04/05/2012
tâchez de venir nous voir avec des tétons rebondis et un gros cul
... No comment !

« A MADAME DE FONTAINE
A PARIS.
A Monrion, 8 janvier [1756]
J'envoie, ma chère nièce, la consultation de votre procès avec la nature au grand-juge Tronchin 1 je le prierai d'envoyer sa décision par la poste en droiture, afin qu'elle vous arrive plus vite. Vous me paraissez à peu près dans le même cas que moi faiblesse et sécheresse, voilà nos deux principes. Cependant, malgré ces deux ennemis, je n'ai pas laissé de passer soixante ans et madame Ledosseur vient de mourir, avant quarante, d'une maladie toute contraire. Mlles Bessières 2 avaient une vieille tante qui n'allait jamais à la garde-robe elle faisait seulement, tous les quinze jours, une crotte de chat que sa femme de chambre recevait dans sa main, et qu'elle portait dans la cheminée; elle
mangeait, dans une semaine, deux ou trois biscuits, et vivait à peu près comme un perroquet; elle était sèche comme le bois d'un vieux violon, et vécut dans cet état près de quatre-vingts ans, sans presque souffrir.
Au reste, je présume que M. Tronchin vous prescrira à peu près le même remède qu'à moi et, comme vous avez l'esprit plus tranquille que le mien, peut-être ce remède vous réussira mais ce ne sera qu'à la longue 3. Le père putatif du maréchal de Richelieu 4, qui était le plus sec et le plus constipé des ducs et pairs, s'avisa de prendre du lait à la casse, cela avait l'air du bouillon de Proserpine , il s'en trouva très-bien. Il mangeait du rôti à dîner, il prenait son lait à la casse à souper, et vécut ainsi jusqu'à quatre-vingt-quatre ans. Je vous en souhaite autant, ma chère nièce. Amusez-vous toujours à peindre de beaux corps tout nus, en attendant que le docteur Tronchin rétablisse et engraisse le vôtre.
Adieu, ma chère nièce; tâchez de venir nous voir avec des tétons rebondis et un gros cul. Je vous embrasse tendrement, tout maigre que je suis. J'écris à Montigny 5sur la mort de Mme Ledosseur. Sa perte m'afflige, et fait voir qu'on meurt jeune avec de gros tétons. La vie n'est qu'un songe nous voudrions bien, votre sœur et moi, rêver avec vous. »
2 La lettre du 15 octobre 1726 est adressée à l'une de ces demoiselles, depuis sa résidence d'exil en Angleterre . Voir : http://www.monsieurdevoltaire.com/article-correspondance-annee-1725-26---partie-15-73258701.html
3 Cinq mois plus tard, Mme Marie-Thérèse de Fontaine alla aux Délices, où Tronchin la ressuscita bientôt.
4 Le maréchal de Richelieu, selon la règle générale, était fils de son père; mais il parait que ce père n'était pas Armand-Jean Vignerod, mort en mai 1715. Cette particularité était bien connue du maréchal lui-même; et les lettres que Voltaire lui adressa le 10 octobre et le 3 décembre 1769 ne laissent aucun doute sur ce point. (CL.)
23:55 | Lien permanent | Commentaires (0)
la cour d'Espagne envoie quatre vaisseaux de guerre à Buenos-Ayres contre le révérend père Nicolas
... En 1756 !
En 2012, Notre Sauveur (Nicolas 1er, élève de maître Tartuffe) ne tarit pas d'éloges sur l'Espagne et son gouvernement socialiste car ils lui permettent d'offfrir aux regards superficiels des exemples à ne pas suivre, en résumé "Zapatero - Hollande même parti, même gestion à attendre" , et "moi Nico (et ce modeste comédien se cache derrière un "VOUS PEUPLE DE FRANCE" ! ) vais vous sauver si ... vous êtes assez gogos pour me réélire !"
Voir, pour info : http://www.liberation.fr/economie/2012/05/04/la-fable-esp...
Un autre motif de détestation, s'il en était encore besoin, et que je laisse à votre réflexion , le fait que ce candidat soucieux du bien-être de ses chers compatriotes ait choisi le thême de "la Culture" parmi ces six possibilités de revenir sur un sujet non abordé lors du débat du 2 mai :
- Questions de société
- Culture
- Santé
- Logement
- Institutions
- Sécurité
Ah ! oui ! La culture quel beau sujet d'intérêt pour le SMICar, le SDF, le chômeur, l'étudiant qui doit avant de gagner son premier sou faire un emprunt pour pouvoir suivre ses études !
Ceux-là ont bien évidemment la possibilité d'aller au théâtre, au cinéma, aux festivals, au musée, acheter des disques, des livres, des revues, des journeaux, des oeuvres d'art, des ratons-laveurs aussi pendant qu'on y est !
Lamentable et ridicule prestation de ce représentant d' "Hadopi au pays des mauviettes" .
A voir sur : http://player.canalplus.fr/#/635509, 13è minute ...

Ah ! oui ! Tu dis avoir changé depuis 2007 , mais il n'y a pas même les sourds et les aveugles qui soient dupes . Tu es un compétiteur qui aime gagner, -ce qui n'a rien de répréhensible en soi,- qui aime par dessus tout gagner, par dessus l'honnêteté, par dessus la vérité, par dessus le sort des plus humbles , tu es prêt à toutes le compromissions, en un mot, tu es lâche .
