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30/11/2019

Lisez, je vous prie les questions proposées à qui pourra les résoudre

... Cette invitation voltairienne, je vous la transmet et recommande, elle doit faire du bien à tous ceux qui sont pétris de certitudes et imbus de leur maigre savoir .

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Et un bon Cabrel* : Un samedi soir sur terre : https://www.youtube.com/watch?v=bq--KDSLS90

*pléonasme .

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

12è octobre 1764 1

Voici, mon cher frère, un petit mot pour frère Protagoras 2. Je ne sais si je vous ai mandé que l’article Messie, du portatif, était du premier pasteur de l’Église de Lausanne. L’original est encore entre mes mains, et on en avait envoyé une copie, il y a cinq à six ans, aux libraires de l’Encyclopédie. Ce morceau me parut assez bien fait . Vous pouvez voir si on en a fait usage . Il me semble que le même ministre, qui se nomme Polier de Bottens, en avait envoyé plusieurs autres.

L’article Apocalypse est fait par un homme d’un très grand mérite, nommé M. Abauzit ; et l’article Enfer est traduit en grande partie de M. Warburton, évêque de Glocester.

Vous voyez que l’ouvrage est incontestablement de plusieurs mains, et qu’ainsi on a très grand tort de me l’attribuer. C'est une vérité dont vous pourrez vous convaincre, en vous informant 3 de ce qu'est devenu le Messie de Polier . Plus vous verrez la vérité de vos propres yeux plus vous serez en droit de la persuader aux autres . Vous verrez surtout par le détail que je vous fais , qu'il y a dans toute l'Europe d'honnêtes gens très instruits, qui pensent et qui écrivent librement . Chacun de son coté combat le monstre de la superstition fanatique . Les uns lui mordent les oreilles, d'autres le ventre, et quelques-uns aboient de loin . Je vous invite à la curée ; mais il ne faut pas que le tonnerre tombe sur les chasseurs .

Lisez, je vous prie les questions proposées à qui pourra les résoudre 4, page 117, dans le Journal encyclopédique du 15 septembre . L'auteur a mis partout , à la vérité, le mot de bête à la place de celui d'homme ; mais on voit assez qu'il entend toujours les bêtes à deux pieds sans plumes . Il n'y a rien de plus fort que ce petit morceau ; il ne sera remarqué que par les adeptes , mais la vérité n'est pas faite pour tout le monde . Le gros du genre humain en est indigne . Quelle pitié que les philosophes ne puissent pas vivre ensemble .

J’apprends dans le moment une nouvelle que je ne veux pas croire, parce qu’elle m’afflige trop pour vous. On dit qu’on supprime tous les emplois concernant le vingtième 5. Je ne puis croire qu’on laisse inutile un homme de votre mérite. Mandez-moi, je vous prie, ce qui en est, et comptez, mon cher frère, que je m’intéresse plus encore à votre bien-être qu’à écr. l’inf »

1 L'édition de Kehl pour une fois imprime la lettre presque comme écrite par V*, avec une variante : note 3.

3 La copie Beaumarchais-Kehl et les éditions donnent, au lieu de ce début de phrase : On m'a véritablement alarmé sur cet ouvrage, ainsi ne soyez point étonné de la fréquence de mes lettres . Informez vous, ce qui rappelle la lettre du 3 octobre 1764 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2019/11/23/je-suis-si-attache-a-cette-belle-entreprise-que-je-voudrais-que-tout-en-fut.html

 

4 Ces « Questions proposées à qui pourra les résoudre » sont une apologie du rationalisme, au nom de la difficulté qu'il y a à connaître l’inconnaissable . Voir : http://www.monsieurdevoltaire.com/2014/07/satire-questions-proposees.html

29/11/2019

Une main comme la vôtre doit servir à écraser les monstres de la superstition et du fanatisme ; et quand on peut rendre ce service aux hommes, sans se compromettre, je crois qu’on y est obligé en conscience

... Nos hommes/femmes politiques ne semblent pas avoir la carrure, l'esprit, ni même la moindre intention de lutter contre ces deux fléaux . Ils/elles ne sont souvent pas indemnes de ces deux tares, ce qui peut expliquer leur incapacité . Sont-ils/elles doué(e)s de conscience ?  Oui, à géométrie variable, dirais-je . Me trompè-je ?

