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25/07/2021

malade, ne pouvant sortir, et m’amusant à me faire bâtir un petit tombeau fort propre dans mon cimetière

... Tel est l'avenir des manifestants anti-pass qui ont encore défilé aujourd'hui, comme les anti-vax , les cuistres ! Je serai curieux de savoir combien ont été contaminés et combien seront malades, et en mourront ( ne pas oublier que les traitements ne font pas  de miracles ) . Cent soixante et un mille selon la police, qui prennent le temps de semer le désordre, purement nuisibles et malfaisants , bel exemple pour les jeunes !  Ce temps aurait été plus intelligemment utilisé pour se faire vacciner et avoir ce pass-sanitaire normalement : ça vous embête de faire un peu de bien ?

Jean-Marie Bigard, grand bienfaiteur de l'humanité, anti-pass s'est vu, ô joie, dans l'incapacité de faire son show à Nice, contré par les anti-vax , ce qui n'est pas une perte pour l'art du spectacle en général, et l'humour en particulier . 

Manifestation contre le pass sanitaire à Bayonne | Euskal Herria | MEDIABASK

NB.- Petit quart d'heure de gloire ! Arrêtez de vous gargariser de formules de publicitaires de lessives . Rappel : on ne peut parler de dictature qu'en l'absence de lois limitant les abus de pouvoir .

 

 

« Au chevalier Pierre de Taulès

Ferney, 1 mai 1766

Je suis un pauvre diable de laboureur et de jardinier, possesseur de soixante-douze ans et demi, malade, ne pouvant sortir, et m’amusant à me faire bâtir un petit tombeau fort propre dans mon cimetière, mais sans aucun luxe. Je suis mort au monde. Il ne me faut qu’un De profundis.

Voilà mon état, mon cher monsieur ; ce n’est pas ma faute si Jean-Jacques Rousseau s’imagina que le docteur Tronchin et moi nous ne trouvions pas son roman d’Héloïse assez bon. Souvenez-vous bien que voilà l’unique origine des petits troubles de Genève. Souvenez-vous bien, quand vous voudrez rire, que Jean-Jacques s’étant imaginé encore que nous avions ri des baisers âcres 1, et du faux germe 2, et de la proposition de marier l’héritier du royaume à la fille du bourreau 3, s’imagina de plus que tous les Tronchin et quelques conseillers s’étaient assemblés chez moi pour faire condamner Jean-Jacques, qui ne devait être condamné qu’au ridicule et à l’oubli. Souvenez-vous bien, je vous en prie, que le colonel Pictet écrivit une belle lettre qui n’avait pas le sens commun 4, dans laquelle il accusait le Conseil d’avoir transgressé toutes les lois, de concert avec moi ; que le Conseil fit emprisonner le colonel, qui depuis a reconnu son erreur ; que les citoyens alors se plaignirent de la violation de la loi, et que tous les esprits s’aigrirent. Quand je vis toutes ces querelles, je quittai prudemment les Délices, en vertu du marché que j’avais fait avec le conseiller Mallet, qui m’avait vendu cette maison 87 000 francs, à condition qu’on me rendrait 38 000 francs quand je la quitterais.

Ayez la bonté de remarquer que pendant tout le temps que j’ai occupé les Délices, je n’ai cessé de rendre service aux Genevois. J’ai prêté de l’argent à leurs syndics ; j’ai tiré des galères un de leurs bourgeois 5; j’ai fait modérer l’amende d’un de leurs contrebandiers ; j’ai fait la fortune d’une de leurs familles 6 ; j’ai même obtenu de M. le duc de Choiseul qu’il daignât permettre que les capitaines genevois au service de la France ne fissent point de recrues à Genève, et j’ai fait cette démarche à la prière de deux conseillers qui me furent députés. Voilà les faits, et les lettres de M. le duc de Choiseul en sont la preuve. Je ne lui ai jamais demandé de grâces que pour les Genevois. Ils sont bien reconnaissants.

