Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/03/2022

La chose presse ; j’attends tout d’un cœur comme le vôtre

... Appel à chaque dirigeant en Europe et au-delà, tous les démocrates encore actifs . Le coeur parlera sans doute, obligatoirement soutenu par le portefeuille, si on veut bien rester réaliste . Seul le résultat sera pris en compte .

https://images.bfmtv.com/Q-rvnMbgIjaUqabUSPgDwW8Bkro=/0x0:1280x720/1280x0/images/Ne-restez-pas-silencieux-l-appel-de-Volodymyr-Zelensky-aux-Europeens-en-integralite-1362939.jpg

 

 

 

« A Marie-Françoise-Catherine de Beauvau-Craon, marquise de Boufflers-Remiencourt 1

Au château de Ferney, par Genève, 10è décembre [1766]

Madame,

Si mon âge et mes maladies me l’avaient permis, je serais sûrement venu vous faire ma cour, et à M. le prince de Beauvau, quand vous avez passé par Lyon. Vous allez en Languedoc ; votre premier plaisir sera d’y faire du bien. Je vous propose, madame, une action digne de vous, et dont tous les honnêtes gens de France vous auront obligation.

Il y a dans Toulouse un avocat célèbre, nommé M. de Sudre, qui osa seul défendre les Calas 2 contre l’abominable fanatisme qui a fait expirer sur la roue un vieillard innocent. Les Toulousains, ayant enfin ouvert les yeux, ont élu d’une voix unanime M. de Sudre pour premier capitoul ; la ville en présente trois, le roi en choisit un . Les deux autres n’ont point été nommés unanimement comme M. de Sudre. Il a pour lui de longs services, et l’honneur d’avoir seul protégé l’innocence, lorsque tout le monde l’abandonnait et la calomniait.

Je vous conjure, madame, d’obtenir que M. le prince de Beauvau soit le protecteur de ce digne homme auprès de M. le comte de Saint-Florentin . C’est une très grande obligation que je vous aurai à tous deux, et que je partagerai avec quelques millions d’hommes. La chose presse ; j’attends tout d’un cœur comme le vôtre.

Je suis avec un profond respect et un attachement inviolable,

de vous et de M. le prince de Beauvau

madame

le très humble et très obéissant serviteur.

Voltaire. »

2 Voir : Mémoire pour le sieur Jean Calas , négociant de cette ville, dame Anne-Rose Cabibel son épouse & le sieur Jean-Pierre Calas un de leurs enfants : https://tolosana.univ-toulouse.fr/fr/recherche/solr?page=...

Les commentaires sont fermés.