Vous reprendrez bien un peu de vérité ?

https://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/quel...

 

 

« A Jean Le Rond d'Alembert

[12 d’octobre 1764.]

Mon cher philosophe, on ne peut pas toujours rire ; il faut cette fois-ci que je vous écrive sérieusement. Il est très certain que la persécution s’armerait de ses feux et de ses poignards, si le livre en question lui était déféré. On en a déjà parlé au roi comme d’un livre dangereux, et le roi en a parlé sur ce ton au président Hénault. On me l’attribue, et on peut agir contre moi-même aussi bien que contre le livre. Il est très vrai que cet ouvrage est de plusieurs mains. L’article Apocalypse est tout entier d’un M. Abausit, si vanté par Jean-Jacques 1 : je crois vous l’avoir déjà dit 2. Je crois aussi vous avoir mandé, et que vous savez d’ailleurs que ce M. Abausit est le patriarche des ariens de Genève. Son traité sur l’Apocalypse court depuis longtemps en manuscrit chez tous les adeptes de l’arianisme. En un mot, il est public que l’article Apocalypse est de lui.

Messie est tout entier de M. Polier, premier pasteur de Lausanne. Il envoya ce morceau avec plusieurs autres à Briasson, qui doit avoir encore l’original ; il était destiné à l’Encyclopédie.

Enfer est en partie de l’évêque de Glocester, Warburton 3.

Idolâtrie, doit encore être chez Briasson ou entre les mains de Diderot, et fut envoyé pour l’Encyclopédie.

Il y a des pages entières copiées presque mot pour mot des mélanges de littérature qu’on a imprimés sous mon nom.

Il est donc évident que le Dictionnaire philosophiq est de plusieurs mains. Quelques personnes ont rassemblé ces matériaux, et si je puis y avoir eu quelque part, c’était uniquement dans la vue de tirer une famille nombreuse de la plus affreuse misère . Le père avait une mauvaise imprimerie . Il a imprimé détestablement : mais on fait en Hollande une édition très jolie, qu’on dit fort augmentée, et qu’on espère qui sera correcte 4. Si vous vouliez fournir un ou deux articles, vous embelliriez le recueil, vous le rendriez utile, et on vous garderait un profond secret. Une main comme la vôtre doit servir à écraser les monstres de la superstition et du fanatisme ; et quand on peut rendre ce service aux hommes, sans se compromettre, je crois qu’on y est obligé en conscience. J’ose vous demander ce petit travail comme une grande grâce, et je vous demande le reste comme une justice. Rien n’est plus vrai que tout ce que je vous ai dit sur le Dictionnaire philosophique. Votre voix est écoutée, et quand vous direz que ce recueil est de plusieurs mains différentes, non seulement on vous croira, mais on verra que ce n’est pas un seul homme qui attaque l’hydre du fanatisme, que des philosophes de différents pays et de différentes sectes 5 se réunissent pour le combattre. Cette réflexion même sera utile à la cause de la raison, si indignement persécutée par des Omer et par d'autres fripons ignorants, si lâchement abandonnée par la plupart de ses partisans, mais qui, à la fin, doit triompher.

Dites-moi, je vous en prie, si ce n’est pas Diderot qui est l’auteur d’un livre singulier intitulé : De la nature 6 ?