À la mort de M. de Montpéroux, trente citoyens vinrent me trouver pour me demander pardon d’avoir cru que j’avais engagé le Conseil à persécuter Rousseau, et pour me prier de contribuer à mettre la paix dans la République. Je les exhortai à être tranquilles. Quelques conseillers vinrent chez moi, je leur offris de dîner avec les principaux citoyens et de s’arranger gaiement. J’envoyai un mémoire à M. d’Argental pour le faire consulter par des avocats. Le mémoire fut assez sagement répondu, à mon gré. M. Hennin arriva, je lui remis la minute de la consultation des avocats, et je ne me mêlai plus de rien. Ces jours passés, les natifs vinrent me prier de raccourcir un compliment ennuyeux qu’ils voulaient faire, disaient-ils, à messieurs les médiateurs ; je pris mes ciseaux d’académicien, et je taillai leur compliment. Ils me montrèrent ensuite un mémoire qu’ils voulaient présenter ; je leur dis qu’il ne valait rien, et qu’il fallait s’adresser au Conseil.

J’ignore qui a le plus de tort, ou le Conseil, ou les bourgeois, ou les natifs. Je n’entre en aucune manière dans leurs démarches, et depuis l’arrivée de M. Hennin je n’ai pas écrit un seul mot à M. le duc de Praslin sur Genève.

À l’égard de M. Augspurger 7, j’ai tort de n’avoir pas envoyé chez lui. Mais j’ai supplié M. Sinner d'Aubigny de lui présenter mes respects. Je suis un vieux pédant dispensé de cérémonies . Mais j’en ferai tant qu’on voudra. Je vous supplie, mon cher monsieur, d’ajouter à toutes vos bontés celle de m’excuser auprès de messieurs les médiateurs suisses, et de me continuer vos bons offices auprès de monsieur l’ambassadeur. Pardonnez-moi ma longue lettre, et aimez le vieux bonhomme

Voltaire. »

4 Lettre du 22 juin 1762 de Charles Pictet : https://ge.ch/archives/16-proces-laffaire-charles-pictet-1762

24/07/2021

on condamnera le Conseil à être fouetté avec des lanières tirées du cul des citoyens

... Vous voyez l'image ? Les citoyens s'endurcissent, du cuir leur pousse, quitte à ne plus pouvoir s'asseoir, ils vont s'en servir .

Voila ce que c'est que de vouloir faire payer des amendes qui valent la peau des fesses , ô ministres intègres , sénateurs et parlementaires  ! https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/pas...

 

 

« A Philippe-Antoine de Claris, marquis de Florian

Ferney le 1er mai 1766 1

Vous faites très-bien, monsieur, de n’aller qu’à la mi-mai à Hornoy. La nature est retardée partout, après le long et terrible hiver que nous avons essuyé. Les trois quarts de mes arbres sont sans feuilles, et je ne vois encore que de vastes déserts.

La grande place de l’homme 2 qui juge, sur le Panégyrique du Dauphin, que l’abbé Coyer est un athée, est apparemment une place aux Petites-Maisons, et je présume que votre ami le calculateur doit être de son conseil. Je réduis tout net ce calcul à zéro . M. de Beauteville me parait d’une autre pâte. Je ne sais s’il connaît bien encore les Genevois ; ils ne sont bons Français qu’à dix pour cent. Nous verrons comment la médiation finira le procès, et si on condamnera le Conseil à être fouetté avec des lanières tirées du cul des citoyens.

Il n’y a pas longtemps que messieurs du Conseil me présentèrent leur terrier, par lequel ils me demandent un hommage-lige pour un pré. Je leur ferai certainement manger tout le foin du pré avant de leur faire hommage-lige. Ces gens-là me paraissent avoir plus de perruques que de cervelle.

Avant que vous partiez pour Hornoy, mon cher monsieur, permettez que je vous fasse souvenir du factum de M. de Lally, que vous avez eu la bonté de me promettre. Je suis bien curieux de lire ce procès ; je connais beaucoup l’accusé, et je m’intéresse à tout ce qui se passe dans l’Inde, à cause des brames mes bons amis, qui sont les prêtres de la plus ancienne religion qui soit au monde, mais non pas de la plus raisonnable. Si je pouvais, par votre crédit, avoir le mémoire de Lally et celui des Sirven, vous feriez ma consolation.

