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12/08/2021

Venez, monsieur, reconnaître au plus tôt les lieux que vous voulez embellir

...Ainsi le propriétaire du PSG, Nasser Al-Khelaifi aurait-il pu accueillir Lionel dit Leo  Messi sur la pelouse du Parc des Princes  . Les larmes de crocodile du footballeur et l'enthousiasme délirant des supporters ne m'ont pas fait oublier qu'on a mis sous nos yeux une vulgaire opération commerciale, infiniment moins intéressante que  la découverte et l'achat des vaccins pour échapper à la mort par Covid . Mais, bon , les footeux ne brillent pas par l'altruisme, les récentes violences dans les stades dès que ce public y est admis prouverait leur mauvais fond .

Le Qatar prêt à abandonner le projet du PSG ? Les propriétaires, agacés, se  posent des questions

" Mektoub ! Pourvu que le prix du pétrole ne baisse pas ! Inch Allah !"

 

 

« A Pierre-Michel Hennin

18è mai 1766 à Ferney

Venez, monsieur, reconnaître au plus tôt les lieux que vous voulez embellir. Voilà le premier moment où le pays de Gex a des feuilles et des fleurs. L’air qu’on y respire est plus doux que celui de Genève.

Mettez-moi, je vous en supplie, aux pieds de monsieur l’a[m]bassadeur ; je m’informe tous les jours de sa santé ; et puisque la nature, qui me persécute, ne veut pas que je lui fasse ma cour à Genève, j’espère qu’il ne partira pas sans daigner venir encore prendre l’air dans nos hameaux, et les honorer de sa présence.

Gardez-vous bien (si vous m’aimez) de m’oublier auprès de M. le chevalier de Taulès.

J’ai déjà fait usage de la singulière anecdote que je lui dois touchant l’étonnant traité de Léopold avec Louis XIV, que j’aurais toujours ignoré sans lui 1. Si sa belle mémoire veut encore m’aider, le Siècle de Louis XIV ne s’en trouvera pas plus mal. Je ne me mêle, Dieu merci, que des affaires du temps passé, et je laisse là le siècle présent pour ce qu’il vaut. Je ne prends point la liberté d’écrire à monsieur l’ambassadeur sur sa santé , je m’adresse à vous pour en savoir des nouvelles. Ma nièce, qui alla ces jours passés lui présenter ses hommages et les miens, m’assure qu’il sera bientôt en état de sortir.

Adieu, monsieur : toute ma petite famille vous embrasse bien tendrement, et soupire comme moi après le bonheur de vous voir.

V. »

1 Il s’agit, ici d’un traité de partage de la monarchie espagnole, fait en très grand secret par Louis XIV et l’empereur Léopold, dès les premières années du règne de Charles II. Voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Si%C3%A8cle_de_Louis_XIV/%C3%89dition_Garnier/Chapitre_08 (Note de Hennin fils.)

11/08/2021

disposant souverainement des œuvres de Satan. Il est clair que celui qui les ordonne est bien plus maudit que les pauvres diables qui les exécutent

... Moins, certes, mais pas innocentés, n'exagérons pas ; un bras armé n'a pas d'excuses, y compris  si son arme n'est qu'une pancarte raciste . Anti Pass et antivax égoïstes, vous voyez ce qui se passe aux Antilles, vous êtes finalement des lâches partisans de la peine de mort ( le virus n'est plus le seul coupable ), moutons qui confondez politique et santé publique, braillez tant que vous voulez le Covid 19 n'a pas d'oreilles et se réjouit de vous voir en troupeaux .

Virus: manifestations anti-restrictions de l'Europe à l'Australie | Le  Quotidien de la Réunion

Je ne sais pas si le vaccin anti Covid serait suffisant pour lui rendre figure humaine, la connerie rend réfractaire .

 

 

« A Louis-François-Armand du Plessis , duc de Richelieu

17è mai à Ferney

Je reçois la lettre du 1er de mai, dont mon héros m’honore. M. le chevalier de Beauteville m’a dit qu’avant de partir pour votre royaume de Bordeaux vous lui aviez dit que vous le chargeriez de vos ordres pour moi ; mais la lettre dont vous me parlez ne m’est jamais parvenue, et il faut qu’on l’ait oubliée dans votre déménagement.

Que vous êtes heureux, monseigneur, de pouvoir toujours courir , et que je suis à plaindre de ne pouvoir au moins me trouver sur votre route !

Je suis bien fâché pour le public, et pour les beaux-arts que vous protégez, de voir le théâtre privé de Mlle Clairon, lorsqu’elle est dans la force de son talent. J’y perds plus qu’un autre, puisqu’elle faisait valoir mes sottises ; mais elle ma mandé que, puisqu’on ne voulait pas confirmer la déclaration de Louis XIII en faveur de vos spectacles, et encore moins la fortifier par quelques nouvelles grâces, elle ne pouvait plus cultiver un art trop avili ; elle a renoncé à l’excommunication, et moi aussi, car j’ai pris mon congé. Il n’y a que vous qui restez excommunié, puisque vous restez toujours premier gentilhomme de la Chambre, disposant souverainement des œuvres de Satan. Il est clair que celui qui les ordonne est bien plus maudit que les pauvres diables qui les exécutent. Il est plaisant qu’un comédien soit mis en prison s’il refuse de jouer, et soit damné s’il joue . Mais vous devez être accoutumé aux contradictions de ce monde.

