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07/01/2015

Les hommes savent s'égorger [en] règle, et n'ont pu encore parvenir à donner des [règles] pour la vie

... Pour la vie !

Les assassins de Charlie Hebdo , égorgeurs , sont et resteront à jamais des bêtes à enfermer . Si leur but est de dresser les "incroyants" (par définition coranique tous ceux qui ne sont pas musulmans) contre les "croyants" (qui sont aussi divisés et faux frères que chez les incroyants) , je parie qu'ils ont échoué sur ce point ; qui oserait les approuver et employer les mêmes actions ?

 Ils ont tué des hommes, ils n'ont pas tué la liberté de  pensée .

 immortel charlie hebdo.jpg

 Plus que jamais "Ecrasons l'infâme ! "

http://blog.voltaire-a-ferney.org/

 

« A Jean Vasserot de Châteauvieux

 

[1759-1760] 1

 

Je vous renvoie, monsieur, avec bien de la reconnaissance les livres que vous avez eu la bonté de me prêter 2, je vous avoue que j'ai eu le cœur serré de tristesse en parcourant les deux gros volumes de mon confrère le président . Quel chaos ! quelle incertitude ! On change de lois en changeant de chevaux de poste . Les coutumes se contredisent de village en village et chaque coutume a encore ses interprètes . On ne convient de rien et on ose juger ! Il en est ainsi dans [tou]tes les provinces de France, point de loi, parce [qu']il y a cent mille lois . Les hommes savent s'égorger [en] règle, et n'ont pu encore parvenir à donner des [règles?] pour la vie . Un couvent de cuistres à sandales [est du] moins gouverné par une loi uniforme, et [cette?] loi manque à la France . En vérité heureux [les] petits et très petits États . On y sait sur quoi compter .

 

[En] vous remerciant , monsieur, et en vous assurant [de] toute l'estime et de l'amitié que vous […]

 

V. »

 

1 Manuscrit olographe en mauvais état .

 

2 Sans doute Coutume générale des pays et duché de Bourgogne, qui fait partie des ouvrages demandés par V* à Jean-Robert Tronchin le26 novembre 1759 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2014/12/03/s-il-nous-arrive-malheur-je-ne-vois-pas-quelles-seront-les-ressources-le-cr.html

 

Visite est triste, dîner est plus gai

.... Et lire à nouveau Voltaire grâce à Mam'zelle Wagnière est un beau cadeau, la meilleure des étrennes .

 

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Diner entre hommes, je sens que ça va mal finir !

 

 

« A François Tronchin

conseiller d’État

[1759-1760] 1

Vous nous avez parlé, mon cher ami, de deux syndics, mais il faut qu'ils nous fassent l'honneur de dîner . Visite est triste, dîner est plus gai, on est plus de temps 2 pour jouer aux échecs . Venez et dîtes nous quand . »

1 Manuscrit olographe sur une carte à jouer .

2 Lapsus de V* ? on attend plutôt « on a plus de temps ».

 

06/01/2015

Vous m'envoyez des fatras, mon Gabriel

... Mon ange, vous vous déplumez des neurones sous l'auréole . Vous transmettez indifféremment les ordres d'Allah et de Yahwhe à des bipèdes qui ne trouvent pas mieux que de se voler dans les plumes (même à poil ) au nom du Tout Puissant ; soit vos messages sont brouillés et donc logiquement les humains le sont aussi, soit vous êtes haut et clair mais notre entendement est défectueux .  Ah ! que n'as-tu taillé une de tes plumes pour écrire au lieu de te fier à des analphabètes bourreurs de crânes , prophètes autoproclamés , depuis l'antiquité jusqu'à nos jours!

 

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« A Gabriel Cramer

[1759-1760]

Vous m'envoyez des fatras, mon Gabriel , et je vous en renvoie . Daignez observer mes petites annotations, et cultivons notre jardin 1. Philibert me néglige, cela n'est pas bien après m'avoir débauché .

V. »

1 Cette allusion à Candide permet de situer la date de cette lettre .

 

qu'on lui fasse peu de frais, parce qu'il est très pauvre

... Pierre Gattaz , himself, pauvre en esprit ( le royaume des cieux lui appartient ) , blindé de thune  (pas suffisamment à son goût ), ne me fait pas envie et encore moins pitié . Voir le Figaro Gorafi : http://www.legorafi.fr/2014/05/07/pierre-gattaz-demande-aux-pauvres-de-bien-vouloir-souffrir-avec-un-peu-plus-de-dignite/

Pierre-Gattaz.jpg

 

 

 

 

« A Joseph-Marie Balleidier

Aux Délices , 29 décembre 1759 1

Je ne suis point, monsieur, tenu de payer les domestiques de Bétens ; je lui ai prêté de l'argent sans intérêt pour le tirer de prison, et par le contrat que j'ai bien voulu faire avec lui, il est dit expressément que je ne dois entrer dans aucune de ses dettes ; je me suis même réservé le droit de vendre sa terre que je voulais lui conserver, en cas qu'il arrivât la moindre difficulté . Je n'ai point voulu être la dupe du bien que je lui ai fait . S'il doit de l'argent à ses domestiques, qu'il les paie . J'ai déjà avancé pour lui 4400 livres . Mme Donop menace encore de saisir sa terre pour d'anciennes dettes . Je ne peux pas me ruiner pour sauver toujours cet homme . Il faut qu'il s’accommode avec les créanciers dont vous parlez ; qu'on lui fasse peu de frais, parce qu'il est très pauvre ; je pourrai lui prêter encore un peu d'argent pour cette affaire, mais très peu, parce que j'en ai fort peu . »

Le texte de la présente lettre est reconstruit à partir de fragments cités dans l'édition Vézinet A.

