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03/08/2014

Tous ces drôles-là ne valent pas la peine qu'on en parle, à moins qu'ils ne soient bien ridicules, comme sont chez nous tous nos fanatiques

...

 

 

 

« Au comte Boris Michaïlovitch SOLTIKOF 1
[juin 1759] 2
J'abuse des bontés de M. de Soltikof. Je le supplie de me mander comment on écrit le nom des sectaires appelés dans mes Mémoires Kalkonistky, ou Ratzoniski, ou Ralkoniky, ou Roskolchiqui 3.
Qui sont donc ces gens-là, dont le nom me fait donner au diable !
Et les worsko-jésuites, ou vlorsko-jésuites, qui sont-ils? Je n'y entends rien. Tous ces drôles-là ne valent pas la peine qu'on en parle, à moins qu'ils ne soient bien ridicules, comme sont chez nous tous nos fanatiques. »

1 Soltikof, neveu du feld-maréchal de ce nom, était sans doute un des quatre jeunes Russes dont il est question dans la lettre de Voltaire du 19 août 1757 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2012/12/01/cet-ouvrage-que-j-entreprends-qui-convient-a-mon-age-a-mon-g.html

et du 14 mars 1759  à Schouvalov : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2014/04/24/je-ne-perdrai-cette-ambition-qu-avec-la-vie-5354876.html

Il est nommé Boris de Soltikof dans une lettre du 25 septembre 1762, à Schouvalow.

2 Soltikof est arrivé à Genève fin mai 1759

3 La réponse de Soltikof ne pouvait guère éclairer V*, mais il annonçait en même temps qu'il en dirait davantage en venant le lendemain « goûter chez [lui] la soupe »

Extrait de la réponse de M. de Soltikof : « Les sectaires en Russie s'appellent Roskolniki ou Rcskolstchiki, nom qui a sa dérivation du verbe russe « roskoloti » qui veut dire fendre. Il y a quantité de ces sectes en Russie, dont chacune a ses folies particulières, et qui se distinguent par divers noms. Peut-être « que ceux dont vous faites mention sous le nom de worsko-jésuites sont une de « ces sectes. » (Note communiquée par Decroix.)

 

Au reste on est prêt pour lundi et même dès à présent

... Hartmannswillerkopf ! Ach so ! "Le vieil Armand" , que de souvenirs !

Il y a près de cent ans, celui-ci :

hartmannsvillerkopf 3 aout 2014.jpg

Eclat d'obus sorti du dos de mon grand'père maternel

3 août 2014, plus souriant [sic] souvenir pour nos descendants :

hartmannswillerkopf FRANCE-ALLEMAGNE-14-18.JPG

https://fr.news.yahoo.com/paris-et-berlin-comm%C3%A9morent-14-18-et-plaident-133512303.html

 

 

 

« A Gabriel Cramer

[15 juin 1759]

Nous avons perdu je ne sais comment la petite note que monsieur Cramer avait eu la bonté d'envoyer par laquelle il instruisait du nom et de la demeure du correspondant qui a dû remettre à M. de Chazel 1 la collection des œuvres . Monsieur Cramer est prié de réparer notre faute, et de nous envoyer une nouvelle instruction . Au reste on est prêt pour lundi et même dès à présent . »

1 Balthazar Espeir de Chazel , de Nîmes; voir : http://www.worldcat.org/title/balthazar-espeir-de-chazel-correspondence/oclc/488406891/editions?editionsView=true&referer=br

et lettre du 16 juin 1759 à de Chazel .

 

02/08/2014

Qui pourrait exprimer les ravages , Dont cette nuit cruelle étala les images !

...  Massacre de la saint Barthélémy, massacres en Palestine, Ukraine, Irak, Ouganda, Congo, Kenya, Libye, etc., etc. Seules les armes diffèrent, la férocité humaine est constante .

henriade massacre.jpg

 Et dire que ce même jour ceux qui aiment la paix et la tolérance peuvent se conforter avec :

 http://www.monsieurdevoltaire.com/2014/08/traite-sur-la-tolerance-chapitre-xv.html

et à 16h entendre le tocsin qui commémore le branle bas le combat de la guerre de 14-18 .

