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25/01/2015

ce n'est qu'avec des lauriers que vous aurez de bonnes olives

... Je ne connaissais pas ce bienfait du laurier sur les olives, à moins que,... à moins qu'il ne s'agisse d'olives animales et non végétales . Depuis l'antiquité, on sait  que le laurier-sauce réveille l'appétit et redonne du tonus aux organismes affaiblis , de plus il est bénéfique pour ralentir le réchauffement climatique, car anti-flatulences, que n'en donne-t-on pas aussi aux herbivores péteurs et roteurs ( et à tous les végétariens ? )  .

Et ainsi, plutôt que des épinards, Popeye the sailor man, pour satisfaire son Olive Oyl  devrait prendre du laurier .

 

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« A Charlotte-Sophie von Altenburg, comtesse Bentinck

Madame, le Suisse malade entouré de neiges, a l'honneur de vous écrire . Pouvez-vous me faire la grâce de me mander si vous avez à Vienne un chambellan de l'empereur nommé Pignatelli 1, comte de Bizaerre ? famille papale, ce qui n'est pas trop respectable pour une comtesse de l'empire huguenotte ; mais qui le sera beaucoup pour Vansuiten 2.

Il n'y a pas d'apparence, madame, que dans le temps que toutes les troupes sont à la glace, vous puissiez m'envoyer si tôt de vos belles feuilles de laurier ; mais enfin, j'en attends dès que le temps sera un peu plus doux ; il m'en faut absolument, car ce n'est qu'avec des lauriers que vous aurez de bonnes olives ; aucune plante ne prospère en France, depuis deux ou trois ans, excepté les chardons . Heureusement, nous avons à présent un excellent jardinier, qui s’appelle M. le duc de Choiseul, et qui a appris son métier à Vienne .

S'il fait aussi froid sur les bords du Danube que sur les bords de mon lac, je crains bien que la santé de M. l'ambassadeur de France, et de Mme l’ambassadrice ne soit altérée ; M. le comte de Choiseul n'avait pas à Paris un corps tout à fait digne de son âme ; je ne sais actuellement comment il est ; je vous prie instamment, madame, de me mettre à ses pieds, et à ceux de Mme la comtesse de Choiseul .

Les triangles, madame, sont une belle figure de géométrie ; trois beaux côtés, bien unis par trois bons angles . Celui qui a inventé cette figure était un grand homme 3.

Je vous suis attaché jusqu'au tombeau avec le plus tendre respect .

V.

Au château de Ferney par Genève 22 janvier [1760] »

1 Le pape Innocent XII se nommait Antoine Pignatelli ; http://fr.wikipedia.org/wiki/Innocent_XII

2 Gérard van Swieten, médecin de Marie-Thérèse ; voir lettre du 29 juin 1758 à la comtesse Bentinck : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2013/09/06/malgre-l-oubli-de-l-usage-ou-l-on-est-de-charger-ces-paquets.html

Voir aussi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gerard_van_Swieten

3 Toujours Kaunitz, instigateur de la Triple Alliance ; voir lettre du 9 septembre 1758 à la comtesse Bentinck : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2013/10/22/tout-le-monde-avoue-qu-il-faut-etre-philosophe-qu-il-faut-et.html

 

24/01/2015

je ne puis m'empêcher de dicter ce petit billet de malade pour vous remercier tendrement de tout ce que vous avez fait

... pour moi, mon cher Volti et chère Mam'zelle Wagnière .

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« A Nicolas Pierron

à Tournay par Genève

21 janvier 1760 1

Le froid me tue, les neiges me désespèrent, mon cher monsieur, mais je ne puis m'empêcher de dicter ce petit billet de malade pour vous remercier tendrement de tout ce que vous avez fait pour mon cher Collini . Comptez que vous l'avez fait pour vous-même ; vous vous êtes acquis un ami reconnaissant , il vous est attaché pour la vie ; il ne me parle dans ses lettres que des obligations qu'il vous a .

