15/03/2021
Détruisez les plates déclamations, les misérables sophismes, les faussetés historiques, les contradictions, les absurdités sans nombre ; empêchez que les gens de bon sens ne soient les esclaves de ceux qui n’en ont point
... Adresse aux académiciens et tous pratiquants de la langue française qui sont révulsés par le délire de l'écriture inclusive .
On n'a pas plus de respect pour les femmes en mettant au féminin ce qui est d'origine masculin ; on est en réalité condamnés à une hypocrisie à visée commerciale, une stupide récupération politicarde . Les discours amphigouriques , déjà trop nombreux, vont fleurir, et je l'espère faire baisser l'usage exagéré, en France, des somnifères ( avec avantages reconnus par la Faculté : pas d'accoutumance, pas d'effets secondaires ! ) . Molière a connu les Précieuses ridicules, elles renaissent au XXIè siècle mais n'ont même pas la qualité d'être drôles .
https://www.redacteur.com/blog/comment-pourquoi-utiliser-ecriture-inclusive/
Salut m'sieurs-dames ! L'inclusif, je m'en beurre la biscotte !
Je vous conseille https://www.mots-surannes.fr/?p=11575&

« A Etienne-Noël Damilaville
19è novembre 1765 1
Mon cher frère, voici des guenilles 2 qui ne sont pas miraculeuses, mais dans lesquelles un honnête impie se moque prodigieusement des miracles. Le prophète Grimm en demande quelques exemplaires ; je vous en envoie cinq. Ce ne sont là que des troupes légères qui escarmouchent . Vous m’avez promis un corps d’armée considérable. J’attends ce livre de Fréret 3, qui doit être rempli de recherches savantes et curieuses . Envoyez-moi une bonne provision . La victoire se déclare pour nous de tous côtés. Je vous assure que dans peu il n’y aura que la canaille sous les étendards de nos ennemis, et nous ne voulons de cette canaille ni pour partisans ni pour adversaires. Nous sommes un corps de braves chevaliers défenseurs de la vérité, qui n’admettons parmi nous que des gens bien élevés. Allons, brave Diderot, intrépide d’Alembert, joignez-vous à mon cher Damilaville, courez sus aux fanatiques et aux fripons ; plaignez Blaise Pascal, méprisez Houtteville et Abadie autant que s’ils étaient Pères de l’Église . Détruisez les plates déclamations, les misérables sophismes, les faussetés historiques, les contradictions, les absurdités sans nombre ; empêchez que les gens de bon sens ne soient les esclaves de ceux qui n’en ont point . La génération naissante vous devra sa raison et sa liberté.
N’oubliez pas de presser Briasson de tenir sa promesse 4. Je peux mourir cet hiver, et je ne veux point mourir sans avoir eu entre mes mains tout le Dictionnaire encyclopédique. Je commencerai par lire l’article Vingtième 5. »
1 La copie Beaumarchais fond cette lettre avec celle du 15 novembre 1765 .
2 Questions sur les miracles ; voir lettre du 30 août 1765 à Thieriot : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2020/12/27/vous-avez-goute-le-plaisir-d-etre-pere-et-moi-j-ai-ete-inuti-6286858.html
3 Sur ce prétendu livre de Fréret, voir lettre du 16 octobre 1765 à Damilaville : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/02/13/y-a-t-il-rien-de-plus-tyrannique-par-exemple-que-d-oter-la-l-6297342.html
4 De lui envoyer les volumes VIII et suivants de l’Encyclopédie.
5 Article, bien entendu, de Damilaville .
11:29 | Lien permanent | Commentaires (0)
comme bon voisin, je voudrais, s’il était possible, tout concilier. Il y a de part et d’autre des gens de mérite, mais ce sont des mérites incompatibles
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https://www.youtube.com/watch?v=k8HTMNOdPOc