 

 

« A Hubert-François Bourguignon d'Anville, dit Gravelot 1

Les Délices , 15 juin [1759]

[V* le félicite pour les dessins proposés pour La Henriade]

 

01/08/2014

J'augure bien de nos affaires entre les mains d'un homme qui pense si noblement, qui fait du bien à ses amis

... Reste à trouver cette perle rare parmi ceux qui sont "aux affaires" ou cette aiguille dans une botte de foin  A ce propos j'ai ma solution pour résoudre au plus vite ce dernier problème : mettre le feu au foin (du parti) et tamiser les cendres, même  Flanby flambée l'aiguille  garde son piquant, reste à la décrasser .

 aiguille-dans-une-botte-de-foin.jpg

 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

Délices 15 juin [1759]

Mon divin ange parmesan, je reçois enfin un mot de votre écriture céleste, et un volume de critiques de Scaliger de la main de madame l'envoyée de Parme . Sa négociation ne sera pas difficile . Vous ne songez pas qu'il s'est passé trois semaines entre l'envoi de la chevalerie et votre réponse , et que pendant trois semaines il faut bien qu'une tragédie ait le temps de changer de visage . Aussi en a-t-elle changé tous les jours . Je viens d'entrevoir quelques critiques auxquelles j'ai répondu il y a plus de quinze jours par des vers bons ou mauvais .

Quelque respect que j'aie pour ce barbare de grand homme Pierre Ier , je l'abandonne à tout moment pour les chevaliers . Les terres me désolent , M. d'Espagnac 1 m'opprime, les fermiers généraux me tourmentent . J'ai peu de foin, et cependant il faut faire des tragédies et des histoires avec une santé déplorable . Mlle Fel a beau adoucir mes maux par son joli gosier 2 la tête va me tourner .

Mon cher ange, quelle différence de M. le duc de Choiseul à monsieur l'abbé 3! Cependant vous n'aviez point hébergé, alimenté, rasé, désaltéré, porté 4 M. le duc de Choiseul . J'augure bien de nos affaires entre les mains d'un homme qui pense si noblement, qui fait du bien à ses amis . C'est une belle âme . Dîtes-moi donc un peu, n'est-il pas très bien avec la personne 5 envers qui on prétend que Babet fut ingrate ?

Ah ça combien de fromages de Parmesan vous donne-t-on par année ? N'est-ce pas douze mille ?

Je veux que mon ange soit à son aise . Vraiment M. le duc de Choiseul a eu très grande raison de créer ce poste . Le beau-père Stanislas a un ministre et le gendre n'en aurait pas 6!

La poste part, je n'ai pas eu le temps de lire le volume de Mme d'Argental 7 . Je vais le dévorer . Je baise le bout de vos ailes à tous tant que vous êtes .

Le Suisse V. »

1 De Sahuguet d'Espagnac, conseiller de grand'chambre depuis janvier 1737, et chef du conseil du comte de La Marche. Voir lettre du 18 avril 1759 à de Bussy : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2014/06/11/vous-avez-toujours-aime-les-femmes-comme-disait-le-cardinal.html

4 Le denier mot est ajouté au dessus de la ligne . Voir Regnard, Le Joueur, acte III, scène iv ,vers 884-885 : http://www.theatre-classique.fr/pages/programmes/edition.php?t=../documents/REGNARD_JOUEUR.xml#A3

5 Mme de Pompadour, qui à cette époque écrit à V* : « Quand je mes suis déterminée à obliger la marmotte du mont Jura, je n'ai pensé qu'à Voltaire françois, et j'ai oublié qu'il avait été prussien, je l'oublie encore dans ce moment où je consens qu'il m'envoie le manuscrit de sa tragédie, je ne tarderai pas à lui en dire mon avis, il est vraisemblable qu'elle aura le sort de (presque) tout ses ouvrages, c'est de me plaire . /La marquise de Pompadour / 14 juin 1759 . » On note le jeu de mot François/ français .

6 Le gendre de Louis XV, le duc de Parme .

 

31/07/2014

il ne faut pas qu'une femme paraisse dans le monde sans être mise à son avantage

... Comme ceci  ?

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Un tue l'amour !