Mettez-moi, je vous prie, aux pieds de son Altesse Électorale . Réservez à Schwetzingen une chambre à cheminée pour un pauvre malingre qui fait du feu à la Saint-Jean . J'ose croire que mon cœur est fait pour le sien , mais mon corps en est bien loin . Je respecterai et j'adorerai ce prince jusqu'au dernier moment de ma vie .

Votre très humble et obéissant serviteur et ami .

VOLTAIRE

Comte de Tournay . »

1 Copie par Collini, avec une note de celui-ci : « Copie de lettre à M. Pierron à Mannheim »

 

 

Vous me ferez un grand plaisir de m'écrire quelquefois

... Quelque commentaire de votre goût .

 

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« A Cosimo Alessandro Collini

A Tournay par Genève

21 janvier [1760]

Mon cher secrétaire intime de Son Altesse électorale, je reconnais votre bon cœur, à la manière tendre et pathétique dont vous me parlez de M. Pierron 1, et surtout à votre attachement pour le meilleur prince qu'il y ait sur la terre . Vous voilà heureux, puisque vous êtes auprès de lui ; j'espère 2, tout malingre que je suis, partager votre bonheur cet été . Vous me ferez un grand plaisir de m'écrire quelquefois, surtout quand les braves troupes palatines auront remporté quelque avantage .

Je vous embrasse de tout mon cœur .

V. COMTE DE TOURNAY 3

Mettez un petit pain 4 à la lettre pour M. Pierron . »

2 Le mot suivant qui est peut-être « aussi » a été soigneusement biffé .

3 Voici ce que dit Colini, dans ses Mémoires, au sujet de cette signature : « Voltaire signa quelque temps de la sorte, après avoir acquis la terre de Tournay. Ses ennemis ne virent pas que c'était une plaisanterie, et accusèrent ce grand homme d'une vanité ridicule. Il avait pris ce titre de comte comme il prit ensuite celui de frère Voltaire, capucin indigne, lorsque les capucins du pays de Gex l'eurent nommé (1770) leur père temporel. »

4 Cachetez (petit pain de cire ).

 

 

23/01/2015

I am indeed yr friend, since you are a man without prejudices, a man of every country / Je suis, à la vérité, votre ami, depuis que vous êtes un homme sans préjugés, un citoyen de tous pays

... "Sans préjugés", "de tous pays" : quel rêve pour quiconque aime la paix et l'union fraternelle .

Mais comme on est loin de cela quand on voit tant d'envie de divisions chez ces humains qui revendiquent quelques arpents d'une terre qui n'a ni Dieu ni maître en réalité et qui aura le dernier mot en recyclant leurs misérables carcasses . Comme on est loin de l'humanisme d'un mien grand-père, né en 1880, et qui a toujours trouvé stupide la notion de frontières territoriales, qui sont loin d'être des garants de paix, qui sont bonnes seulement pour ceux qui ont peur de "l'autre".

 

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C'est mieux comme ça !

 http://www.lepartenariat.org/?option=com_content&view=article&id=15&Itemid=115

 

« A George Keate

You are not, dear Sir, like most of yr countrymen, who forget their friendships contracted in terra so soon as they are pent up in their island. You remember me. I am indeed yr friend, since you are a man without prejudices, a man of every country. Had I not fixed the seat of my retreat in the free corner of Geneva, I would certainly live in the free kingdom of England ; for though I do not like the monstrous irregularities of Shakespear, though I admire but some lively and masterly strokes in his performances, yet I am confident no body in the world looks with a greater veneration on yr good philosophers, on the croud of yr good authors ; and I am these thirty years the disciple of yr way of thinking. Yr nation is at once a people of warriours and of philosophers. You are now at the pitch of glory, in regard to publick affairs ; but I know not whether you have preserv'd the reputation yr island enjoy'd in point of litterature when Addison, Congreve, Pope, Swift, were alive. However, you kan not be so low as we are. Poor France, at the present time, has neither navy, nor money, nor plate, nor fame, nor wit. We are at the ebb of all. I have read the life of Mme de Pompadour, printed at London 1. Indeed, Sir, t'is a scurrilous book. I assure you there is not one page of truth.
Pray, in case some good book appears into yr world, let me be inform'd of it 2.
Adieu, mon cher jeune philosophe, je compte sur votre souvenir, et je vous aimerai toujours.
Yr for ever,
Voltaire

Aux Délices 16 janvier 1760 n.s. ».