« A Philippe-Antoine de Claris, marquis de Florian
À Ferney [ vers le 16 novembre 1765 ].1
Je suis très-fâché, monsieur, que vous soyez arrivé si tôt à Paris ; j’aurais bien voulu tenir encore chez moi longtemps M. et Mme de Florian, et M. de Florianet 2. M. Tronchin est parti pour Paris ; nous verrons si on le consultera. Mme d’Harcourt le suit dans un lit dont elle ne sortira point sur la route. On la déposera de cabaret en cabaret sous une remise ou un hangar, comme un ballot . Elle est, ainsi que Daumart, un terrible exemple du pouvoir de la médecine.
Je crois que vous ne vous intéressez guère aux affaires de messieurs de Genève. Une grande partie des citoyens est toujours fort aigrie contre les grandes perruques 3. On s’est assemblé aujourd’hui pour faire des élections 4; je n’en sais point encore le résultat. Mon devoir et mon goût sont, ce me semble, de jouer un rôle directement contraire à celui de Jean-Jacques. J.-J. voulait tout brouiller ; et moi, comme bon voisin, je voudrais, s’il était possible, tout concilier. Il y a de part et d’autre des gens de mérite, mais ce sont des mérites incompatibles. Je reçois les uns et les autres de mon mieux ; c’est à quoi je me borne. Il faut tâcher de ne pas ressembler au voisin Robert, qui se trouvait fort mal d’avoir voulu raccommoder Sganarelle et sa femme5.
Je me flatte que Mme de Florian est en bonne santé. J’ai beau faire des allées et des étoiles 6 pour sa sœur, elle ne s’y promène point ; elle a le malheur d’être à la campagne, et de n’en pas jouir . Je fais continuellement avec elle le repas du renard et de la cigogne 7.
Mes compliments, je vous prie, à votre beau-frère 8 et à votre votre beau-fils . Si vous rencontrez quelque évêque dites-lui qu'il ne m'excommunie point ; si vous rencontrez quelque conseiller du Parlement, dites-lui qu'il ne me brûle point au pied du grand escalier ( comme la lettre circulaire de l'évêque de Reims 9) en présence de maître Dagobert Isabeau .
Adieu, monsieur ; je vous embrasse, vous et madame votre femme, sans cérémonie et de tout mon cœur .
V. »
1 La copie Beaumarchais-Kehl date « novembre 1765 » à quoi est ajouté d'une autre main « 1er », ce qui est à peu près correct . L'édition de Kehl suivant la copie et suivie des autres éditions met en tête du 1er paragraphe le troisième de la lettre du 22 novembre 1765 . La dernière phrase ne figure pas sur la copie .
2 Le fabuliste, Jean-Pierre Claris de Florian, auteur d’Estelle, etc., né le 6 mars 1755, mort à Sceaux le 13 septembre 1794. Son buste figure dans le parc du château de Ferney . Voir : http://www.chateau-ferney-voltaire.fr/Explorer/Le-chateau...#
et : https://www.ferney-voltaire.fr/wp-content/uploads/ferneymag-3T-2019-juillet-aout-septembre.pdf
3 Sur ces différends, voir lettre du 14 octobre 1765 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/02/10/toute-la-fortune-de-geneve-consiste-dans-l-argent-qu-elle-a-6296712.html
Une lettre de Du Peyrou à Rousseau du 18 novembre 1765 donne quelques lueurs sur les positions de V* : « La bourgeoisie de Genève a fait par ses chefs des avances à Voltaire qui s'y est prêté, piqué de ce que le Conseil avait fait brûler son Dictionnaire philosophique. »
4 Elles auront lieu le 15 et le 17 novembre 1765, ce qui rend compte de la date proposée pour la lettre .
5 Dans Le Médecin malgré lui, Ac. I, sc. 2, de Molière : http://www.toutmoliere.net/acte-1,405458.html#scene_ii
6 Ronds-points dans les parcs et les forêts ; à Paris, la place de l’Étoile était originairement un rond-point de cet ordre .
7 Fable de La Fontaine : http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/rencigo.htm
8 L'abbé Mignot .
9 Sur cette circulaire, voir lettre du 8 octobre 1765 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/02/05/dieu-me-pardonne-je-crois-que-je-suis-actuellement-parlement-6295649.html
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Vous avez regardé ma liberté, ma foi, Comme un bien de conquête, et qui n'est plus à moi .
... Erreur ! Ce qui est mien le restera .

https://francoisdesmet.blog/2012/09/25/ma-liberte-dexpression-est-plus-grosse-que-la-tienne/
« A Henri-Louis Lekain
Je vous prie , mon cher grand acteur, de ne point rendre ridicule un pauvre auteur votre ami ; je ne conçois pas comment l'éditeur a pu répéter environ quatre vers 1 dans deux scènes différentes . Les vers qu'il fallait retrancher sont, autant qu'il m'en souvient, dans le 3è acte, si je ne me trompe . Il y en a deux qui sont ainsi,
Vous avez regardé ma liberté, ma foi,
Comme un bien de conquête, et qui n'est plus à moi .
Il fallait retrancher ces deux vers et les deux précédents : je n'ai plus la pièce sous les yeux, je ne puis me souvenir précisément si ces vers sont du trois ou du quatre, mais je vous ai prié de les ôter en quelque endroit qu'ils fussent . Si la chose est impossible, je vous demande en grâce de faire mettre à la fin de la pièce l'avertissement ci-joint
On avertit qu'on a inséré par mégarde dans la scène … à l'acte … ces quatre vers-ci qui ne devaient pas y être .
Ici les quatre vers .
L'imprimeur prie l'auteur de lui pardonner cette négligence . Il ne s'est pas aperçu de la marque mise à ces quatre vers pour être rayés .
M. de La Harpe vous a-t-il lu sa comédie espagnole et maure ?2 Je souhaite passionnément qu'elle vous dédommage de l'absence de Mlle Clairon .
Je vous embrasse de tout mon cœur .
V.
16è novembre 1765 à Ferney . »
1 Voir lettre du 1er novembre 1765 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/02/23/je-ne-peux-m-imaginer-que-monsieur-le-dauphin-soit-en-danger-6299599.html
2 Problème : la pièce que La Harpe a lue est Gustave Vasa, effectivement jouée le 3 mars 1766 ; quant à la comédie « espagnole et maure », il peut s'agir de Dom Pèdre que la comédiens ont entre les mains et qui ne sera pas jouée ; elle est de Voltaire, non de La Harpe et on ne voit pas pourquoi V* chercherait à la lui attribuer .
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