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07/11/2016

j'aime la vérité comme un fou

... Mais je me soigne ! Car elle n'est pas toujours belle .

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Auteur anglais -nul n'est parfait- avec lequel j'ai fait mes premiers pas dans l'humour et l'auto-dérision (Trois hommes dans un bateau)

 

 

« A Charles-Jean-François Hénault

A Ferney , 4 novembre 1761

Ah, mon cher et respectable confrère, illustre et exact auteur de ce qu'il faut savoir de l'histoire de France , j'en appelle à votre exactitude . Confrontez les dates . Vous verrez que ma lettre au chancelier d'Olivet était écrite avant la vôtre . Il vous est arrivé la même chose qu'à l'impératrice de toutes les Russies . Elle a envoyé aux libraires Cramer l'argent de deux cents souscriptions , mais après ma lettre . Ainsi je n'ai pu m'en vanter à notre chancelier . Dieu m'est témoin que je ne lui avais pas écrit pour que ma lettre fût publique . C'est lui qui l'a voulu . J'en appelle à son témoignage per deos immortales 1. Laissez faire, tout sera bien réparé .

Mais qu'est devenu un paquet que j'avais envoyé à Mme Du Deffand !2 Un paquet qui devait l'amuser, et vous amuser vous même ; un paquet d'histoire, un Ezour Vedam, une chose unique, et qu'il me fallait me renvoyer . Je vous demande en grâce d'insister qu'on me le renvoie chez M. d'Argental .

Je me trouve entre trois Pierre, Pierre le Grand, le grand Pierre Corneille, et Pierre le Cruel . Je ne sais auquel entendre .

J'ai envie de vous envoyer et de vous soumettre le chapitre de la mort de ce pauvre Alexis , fils de Pierre le Grand . Vous prendrez peut-être alors mon Russe pour Pierre le Cruel . Ce chapitre est embarrassant, car quoique j'aime fort l'impératrice de toutes les Russies, j'aime la vérité comme un fou .

Adieu, monsieur ; mille tendres respects à Mme Du Deffand, comme à vous . »

1 Au nom des dieux immortels .

 

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