Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

28/04/2021

le Droit négatif ; il paraît mériter attention

... Covid négatif , le laisser-passer que tout le monde espère, blanc seing pour pouvoir circuler à nouveau au-delà de la longueur de notre laisse de dix kilomètres, ou trente pour les plus favorisés [sic] .

Attention aux annonces gouvernementales, oublions les disputes et reproches réciproques , faisons preuve d'intelligence, ça nous changera .

https://s.rfi.fr/media/display/292769be-74fe-11ea-b221-005056a964fe/gado_kenya_-_cartooning_for_peace_0.jpg

 

 

 

« A Pierre-Michel Hennin

S’il y a, monsieur, des tracasseries de prose dans la parvulissime, il y a aussi des tracasseries de vers. Père Adam, qui dit la messe fort proprement, mais qui, pour avoir régenté vingt ans la rhétorique, n’en est peut-être pas un meilleur gourmet en vers français, vous a lu une copie de vers (très-informe) ; il en a laissé prendre dans Genève des copies plus informes encore1 ; les Genevois, qui se connaissent en vers moins que lui, ont imprimé ce rogaton ; mes entrailles paternelles se sont émues. Je vous demande en grâce, monsieur, de ne point envoyer à Paris cet enfant bâtard 2; je compte envoyer mon fils légitime, mais il est encore en nourrice.

J’ai lu le petit écrit intitulé le Droit négatif3 ; il paraît mériter attention. Il me semble que la seule chose dans laquelle on s’accorde au pays où vous êtes, c’est le denier dix.

Vous me pardonnerez de ne point écrire de ma main ; les neiges me rendent presque aveugle.

Mille tendres respects.

V. 

7è janvier 1766 à Ferney.4»

1 L’Épître à Henri IV.

2 Trop tard . Le 14 janvier, Marin annonce à V* l'arrivée à Paris d' "une jolie pièce toute imprimée », l’Épître à Henri IV, probablement sous la forme d'un tirage à part des Nouveaux Mélanges , dont elle est la première pièce . Voir : https://voltairefoundation.wordpress.com/2017/09/19/les-nouveaux-melanges-recette-dune-bonne-capilotade-facon-voltaire/

3 Le droit négatif était le droit qu’avait le petit Conseil de rejeter les représentations des citoyens tendant à faire assembler le conseil général, soit pour interpréter les lois obscures, soit pour maintenir les lois enfreintes. (Note de Hennin fils.) .

L’usage du droit négatif du Petit Conseil, par lequel il est maître de ne pas prendre en considération les représentations qui lui sont soumises, contribue à radicaliser l’affrontement entre la magistrature et la bourgeoisie jusqu’au paroxysme de janvier 1766, lorsque les Représentants sabordent les élections syndicales en utilisant leur droit de veto électoral ; voir : https://books.openedition.org/pur/132252?lang=fr#ftn73

Il est vrai qu’elle n’est que la patronne de Paris : mais enfin, je ne veux me brouiller avec personne

... Et c'est largement suffisant, limite superflu . Si elle a les moyens financiers de se présenter à la présidentielle, il lui reste à trouver l'essentiel : un programme . Je trouve qu'elle a un lourd passé ...

 

Les idées d'Anne Hidalgo pour éviter le confinement sont-elles bonnes? | Le  HuffPost

 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

6è janvier 1766

Mes divins anges, j’ai réfléchi que quelque chanoine de Sainte Geneviève pourrait trouver mauvais qu’on dît que sa sainte n’est pas la protectrice de la France. Il est vrai qu’elle n’est que la patronne de Paris : mais enfin, je ne veux me brouiller avec personne. Voici donc la pièce corrigée que j’ai l’honneur de vous envoyer. Vous m’avouerez que l’auteur de la Henriade n’a pas dû apprendre la nouvelle des cierges portés à la statue de Henri IV, sans que le cœur lui ait palpité.

Voici un petit imprimé suisse1 pour vous réjouir, et vous y verrez que le Conseil genevois ne doit point du tout être alarmé de ces plaisanteries. Respect et tendresse.

V. »

1 Les éditeurs ont cru jusqu'ici que cet « imprimé suisse » était la Lettre curieuse de M. Robert Covelle, or celle-ci ne fut publiée qu'après le milieu de 1766 ; il doit s'agir du Précis impartial de nos divisions ( Genève , décembre 1765 : voir page 152/601 https://doc.rero.ch/record/10655/files/Bibliographie_Geneve_XVIIIe_Rivoir_volume1.pdf) qui est un mémorandum abrégé de la thèse des représentants . Il fut, apparemment par erreur , attribué à V*, notamment injustement par Hennin qui écrit à Praslin le 8 janvier 1766 : « Je joins encore ici, monseigneur, un écrit de M. de Voltaire qui s'est déguisé le mieux qu'il a pu . Il est intitulé Précis impartial . Pour précis on ne peut rien de plus court, mais aussi l'auteur a enjambé par-dessus les principales difficultés . Quant à l'impartialité c'est autre chose . M. de Voltaire s'est jeté un peu trop dans le parti de la bourgeoisie, flatté de se voir caressé par des gens qui l'avaient insulté . Il est persuadé qu'il pourra avoir la gloire de réparer le mal qu'a fait Rousseau . Les magistrats commencent à se plaindre de cette conduite . Je me garderai bien de me jeter à la traverse . »