17/11/2025
une excuse trop valable
... Quand ? Comment ? Pourquoi ? Pour qui ?
A vous de jouer !
« A Joseph-Jérôme Le François de La Lande
Le vieillard très malade que M. Le Français a bien voulu honorer de son attention, et des meilleurs vers qu’on ait faits depuis longtemps, lui demande bien pardon de le remercier si tard, et de ne le remercier qu’en prose : soixante-seize ans, des montagnes pleines de neige qui lui font perdre la vue, et des maladies cruelles, sont une excuse trop valable ; agréez-la, monsieur, avec la reconnaissance respectueuse que vous doit le solitaire honoré de vos bontés.
A Ferney ce 11 juin1770.1 »
1 Ed. « Réponse de M. de Voltaire » à une pièce de 28 vers par « M. Le François, ancien officier de cavalerie » commençant et finissant comme suit :
Le juste monument qu'on élève à ta gloire
Dans l'auguste séjour des filles de mémoire,
Cause à tes ennemis le plus mortel chagrin .
….........................................................
Dans l'univers entier ta gloire est répandue,
Et ce n'est qu'avec lui que périra ton nom. »
Le tout paru dans le Mercure de France de juillet 1770, II, 27 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3746630f/f26.item.r=le%20francois
17:48 | Lien permanent | Commentaires (0)
Les choses nécessaires ne doivent pas être survendues; il faut un prix raisonnable au pain et aux maisons
... Que dire de plus sensé que Voltaire ? Xavier Emmanuelli lui aurait plu .
Voir et écouter cet homme qui s'est soucié de son prochain et l'a aidé : https://www.institutdiderot.fr/les-rendez-vous-de-linstit...

Quand aura-t-elle fin ?
Voltaire et Marie-Louise Denis
« à Louis Gaspard Fabry
11e juin 1770, à Ferney 1
Vraiment, Monsieur, nous avons toujours payé les vingtièmes pour toutes les pièces qui composent le territoire de l'Ermitage. Mais vous sentez bien quelle est la chicane du Genevois Vernet. Vous devez avoir vu par l'aveu du nommé Le Sage qu'il agit pour Vernet même, qu'il veut nous faire payer en détail pour les champs et prés ci-devant appartenants à Pasteur pour lesquels nous avons déjà payé en gros. Il veut faire accroire que ces pièces ne sont point de l'Ermitage acheté des Choudens, mais qu'elles appartenaient à ce Pasteur dont il a acheté pour cent écus le bien qui lui restait et qui vaut quinze mille livres à ce qu'on m'a dit.
Nous vous répétons, Monsieur, que nous avons les actes par lesquels feu Pasteur vendit aux Choudens ce pré et ce champ; et les actes par lesquels Choudens nous vendit le tout pour la somme de six mille livres.
C'est sur ces actes mêmes que le rejet est spécifiés, et c'est malgré ce rejet que Vernet fait agir le nommé Le Sage, et demande avec absurdité le paiement de la taille que nous ne devons point, et le paiement des vingtièmes que nous avons faits régulièrement.
Le ridicule de cette chicane saute aux yeux, et vous voyez assez dans quel esprit Vernet fait cette tentative. En un mot, nous ne devons rien, et nous ne souffrirons pas que des genevois aient l'insolence de nous vexer dans le royaume.
Ayez la bonté de relire les propositions du nommé Le Sage faites au nom de Vernet, et vous en serez indigné.
A l'égard du sieur Raffo vous voyez clairement, Monsieur, qu'il veut abuser de la nécessité où sont les émigrants d'être logés. Les choses nécessaires ne doivent pas être survendues; il faut un prix raisonnable au pain et aux maisons. Je suis très persuadé que vous pouvez marquer pour les émigrants le logement de Raffo, Savoyard, comme on marque des logements pour les troupes. Mr le duc de Choiseul trouve très bon actuellement qu'on loge chez Vernet, et trouvera très bon qu'on loge dans notre village avec le consentement du seigneur. Quand vous aurez donné un ordre aux émigrants de loger chez Raffo, il sera juste d'assigner un loyer proportionné au prix que lui a coûté la maison. S'il veut la vendre on pourra lui donner aussi quelque chose au delà du prix de l'achat 2.