Adieu, mon cher philosophe ; défendez la cause de la vérité et celle de votre ami. Quelle plus belle et plus juste pénitence pouvez-vous faire de ces deux cruelles lignes qui vous sont échappées contre père Bayle ? et de qui attendrons-nous quelque consolation, si ce n’est de nos frères ? et d’un frère tel que vous ? »

1 Ce savant, âgé de près de quatre-vingt-dix ans, habitait Genève. Jean-Jacques lui a emprunté des remarques sur la musique des anciens. (Georges Avenel )

2 Il ne semble pas, à notre connaissance que V* ait écrit cela à d'Alembert .

3 V* corrige une erreur qu'il avait faite dans sa correspondance et dans le Dictionnaire philosophique en faisant de Warburton l'évêque de Worcester . On retrouve cette rectification dans un mémoire préparé par lui à cette époque et dont subsistent deux copies par Wagnière, dont la première comporte un paragraphe supplémentaire de la main de V* ; le voici : « Un jeune homme destiné à former une grande bibliothèque, ramassa il y a quelques années en Suisse quelques manuscrits , dont quelques uns étaient pour le dictionnaire des sciences et des arts . Entre autres l'article Messie d'un célèbre pasteur de Lausanne, homme de condition et de beaucoup de mérite, article très savant, et orthodoxe dans toutes les communautés chrétiennes , et qui fut envoyé en 1760 de la part de M. Polier de Bottens, aux libraires de l'Encyclopédie . Un extrait de l’article Apocalypse, manuscrit très connu de M. Abauzit, l'un des plus savants hommes de l'Europe, et des plus connus , malgré sa modestie . L'article Baptême, traduit tout entier des œuvres du docteur Midleton. . Amour, Amitié, Guerre, Gloire, destinés à l’Encyclopédie, mais qui n'avaient pu être envoyés . Christianisme et Enfer, tirés de la Légation de Moïse de Mylord Warburton, évêque de Glocester .enfin plusieurs morceaux imités de Bayle, de Le Clerc, du marquis d'Argens et de plusieurs auteurs . Il en fit un recueil qu'il imprima à Bâle . Ce recueil paraît très informe, et plein de fautes grossières . On y trouve : Warburton, évêque de Worchester, pour Warburton , évêque de Glocester . On y dit que les Juifs eurent des rois huit cents ans après Moïse, et c'est environ cinq cents ans . On y compte 867 ans depuis Moïse à Josias, il faut compter plus de 1100 . Il dit que soixante millions font la deux centième partie de seize cents millions, c'est environ la vingt-sixième . L'ouvrage est d’ailleurs imprimé sur le papier le plus grossier et avec les plus mauvais caractères, ce qui prouve assez qu'il n'a point été mis sous presse par un libraire de profession . On voit assez par cet exposé combien il est injuste d'attribuer cet ouvrage et cette édition aux personnes connues auxquelles la calomnie l'impute . On est prié de communiquer ce mémoire aux personnes bien intentionnées qui peuvent élever leurs voix contre la calomnie. »

Inutile de souligner la faiblesse de l' »exposé » et la naïveté ( ou l'impudence) avec laquelle V* prétend qu’on y ajoute foi .

4Sur cette construction de la proposition relative, qui, avec les années, se raréfie chez V*, voir F. Deloffre : La Phrase française . Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Deloffre

5V* a d'abord écrit différents âges .

6 V* pense-t-il aux Pensées sur l'interprétation de la nature qui sont de 1760 ? Voir note 10 de la lettre du 9 juin 1760 à Thieriot : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2015/06/09/mes-enfants-aimez-vous-les-uns-les-autres-si-vous-pouvez-votre-ennemi-vous.html

28/11/2019

Je vous ai déjà mandé que tout était prêt

... disent Martinez and Co: "pour la grève du 5 décembre, jeudi noir pour tous, franco de port et d'emballage ."

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Est-ce que ça a compté comme heures sup ? Dures luttes .

 

 

« A François-Louis Jeanmaire

Comme je suis très malade, monsieur, je ne voudrais pas mourir sans avoir consommé l'affaire qui ne doit pas déplaire à Mgr le duc de Virtemberg . Je vous ai déjà mandé que tout était prêt, que la plus grande partie était entre les mains de M. Dupont à Colmar ; je suis surpris de n’avoir point eu de vos nouvelles depuis dix-huit jours, non plus que de M. de Montmartin.

