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24/08/2021

Tâchez de jouir longtemps des avantages que cette bonne fortune vous procure

... Mlle Angelina Jolie, vous saurez en faire bon usage : https://hitek.fr/actualite/angelina-jolie-premier-post-in...

 

 

« A Nicolas-Claude Thieriot

à Paris

30 mai 1766 1

Mon cher et ancien ami, je vous fais mon sincère compliment sur votre nouveau traité avec les puissances du Nord. Tâchez de jouir longtemps des avantages que cette bonne fortune vous procure. Vous avez le département le plus agréable du monde, laevia carmina et faciles versus 2. Je souhaite que nos beaux esprits de Paris vous fournissent une ample matière ; mais votre santé me donne autant d’inquiétude que votre nouvelle correspondance me fait de plaisir. Prenez garde à votre hydrocèle, imposez-vous un régime qui vous mette en état de courir pour chercher des nouvelles. Lorsque vous ne pourrez point écrire, je vous conseillerais de vous munir d’un homme qui écrirait sous votre dictée, afin que la correspondance ne fût pas interrompue. Je ne pourrai guère vous aider dans votre ministère ; nous n’avons à Genève que des sottises ennuyeuses. Il vient de paraître un ouvrage bien plat contre M. d’Alembert, M. Hume, et les encyclopédistes 3 ; j’y suis aussi pour ma part. Vous pensez bien que le libelle est d’un prêtre. Ce prêtre est un nommé Vernet, théologien huguenot de son métier ; c’est un homme à qui on rend toute la justice qu’il mérite, c’est-à-dire qu’il est couvert d’opprobre. Son livre est entièrement ignoré. Il n’est question dans Genève que des tracasseries pour lesquelles on a fait venir trois plénipotentiaires.

Je vous embrasse du meilleur de mon cœur.

V. »

1 Le manuscrit est de la main de Wagnière et l’adresse semble être celle de Damilaville . Dans la lettre du 21 mai à laquelle répond V*, Thieriot dit «soigner « deux infirmités qui étaient la suite de convulsions », « un hydrocèle et un sarcocèle » avec une eau d'un certain « M. de Wyl, Suisse du canton de Lausanne, peintre et chimiste » ayant fait un portrait de Voltaire, « prodigieux remède dont on ne fait que boire et se douger » . Il annonce d'autre part que le roi de Prusse , après quinze ans, lui demande de reprendre « une feuille littéraire, etc., pour Sa Majesté », qui lui vaudrait une pension de douze cents livres par an . l'adresse

2Poèmes légers et vers faciles .

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