Mais nous pensons que vous êtes en droit d'assigner cette maison aux émigrants en considération de la nécessité pressante, et l'utilité d'une fabrique qui fait déjà des progrès sensibles. Nous nous en remettons à votre prudence et à votre bonne volonté.
Nous avons l'honneur d'être avec bien de la reconnaissance
Monsieur
Vos très humbles et très obéissants serviteur et servante.
Voltaire .
Denis. »
1 Copie littérale par Théophile Dufour, qui a été suivie . L'original était en possession de Gabrielle Suzanne Emma de Laure, née Fabry, jusqu'à sa mort en 1913 . Voir : https://gw.geneanet.org/ftidzrd4w?lang=fr&n=fabry&oc=0&p=gabrielle+therese+suzanne+emma
2 Le ton à l'égard de Raffo s'est radouci deuis la lettre du 6 juin 1770 à Fabry : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/11/09/nous-vous-aurons-une-obligation-essentielle-si-vous-voulez-bien-nous-defair.html
17:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
Diligo probos ... J'aime les bons
... Comme l'a été Xavier Emmanuelli : https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2025/11/16/xa...
Combien sommes-nous à dire comme lui "Ça me faisait chier de voir que les gens sont à l’abandon, que ça fait partie du mobilier urbain et que c’est seulement en hiver qu’on s’en rappelle. Ça me dérange..." et puis comme lui passer à l'action ? Trop encore ne savent que s'émouvoir du sort de Sarkozy , délinquant de luxe, lui qui nage dans le superflu et ne risque rien et oublient ceux qui sont sans abri .
Où en sont nos députés à cette heure de discussion du budget et où ils pensent plus à défendre leurs partis et les subventions qui leur reviennent qu'au sort des mal nantis ?

https://www.eyrolles.com/Loisirs/Livre/au-seuil-de-l-eternite-9782226207388/
« A Pierre-Laurent Buirette de Belloy
À Ferney 11 juin [1770]
En vérité, monsieur, vous travaillez pour l’honneur de la France, en prose 1 comme en vers. Plus d’une ancienne maison du royaume vous a de très grandes obligations ; mais les lecteurs ne vous en ont pas moins. Vous avez bien mérité du public en tout genre. Les Duchesne 2 et les Dupuits 3 n’ont jamais mieux discuté que vous en généalogie. Les Coucy vous devront leur illustration par vos recherches 4 comme par votre tragédie.
Il est bien naturel, quand tous les Français vous doivent de la reconnaissance, que le maraud de Quimper-Corentin 5 soit le serpent qui ronge votre lime. Celui qui fait honneur à notre littérature doit avoir pour ennemi celui qui en fait l’opprobre. Il est bon que vous connaissiez l’extrait d’une lettre de son beau-frère 6. Vous verrez qu’un homme qui fait un métier aussi infâme ne peut être qu’un scélérat. J’aurais voulu joindre à cet extrait des anecdotes 7 qui m’ont été envoyées de Paris sur ce misérable ; je tâcherai de vous les faire parvenir bientôt. Oportet cognosci malos 8.
Le triste état de ma santé m’empêche de vous en dire davantage. Diligo probos.9 »
1 Mémoires historiques I, Sur la maison de Coucy ; II. Sur la véritable aventure de la dame de Faïel ; III. Sur Eustache de Saint-Pierre ; 1770, in-8°. Voir : https://books.google.fr/books?id=GRYYAAAAMAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false
2 André Duchène qui a publié notamment de savantes généalogies de nombreuses maisons françaises importantes : https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Du_Chesne
3 V* pense apparemment à Pierre Dupuy dont les œuvres historiques n’étaient pourtant pas spécifiquement généalogiques .
4 Gabrielle de Vergy ; voir lettre du 6 décembre 1766 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2022/03/06/je-ferai-donc-ce-qu-on-pretend-que-disait-le-cardinal-de-ber-6369883.html
L'amant de l'héroïne de cette pièce est Raoul de Coucy .
5 Fréron .
6 Voir la lettre du 18 mars à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/08/31/m-6560967.html
7 Les Anecdotes sur Fréron ; voir lettre du 20 août 1760 à Thieriot : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2020/11/16/continuez-a-combattre-en-faveur-du-bon-gout-et-du-sens-commu-6277712.html
8 Il faut que les méchants soient connus .
9 J'aime les bons . On a corrigé l’édition Besterman : Digilo probos .
09:53 | Lien permanent | Commentaires (0)

