07/02/2021
Je ne sais plus où j'en suis pour les petits chapitres
... suggère le grand rabbin Haïm Korsia devant la COMMISSION SPÉCIALE CHARGÉE D’EXAMINER LE PROJET DE LOI CONFORTANT LE RESPECT DES PRINCIPES DE LA RÉPUBLIQUE du 4 de ce mois . Il insiste pour qu'au grand jamais on ne légifère pour restreindre des coutumes religieuses, particulièrement celles de l'islam et par ricochet celles du judaïsme,- kasher et halal , même combat mais surtout ne pas mélanger torchons et serviettes -, et a une grande trouille que l'athéisme soit prôné et favorisé . Qu'il se rassure, le marché de la superstition, donc des religions, est florissant et couvre le monde depuis plus longtemps et pour plus longtemps que le Covid-19 . Voir : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/comptes-rendus/csprincrep/l15csprincrep2021008_compte-rendu#

Si ça peut rassurer les coupeurs de cheveux en quatre (j'ai aussi une autre expression mettant en scène une mouche )!
« A Gabriel Cramer
[8 octobre 1765] 1
Je ne sais plus où j'en suis pour les petits chapitres . Je prie monsieur Caro de vouloir bien me renvoyer tous ces chapitres imprimés .
Je reçois dans le moment Adélaïde . Je vais m'occuper à la mettre en état d'être imprimée avec une préface qui sera peut-être curieuse .
Je suis un peu surchargé d'ouvrage et de maux d'entrailles, sans quoi vous auriez eu un petit chapitre aujourd'hui .
Je vous embrasse vous et madame Cara . »
1 Datée par rapport à l'arrivée d'Adélaïde ; voir lettre à Lekain: http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/02/05/la-copie-que-vous-m-envoyez-est-pleine-de-fautes.html
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06/02/2021
La copie que vous m'envoyez est pleine de fautes
... M. Mélenchon, non pas bêtement des fautes d'orthographe ou de grammaire, mais beaucoup plus grave des fautes contre la vérité " dit en substance Me Dupond-Moretti : https://www.lefigaro.fr/politique/dupond-moretti-accuse-melenchon-de-faire-en-sorte-que-les-gamins-aient-envie-d-aller-chez-les-islamistes-20210205
Cette grande gueule de Mélenchon -grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf- veut se préparer un lot d'électeurs , à tout prix . Triste sire !

Petit ajout du 7/2/2021 : https://www.lepoint.fr/politique/jean-luc-melenchon-le-de...
« A Henri-Louis Lekain
[8 octobre 1765]1
Vous avez très bien fait, mon cher Roscius, de m'envoyer la copie d'Adélaïde, et vous auriez beaucoup mieux fait de me l'envoyer dès les premiers jours des représentations ; et vous l'auriez déjà prête à imprimer avec un discours préliminaire, qui peut-être sera assez plaisant, et qui contribuera à votre débit .
La copie que vous m'envoyez est pleine de fautes . Je les corrigerai de mon mieux et je vous renverrai le tout dès que je croirai la pièce moins indigne de vos grands talents et de votre amitié .
V.
Vous auriez pu m’envoyer ce gros paquet sous contreseing, je l’aurais reçu infailliblement . »
1 Datée d'après la lettre du même jour envoyée à d'Argental avec la présente .
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Dieu me pardonne, je crois que je suis actuellement parlementaire
... Par le puma notre totem, et Nanabozo mon totem, qu'ils me gardent bien d'être un jour parlementaire !

Au fait l'immunité parlementaire est-elle efficace contre le Covid-19 ?
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental
et à
Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental
8è octobre 1765 1
Mes anges sauront que j’ai reçu aujourd’hui Adélaïde. On a remis sur-le-champ les Roués dans le portefeuille, et on va reprendre cette Adélaïde en sous-œuvre, non sans faire des Welches le cas qu’ils méritent, non sans être honteux de travailler pour des gens qui approuvent dans un temps ce qu’ils condamnent dans un autre.
Lekain m'a envoyé par la poste cet ouvrage en grand papier, beau caractère, belle marge . Un contreseing aurait pu être assez convenable, puisque j'ai reçu la même jour sous contreseing deux gros factums d'avocats pour des affaires qui ne me regardent point du tout .