1 Communiquée à l'Illustrated London News, par M. John Henderson, esq. (voir la lettre du 20 juin 1759 à Keate : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2014/08/07/i... ). L'original, en anglais, est de la main de Voltaire.

2 Traduction: « Vous n’êtes pas, cher monsieur, comme beaucoup de vos compatriotes, qui oublient leurs amitiés contractées sur le continent aussitôt qu'ils sont rentrés dans leur ile. Vous vous souvenez de moi. Je suis, à la vérité, votre ami, depuis que vous êtes un homme sans préjugés, un citoyen de tous pays. Si je n'avais pas fixé le lieu de ma retraite près du libre territoire de Genève, j'aurais certainement voulu vivre dans le libre royaume d'Angleterre : car, quoique je n'aime pas les monstrueuses irrégularités de Shakespeare, je ne laisse pas d'admirer les traits de génie qui brillent dans ses créations; j'ai la certitude que personne n'a plus de vénération pour vos bons philosophes, pour la foule de vos bons auteurs. Voici trente ans que je suis votre disciple dans la manière de penser. Votre nation est à la fois un peuple de guerriers et de philosophes. Vous êtes maintenant au faite de la gloire, quant aux affaires publiques. Mais je ne sais si vous avez gardé la réputation dont votre ile jouissait, sous le rapport de la littérature, lorsque Addison, Congrève, Pope, Swift, étaient vivants. En tout cas vous ne pouvez être aussi bas que nous. Pauvre France! aujourd'hui elle n'a plus ni marine, ni monnaie, ni vaisselle d'argent, ni renommée, ni esprit. Nous sommes au déclin de tout.
J'ai lu la
Vie de Mme de Pompadour, imprimée à Londres. En vérité, monsieur, c'est un livre bouffon. Je vous certifie qu'il ne s'y trouve pas une page de vérité.
Je vous prie, si quelque bon ouvrage parait parmi vous, de m'en informer. »

 

22/01/2015

être tympanisé par un faquin comme Fréron, c'est être condamné aux bêtes

...

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Voir un petit texte de Balzac : http://fr.wikisource.org/wiki/Sc%C3%A8nes_de_la_vie_priv%...

 On peu y lire , sans fatwah : " Mahomet a été bien grand quand il a vu quelqu’un pour soutenir à tort et à travers qu’il était prophète."

 

 

« A François de Chennevières

premier commis de la guerre

etc.

à Versailles

16 janvier [1760]

Puisque Marmontel 1 est à la Bastille , vous voyez mon cher monsieur que ce n'est plus à lui que s'adresse le petit avertissement qui doit être dans le Mercure 2. Je vous supplie de le faire parvenir au bureau de ce journal quelque soit l'auteur qui en soit chargé . Je vous avoue que je serais bien aise que cet avertissement fût un peu connu . Il est très désagréable à mon âge d'être tympanisé 3 par un faquin comme Fréron, c'est être condamné aux bêtes . Je vous serai obligé d'envoyer les lettres à leur destination . Nous vous faisons tous les plus tendres compliments .

V. »

1 Le 27 avril 1758, Mme de Pompadour le fit nommer auteur du Mercure de France avec pour auxiliaires Coste et Suard. Pour avoir mécontenté le duc d'Aumont, il fit un bref séjour à la Bastille, du 28 décembre 1759 au 7 janvier 1760 (lettre de M. à Diderot, Corr., t. I, n 50 ; Mercure de France, mars 1758, p. 480 et suiv.).

2 Le texte envoyé par V* est celui de la lettre du 5 janvier 1760 au Journal encyclopédique : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2015/01/12/il-est-des-circonstances-ou-un-homme-qui-a-eu-le-malheur-d-ecrire-doit-au-m.html

et qui parut dans Le Mercure peu après l'édition du Journal encyclopédique de Pierre Rousseau .

