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26/12/2017

En vous remerciant de l'épigramme sur le cocu du parlement

... Libre à vous d'en trouver le nom , s'il n'y en a qu'un ! ou qu'une ! [statistiquement le risque 0 est improbable, compte tenu de leurs emplois du temps flous .]

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« A Germain-Gilles-Richard Président de

Ruffey

à Dijon

Ferney 30è janvier 1763

En qualité de quatre-vingts, je ne vous écrirai point de ma main, mon cher monsieur ; je bénis Dieu des rigueurs de M. de Cormont le père . Il s'est trouvé sur-le-champ un jeune gentilhomme, mon voisin, n'ayant ni père , ni mère, et dont les terres touchent précisément les miennes . Il n'est à la vérité que cornette de dragons mais il l'a emporté sur le capitaine et je fais dans quelques jours le mariage de Mlle Corneille . Je n'ai point d'enfants, et je m'en suis fait ; je suis heureux du bonheur des autres, et c'est la consolation de ma vieillesse .

Je souhaite passionnément que M. de La Marche rende la sienne heureuse, en finissant pour jamais toute discussion avec monsieur son fils . L'un et l’autre perdraient de leur considération à discuter davantage . C'est à eux d'être arbitres, et non à avoir besoin d'arbitres .

En vous remerciant de l'épigramme sur le cocu du parlement de Toulouse . Je souhaite que ce soit un des juges des Calas ; mais des cornes et des chansons sont une punition trop légère de l’abominable jugement qu'ils ont rendu .

J'espère que dans huit jours nous obtiendrons la révision au Conseil ; mille accidents nous ont retardés.

Pour les jésuites , je les trouve des fous, il faut avoir bien peu de raison pour se plaindre de retrouver la liberté avec un justaucorps et une pension, mais l’esprit de corps, et l'esprit de parti seront toujours plus forts que la philosophie ; ils ont imprimé une grande déclamation intitulée Apologie générale 1, qui ne leur fera pas de nouveaux amis ; ils y disent tant de bien d'eux, et tant de mal de leurs adversaires, ils sont si fiers dans ce qu'ils appellent leur malheur, ils se regardent comme des gens si considérable et si nécessaires au monde, qu'on serait tenté de les humilier encore davantage . Ce n'est pas le tout d'être chassé, il faut encore être modeste .

Je voudrais bien que votre parlement se remît un peu à être Perrin Dandin 2. J'ai une cause à lui mettre en mains, non pas pour moi, mais pour gens dont on a pris le bien, et qui ne peuvent mais de querelles du parlement avec les élus 3.

Adieu monsieur, mes respects très humbles à madame votre femme . Comptez sur la tendre amitié de votre très humble et très obéissant serviteur . »

1 Joseph-Antoine-Joachim Cérutti : Apologie générale de l'institut et de la doctrine des jésuites, 1763 ; sur la page de titre de son exemplaire, V* a écrit : « par M. Cérutti, Piémontais jésuite ». Voir : https://books.google.be/books?id=crdbAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

et : http://data.bnf.fr/11994146/joseph-antoine-joachim_cerutti/

et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph-Antoine_Cerutti

3 Les élus sont les juges de l'élection, tribunal financier de première instance dans les pays autres que « les pays d’État » . Plus précisément ici, les Élus étaient des commissaires représentant les États de Bourgogne durant l'intervalle des sessions , qui étaient triennales. C'était en leur nom que Varenne avait attaqué, dans un Mémoire, la possession où était le Parlement de refuser l'enregistrement d'un édit bursal, lors même que l'impôt avait été voté par les États.

Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pays_d%27%C3%A9tats

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