Je fais des voeux pour que les Français te prennent au mot, puisque tu semble ne vouloir que le bien de la France, que le sort de ta personne, selon tes dires, t'importe peu . Adieu, et bon vent !
... Despedida !!
Vale ! comme disait Volti .
« A M. LE COMTE D'ARGENTAL
A Monrion, 8 janvier 1756
Je reçois, mon cher ange, votre lettre du 29 décembre, dans ma cabane de Monrion, qui est mon palais d'hiver. Mon sermon sur Lisbonne 1 n'a été fait que pour édifier votre troupeau, et je ne jette point le pain de vie aux chiens 2. Si vous voulez seulement régaler Thieriot d'une lettre, il viendra vous demander la permission de s'édifier chez vous 3.
Je cherche toujours à vous faire ma cour par quelque nouvelle tragédie; mais j'ai une maudite Histoire générale qu'il faut finir, et une édition 4 à terminer. Ma déplorable santé ne me permet guère de porter trois gros fardeaux à la fois. J'ai résolu d'abandonner toute idée de tragédie jusqu'au printemps. Je sens que je ne pourrai faire de vers que dans le jardin des Délices.
Il faut à présent que ma vieille muse se promène un peu pour se dégourdir. Je ne crois pas qu'on ait beaucoup affaire de Mariamne 5, quand on a un Astyanax 6 et une Coquette 7. On dit que cette mademoiselle Hus 8, dont vous me parlez, ressemble plus à une Agnès qu'à une Salomé 9. Cependant, si vous voulez qu'elle joue ce vilain rôle, je le lui donne de tout mon cœur, in quantum possum et in quantum indiget 10. Je suis gisant dans mon lit, ne pouvant guère écrire mais je vais donner les provisions de Salomé à ladite demoiselle.
Quoique vous ne méritiez pas que je vous dise des nouvelles, vous saurez pourtant que la cour d'Espagne envoie quatre vaisseaux de guerre à Buenos-Ayres contre le révérend père Nicolas 11. Parmi les vaisseaux de transport il y en a un qui s'appelle le Pascal. Peut-être y êtes-vous intéressé comme moi, car il appartient à MM. Gilli 12. Il est bien juste que Pascal aille combattre les jésuites mais ni vous ni moi ne paraissions faits pour être de la partie.
Je vous embrasse, mon cher ange. »
1 Voir le Poème sur le désastre de Lisbonne : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5727289v
Voltaire disait que c'était un sermon du père Liébaut ou Liébaud .
2 Voir dans Lauda Sion de Thomas d'Aquin : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lauda_Sion
Ecce panis angelorum ...
Non mittendus canibus.
Voici le pain des anges … à ne pas donner aux chiens .
3 Voir lettre du 2 janvier 1756 à Thieriot : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2012/05/04/il-y-a-des-mysteres-qui-ne-sont-faits-que-pour-les-inities.htm
5Hérode et Mariamne : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k71186g/f2.image
6 Tragédie de Châteaubrun, jouée le 5 janvier 1756, non imprimée.
Voir page 418 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5734712c/f440.image
7 La Coquette corrigée, de La Noue, fut jouée le 23 février 1756.
Pages 167 et page 275 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5457813w/f000174.ta...
8 Mlle Hus, reçue à la Comédie française en 1753, se retira du théâtre en 1775, et mourut le 18 octobre 1805, à soixante-douze ans. Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Mademoiselle_Hus
15:48 | Lien permanent | Commentaires (0)
Il y a des mystères qui ne sont faits que pour les initiés
... Et je dis bravo à François Bayrou pour son engagement de vote pour François Hollande ; il a le courage, comme toujours, de prendre position et, sans faire la moindre allégeance au P.S. , faire barrage à l'UMP et son représentant détestable .
François-Marie Arouet, François Bayrou, François Hollande , ...
« A M. THIERIOT
A Monrion, près Lausanne, 2 janvier 1756.
Mon ancien ami, je me garderai bien de me servir de la voie que vous me proposez. Je vous prie d'aller chez M. d'Argental avec ce petit billet ; il vous communiquera le sermon 1, et vous
verrez ensemble s'il est possible que cela soit communiqué. Il y a des mystères qui ne sont faits que pour les initiés vous êtes du nombre; mais ce nombre est bien petit.
Je lirai pour vous le Mercure, que je ne lis jamais; je ne connais dans ma retraite que les vieux livres et les vieilles amitiés. Je vous crois plus heureux que ne l'était votre fantasque de Nocé, qui était si embarrassé de lui-même. Je vous envoie ma nouvelle lettre à l'Académie française; c'est la seule réponse que je puisse faire aux voleurs qui me mutilent.
Je vous embrasse de tout mon cœur. »
1 Voir le Poëme sur le désastre de Lisbonne : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5727289v
Voltaire disait que c'était un sermon du père Liébaut ou Liébaud;
voir lettres du 29 janvier à de Gauffecourt : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2009/01/29/a-lento-risu.html
et du 29 février à Thieriot : page 557 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411354g/f560.image.r=Oeuvres+compl%C3%A8tes+de+Voltaire+38,6++nouvelle+%C3%A9dition+pr%C3%A9c%C3%A9d%C3%A9e+de+la+Vie+de+Voltaire,+par+Condorcet+et+d%27autres+%C3%A9tudes+biographiques.langFR
07:02 | Lien permanent | Commentaires (0)