Ou comme cela ?

 niqab.jpg

Entre les deux mon coeur balance, et au fond ça me ficherait la trouille de coucher avec Batman !

 

 

 

« A Marie-Elisabeth de Dompierre de Fontaine

13 juin [1759]

Comme je suis en Russie jusqu'au cou 1, je n'ai que le temps ma chère nièce de vous dire que je suis confondu de ne recevoir aucune nouvelle de mes anges d'Argental ; les affaires de Parme sont considérables je l'avoue et doivent avoir la préférence , mais l'ancienne chevalerie 2 est quelque chose , et mériterait un petit mot . M. le duc de Choiseul a toutes les affaires de l'Europe sur les bras, et cependant m'a écrit trois fois pendant que l'envoyé de Parme ne m'écrit point du tout ; non seulement il était chargé de l'ancienne chevalerie, mais il l'était encore de quelque argent comptant qu'il avait eu la bonté de vouloir bien faire remettre de ma part au conseil de Mgr le comte de La Marche 3. Il peut avoir trouvé la chevalerie injouable, mais encore faut-il le dire et donner quelque signe de vie .

A-t-il ma pièce ? ne l'a-t-il point ? est-il content ? en est-il fâché ? est-il paresseux ? est-il malade ?

J'ai envie de mettre le jurisconsulte d'Hornoy aux prises avec le conseil de la maison de Conti 4 pour le former aux affaires . N'imitez point les envoyés de Parme ,ma chère nièce . Écrivez-moi et ne disons pas un mot de la fille du vieux chevalier jusqu'à ce que j'aie mis quelques pompons à ses habits et quelques diamants à sa coiffure ; il ne faut pas qu'une femme paraisse dans le monde sans être mise à son avantage ; je la coifferai dès que j'aurai gagné la bataille de Pultawa 5 que mon ami Jean-Louis Wagnière et moi allons donner incessamment . Votre sœur et moi nous vous embrassons bien tendrement . »

1 Rédaction de l'histoire de la Russie sous Pierre le Grand .

 

30/07/2014

je me soumets d'ailleurs au pape et à l'Église, avec toute la résignation d'un bon chrétien tel que je suis et que j'ai toujours été

... Résignation !? Résignation ? si ce qu'a fait et dit Voltaire sur la religion et en particulier sur la catholique, est signe  de résignation, je veux bien retourner à l'église illico . En réalité , je crois que je ne cours pas grand risque .

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« A Nicolas-Claude THIERIOT. 1

Chez M. Bélidor

à l'Arsenal

à Paris
Aux Délices, 11 juin [1759].
Mon ancien ami, Mlle Fel 2 est chez moi avec son frère, qui est plus vieux que vous, qui a fait le voyage gaiement, et qui chante encore. Quand vous voudrez venir nous voir sans chanter, vous ne serez pas si bien reçu que chez les Montmorency ; mais oves ad flumina pascit Adonis.3
De là je conclus que vous pourrez très-bien venir philosopher sur les bords de notre lac. J'ai la folie de faire bâtir un très- beau château ; mais ce ne sera pas là que j'aurai l'insolence de vous recevoir, mais bien dans la guinguette des Délices. Vous verrez un homme entièrement libre. Le roi m'a accordé la confirmation des privilèges de ma terre, qui la rendent entièrement indépendante. Je suis parvenu à ce que j'ai désiré toute ma vie, l'indépendance et le repos. Vous ferez fort bien de venir partager avec moi ces deux biens inestimables ; nous ajusterons ensemble l'Histoire de Pierre le Grand. Plus je vais en avant, plus je vois qu'il mérite ce titre. Quand je le vis, il y a quarante ans 4, courant les boutiques de Paris, ni lui ni moi ne 5 doutions que je serais un jour son historien. Je vous avertis qu'il a fait sortir les jésuites de ses États; apparemment que quelque frère Berthier lui avait déplu.
Il y a longtemps que quelqu'un 6 exigea de moi des paraphrases de l'Ancien Testament; je choisis le Cantique des cantiques et l'Ecclésiaste. L'un de ces ouvrages est tendre, l'autre est philosophique. J'ai eu le plaisir de parler au cœur et à la raison; mais je crains bien que les copies de l'Ecclésiaste ne soient falsifiées : je m'en remets à la Sorbonne pour la condamnation des copistes; je me soumets d'ailleurs au pape et à l'Église, avec toute la résignation d'un bon chrétien tel que je suis et que j'ai
toujours été.
Il y a longtemps que j'ai les quatre volumes 7 de M. d'Alembert, et je les ai lus avec un extrême plaisir.

