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30/10/2018

Il ne s’agit pas tous les jours, mes divins anges, de conspirations et d’assassinats

... Il y en a aussi de gibbons ni mauvais, et même heureux : https://www.rtl.fr/actu/insolite/en-images-un-bebe-gorill...

Naissance d'un bébé gorille octobre 2018, capture facebook

Salut petit cousin !

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'ArgentaI

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

7è novembre 1763

Il ne s’agit pas tous les jours, mes divins anges, de conspirations et d’assassinats. Je mets pour cette fois à l’écart les Grecs et les Romains, et je ne songe qu’aux dîmes.

Voici une lettre de M. le premier président du parlement de Bourgogne 1, qui sans doute est conforme à celle qu’il a écrite à M. le duc de Praslin. J’ignore s’il est convenable que le roi fasse enregistrer aujourd’hui au parlement de Bourgogne les traités de Henri IV. Tout ce que je sais, c’est que je demande la protection de M. le duc de Praslin, et qu’il est nécessaire que notre cause soit remise par devant le Conseil, qui ci-devant l’avait évoquée à lui. Les enregistrements n’empêcheraient pas probablement le parlement de juger selon le droit commun. Il pourrait dire : Nous avons déjà jugé cette affaire il y a plus de cent ans ; le Conseil s’en est emparé depuis ; nous nous en tenons à notre premier arrêt, antérieur d’un siècle à l’enregistrement que nous faisons aujourd’hui, et cet enregistrement ne peut préjudicier au droit commun qui décide en faveur des curés contre les seigneurs.

Vous m’avouerez qu’alors ma cause, qui est très importante, serait très hasardée. Il est plus simple, plus court, plus naturel, que le Conseil d’État retienne à lui l’affaire qui était entre ses mains, et qui n’en est sortie que par un arrêt par défaut, subrepticement obtenu.

C’est sur quoi, mes anges, je vous demande votre protection auprès de M. le duc de Praslin, et j’écris en conformité à M. Mariette, mon avocat au Conseil.

Vous m'avouerez que voilà un vrai style de dépêches, et que je suis un étrange homme : voilà trois parlements du royaume que j’ai un peu saboulés, Paris, Toulouse, et Dijon ; cependant aucun n’a donné encore de décret de prise de corps contre moi, comme contre le beau M. Du Mesnil 2.

Cette aventure de M. Du Mesnil n’est-elle pas bien singulière ? et ne sommes-nous pas dans le siècle du ridicule, après avoir été, dans le temps de Louis XIV, dans le siècle de la gloire ? De grâce, donnez-moi un petit mot de consolation, en me parlant de vos roués et de vos assassinats. Mes anges, vivez heureux.

Respect et tendresse. 

V.»

2 Charles-Louis-Joachim de Chastellier, marquis Du Mesnil, lieutenant général du Dauphiné, a été contraint de prendre dans ses fonctions des édits impopulaires, qui firent de lui la cible de nombreuses plaisanteries ; voir notamment les Mémoires secrets de Bachaumont, I, 291, 303-304 ; II, 4-5 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2066578/f3.image.texteImage

et voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles-Louis_Joachim_de_Chastellier-Dumesnil

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