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16/11/2011

il faut savoir payer cher son plaisir et sa convenance

 Oui,  Voltaire est fidèle à ses idées exposées dans le Mondain . Qui s'en plaindrait ?

http://www.monsieurdevoltaire.com/article-31117310.html

Mais lorsqu'il parle de "jardin délicieux", a-t-il vu ceci ?

 

JARDIN-DES-DELICES-1.jpg

Et Mme Denis , celà ?

JARDIN-DES-DELICES.jpg

 

 http://www.theatrorama.com/2009/06/le-jardin-des-de...


 

 

« A M. de Brenles

A Prangins, 31 janvier [1755]

Non, je ne vous échappe pas . Quand j'habiterais aux portes de Genève, ne viendrais-je pas quelquefois vous voir , et ne daigneriez-vous pas, vous et Mme de Brenles, venir passer chez nous quelques jours ? Tout est voisinage sur les bords du lac . Vous avez très bien deviné : la maison qu'on me vend i est d'un grand tiers en dessous de sa valeur au moins ; mais elle est charmante, mais elle est toute meublée, mais les jardins sont délicieux, mais il n'y manque rien , et il faut savoir payer cher son plaisir et sa convenance . Le marché ne sera conclu et signé par devant notaire que quand toutes les difficultés résultant des lois du pays auront été parfaitement levées, ce qui n'est pas un petit objet . Le conseil d’État donne toutes les facilités qu'il peut donner ii, mais il faut encore bien d'autres formalités pour assurer la pleine possession d'une acquisition de quatre-vingt-dix mille livres . Les paroles sont données entre le vendeur et moi ; j'ai promis les quatre-vingt-dix mille livres à condition qu'on se chargera de tous les frais, et de m'établir toutes les suretés possibles . Avec tout cela l'affaire peut manquer ; mille négociations plus avancées ont échoué . Que fais-je donc ? Je me tourne de tous les côtés possibles pour ne pas rester sans maison dans un pays que vous m'avez fait aimer . J'aurai incessamment des réponses touchant les maisons de M. d'Hervart . Je préfèrerais Prélaz , vous n'en doutez point, puisqu'il est dans votre voisinage ; mais nous soupçonnons qu'il n'y a qu'un appartement d'habitable pour l'hiver , et il faut remarquer que nous sommes deux qui voulons être logés un peu à l'aise . Voilà la situation où nous sommes . Il faut absolument que je prévienne l'embarras où je me trouverais si l'on ne pouvait m'assurer à Genève l'acquisition qu'on m'a proposée . Somme totale, il me faut les bords du lac ; il faut que je sois votre voisin, et que je vous aime de tout mon cœur . Je n'achète des chevaux que pour venir vous voir soit de Genève, soit de Vevai, dès que ma santé me permettra d'aller .

Mille respects à Mme de Brenles ; je vous embrasse et vous demande pardon .

V. »


i A Saint Jean, rive droite du Rhône à Genève, les futures Délices .http://www.ville-ge.ch/bge/imv/

 

ii En date du 1er février 1755, sur les registres du Conseil de la République de Genève on lit : « Le sieur de Voltaire demande et obtient la permission d'habiter dans le territoire de la république, pour être plus à portée du sieur Tronchin son médecin . »

 

je vous demande en grâce de lui faire recommander la vertu de l'exactitude .

La vertu de l'exactitude, celle-là même que je demande instamment à nos hommes / femmes politiques, si posssible étayée de la vérité et réciproquement.

 Fière allure , n'est-ce pas ?

Son sablier n'est plus guère utile que dans une cuisine ou pour le temps de réflexion d'un quelconque quizz . Avantage cependant sur l'horloge atomique : pas de panne ...

exactitude.jpg

L'exactitude est l'une des vertus recommandée par les Charitables de Béthune ( à ne pas confondre avec Le Bourreau de Béthune, raccourcisseur de milady, cher à Alexandre Dumas . Sans oublier celui qui fit les beaux soirs des rings de catch dans les années 50-60, méchant parmi les méchants , que toute la famille adorait huer ! )

 http://beuvry.unblog.fr/2009/10/08/384/

 http://www.leparisien.fr/sports/le-celebre-catcheur...

 

 

 

 

« A M. le comte d'Argental

Prangins, près de Nion,pays de Vaud, janvier [1755]


Mon cher et respectable ami,j'ai reçu votre lettre du 27 décembre et toutes vos lettres en leur temps . Toute lettre arrive, et Lambert i se moque du monde . Malgré les douleurs intolérables d'un rhumatisme goutteux qui me tient perclus, j'ai songé, dans les petits intervalles de mes maux, à cette tragédie en trois actes ii, que je n'ai pas l'esprit à faire en cinq . J'y ai retranché, j'y ai ajouté, j'y ai corrigé . J'ai tellement appuyé sur les raisons du parti que prend Idamé de préférer sa mort, et celle de son mari, à l'amour de Gengis-kan ; ces raisons sont si clairement fondées sur l'expiation qu'elle croit devoir faire de la faiblesse d'avoir accusé son mari ; ces raisons sont si justes et si naturelles, qu'elles éloignent absolument toutes les allusions ridicules que la malignité est toujours prête à trouver . Je ne crains donc que les trois actes ; mais je craindrais les cinq bien davantage ; ils seraient froids iii. Il ne faut demander ni d'un sujet , ni d'un auteur, que ce qu'ils peuvent donner .

J'aimerai jusqu'au dernier moment les arts que vous aimez ; mais comment les cultiver avec succès, au milieu de tous les maux que la nature et la fortune peuvent faire ?

Mandez-moi comment je dois vous adresser le troisième acte, que j'ai arrondi, et que j'ai tâché de rendre un peu moins indigne de vos bontés .

Je vous demande pardon de vous avoir importuné de lettres pour Lambert iv; mais en vérité, cet homme est bien irrégulier dans ses procédés, et je vous demande en grâce de lui faire recommander la vertu de l'exactitude .

Mille tendres respects à tous les anges . Mme Denis se voue au désert avec un grand courage ; elle vous fait les plus tendres compliments . »


 

i Imprimeur indélicat d'une édition erronée des Œuvres de V*.

ii L'Orphelin de la Chine.

iii NDLR – V* a raison , malheureusement il se rendra à l'avis de d'Argental ; la pièce que j'ai vue, interprétée dans ces redoutés cinq actes, traine en longueurs pénibles et lasse par le sentiment de délayage de texte qui n'apporte rien, ni à l'action ,ni à la réflexion .Son envie de faire plaisir à quelques amis nous prive d'un plaisir attendu .