Mon philosophe Damilaville, qui avait fait pendant quelques mois la consolation de ma vie, est parti, et a pris son plus long pour aller voir un 2 ami avec lequel il restera quelque temps. Je ne sais pas trop dans quel temps il se présentera devant mes anges.
J’ai envoyé à M. Élie de Beaumont toutes les pièces nécessaires pour entreprendre le procès des Sirven. Je ne crois pas qu’il trouve dans cette affaire la même faveur et le même enthousiasme que dans celle des Calas ; je connais notre public ; il se refroidit bien vite ; il n’aime pas les répétitions ; il lui faut du nouveau, et c’est ce qui fait la fortune de l’opéra-comique. Cependant je me flatte que mes anges voudront bien encourager Élie. Il est nécessaire que le mémoire soit très bien fait, et qu’il soit dépouillé de toute cette déclamation du barreau, qui est le contraire de la véritable éloquence. Élie peut m’envoyer ce factum sous le premier contreseing venu, et je répète encore que tous les paquets à mon adresse me sont très fidèlement rendus.
J’ai lu une excellente lettre qui justifie l’arrêt du Parlement 3 contre le clergé, en citant le procès de Guillaume Rose, évêque de Senlis, le plus détestable ennemi d'Henri IV. Le bon Dieu bénisse l’auteur de cette lettre, quel qu’il soit ! Dieu me pardonne, je crois que je suis actuellement parlementaire , mais ce qui est bien sûr, c’est que je suis attaché à mes anges avec mon culte de latrie 4 ordinaire.
Permettent-ils que j’insère ici ce petit mot pour Roscius-Lekain ?
Et nos dîmes, mes divins anges ? et nos dîmes ? ayez pitié de nous. »
1 L'édition de Kehl omet le deuxième paragraphe, biffé sur la copie Beaumarchais, suivie par les autres éditions .
2 Georges Avenel pense que c'est Diderot, à Langres .
3 Th. Besterman pense que cette lettre se confond avec la Lettre circulaire de l'assemblée du clergé de France, datée du 27 août 1765 . Au contraire, elle approuve l'arrêt du Parlement ordonnant le « brûlement » de celle-ci .Voir https://fr.wikisource.org/wiki/Mandement_de_l%E2%80%99archev%C3%AAque_Alexis/%C3%89dition_Garnier
4 Sur le culte de latrie, « dulie = culte de respect et d'honneur, par opposition au culte de latrie, qu'on rend à Dieu seul. », dulie qui donne « aduler » et latrie qui donne « idolâtrie ». Voir lettre du 17 mars 1760 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2015/03/16/pour-le-roi-je-ne-lui-ferai-point-de-grace-il-aura-affaire-a-5583802.html
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05/02/2021
J'ose vous demander votre protection, monsieur, pour ce pauvre misérable qu'on persécute d'une manière si étrange
... Alexeï Navalny, opposant notoire ? Cyril Danielou, étudiant français ? Sale temps pour les opposants en Russie ! sans compter les dommages collatéraux : https://www.liberation.fr/international/europe/repression...
Hey ! Poutine, tu continues à nous les briser menu , c'est du grand n'importe quoi .
« A Louis-Gaspard Fabry
Ferney 7è octobre 1765. 1
Monsieur,
J'ai reçu une lettre du provincial des capucins de Chambéry, qui m'avertit qu'il y a chez moi un de ses moines, et qu'il pourra le faire saisir. Je me suis informé de mes gens s'il y avait quelque fondement à cette plainte. J'ai su qu'en effet un capucin de Savoie en habit séculier était venu demander chez moi un asile à mes domestiques pendant que vous nous honoriez de votre présence. Il se plaignait d'avoir été cruellement maltraité, et d'avoir été fouetté trois fois par semaine pendant seize mois avec une discipline de fer. S'il était repris, il serait renfermé nu dans un cachot, et chargé de chaînes.
Je crois actuellement ce pauvre garçon à Genève. Mais s'il revenait dans ma maison, je serais au désespoir qu'il y fût saisi et livré à ses bourreaux . Je me flatte qu'il n'est pas permis à un provincial des capucins de Savoie d'exercer une telle juridiction dans le royaume de France, et qu'au moins il aurait recours à votre autorité.