Je ne comprends pas comment vous ne vous êtes pas fait payer des cent vingt livres par Mme de Fontaine 8. Elle est chargée, par un grand accord de famille, de vous payer cette somme, et vous recevrez votre argent tôt ou tard avec cette lettre.
Bonsoir; je vous quitte pour Pierre le Grand. Je me flatte toujours que, quand vous aurez fait votre cours d'artillerie sous M. Bélidor 9, vous viendrez vous reposer aux Délices.
Vale, nostrorum sermonum candide judex.10

V. »

1 Sur le manuscrit, d'autres mains ont modifié l'adresse : « de la Bastille / chez le perruquier », « de présent à Verdun pour / les deux noms », « à Verdun », le tout rayé ; et « à l'arsenal de la Bastille / chez le perruquier / à Paris / à Paris »

2 Marie Fel , cantatrice française, née à Bordeaux en 1716, débuta à l'Opéra en 1733, et fit les délices du public jusqu'en 1759, année où elle se retira. . Elle passa environ quatre semaines aux Délices au cours d'une tournée .Voir lettre de V* du 7 août 1759 : page 150 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6514333b/f162.texte

Vers le 5 juin, Mme Denis écrivait à François Tronchin : « Mlle Fel est arrivée chez nous hier au soir, nous la laissons reposer aujourd’hui, nous la ferons chanter demain . J'écris à M. Maler pour le prier de faire dire à Baridon et à Friche de se rendre aux Délices demain pour essayer la façon dont ils l'accompagneront . » ; voir aussi sa lettre du 8 juin 1759 à Cideville citée dans la lettre du 27 mars à de Ruffey : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2014/05/15/sa-petulance-augmente-avec-l-age-il-n-a-rien-gagne-sur-ses-d-5369822.html

3 Adonis fait paître les brebis le long du fleuve ; Virgile , Bucoliques, X, 18

4 V* donne des détails sur le séjour du tsar Pierre le Grand dans ses Anecdotes sur le czar Pierre le Grand, 1748 ; mais il ne dit pas l'avoir vu ; du reste dès le 16 mai il se trouvait à La Bastille où il passa le reste de l'année . Voir : http://agora.qc.ca/documents/voltaire--anecdotes_sur_le_czar_pierre_le_grand_par_voltaire

5 Plutôt ne nous doutions .

6 Le duc de La Vallière , pour la marquise de Pompadour .

8 « C'est uniquement ma faute … si je n'ai pas reçu plus tôt les cent vingt livres . Mme de Fontaine avait envoyé plusieurs fois chez moi m'avertir de les venir recevoir » répond Thieriot en juillet 1759 .

9 Bernard Forest de Bélidor (1697-1761 ) est un ingénieur spécialisé dans la fabrication d'explosifs . Thieriot fit un bref séjour chez lui, près de l'Arsenal ; mais dans sa réponse à la présente lettre,il note : « M. Bélidor est à Verdun faisant ses cours de génie . Il faut m'adresser à présent mes lettres à l'Arsenal tout simplement parce que je ne loge plus chez lui . »

10 Porte toi bien, juge sincère de nos entretiens . Horace, Épîtres, I, iv, 1 .

 

29/07/2014

je ferai un mémoire sanglant contre les banqueroutiers, contre les commissions éternelles de ces belles affaires, et contre le receveur des consignations, qui mange tout l'argent

... Que  ce soit au XVIIIè siècle ou au XXIè, c'est une constante qui perdure, l'enrichissement de ceux qui vivent de la défaite des autres .

Ô magnifique métier juteux que celui des liquidateurs de faillites . Charognards ! 

