22/08/2026
Il m’a dit qu’il était honteux, mais qu’il fallait pardonner aux emportements de la jeunesse
C'est le petit résumé de l'entrevue du roi Charles avec Harry qui vient se réinstaller en Angleterre avec Meghan . Le peuple britannique n'est pas aussi compréhensif, et le reste du monde, j'espère, s'en fiche absolument, il y a suffisamment de problèmes en ce monde . Je suis simplement opportuniste (encore une fois ) en utilisant un extrait de lettre du Patriarche pour coller à l'actualité , et je continuerai dans cette voie , tant que possible .

" A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental
Envoyé de Parme etc.
en son hôtel
quai d'Orsay
à Paris
1er janvier [1771] 1
Mon cher ange, le jeune étourdi qui vous a envoyé l’œuvre des onze jours 2 vous demande en grâce de le lui rendre. Il m’a dit qu’il était honteux, mais qu’il fallait pardonner aux emportements de la jeunesse ; qu’il voulait absolument y mettre vingt-deux jours au moins.
À propos de jours, je vous en souhaite à tous deux de fort agréables ; mais on dit que cela est difficile par le temps qui court. Vous ne perdez rien, et je perds tout. Voilà ma colonie anéantie ; je fondais Carthage, et trois mots ont détruit Carthage.
Est-il vrai que M. le cardinal de Bernis a la place des Affaires étrangères , M. le duc d'Aiguillon la Marine, et M. de Muy la Guerre ? M. le duc de la Vrillière la surintendance des Postes 3 , Je ne sais rien, et je suis très curieux.
Je n’ai pas une passion bien violente pour la Sophonisbe de Lantin, mais je serais fort aise qu’on rejouât Olympie 4. C’est un beau spectacle. Mlle Clairon avait grand tort, et on dit que Mlle Vestris s’en tirerait à merveille. Vous devriez bien présenter requête à M. Lekain 5 pour jouer Cassandre ; ce serait même une fête à donner à la cour, en guise de feu d’artifice. Chargez-vous, je vous prie, de cette importante négociation, et moi, je me chargerai de faire la paix de Catherine et de Moustapha.
On me mande que M. le maréchal de Richelieu est fort malade ; il devrait pourtant se bien porter 6. J’écris à M. le duc de Praslin 7. Voilà qui est fait ; il n’enverra plus de mes montres au prétendu roi d’Égypte, mais il lui reste Praslin : c’est une bonne et belle consolation, non pas en hiver, mais dans les grandes chaleurs. Le lieu est froid, sombre, et d’une beauté assez triste. Vous y attendiez-vous ? Dites-moi enfin si Messieurs obtempèrent et se tempèrent.
On fait vos montres. Mme d’Argental sera plus tôt servie que le roi d’Égypte.
Mille et mille tendres respects.
V. »
1 Original initiale autographe ; éd. Kehl qui suivie des éditions omet le troisième alinéa, biffé dans la copie Beaumarchais-Kehl .
2 Les Pélopides ; voir lettre du 19 décembre 1770 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/07/18/ma-sottise-vous-la-voyez-6602215.html
; et voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome7.djvu/111
3Sur ce qui advint, voir lettre du 21 décembre à Hennin : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/08/08/supposant-que-nous-sommes-instruits-de-tout-ils-ne-nous-appr-6604378.html
4 Olympie ne fut pas reprise par les Comédiens Français .
5 Sur la santé de Lekain, voir lettre du 7 décembre 1770 à la comtesse d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/06/18/il-descend-en-droite-ligne-d-une-vierge-cela-n-est-point-du-6599141.html
6 Car il était de ceux qui ont conspiré contre Choiseul .
7 Cette lettre manque.
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