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27/11/2018

Qu’il vive autant que son ouvrage!

... Qui donc ?

Mais Donald Trump bien entendu . Vous allez en conclure que ses jours sont comptés, et que son oeuvre touche à sa fin, heureusement : mais alors qui nous fera rire ou grimacer à la lecture de ses tweets ubuesques, tel un de dernière heure sur les manifestations de nos "gilets'jaunes " : https://www.parismatch.com/Actu/International/Donald-Trum...

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Bonne question d'actualité à l'heure où la Russie et l'Ukraine en viennent aux mains (sales) : http://www.leparisien.fr/international/loi-martiale-en-uk...

 

 

 

« A Charles-Jean-François Hénault

A Ferney, le 4 décembre [1763] 1

Mon cher et respectable confrère, celui qui vous grave n’entend pas mal ses intérêts : il est bien sûr que son burin deviendra célèbre sous la protection de votre plume. Je vous demande en grâce que, si on met au bas de votre portrait ce petit vers

Qu’il vive autant que son ouvrage! 2 

on ajoute : Par Voltaire et par le public.

Il est bien triste que madame du Deffand ne puisse voir votre estampe.

La lumière est pour elle à jamais éclipsée ;

Mais vous vous entendez tous deux.

L’imagination, le feu de la pensée,

Valent peut-être mieux

Que deux yeux.

Je me défais des miens, et j’en suis plus tranquille ;

J’en ai moins de distractions.

Lorsque le cœur calmé renonce aux passions,

Deux yeux sont un meuble inutile.

Cela n’est pas tout à fait vrai, mais il faut tâcher de se le persuader. Mon espèce d’aveuglement est tout à fait drôle : une ophtalmie abominable m’ôte entièrement la vue quand il y a de la neige sur la terre, et je recommence quelquefois de voir honnêtement quand le temps se met au beau. Je vous prie, monsieur, vous qui avez de bons yeux (et cela doit s’entendre de plus d’une manière), de lire ce petit mémoire historique ; vous y trouverez des choses curieuses.

J’ai envoyé à madame du Deffand un conte à dormir debout, qui est d’un goût un peu différent. Les aveugles s’amusent comme ils peuvent.

Tout le Corneille est imprimé ; il y en a douze tomes. La Bérénice de Racine est à côté de celle de Corneille, avec des remarques ; l’Héraclius espagnol est au-devant de l’Héraclius français ; la conspiration de Brutus et de Cassius contre César, de ce fou de Shakespeare, est après le Cinna de Corneille, et traduite vers pour vers et mot pour mot : cela est à faire mourir de rire.

Adieu, monsieur ; conservez vos bontés au vieux de la montagne. »

1 Manuscrit passé à la vente Dentu en 1887 .

2 Le portrait de Hénault gravé par Claude-Antoine Littret de Montigny porte en épigraphe la formule « Qu'il vive autant que son ouvrage ! » tirée d'une lettre en vers de V* à Hénault : épître LXV du 1er septembre 1744 ; https://fr.wikisource.org/wiki/%C3%89p%C3%AEtres_(Voltaire)/%C3%89p%C3%AEtre_65#cite_note-1

Voir aussi : https://data.bnf.fr/14960367/claude_antoine_littret_de_montigny/

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