 

buzz buzzard.jpg

 

 

« A Marie-Elisabeth de Dompierre de Fontaine
Le 11 juin [1759] 1
On fait une tragédie , ma chère nièce, en trois semaines, il n'y a rien de plus aisé, mais en trois semaines on ne l'achève pas. Je me suis remis vite au czar Pierre 2, afin de perdre de vue la pièce, et de la revoir dans quelque temps avec des yeux rafraîchis et un esprit désintéressé : c'est alors que je serai un censeur très-sévère. En attendant, je vous exhorte à vous faire raison des Bernard. Si, pendant que vous avez la main à la pâte, vous pouviez tirer aussi quelque chose de la banqueroute de ce faquin de Samuel, fils de Samuel, maître des requêtes, surintendant de la maison de la reine, et banqueroutier frauduleux, ce serait une bonne affaire pour la famille. Il faudra charger d'Hornoy de cette affaire quand il aurait 3 fait son droit, et qu'il aura emporté vigoureusement ses licences ; il prendra des conseils de son oncle l'abbé 4, et il n'est pas douteux qu'alors il ne triomphe.
Pour moi, je ferai un mémoire sanglant contre les banqueroutiers, contre les commissions éternelles de ces belles affaires, et contre le receveur des consignations, qui mange tout l'argent.
Êtes-vous à Paris ? êtes-vous à Hornoy ? Pour moi, la tête me fend, ma cervelle bout du czar Pierre et des tragédies , de trois terres que je gouverne bien ou mal, de deux maisons que je bâtis, et des vers de Luc 5, auxquels il faut répondre. Je ne sais ce que c'est que ce Sermon des cinquante 6 dont vous me parlez; c'est apparemment le sermon de quelque jésuite qui n'aura eu que cinquante auditeurs : c'est encore beaucoup ; les pauvres diables me paraissent actuellement bien grêlés. Mais si c'était quelque sottise anti-chrétienne, et que quelque fripon osât me l'imputer, je demanderais justice au pape, tout net. Je n'entends point raillerie sur cet article : je me suis déclaré hardiment contre Calvin, aux Délices; et je ne souffrirai jamais que la pureté de ma foi soit attaquée.
Je crois notre ami d'Argental un peu empêtré de son ambassade 7. Il ne m'écrit point, et je suis persuadé que je recevrai un volume de lui sur la Chevalerie 8. J'ai bien peur que ses négociations parmesanes ne fassent un peu languir des traités qu'il avait entamés pour moi avec M. le comte de La Marche, notre seigneur suzerain 9.
Mes correspondances dans le Nord vont toujours leur train.
Je suis plus content que jamais de la cour de Pétersbourg. Il nous est venu ici un petit Russe très-aimable 10, proche parent d'une impératrice, et qui pour cela n'en est pas plus grand seigneur.
Je vous écris à bâtons rompus, comme vous voyez, ma chère nièce ; c'est que je n'ai pas dormi, et que je n'en peux plus.
Ayez grand soin de votre santé, et dites-m'en, s'il vous plaît, des nouvelles. Je vous embrasse tendrement, vous, votre famille, et vos amis. Adieu, ma chère enfant; je vous recommande Thieriot, à qui vous devez quarante écus 11, en vertu des pactes de famille. »

 

 

1 C'est par erreur que cette lettre a toujours été classée à l'année 1761; elle est de 1759. (Georges Avenel.)

2 V* n'exagère pas, voir la lettre de Mme Denis citée à propos de la lettre du 3 juin 1759 à de Bussy : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2014/07/24/sa-parole-d-honneur-ce-qui-est-comme-vous-savez-en-fait-de-traite-un-pacte.html

3On attendrait plutôt aura .

4 L'abbé Mignot.

5 Voyez la lettre de Frédéric du 18 mai 1759.

6 Cette lettre, qui, répétons-le, est bien de 1759, prouve que le fameux Sermon des cinquante fut publié trois ans avant la Profession de foi du Vicaire savoyard, qui parut en 1762.

7 Il avait été nommé, au mois de mai 1759, ministre plénipotentiaire de Parme près la cour de Versailles.

8Tancrède , dont vers la même époque Mme d'Argental renvoyait à V* des vers corrigés avec un long commentaire , vers le 10 juin 1759 .

9 A propos de la propriété et des droits sur Ferney .

11 Voyez la lettre du même jour à Thieriot. : page 120 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6514333b.f132