J'ai l'honneur d'être bien véritablement, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire.

10è octobre 1764 à Ferney. »

 

 

« A Frédéric Samuel, comte de Montmartin

[10 octobre 1764] 1

[Demande des garanties pour les 100 000 livres qui lui restent dues par le duc de Virtemberg.]

1 Le contenu de la lettre n'est connu que par la réponse du comte de Montmartin : « […] Le sieur Jeanmaire vient de me marquer également ce que vous voulez bien me dire au sujet des dernières cent mille livres . Il a même déjà passé le contrat avec M. Dupont, votre avocat à Colmar , de manière que j'ai tout lieu de regarder cette affaire comme entièrement terminée à votre satisfaction . »

Cette nouvelle cuisine est très saine, elle ne donne point d'indigestion ; elle ne porte point au cerveau des nuages comme l'ancienne cuisine

... C'est ce qu'affirme mordicus Marc Veyrat, encore tout chamboulé de la perte de sa troisième étoile au guide Michelin . Bibendum, l'increvable, reviendra-t-il sur son jugement ? Marc Veyrat l'herboriste se serait-il trompé d'herbe en assaisonnement, travaille-t-il du chapeau  ? Beuh ?... Allez, café, pousse-café, l'addition et retour à la maison ...

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/marc-veyrat-le-m...

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Marc et son Larousse

 

 

« A François Achard Joumard Tison , marquis d'Argence etc.

au château de Dirac

près d'Angoulême

Mon cher frère en Bayle, en Descartes, en Lucrèce, etc., etc., continuez à faire tout le bien que vous pourrez dans votre province ; soyez le digne vicaire du curé Meslier . Si vous avez pu distribuer à vos voisins les trois cents jambons qu'il a laissés à sa mort, vous leur auriez fait faire une excellente chère ; il est bon de manger des truites, mais vous savez qu'il faut aussi une autre nourriture . Il est venu des adeptes immédiatement après votre départ ; ils cultiveront la vigne du Seigneur d'un côté, tandis que vous la provignerez de l'autre, et Dieu bénira vos soins . Ma santé s'affaiblit tous les jours, mais je mourrai content si j'apprends que vous servez tous les jours sur votre table de ces bons jambons du curé . Cette nouvelle cuisine est très saine, elle ne donne point d'indigestion ; elle ne porte point au cerveau des nuages comme l'ancienne cuisine . Je suis persuadé que vous aurez toujours beaucoup de convives, et que vous n'admettrez pas les sots à vos festins.

Mille respects à tout ce qui vous environne ; je mets à la tête madame votre femme, et monsieur votre frère.

10è octobre 1764.1 »

 

1 D'Argence notera plus tard sur le manuscrit : « On pourrait supprimer cette lettre. »

la rage d’être premier ministre à l’âge de soixante et quatorze ans ; cela est plus extraordinaire que de faire des enfants à cent années

... Combien de vieux schtroumpfs aurons-nous lors des prochaines élections, tant en France que partout dans le monde ?

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Question retraite, on est plus près de la retraite de Russie que de celle des cadres

 

 

« A Bernard-Louis Chauvelin

9è octobre 1764 à Ferney

Quand la faiblesse et les maladies augmentent, on est un mauvais correspondant, et Votre Excellence est très indulgente, sans doute pour les gens de mon espèce : vous ne devez point d’ailleurs regretter que je ne vous aie pas instruit de ce que Mme de Was peut être. Elle est venue chez moi, mais je ne l’ai point vue. Je me mets rarement à table quand il y a du monde ; ma pauvre santé ne me le permet pas. On dit qu’elle est fort aimable, ce qui est assez indifférent à un pauvre malade.