Comme je suis extrêmement curieux, je voudrais bien aussi savoir quelque chose de M. de La Chalotais. Vous me paraissez toujours bien informé. J’ai recours à vous dans les derniers jours où vous serez à Paris. J'attends avec un peu d'impatience le mémoire sur les Sirven ; je suis plus languedochien 3 que jamais ; mais mon affection ne va pas jusqu’au parlement de Toulouse. Il se forme bien des philosophes dans vos provinces méridionales ; il y en a moins pourtant que de pénitents blancs, bleus, et gris. Le nombre des sots et des fous est toujours le plus grand.

Notre Ferney est devenu charmant tout d’un coup. Tous les alentours se sont embellis ; nous avons, comme dans toutes les églogues, des fleurs, de la verdure et de l’ombrage ; le château est devenu un bâtiment régulier de cent douze pieds de face ; nous avons acquis des bois, nous nageons dans l’utile et dans l’agréable ; il ne manque à cette terre que d’être en Picardie.

Allez donc à Hornoy, messieurs ; jouissez en paix d’une heureuse tranquillité, buvez quelquefois à ma santé, et puissé-je vous embrasser tous avant de mourir . »

1 L'édition de Kehl , suivie des autres éditions, fond les premier et avant dernier paragraphes ainsi que le passage Vous me paraissez …. à Paris du cinquième en une version abrégée , remaniée et datée du 2 mai 1766.

2 Un homme de la cour .(Beuchot)

23/07/2021

je vous demande votre protection pour de pauvres diables qui ne savent ce qu’ils font

...  Prière pour les candidat.e.s à la présidentielle 2022 ?

Dont voici la liste potentielle à ce jour :  https://www.lci.fr/politique/election-presidentielle-2022...

Amaryllis : entretien, la faire refleurir, symbolique, légende...

Bonne fête Mam'zelle Wagnière

 

Pour en revenir à la lettre de Voltaire , voici une coincidence pour la Ste Brigitte;  la question se pose : pour Mme Brigitte Macron qui fut autrefois Mme Auzière , est-ce --inconsciemment-- la bonne volonté  dont fit preuve Voltaire envers un possible ancêtre de son premier mari qui lui fait aimer le patriarche ( preuve de bon goût ! ) ?

https://www.voici.fr/news-people/actu-people/brigitte-mac...

 

 

« Au chevalier Pierre de Taulès

30 avril [1766] 1

Mon cher monsieur, le frère d’Auzière et le sieur Bourlier, natifs viennent à moi, ainsi que syndics à qui j’ai prêté de l’argent, conseillers qui ont fait de bons marchés avec moi, citoyens à tête chaude, et autres, y sont venus. J’ai prêché la paix à tous, et je suis toujours resté en paix chez moi ; tout ceci est une comédie dont vous venez faire le dénoûment. D’Auzière 2 est en prison, et vous protégez les malheureux . Je ne connais point les rubriques de la ville de Calvin, et je ne veux point les connaître. Une vingtaine de natifs est venue me trouver, comme les poissardes de Paris, qui me firent autrefois le même honneur . Je leur forgeai un petit compliment pour le roi, qui fut très-bien reçu. J’en ai fait un pour les natifs, qui n’a pas été reçu de même . C’est apparemment que messieurs des vingt-cinq 3 sont plus grands seigneurs que le roi . J’ignore si les poissardes ont plus de privilèges que les natifs, mais je vous demande votre protection pour de pauvres diables qui ne savent ce qu’ils font. Ce n’est pas des perruques carrées que je parle, c’est des natifs. Tout en riant, honorez ces bonnes gens de vos bontés compatissantes, et conservez-moi les vôtres. »

1 Taulès a noté « Lettre de M. de Voltaire du 30 avril 1766 de Ferney » sur le manuscrit .

2 Voir : https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/025634/2002-12-20/

Beauteville écrit au duc de Choiseul le 2 mai 1766 : « […] Instruit qu'un nommé d'Auzière était l'agent principal de ces mouvements, le Conseil fit saisir ses papiers avant-hier, et cet homme fut conduit en prison . [...]»