J'ose vous demander votre protection, monsieur, pour ce pauvre misérable qu'on persécute d'une manière si étrange. Les menaces qu'on lui fait alarment ma sensibilité. Je vous aurais beaucoup d'obligation si vous daigniez m'informer de vos ordres en cas que cet homme revînt à Ferney, et prévenir la douleur que j'aurais de le voir arrêté chez moi. C'est une grâce que j'ose attendre de votre humanité.
J'ai l'honneur d'être avec beaucoup de respect, monsieur,
votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire ,
Gentilhomme ordinaire du roi. »
1 Manuscrit original portant « Répondu le 13 que je ne pouvais prévenir ce qui pourrait arriver » de la main de Fabry.
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04/02/2021
Quand il y aura quelque chose qui sera digne que vous en parliez, je vous prie de ne pas m’oublier
... M. Gabriel Attal, qu'il doit être dur de brasser du vent, fût-il élyséen ! "Le confinement n'est pas une fatalité ! "
https://www.bfmtv.com/politique/gabriel-attal-assure-que-...
Est-ce fatalité que le manque de doses de vaccin pour la première injection mène, dès hier, à une impossibilité d'avoir le premier rendez-vous avant la St Glinglin ? C'est de la non-assistance à personnes en danger !
Demain on rase gratis ! ouaich ! Virus tu as encore de beaux jours devant toi !

XVIIIè ou XXIè siècle, on nous raconte de belles histoires de lendemains qui chantent
« A Nicolas-Claude Thieriot
Mon ancien ami, je commence à être aussi paresseux que vous l’étiez, ou du moins à le paraître. Je comptais vous écrire par M. Damilaville ; il a heureusement pour moi différé son retour à Paris de jour en jour. Je lui donne ma lettre ; elle vous parviendra comme elle pourra. Deux choses me charment dans ce M. Damilaville, sa raison et sa vertu. Pourquoi faut-il qu’un homme de son mérite languisse dans la perception du vingtième ? Voilà un métier bien indigne de lui.
Mlle Clairon va jouer à Fontainebleau, mais y aura-t-il un Fontainebleau ? On dit que l’indisposition de Mgr le dauphin dérange ce voyage 1. Nous autres, pauvres laboureurs du pied des Alpes, nous savons mal les nouvelles de la cour, et nous nous contentons de dire dans nos chaumières sanitatem regi da, et sanitatem filio regis 2.
Je ne connais plus du tout cette Adélaïde dont vous me dites tant de bien . Il y a trente ans que je l’ai oubliée. Il plut alors au public de la condamner ; il plaît au public d’aujourd’hui de l’applaudir, et il me plaît à moi de rire de ces inconstances. J’ai prié qu’on m’envoyât une copie de cette pièce, car je veux juger aussi à mon tour.
J’ai ici un jeune dragon nommé M. de Pezay 3 qui fait des vers tout pleins d’esprit et d’images. Il m’en a apporté de son ami M. Dorat 4, avec qui il loge à Paris 5 ; ce M. Dorat en fait aussi de charmants ; cela ragaillardit ma vieillesse, que M. Damilaville soutient par sa philosophie. Je me trouve entre la raison et les Grâces ; vous ne seriez pas de trop assurément dans cette bonne compagnie-là.
Quand il y aura quelque chose qui sera digne que vous en parliez, je vous prie de ne pas m’oublier, et surtout de me dire comment votre santé se trouve des approches de l’hiver.
Avez-vous fait le mariage dont vous me parliez 6? Je vous embrasse du meilleur de mon cœur,
V.
4è octobre 1765. »
1 La cour alla à Fontainebleau, Mlle Clairon n'y alla pas ;le dauphin Louis mourra le 20 décembre 1765.
2 Donne de la santé au roi, et la santé au fils du roi .
3 Alexandre-Frédéric-Jacques Masson, marquis de Du Pezay est un correspondant de V*, né en 1741 et mort en 1777 ; voir une de ses lettres à V* du lundi 30 juin 1760 pour le remercier de l'avoir guéri de ses superstitions . Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Masson_de_Pezay
et http://www.e-enlightenment.com/item/voltfrVF1050430a1c/?letters=decade&s=1760&r=710
et : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411361p/texteBrut
4 Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude-Joseph_Dorat
et : https://dictionnaire-journalistes.gazettes18e.fr/journaliste/245-claude-dorat
5 Ces deux mots sont ajoutés au-dessus de la ligne sur la manuscrit .
6 Voir lettre à Thieriot du 30 août 1765 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2020/12/27/vous-avez-goute-le-plaisir-d-etre-pere-et-moi-j-ai-ete-inuti-6286858.html
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03/02/2021
je ne suis pas de ces vieillards qui ne pouvant avoir de plaisir ne veulent pas qu'on en ait chez eux
...Au hasard de recherches, j'ai trouvé une illustration très parlante d'une attitude qui me défrise chaque jour, en relief ou à la télé .
