiraient pas un sou au roi. Ce petit roman de finance n’est point pris du tout de la dîme, attribuée au maréchal de Vauban, laquelle n’est point de ce maréchal, mais d’un Normand nommé La Guilletière 4, autant qu’il peut m’en souvenir.

Il faut absolument que frère Marmontel soit de l’Académie, en attendant frère Diderot ; je voudrais les recevoir tous les deux, et puis m’enfuir dans mes  montagnes. Tâchez, pour Dieu, de me faire avoir cette lettre extravagante de Jean-Jacques. Frère, je vous embrasse tendrement. »

1 On a parfois donné Damilaville comme destinataire, mais elle répond manifestement à la lettre de Thieriot dont on a déjà parlé dans la lettre du même jour à Pigalle . Voici quelques extraits de cette lettre : « La Mort de César a été fort bien remise au théâtre . Brisan et Lekain s'y sont fait beaucoup applaudir […] Je n'ai pas été content […] de cette fin si belle qui n'a jamais eu à Paris le succès que j'ai vu à Londres […] Nos acteurs français sont des polissons qui rendent languissamment de si beaux tableaux […] Vous aurez vu les Richesses de l’État brochure de M. Roussel, conseiller au parlement, dont l'idée grossièrement prise de M. le maréchal de Vauban et de M. le marquis de Mirabeau et plus grossièrement exposé et développé, a produit déjà dix-neuf autres brochures […] Jean-Jacques vient d'écrire une lettre du pied du Mont Jura à l'entrée de la Forêt noire plus orgueilleuse et plus extravagante que tout ce qu'il a écrit précédemment […] Avez-vous des nouvelles de Protagoras et de Luc ? Ils doivent bientôt se quitter . M. Watelet m'a dit qu'il s'était appointé avec Protagoras pour le joindre et le mener faire son tour d' Italie . La place de Bougainville ne sera remplie qu'après la Saint-Martin ; jusqu'à présent l'élection ne regarde que Marmontel . M. le président Hénault a manqué de laisser aussi la sienne […] J'ai transporté mes pénates de la Culture-Sainte-Catherine sur le quai des Célestins à la porte de l'Arsenal […] Je suis voisin de M. l'archevêque d'Albi […] Il tient un grand État dans l'Arsenal […] Il diminuera la cour de M. de Paulmy dont on attend incessamment le retour . J’ai gagné toute sorte d'agréments dans cette transmigration, excepté […] de loger ensemble Damilaville et moi . Ses affaires s'y sont opposées mais au moins en suis-je bien plus près , et n'ayant que deux ponts à traverser .»

La Lettre de J.-J. Rousseau, de Genève, qui contient sa renonciation à la société civile, ses derniers adieux aux hommes adressée au seul ami qui lui reste au monde, est en fait de Pierre-Firmin de Lacroix : voir https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5789272v/f2.image.texteImage et http://data.bnf.fr/12239578/pierre-firmin_de_lacroix/

2 V* se sert de la forme grecque du mot qui est effectivement un neutre .

3 Damilaville .

4 En fait l'ouvrage de Vauban fut attribué à Pierre Le Pesant de Boisguilbert à cause de son Détail de la France, 1695, réédité sous le titre Testament politique de M. de Vauban, 1707 [https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k95291q.image]. Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Le_Pesant_de_Boisguilbert

et http://data.bnf.fr/12182460/pierre_le_pesant_de_boisguilbert/

et : https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9bastien_Le_Prestre_de_Vauban

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