George D’Auzières, sorti de prison, vint chercher un asile à Ferney, et obtint une des maisons que Voltaire avait fait construire et vendait en rentes viagères à cinq, six, ou sept pour cent. (Beuchot )

Voir : https://ge.ch/archives/19-exils-fin-de-vie-geneve-1763-1778

et : http://www.e-enlightenment.com/item/voltfrVF1140172a1c/?letters=decade&s=1760&r=12095

et : http://www.e-enlightenment.com/item/voltfrVF1140184a1c/?letters=decade&s=1760&r=12125

et : http://www.e-enlightenment.com/item/voltfrVF1140187a1c/?letters=decade&s=1760&r=12131

et : http://www.e-enlightenment.com/item/voltfrVF1140191a1c/?letters=decade&s=1760&r=12143

et : http://www.e-enlightenment.com/item/voltfrVF1140192a1c/?letters=decade&s=1760&r=12147

Et voir pages 12 , 152, 211, 381/601 : https://doc.rero.ch/record/10655/files/Bibliographie_Geneve_XVIIIe_Rivoir_volume1.pdf

3 On restitue ici le mot vingt-cinq omis par Besterman .

22/07/2021

Vous verrez que j’ai affaire à des fous et à des sots qui ne savent ni ce qu’ils font ni ce qu’ils veulent

... Paroles du premier ministre ou alors celles  des opposants ?

Le projet de loi sanitaire actuellement en question fait brasser beaucoup d'air (pollué par le virus ?) et ne stoppe pas la contagion . L'histoire montre que les Français sont bordéliques et sont prêts comme en 14 (1914 ! ) : il ne manque pas un bouton de guêtre, et évidemment les discours guerriers vont stopper l'adversaire à coup sûr . On sait ce qu'il en est advenu . Bis repetita placent ?

Haha images vectorielles, Haha vecteurs libres de droits | Depositphotos

Un sot ne s’admire jamais tant que lorsqu’il a fait quelque sottise.

傻瓜在做了一些愚蠢的事之前,永远不会欣赏自己。

 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

30è avril 1766

Pendant que mon ex-jésuite se tue à forger des vers pour plaire à mes anges, je barbouille de la prose de mon côté.

Je fais une histoire des proscriptions 1, à commencer depuis celle des vingt-trois mille Juifs que les Lévites égorgèrent pieusement du temps de Moïse 2, et à finir par celle des prophètes des Cévennes, qui faisaient une liste des impies que Dieu avait condamnés à mourir par leurs mains.

Ce petit ouvrage peut être curieux, et les notes sur l’histoire romaine seront assez intéressantes . Une tragédie toute seule ne peut guère exciter la curiosité des lecteurs . Le public est las de tragédies, surtout depuis que Mlle Clairon a renoncé au théâtre.

Mes anges ne m’ont rien dit de cette fatale catastrophe. La requête de l’avocat 3 de la Comédie n’a pas plus réussi que sa consultation 4 sur Genève . Il est bien difficile de débarbariser son monde.

Je vous supplie, mes divins anges, de lire la pièce d’éloquence 5 que je vous envoie, avec le petit mémoire qui l’accompagne 6 . Vous verrez que j’ai affaire à des fous et à des sots qui ne savent ni ce qu’ils font ni ce qu’ils veulent. Si vous croyez qu’il soit nécessaire de faire parvenir ce mémoire à M. le duc de Praslin ou à M. le duc de Choiseul, je m’en remets à votre décision et à vos bontés. »

1« Des proscriptions contre les peuples ou des proscriptions », essai qui parut pour la première fois joint à Octave.

Voir : https://societe-voltaire.org/cv01-129-145.pdf

3 Jabineau de La Voute .

5 Sur ce « compliment », voir lettre du 20 avril 1766 à Auzière : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/07/17/il-n-y-a-rien-de-gate-ce-n-est-qu-un-compliment-de-perdu-6327575.html

de même pour le « petit mémoire » dont il est question ensuite .