Un dessin vaut mieux qu'un long discours (c'est aussi, toutes proportions gardées, valable aussi pour vous mesdames ! ). On est aussi protégé qu'en roulant avec un demi pare-brise .

Pensez-y , sortez couverts !
« A Claude-Germain Le Clerc de Montmercy 1
Mon philosophe voyageur 2, monsieur, vous dira combien je suis touché de la sensibilité que vous ne cessez de me témoigner . Il part bientôt, il mettra ma lettre à la poste en chemin, ou il vous la fera tenir à son arrivée à Paris . Il m'excusera auprès de vous d'avoir resté aussi longtemps sans vous répondre . Vous excuserez ma vieillesse et ma langueur dont il a été témoin . Il pourra vous dire aussi que je ne suis pas de ces vieillards qui ne pouvant avoir de plaisir ne veulent pas qu'on en ait chez eux . Je ne digère point, mais je veux que les autres fassent bonne chère ; je ne joue plus la comédie, mais je veux qu'on la joue, enfin je veux qu'on fasse tout ce que je ne fais pas .
J'aurais voulu que vous eussiez pu venir avec M. Damilaville , et quand votre loisir vous le permettra vous me ferez un grand plaisir de venir philosopher avec moi . Nous prendrions tous les arrangements nécessaires pour votre voyage . J'espère que je serai bientôt quitte des maçons qui bouleversent toute ma petite retraite .
Ne doutez point monsieur, de l'estime et de l'amitié , ce mot sacramental ne devrait pas être oublié, que vous avez inspirée à votre très humble et très obéissant serviteur 3
V.
4è octobre 1765 à Ferney. »
1 Avocat et écrivain : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65165379.texteImage et : https://c18.net/vll/vll_fiche.php?id_vo_vll=4918
2 Damilaville, à qui cette lettre est confiée, va repartir à Paris .
3 Depuis et de l'amitié, les mots ont été ajoutés au-dessus de la ligne et dans la marge du bas .
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02/02/2021
chez les avocats la réputation amène toujours la fortune . Il n'en est pas ainsi dans bien d'autres professions
... Rien à ajouter ! à chacun ses exemples du temps courant .

A juste titre !
« Au baron Frédéric Melchior von Grimm
Ferney, 4 octobre 1765 1
Je viens, mon cher frère, d'écrire à l’Électeur palatin, et je ne doute pas qu'il ait à Paris un ministre ou un agent qui souscrira pour lui . Les roués doivent [être] contents aujourd'hui ; il s'agit actuellement des pendus . Si vous voyez notre défenseur Cicéron Beau mont, je vous supplie de recommander à ses bontés et à son éloquence la malheureuse famille des Sirven . Je lui ai envoyé ne dernier lieu les pièces essentielles qui lui manquaient . Cette nouvelle affaire augmentera encore sa réputation, et chez les avocats la réputation amène toujours la fortune . Il n'en est pas ainsi dans bien d'autres professions .
J’avais entièrement perdu de vue cette Adélaïde dont vous me parlez ; je n'en ai pas même de copie . Les Welches l'avaient condamnée, il y a une [vingt]aine d'années, et les Français l'ont accueillie enfin avec quelque bonté . Les comédiens l'ont remise au théâtre sans m'en avertir . Il y a des temps où l'on [tombe] et des temps où l'on se relève, sans qu'on sache bien précisément pourquoi . Le [par]terre et la cour ont leurs beaux jours et leurs orages ; mais comme, Dieu merci, je [suis] éloigné de ces deux gouffres, je suis médiocrement sensible à leur inconstance . »
1 Le microfilm utilisé par l'éditeur , Émile Lizé, de « Lettres inédites » dans Dix-huitième siècle, 1974, est illisible en quelques endroits, d'où les restitutions . Voir page 254 : https://www.persee.fr/doc/dhs_0070-6760_1974_num_6_1_2781#dhs_0070-6760_1974_num_6_1_T1_0254_0000
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