Vous devriez bien engager les anges à vous faire copier les Roués de la nouvelle fournée  ; ils vous l’enverraient par le premier courrier que M. le duc de Praslin ferait passer par Turin , vous jugeriez si en supprimant quelques morceaux de politique, on a pu jeter plus d’intérêt dans l’ouvrage. La politique est une fort bonne chose, mais elle ne réussit guère dans les tragédies : c’est, je crois, une des raisons pour laquelle on ne joue plus la plupart des pièces de ce grand Corneille. Il faut parler au cœur plus qu’à l’esprit. Tacite est fort bon au coin du feu, mais ne serait guère à sa place sur la scène.

Au reste, je suis d’autant plus fâché d’avoir renoncé au théâtre, que c’est quitter un temple où madame l’ambassadrice est adorée. Je ne peux plus être un de ses prêtres, la vieillesse et la faiblesse m’ont fait réformer. J’ai pris mon congé au même âge que Sarrazin, et j’ai poussé la carrière aussi loin que je l’ai pu. A combien de choses n’est-on pas obligé de renoncer ? L’âge amène chaque jour une privation : il faut bien s’y accoutumer, et n’en pas murmurer, puisqu’on n’est né qu’à ce prix. Il y a une chose qui m’étonnera toujours, c’est comment le cardinal de Fleury a eu la rage d’être premier ministre à l’âge de soixante et quatorze ans ; cela est plus extraordinaire que de faire des enfants à cent années. Je vous souhaite ces deux ministères, et je voudrais alors faire votre panégyrique.

J’ai vu votre petit Anglais, qui a une maîtresse, et point de précepteur ; ils sont tous dans ce goût-là. Nous avons eu longtemps le fils 1 de M. Fox. Il voyageait, à quinze ans, sur sa bonne foi, et dépensait mille guinées par mois . Les Welches n’en sont pas encore là.

Je présente mes respects à Leurs Excellences, et je les prie très instamment de me conserver leurs bontés. »

27/11/2019

Quand je mourrai, les poètes feront contre moi des épigrammes que les dévots larderont de maudissons

... Ce qui me fera une belle jambe !

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Le souffleur est déjà dans son trou

 

 

« A Claude-Germain Le Clerc de Montmercy

8 octobre 1764

L’amitié d’un philosophe comme vous, monsieur, peut consoler de toutes les sottises qu’on fait et qu’on dit chez les Welches. Je ne connaissais point ce M. Robinet 1, et je ne savais pas qu’il fût l’auteur du Traité de la Nature. Il me semble que c’est un ouvrage de métaphysique, et je suis bien étonné qu’un philosophe s’amuse à faire imprimer deux volumes de mes lettres 2 ; où aurait-il pris de quoi faire ces deux volumes ?

A l’égard des six commentateurs, il faut que ce soit la troupe qui travaille au journal chrétien ; elle ne donnera sans doute que des avis charitables et fraternels ; elle priera Dieu pour moi, et cela me fera beaucoup de bien.

On dit que tous les musiciens ont été à l’enterrement de Rameau 3 et qu’ils ont fait chanter un très beau De profundis. Quand je mourrai, les poètes feront contre moi des épigrammes que les dévots larderont de maudissons. En attendant, je me recommande à vous et aux philosophes. »

1 Né en 1735, mort en 1820. Il venait de publier des Lettres secrètes de Voltaire. (Georges Avenel.)

2 La première collection substantielle de lettres de V* parut sous le titre Lettres secrètes de M. de Voltaire, sous la rubrique Genève, 1765, en un seul volume (t non deux) . L'éditeur se donnait comme « M. L. B. » ; c'est Jean-Baptiste-rené Robinet . L'ouvrage ne donne à peu près que les lettres à Berger (1734-1748) dans un texte et à des dates également inexacts .