Je n’ai encore vu aucun mémoire pour et contre ce pauvre Lally. Je le connaissais pour un Irlandais un peu absurde, très-violent, et assez intéressé ; mais je serais extrêmement étonné s’il avait été un traître, comme on le lui reproche. Je suis persuadé qu’il ne s’est jamais cru coupable ; s’il l’avait été, serait-il revenu en France ? Il y a des destinées bien singulières. Ce globe est couvert de folies et de malheurs de toute espèce. De toutes les folies, la plus ennuyeuse est celle des Genevois ; cette folie n’était certainement pas dangereuse : ce n’est qu’une dispute de gens qui argumentent les uns contre les autres, et il faut que trois puissances envoient des ambassadeurs pour interpréter trois ou quatre passages de leurs lois. On leur a fait bien de l’honneur. Ils ressemblent à cet homme des fables d’Ésope qui priait Hercule de lui prêter sa massue pour écraser ses puces 1.

Continuez, mon héros, à vous moquer du genre humain ; il le mérite bien. Moquez-vous aussi de moi quelquefois ; mais conservez-moi des bontés qui adoucissent la fin de ma carrière, et qui me rendent heureux dans ma retraite. Je finirai mes jours comme il y a plus de quarante ans que je les passe, pénétré pour vous de respect et du plus tendre attachement.

V. »

10/08/2021

il y a quelquefois plus de générosité chez les Français que chez les Anglais

... No comment . Voltaire dit vrai , je crois .

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Honni soit qui mal y pense !

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

17 mai 1766 1

Vous verrez, mon cher frère, par la lettre ci-jointe, que tous les souscripteurs ne pensent pas aussi noblement que vous, et qu’il y a quelquefois plus de générosité chez les Français que chez les Anglais.

Je soupire depuis longtemps après les mémoires de ce pauvre Lally, et de MM. d'Arché 2 et de Bussy . Je connaissais Lally pour un homme absurde, violent, intéressé, capable de piller et d'abuser du commandement, mais je serai bien étonné s'il avait été un traître .

Je n’entends plus parler de Fréret 3, qu’on disait imprimé en Hollande : vous me l’aviez promis, vous me l’aviez annoncé ; je suis abandonné de tous les côtés. La maladie de M. de Beaumont et ses affaires retardent le mémoire de Sirven, et j’ai bien peur que tant de délais ne soient funestes à cette famille infortunée. Cette affaire ranimait ma langueur dans les maladies qui accablent ma vieillesse. Je trouve que le plaisir de secourir les hommes est la seule ressource d’un vieillard.

Je viens de lire une Histoire de Henri IV 4 qui m’ennuie et qui m’indigne. Qui est donc ce M. de Bury qui compare Henri IV à ce fripon de Philippe de Macédoine, et qui ose dire que notre illustre de Thou n’est qu’un pédant satirique ? Est-ce qu’on ne fera point justice 5 de cet impertinent ? Mais il y a tant d’autres mauvais livres dont il faudrait faire justice !

Portez-vous mieux que moi, mon cher ami. Écr l’inf. » 

1 Sur la copie contemporaine Darmstadt manquent les trois derniers mots .Tout le deuxième paragraphe est barré sur la copie Darmstadt et manque dans les éditions .

2 La copie Darmstadt écrit ce mot Daché .

3 Voir lettre du 1er avril 1766 à Damilaville : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/07/06/m-6325583.html

4 Histoire de la vie de Henri IV, roi de France et de Navarre, 1765, de Richard de Bury . Bury a publié une Lettre […] à M. de Voltaire au sujet de son Abrégé de l'histoire universelle, 1755, et écrira plus tard une Lettre sur quelques ouvrages de M. de Voltaire, 1769 .

Voir : https://books.google.fr/books?id=BWcPAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

et : https://play.google.com/store/books/details?id=28EGAAAAcAAJ&rdid=book-28EGAAAAcAAJ&rdot=1

et : https://www.persee.fr/doc/dhs_0070-6760_1993_num_25_1_1950_t1_0533_0000_3

et : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6451940g/texteBrut

5 C'est ce que fit V* (et ce qu'il faisait déjà) en écrivant le libelle (très rare) Le Président de Thou justifié contre les accusations de M. de Bury ( [s.]), 1766 : voir https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Pr%C3%A9sident_de_Thou_justifi%C3%A9/%C3%89dition_Garnier

Le début de la lettre du 23 mai 1766 à Damilaville semble indiquer qu'il fut imprimé par Merlin ; on ne le trouve pas dans le Journal encyclopédique ; voir : http://www.monsieurdevoltaire.com/2015/01/correspondance-annee-1766-partie-18.html

09/08/2021

Comment peut-on avoir le temps d'avoir de l'esprit et de badiner quand on a de si lourds fardeaux à porter ?

... Tout simplement en étant ministres en vacances !

 

 

« A Pierre-Michel Hennin

[16 ou 17 mai 1766]

Vous m'avez envoyé, monsieur, une drôle de lettre de M. le duc de Choiseul . Il me mande qu'il est comme le cocher de L'Avare qui met tantôt sa souguenillle 1 et tantôt son tablier . Comment peut-on avoir le temps d'avoir de l'esprit et de badiner quand on a de si lourds fardeaux à porter ? Mais vous autres ministres vous êtes supérieurs aux affaires . C'est ce qui fait que je me mets plus que jamais aux pieds de Son Excellence, que je supplie M. de Taulès de ne me pas oublier, et que je compte que vous n'abandonnerez pas Ferney . 

V.»

1 Voir la lettre du 12 mai 1766, transmise par Hennin en même temps que sa lettre  du 16 mai et dont voici le passage en question : « […] je suis ici comme le cocher de L'Avare, tantôt en souquenille, tantôt en tablier ; je fais ce que l'on veut, je sacrifie ma maîtresse à mon cousin ; j'ai le cœur le plus facile, je voudrais bien, pour moi et pour les affaires, avoir l'esprit de même . »

La forme souguenille qui n'est pas étymologique (le mot vient du slave allemand), correspond à la prononciation habituelle de ce mot .