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07/04/2021

Tout doit, si je l’en crois, céder à son pouvoir ; Lui plaire est ma grandeur, l’aimer est mon devoir

... Ô président adoré ! après ça je vais passer pour le plus grand courtisan, limite lèche-cul pour tout dire ! Heureusement je n'en pense pas un mot, et comme tu aimes à employer le conditionnel, moi aussi : si tu veux "prendre le virus en tenaille entre les mesures de freinage et la vaccination" ,  image d'un stratège alliant le forgeron et le garagiste, la tenaille de mon impatience confinée pourrait bien déchirer mon bulletin de vote "d'ici la fin" ... mai 2022 .

https://www.lci.fr/politique/video-covid-19-confinement-e...

blague mesures – Blagues et Dessins

 

 

 

« A Henri-Louis Lekain, Comédien

ordinaire du roi

près de la Comédie-française

à ¨Paris

7è décembre 1765

Mon cher ami, vous aurez sans doute le crédit de faire mettre deux cartons à cette pauvre Adélaïde . Le libraire ne pourra refuser de prendre cette peine, que j’ai offert de payer. Les deux fautes dont je me plains sont capitales, et peuvent faire très-grand tort à un ouvrage que vous avez fait valoir.

Le premier carton doit être à la page 30.

Non, c’est pour obtenir une paix nécessaire ;
Gardez d’être réduit au hasard dangereux
Que les chefs de l’État ne trahissent leurs vœux1.

Il faut mettre à la place :

Non, c’est pour obtenir une paix nécessaire ;
On la veut, on en traite, et dans tous les partis
Vous serez prévenu, je vous en avertis.
Passez-les en prudence 2, etc.

Le second carton doit être à la page 39, où il se trouve deux vers répétés dans la même scène :

Enflé de sa victoire, et teint de votre sang.
Il m’ose offrir la main qui vous perça le flanc3.

Il faut mettre à la place :

Tout doit, si je l’en crois, céder à son pouvoir ;
Lui plaire est ma grandeur, l’aimer est mon devoir.

Je vous demande en grâce d’exiger ces deux cartons. Si le libraire les refuse, exigez du moins qu’on fasse un errata, dans lequel ces deux corrections se trouvent. Vous sentez à quel point ma demande est juste. Celui qui a glissé dans ma pièce ce détestable vers inintelligible :

Que les chefs de l’État ne trahissent leurs vœux,

ne m’a pas rendu un bon service.

Mandez-moi, je vous prie, quand vous jouez Gustave4. On m’a écrit que si monseigneur le dauphin se porte mieux, il y aura encore des spectacles à Fontainebleau ; mais j’en doute beaucoup.

Je crois M. d’Argental à la cour ; c’est pourquoi je vous adresse cette lettre en droiture.

Adieu ; vous savez combien je vous suis tendrement dévoué. »

4 Le Gustave Wasa, tragédie de La Harpe, non imprimée, sera joué le 3 mars 1766. Voir lettre du 16 novembre 1765 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/03/14/vous-avez-regarde-ma-liberte-ma-foi-comme-un-bien-de-conquet-6303360.html

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