3 Rameau est mort le 12 septembre 1764 à 83 ans . Pour le service funèbre qui lui fut fait, voir Cuthbert Girdlestone : Jean-Philippe Rameau (1917) . v* aurait pu évoquer les dernières paroles de Rameau au prêtre qui l’exhortait : »Que diable venez-vous me chanter là, monsieur le curé ! Vous avez la voix fausse . »

Voir :https://www.francemusique.fr/personne/jean-philippe-rameau

et : http://www.academie-sabl-dijon.org/celebration/deces-de-jean-philippe-rameau-compositeur/

vous connaîtrez que c’est un recueil de pièces écrites par des mains différentes. Il est d’ailleurs rempli de fautes d’impression et de calculs erronés qui peuvent faire quelque peine au lecteur

... On dirait bien un commentaire à propos  du texte de réforme des régimes de retraites.

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Pourvu que les fondations soient solides, on peut espérer

 

« A Marie de Vichy de Chamrond, marquise Du Deffand

à Saint-Joseph

à Paris

8è octobre 1764 1

Madame de Jaucourt vous remettra, madame, le livre que vous me demandez, presque aussitôt que vous aurez reçu cette lettre. Vous verrez bien aisément quelle injustice l’on me fait de m’attribuer cet ouvrage ; vous connaîtrez que c’est un recueil de pièces écrites par des mains différentes. Il est d’ailleurs rempli de fautes d’impression et de calculs erronés qui peuvent faire quelque peine au lecteur. Il y a quelques chapitres qui vous amuseront, et d’autres qui demandent un peu d’attention. Si vous lisez le catéchisme des Japonais, vous y reconnaîtrez aisément les Anglais . Vous y verrez d’un coup d’œil que les Breuxhé sont les Hébreux ; les Pipastes, les papistes ; Therlu et Vincal, Calvin et Luther ; et ainsi du reste.

Je vous exhorte surtout à lire le catéchisme chinois, qui est celui de tout esprit bien fait.

En général, le livre inspire la vertu, et rend toutes les superstitions détestables. C’est toujours beaucoup dans les amertumes dont cette vie est remplie, d’être guéri d’une maladie affreuse qui ronge le cœur de la plupart des hommes, et qui conduit au tombeau par des chemins bordés de monstres.

J’ai été si malade depuis deux mois, madame, que je n’ai pu aller une seule fois chez madame de Jaucourt. Je crois vous avoir déjà mandé que j’avais renoncé à tout ce qu’on appelle devoirs 2, comme à tout ce qu’on appelle plaisirs.

Je prie M. le président Hénault de souffrir que je ne le sépare point de vous dans cette lettre, et que je lui dise ici que je lui serai attaché jusqu’au dernier moment de ma vie. Il voit mourir tous ses amis les uns après les autres ; cela doit lui porter la tristesse dans l’âme, et vous devez vous servir l’un à l’autre de consolation.

Un redoublement de mes maux, qui me prend actuellement, me remet dans mon lit, et m’empêche de dicter plus longtemps combien je suis dévoué à tous deux. Recevez ensemble les protestations bien sincères de mes tendres sentiments, et conservez-moi des bontés qui me sont bien précieuses. 

V.»

1 L'édition de Kehl, d'après la copie Beaumarchais, donne Florian pour Jaucourt en début de lettre .

2 Voir les lettres du 20 juin 1764 et du 1er juillet 1764 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2019/08/02/riez-d-une-caricature-qui-ressemble-assez-6167971.html

et : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2019/08/23/j-ai-trouve-que-la-liberte-valait-encore-mieux-que-la-sante-6171586.html

Le 29 septembre 1764, Mme Du Deffand demande à V* des explications sur son refus d'écrire au président Hénault au sujet de la mort de son ami d'Argenson . Voir aussi la lettre du 20 octobre à Hénault : « Je ne pus alors écrire ni à vous , son illustre ami, ni à MM. de Paulmy et de Voyer . Quelque temps après, […] je vous adressai sept ou huit lignes un peu à la hâte, mais c'était mon cœur qui les dictait . »