3 Tympaniser signifie « signaler bruyamment » ; http://fr.wiktionary.org/wiki/tympaniser

 

 

demain matin vous aurez le terrible salmigondis qui la suit et qui fera dresser les cheveux sur la tête

... Je n'ai pas besoin de vous préciser qu'il s'agit là, du "salmigondis" des déclarations de l'inénarrable blonde-couleurs-et-pointes Marine Le Pen , jamais en peine pour ratisser large et tenter de rallier tout ce qui peut rapporter voix, fric, pouvoir .

Continue ton cirque Marine, tu n'amuses que ton vieux crouton de père qui pédale de plus en plus dans la semoule, je ne te dis pas le couscous qu'il nous prépare, immangeable, comme toi tu es imbuvable !

A ce propos voir sans attendre le numéro 218 de Vigousse , et en particulier ici, Caro : http://www.vigousse.ch/dessins.php

 

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 A vue de nez c'est la Marine Nazionale

 

« A Gabriel Cramer

[janvier 1760 ?]

[…] demain matin vous aurez le terrible salmigondis qui la suit et qui fera dresser les cheveux sur la tête . Le tout ensemble fera mourir une douzaine de jésuites subitement . Quant à vos prêtres je tirerai dessus à balle des créneaux de Tournay. »1

1 Manuscrit olographe qui ne consiste que dans une feuille dont le haut est déchiré . Ce billet pourrait se rapporter à la Relation du voyage de frère Garassise, neveu de Frère Garasse, successeur de frère Berthier, que V* appelait la Berthiade-Garassise . Elle fut d'abord publiée dans l'édition de 1760 de La Relation […] du jésuite Berthier .

 

21/01/2015

prescrire une méthode générale que je tâcherais de proportionner aux différents tempéraments, en donnant, par exemple, des doses plus fortes aux tempéraments plus robustes ?

... Voltaire nous fait une démonstration de médecine holistique avant l'heure , avec de pauvres moyens, mais le coeur y est .

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 Et pour qui est le remède de cheval ?

 

 

« A Monsieur le docteur Théodore Tronchin

à Genève

[janvier 1760]

Mémoire

Les maladies continuent dans les campagnes, ce sont des fièvres doubles tierces , ou continues avec redoublement . Plusieurs malades sont attaqués d'un flux de sang, sont fort agités, et ont beaucoup d'inquiétude dans les jambes . Le domestique qui m'est mort aux Délices, et qui avait éprouvé ces symptômes commença, dès qu'il se sentit attaqué, par aller se faire saigner à Genève, sans consulter personne ; prit beaucoup de quinquina et augmenta beaucoup son mal . Un de ses frères, fermier dans le pays, lui amena un médecin fort fameux du village de Chêne . Cet illustre médecin qui je crois ne sait pas lire, a fait languir le malade tout le moins qu'il a pu .

J'ai traité le jeune garçon dont je prends soin en suivant de point en point les ordres de monsieur Tronchin . Il est dans la convalescence ; je traiterai de même les fièvres qui ne sont point accompagnées de flux de sang, mais pour ces dernières qui courent aussi dans Genève, et dont monsieur Tronchin a connu le caractère, pourrait-il avoir la bonté de me prescrire une méthode générale que je tâcherais de proportionner aux différents tempéraments, en donnant, par exemple, des doses plus fortes aux tempéraments plus robustes ?

Notre pays de Gex n'est pas assez peuplé pour y tuer nos laboureurs et nos vignerons .

Mon cher docteur, quand je vins ici je ne m'attendais pas que je serai en vie en 1760, et que j'aurais soin de la vie des autres . Vous avez raison de dire que la vie qui reste aux Français est bien malheureuse . On les a traités comme le médecin de Chêne a traité mon domestique . N'êtes-vous pas dans le cas de souffrir beaucoup des remèdes de nos ministres ? n'avez-vous pas une suppression d'annuités et de billets ? J'ai peur que le mal ne soit incurable .

A dimanche .

V. »