Voir lettre du 24 décembre 1759 au même : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2015/01/03/quel-delai-on-peut-avoir-pour-repondre-aux-mensonges-averes-5525062.html

 

05/01/2015

voyez d'un œil tranquille nos énormes sottises

... Si je peux dire qui fait d'énormes sottises, -vous et moi-, je suis en peine pour vous dire qui peut garder un oeil tranquille à cette vue . Dieu ? mon chat ?

 De quoi faire un peu la gueule , quand même !

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« A Marie-Ursule de Klinglin, comtesse de Lutzelbourg

28è décembre 1759, aux Délices

Jouissez de la santé, madame, l'année 1760 , n'ayez point mal aux yeux, comme moi, qui ne peux vous écrire de ma main ; vivez avec votre amie, et avec monsieur votre fils, tant que vous pourrez : voyez d'un œil tranquille nos énormes sottises ; mettez à la tontine, et enterrez votre classe . J'ai envoyé un gros paquet à Collini dans lequel il y a une lettre pour Mgr l’Électeur palatin et une autre pour le valet de chambre favori ; il devrait l'avoir reçu . Les bontés dont vous l'honorez, madame, me mettent en droit de vous prier de l'en avertir .

On dit qu'on a roué le révérend père Malagrida . Dieu soit béni 1. Vous aviez deux jésuites bien insolents, l'un à Strasbourg, l'autre à Colmar 2; M. le premier président votre frère ménageait ces maroufles . Ne sait-il pas qu'ils sont à présent fort au dessous des capucins ? Je mourrais content si la paix était faite , et si je voyais les jansénistes et les molinistes écrasés les uns par les autres .

Mille tendres respects .

V. »

1 V* est ici assez emporté par son aversion des jésuites pour approuver un supplice qu'il dénoncera hautement et avec raison plus tard dans l'affaire La Barre .

2 Jean-Michel Kroust, professeur de théologie à Strasbourg et son frère Antoine, recteur du collège de Colmar ; V* avait eu à faire à ce dernier en 1754 à la suite de l'affaire de Francfort et il l'avait mis en scène au chapitre XV de Candide ( http://www.monsieurdevoltaire.com/article-candide-ou-l-optimisme-chapitre-xv-120076095.html ) . voir aussi la lettre du 26 décembre 1754 à Dupont : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2011/10/29/nous-ne-pouvons-nous-passer-ni-d-habits-ni-de-livres.html

 Les deux Kroust se retirèrent à Porrentruy pour y mourir, le premier en 1770, François- Antoine en 1776. 

Voir aussi : http://beauchesne.immanens.com/appli/article.php?id=12169

et : https://books.google.fr/books?id=tucAp3o-frAC&pg=PA1781&lpg=PA1781&dq=Jean-Michel+Kroust,+professeur+de+th%C3%A9ologie&source=bl&ots=w1Zf-F0YqQ&sig=NPaDySja-I_OVfBr5JqyFWeyiS4&hl=fr&sa=X&ei=6ZyqVMOoOufN7QaWhIHoDg&ved=0CCwQ6AEwAg#v=onepage&q=Jean-Michel%20Kroust%2C%20professeur%20de%20th%C3%A9ologie&f=false

 

 

à cet âge de 66 ans on joue contre ceux de 60 ans qui auraient dix chances contre moi quatre . Ce n'est pas le jeu

... Heureusement ce cher Volti a vécu encore 18 ans et a inversé la cote en sa faveur, quelques uns en ont fait les frais et ce n'est que justice ; ceux qui se sont réjoui en voyant "Le Viager" avec Serrault comprendront le plaisir de gagner contre ceux qui comptent sur votre mort prochaine .

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« A Ami Camp

banquier

à Lyon

Aux Délices 28 décembre [1759]

Je crois, monsieur, que votre cher et estimable associé sera parti avant que vous ayez reçu ma lettre 1. Je lui souhaite un heureux voyage, et je crois que pour le bien des affaires il faut lui souhaiter un long séjour .

Voici un petit reçu qui nous vaudra 6500 livres en son temps pour joindre à notre magot . M. Tronchin me propose de mettre à la tontine 5200 livres de coupons et 5200 d'argent . Je prendrais ce parti si je n'avais pas soixante et six ans avec une santé faible . De plus à cet âge de 66 ans on joue contre ceux de 60 ans qui auraient dix chances contre moi quatre . Ce n'est pas le jeu . On pourra traiter de la paix cet hiver quoiqu'on ne la fasse pas . On pourra même envoyer des plénipotentiaires et alors les effets publics reprendront faveur . On pourrait alors vendre mes coupons avec une perte médiocre à ceux qui voudront acquérir des tontineries ; et dès qu'on pourra sans beaucoup de perte vendre mes autres effets royaux et verreux 2, on me fera plaisir . C'est ce que je vous prie de mander à notre cher ami . Vous pourriez même lui envoyer ce feuillet . Je n'aime que les prés, et point du tout les loteries et annuités, et suis de tout mon cœur

votre très humble et très obéissant serviteur

V. »

2 Ancienne forme d'orthographe pour vereux .