18/03/2021
Tout doit, si je l’en crois, céder à son pouvoir ; Lui plaire est ma grandeur, l’aimer est mon devoir
... Signé : Jean Castex .
"Lui" : qui ? Je le parie, sa timidité l'empêchera de l'avouer dans sa conférence de presse ce soir , mais suivez mon regard LREM [Louons le Révérend Emmanuel Macron]...

La suite au prochain numéro ...
« A Henri-Louis Lekain
Je présume que M. Lekain aura attendu un temps plus favorable pour faire débiter la tragédie qu’il imprime . Je viens de découvrir encore des vers répétés au troisième acte.
Il y a dans la scène seconde de ce 3è acte :
Vous acceptiez la main qui vous perça le flanc.
C’est Nemours qui parle ; et Adélaïde lui dit, quelques vers après :
Enflé de sa victoire, et teint de votre sang,
Il m’ose offrir la main qui me perça le flanc.
Je retrouve dans une vieille copie :
Tout doit, si je l’en crois, céder à son pouvoir ;
Lui plaire est ma grandeur, l’aimer est mon devoir.1
Cette version est sans doute la meilleure 2; des cartons ne sont pas une chose bien difficile, et il faut les préférer à des négligences insupportables.
Je fais mille remerciements à M. Lekain. Je ne crois pas qu’il y ait eu des spectacles à Paris pendant les prières de quarante heures 3.
S’il y a quelque chose de nouveau, je le supplie de vouloir bien en faire part à son ami
V.
25è novembre [1765] »
1 Wagnière a écrit une version toute différente de ces vers ; V* les a biffés et remplacés par ceux qu'on voit ici .
2 Elle est effectivement adoptée .
3 Pour le rétablissement du dauphin .
17:38 | Lien permanent | Commentaires (0)
Je ne sais si les spectacles ont cessé à Paris dans la crise dangereuse où se trouve M. le Dauphin . Ils doivent du moins être déserts
... Mon cher Voltaire, je te le confirme, tout est clos, mais pas toujours désert --occupations de protestation obligent.
Que va dire Maître Castex le Grand Gouvernant [sic] dans sa pièce à épisodes ad libitum "conférence de presse du jeudi" ?

« A Philippe-Antoine de Claris, marquis de Florian, ancien
Capitaine de cavalerie, Chevalier de Saint-Louis
rue d'Anjou au Marais
à Paris
A Ferney 22è novembre 1765 1
Aujourd'hui en dévidant un écheveau de soie Mme Denis a trouvé une lettre du 29è octobre de M. le Grand Écuyer, je courais le risque de ne lire cette lettre que dans un an, car la navette à laquelle la soie était destinée s’étant brisée en mille morceaux, la soie sa voisine était fort négligée . Heureusement la destinée a prévenu tout ce que vous me mandiez, et que j'ignorais ; je suis devenu M. Perrin Dandin, je tâche d'accommoder les procès, et j'ai le bonheur de n'avoir mécontenté jusqu'ici aucun parti . Si je ne parviens pas à rétablir la concorde je me flatte du moins que les plaideurs rendront justice à mes intentions et à mes procédés . Je n'ai rien fait qu’ouvertement et avec franchise ; j'ai mis même par écrit mes propositions, afin qu'il y eût une preuve subsistante de l'intégrité de ma conduite . Cette petite occupation ne ralentit point du tout mon zèle pour les choses qui sont si chères à l'homme supérieur que vous avez gratifié d'une visite . Nous sommes tous deux attachés au même char sans nous connaître, et j’ai de la passion pour lui sans l'avoir jamais vu .
Vous me parliez de cette lettre du siège de Tolède . Le général qui assiège cette ville est bien jeune, et il est difficile de prendre Tolède en quinze jours . Je m’imagine que vous lui avez conseillé de tourner le siège en blocus .
Je ne sais si les spectacles ont cessé à Paris dans la crise dangereuse où se trouve M. le Dauphin . Ils doivent du moins être déserts 2, et le clergé doit suspendre ses querelles pour ne s'occuper qu'à prier Dieu . Il vaut beaucoup mieux qu'il fasse des prières que des mandements ; les unes seront très bien reçues de Dieu, et les autres fort mal du public .
Toute ma petite famille de Ferney fait mille tendres compliments à ma famille de Paris . Je ne sais où vous êtes à présent ; mais soit à la ville, soit à la campagne, je me flatte que ma lettre vous parviendra . Mme la duchesse d'Anville qui a depuis près d'un mois un paquet pour Mme de Florian, ne paraît pas prête à partir ; je ne sais ce que deviendra mon paquet . Adieu, monsieur, je vous embrasse de tout mon cœur . »
1 L'édition de Kehl est limitée au 3è paragraphe amalgamé à la lettre du 16 novembre 1765 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/03/14/comme-bon-voisin-je-voudrais-s-il-etait-possible-tout-concil-6303441.html
2 La Comédie fermera du 17 décembre 1765, alors que le Dauphin se meurt, au 11 janvier 1766 inclus . Jusqu'à cette date le public ne sera pas moins nombreux que d'habitude , et la comédie du Philosophe sans le savoir de Sedaine sera représentée avec un grand succès à partir du 2 décembre .
12:10 | Lien permanent | Commentaires (0)
Vos sentiments m'ont paru aussi purs que les miens
... Oui, Mme Corinne Masiero, vous avez osé agir . De sombres abrutis vous poursuivent en justice pour "exhibition sexuelle" ! Que ces minus habens, hommes et femmes hypocrites, restent avec leurs oeillères, l'échine pliée, tartuffes : "cachez ce sein que je ne saurais voir !" , censeurs à n'en pas douter de "L'origine du monde", incapables de reconnaitre le courage .
https://www.vanityfair.fr/actualites/articles/corinne-mas...