Le dépit de V* s'explique par le texte d'une délibération du Conseil de Genève du 29 avril 1766 dont voici un extrait : « Noble Lullin a dit ensuite que s’étant entretenu avec le chevalier de Taulès sur la résolution que le Conseil pensait à prendre de mander à la barre les quatre natifs qui s’étaient adressés aux seigneurs plénipotentiaires, le chevalier de Taulès lui avait appris qu'il avait tiré de quelques natifs le secret de toute cette affaire, qu'ayant eu une conversation avec quatre d'entre eux, il les avait intimidés de manière qu'ils lui avaient avoué que le sieur de Voltaire était l'auteur du compliment et du mémoire remis par eux aux seigneurs plénipotentiaires, que M. de Taulès lui avait en outre dit qu'il avait été chez le sieur Voltaire et lui avait témoigné combien les seigneurs plénipotentiaires étaient blessés de son procédé et que s'il continuait à se mêler des affaires de Genève, on ne manquerait pas d'en informer le ministre . Que le sieur de Voltaire avait paru atterré de ce que lui avait dit M. de Taulès, qu'il était convenu de tous les faits et que ce qu'il en avait dit était parfaitement conforme à ce que les natifs lui en avaient dit eux-mêmes, et qu'il lui avait remis toutes les minutes et mémoires que lui avaient fourni les natifs . Le chevalier de Taulès a jouté que le dépôt de tous les papiers concernant l'affaire des natifs devaient se trouver chez le nommé Auzière . »

6 Voir lettre du 28 avril 1766 à Taulès : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/07/index.html

21/07/2021

le derrière de Son Excellence n’est pas si bon que sa tête

... Bon rétablissement au pape François, qui , je le souhaite, peut encore profiter du saint siège ( bien rembourré ) après son opération du colon . Les hosties , non plus que le vin de messe  et les prières , ne semblent  protéger efficacement le microbiote pontifical . Alors un petit tour à Lourdes, haut lieu de visites de chefs d'Etat ?

https://www.journaldesfemmes.fr/societe/actu/2728719-pape...

Le Pape de l'humour - Soirmag

https://soirmag.lesoir.be/108515/article/2017-08-09/le-pa...

 

 

 

« Au chevalier Pierre de Taulès

28 avril 1766, à Ferney

Je vois, monsieur, que le derrière de Son Excellence n’est pas si bon que sa tête ; j’apprends qu’on lui a fait une opération 1 qu’il a soutenue avec son courage ordinaire ; je m’adresse toujours à vous pour lui faire parvenir les témoignages de mon respect et de ma sensibilité. Il doit savoir combien tout le monde s’intéresse à sa santé : il goûte le plaisir d’être aimé ; c’est un bonheur que vous partagez avec lui. Continuez-moi, monsieur, des bontés qui me sont bien chères, et daignez vous souvenir quelquefois d’un pauvre vieillard cacochyme qui vous aime comme s’il avait eu l’honneur de vivre longtemps avec vous. »

1 Le chevalier de Beauteville , opéré le 26 avril 1766 .

est-ce que les livres font du mal ? est-ce que le gouvernement se conduit par des livres ?

...  Je pense que la réponse à la première question est "non", et que la seconde est "oui" : les livres de comptes .

Confinement : le gouvernement français s'apprête à suivre nos déplacements  | Urtikan.net

https://www.urtikan.net/dessin-du-jour/covid-19-le-gouver...

 

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

28 avril 1766 1

J’étais donc bien mal informé, mon cher ami, et je n’ai eu qu’une joie courte. On m’avait assuré que le grand livre paraissait, et vous m’apprenez qu’on m’a trompé. Par quelle fatalité faut-il que les étrangers fassent bonne chère, et que les Français meurent de faim ? pourquoi ce livre ferait-il plus de mal en France qu’en Allemagne ? est-ce que les livres font du mal ? est-ce que le gouvernement se conduit par des livres ? Ils amusent et ils instruisent un millier de gens de cabinet, répandus sur vingt millions de personnes ; c’est à quoi tout se réduit. Voudrait-on frustrer les souscripteurs de ce qui leur est dû, et ruiner les libraires ?

