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25/09/2017

je suis extrêmement content de votre manière de penser équitable et tolérante

... A qui peut-on encore dire cela ?

 

 

« Au ministre Paul-Claude Moultou

[octobre-novembre 1762] 1

J'ai le malheur , monsieur, de n'être pas plus content des lettres de Warburton que du livre de Bollingbroke 2. Mais je suis extrêmement content de votre manière de penser équitable et tolérante, et très reconnaissant de votre bonté .

Je persiste toujours à croire que M. Bruce 3 gronde un peu trop notre pauvre Mme Calas . Il ne changera pas le caractère de cette femme, et il ne lui donnera point d'esprit . Plaignons-la, servons-la, et ne la contristions point . L'affaire va cent fois mieux que je n'avais osé l'espérer . Je vous avoue que si on réforme , comme je le crois , l'abominable arrêt des assassins visigoths en robe noire, ce sera pour moi une consolation bien touchante .

Je deviens bien sourd, mais je n'en suis pas moins sensible . Je le suis surtout à votre extrême mérite .

Je vous prie, monsieur, de vouloir bien dire à Mme la duchesse d'Anville que sans mes oreilles, je serais à ses pieds tous les jours . Soyez bien persuadé de ma respectable estime .

V.

1 L'édition Taillandier est incomplète et date de mars 1763 ; Lettres inédites place la lettre entre deux autres des 2 et 7 mars . Pour la date retenue ici, on observera que la duchesse d'Anville quitta Genève peu après le 13 novembre 1762 .

 

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