Mme Masiéro, m... à ceux qui n'ont vu en vous qu'un sexe "dérangeant"
« A Jean-André De Luc
22 novembre 1765
J'ai lu monsieur les papiers que vous m'avez fait l'honneur de m'envoyer . Ils m'ont paru écrits avec sagesse, autant qu'avec clarté . J'ose penser qu'il ne serait pas difficile de concilier les esprits sur les points qui sont discutés dans ces mémoires . L'objet le plus important si je ne me trompe et qui semble rencontrer des difficultés insurmontables est le droit auquel on a donné le nom de négatif . La médiation n'a voulu sans doute ni avilir l'autorité du Conseil ni enchaîner la liberté des citoyens . Tout l'esprit de vos lois consiste dans le maintien de ces deux objets .
Hier après votre départ de Ferney je fis lire les articles de la médiation à l'avocat qui avait dîné avec nous . Il trouva sans hésiter que la lettre de la loi n'était pas en faveur des représentants . Il faut donc trouver quelque tempérament qui concilie la lettre et l'esprit . J'ai été fort surpris que dans sept cents citoyens vous ne puissiez pas compter trois jurisconsultes . Peut-être y a-t-il un remède à cette étrange disette . Je vous proposerai mes faibles idées 1 la première fois que j'aurai l'honneur de vous entretenir . Vous savez que je n'ai et ne puis avoir en vue que le bien public . Vos sentiments m'ont paru aussi purs que les miens . Vous m'éclairerez beaucoup mais vous ne pourrez guère augmenter l'envie que j'ai de voir votre République tranquille et heureuse non plus que les sentiments d'estime que vous m'avez inspirés.
Permettez-moi d'y joindre ceux de l’amitié sans cérémonie . Votre très humble et très obéissant serviteur .
V. »
1 Ces « faibles idées » se trouvent dans « Propositions à examiner pour apaiser les divisions de Genève », puis « Réflexions sur les moyens proposés pour apaiser les troubles de la ville de Genève ».
Sur cette affaire voir Fernand Caussy : « Voltaire pacificateur de Genève » dans la Revue politique et littéraire : Revue bleue, 4 janvier 1908 : voir page 13/36 (page 9 du document) : https://www.retronews.fr/journal/la-revue-politique-et-litteraire/04-janvier-1908/2057/4394725/13
Voir
10:58 | Lien permanent | Commentaires (0)
Vous savez monsieur que les mauvais propos ne doivent pas empêcher les bonnes actions
... Nous allons le voir avec la conférence de presse de M. Castex, lequel est toujours bien brouillon, et les décisions gouvernementales semblables à un tirage du loto : au pif ! Résultat favorable souhaité : quine, double quine, carton !
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Conseil des ministres !?
« A Jean-André De Luc
l'aîné 1
à Genève
[21 novembre 1765 ?]
Vous savez monsieur que les mauvais propos ne doivent pas empêcher les bonnes actions . Je n'ai et ne puis avoir d'autre but que la liberté et la concorde de mes voisins . Je ne ferai rien qu'au grand jour, et je me flatte que M. le duc de Praslin approuvera ma conduite .
Vous m'avez trouvé droit et sincère, vous me trouverez toujours tel, ce n'est point en secret que je reçois l'honneur de vos visites . Vous pouvez venir sans scrupule, comme je fais gloire de m'entretenir avec un homme de votre mérite et avec des amis qui vous ressemblent .
Mon carrosse attend vos ordres . »
1 Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Andr%C3%A9_Deluc
La lettre peut être datée à peu près grâce aux lettres du 21 novembre à Pierre Lullin et celle de ce dernier : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/03/16/ce-matin-quatre-citoyens-m-ont-fait-dire-qu-ils-voulaient-me-parler-je-leur.html
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