Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23/04/2021

croyez-moi, il y a encore en France bien des gens embourbés, qui, tout couverts d’ordures, ne veulent pas qu’on les nettoie. L’opinion gouverne les hommes

... C'est hélas vrai ! Il en est trop d'exemples pour en faire la liste , politiques, religieux, fonctionnaires et tous corps de métiers en fournissent leurs lots , et même, parfois, vous et moi : nobody's perfect .

Nobody's perfect | moncarnetdanalyse

Vivons en utilisant correctement les deux bouts

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'ArgentaI

À Ferney, 3 janvier 1766. 1

Eh mon Dieu ! mon ange tutélaire, pourquoi ne serait-ce pas vous qu’on nommerait médiateur2 ? Votre ministère parmesan y mettrait-il obstacle ? Il me semble que non. Ce ministère ne vous empêche pas d’être conseiller d’honneur au parlement, et je vous avertis que nos Genevois désirent passionnément un magistrat.

Vous verrez, par l’imprimé ci-joint3, qui m’est tombé entre les mains, que les perruques de Genève ne doivent point être ébouriffées de la façon dont on parle des affaires et des miracles de Jean-Jacques .

Je sais que quelques personnes m’ont attribué plusieurs de ces brimborions ; mais, Dieu merci, on ne me convaincra jamais d’y avoir eu la moindre part. J’en suis aussi innocent que du Dictionnaire philosophique, qu’on m’a si indignement imputé. Il y a dans Neuchâtel, à Lausanne, et dans Genève, des gens de beaucoup d’esprit qui se plaisent à écrire sur ces matières. On en avait un très-grand besoin. Ces cantons et une grande partie de l’Allemagne étaient plongés dans la plus horrible superstition : on sort à présent de cette fange ; mais, croyez-moi, il y a encore en France bien des gens embourbés, qui, tout couverts d’ordures, ne veulent pas qu’on les nettoie. L’opinion gouverne les hommes, et les philosophes font petit à petit changer l’opinion universelle.

Voici des vers4, mes divins anges, que j’ai faits tout d’une tire 5 sur un sujet qui m’a paru en valoir la peine . Voyez si les vers ne sont pas trop indignes du sujet.

Ah ! si vous pouviez être plénipotentiaire à Genève !

Puis-je présenter par vous mes respects à M. le duc de Praslin et à M. le marquis de Chauvelin ? Je me mets sous vos ailes pour 1766. »

1 Sur le manuscrit olographe l'année est corrigée de 1765 en 1766 ; l'édition Supplément au recueil amalgame à la présente lettre quelques lignes de celle du 8 janvier 1766 : « Je vous supplie de vouloir bien engager M. Marin à empêcher les libraires d’imprimer les tristes vers que j’ai faits sur un événement fort triste. J’ai assez parlé de Henri IV en ma vie, sans ennuyer encore ses mânes. »

2 Dans sa lettre du 21 décembre 1765, Voltaire proposait de nommer médiateur Hennin, déjà résident à Genève. Cette idée ayant été rejetée, Voltaire pensait à d'Argental. Ce fut le chevalier de Beauteville, ambassadeur de France en Suisse, qui fut nommé médiateur pour la France dans les affaires de Genève. Voir : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/04/13/il-faut-bien-pourtant-qu-il-y-ait-quelque-chose-de-tres-bon-6309498.html

3 La collection des Lettres sur les miracles.

4 Épître à Henri IV, sur ce qu’on avait écrit à l’auteur que plusieurs citoyens de Paris s’étaient mis à genoux devant la statue équestre de ce prince pendant la maladie du Dauphin ; voir : https://zims-lfr.kiwix.campusafrica.gos.orange.com/wikisource_fr_all_maxi/A/%C3%89p%C3%AEtres_(Voltaire)/%C3%89p%C3%AEtre_96

5 Tout d'une traite .