On me fait espérer l’ouvrage de Fréret 2, qui est, dit-on, achevé d’imprimer. Ceux qui l’ont vu me disent qu’il est très-bien raisonné. C’est un grand service rendu aux gens qui veulent être instruits : les autres ne méritent pas qu’on les éclaire. Il est certain, mon ami, que la raison fait de grands progrès, mais ce n’est jamais que chez un petit nombre de sages. Pensez-vous, de bonne foi, que les maîtres des comptes de Paris, les conseillers au Châtelet, les procureurs, et les notaires, soient bien au fait de la gravitation et de l’aberration de la lumière ? Ce sont des vérités reconnues, mais le secret n’est que dans les mains des adeptes. Il en est de même de toutes les vérités qui demandent un peu d’attention. Il n’y aura jamais que le petit nombre d’éclairé et de sage. Consolons-nous en voyant que le nombre augmente tous les jours, et qu’il est composé partout des plus honnêtes gens d’une nation.

Je m’attendais que vous mettriez dans le paquet le mémoire de M. de Beaumont pour les Sirven ; dites-moi, je vous prie, quand vous pourrez me l'envoyer .

J’ai dans la tête que la prochaine assemblée du clergé fait suspendre le débit de l’Encyclopédie 3. On craint peut-être que quelques têtes chaudes n’attaquent quelques articles auxquels il est si aisé de donner un mauvais sens. On pourrait fatiguer monsieur le vice-chancelier par des clameurs injustes : ainsi il me paraît prudent de ne pas s’exposer à cet orage. Si c’est là en effet la cause du retardement, on n’aura point à se plaindre.

Il y a un autre livre que nous attendions, et pour lequel j'avais souscrit il y a deux ans ; c'est un Racine avec les commentaires . Je crois vous en avoir déjà parlé . On ne sait point quel est le libraire qui a entrepris cette édition ; Merlin ne pourrait-il pas vous en informer ? Actuellement que ma bibliothèque est arrangée, je ne suis plus curieux que de livres ; c'est la consolation de ma vieillesse .

Non vraiment, mon cher ami, mes souscrivants pour l'estampe des Calas ne sont pas si libéraux que vous l'imaginez ; ils ont compté ne donner que leur écu par estampe et n'en donneront pas davantage . Je vous ai supplié de donner à M. de Beaumont de quoi payer la signature des avocats pour Sirven . Ce sont actuellement les Sirven seuls qui m’occupent, parce qu’ils sont les seuls malheureux. Ma santé s’affaiblit de jour en jour, et il faut se presser de faire du bien. Je vous embrasse tendrement. »

1A partir de la copie Beaumarchais, les éditions sont amputées du passage suivant le premier paragraphe, est-ce que le gouvernement... ; et du troisième paragraphe et des deux derniers en entier . Voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1766/Lettre_6325

3 Cette assemblée se réunit en juin 1766 .

le monde est plein de pestiférés qui ont besoin de contre-poison

... Du monde de l'esprit voltairien, nous sommes passés au concret combat contre un virus désolant . Que ceux qui refusent le "contrepoison" aient la décence d'appliquer les techniques enrayant la contamination : masque et distanciation, ce n'est quand même pas sorcier ; la liberté dont ils se gargarisent est respectée . Sinon qu'ils aillent au diable !

https://charliehebdo.fr/wp-content/uploads/2021/07/web-coco-160721-antivax-4-512x512.jpg?x20791

Antivax idéologiques , vous voyez, vous avez de merveilleux pays qui vous comprennent .

 

 

 

« A Philippe-Charles-François-Joseph de Pavée, marquis de Villevielle,

Capitaine au Régiment

du roi

à Nancy

À Ferney, 26è avril 1766

Je n’ai reçu qu’aujourd’hui, monsieur, la lettre dont vous m’avez honoré, du 28è mars. J’étais trop malade pour jouir des talents de la personne que vous avez bien voulu m’annoncer. Je vous supplie de vouloir bien engager le libraire à m’envoyer trois exemplaires du livre de Fréret 1 qu’il imprime. Il n’aurait qu’à les adresser au premier secrétaire de l’intendance de Franche-Comté, avec un petit mot par lequel ce secrétaire serait supplié de me faire tenir le paquet incessamment. C’est un ouvrage que j’attends depuis longtemps avec la plus vive impatience. Il est bon qu’il en paraisse souvent de cette nature : le monde est plein de pestiférés qui ont besoin de contre-poison, et il y a des médecins qui doivent faire une collection de tous les remèdes. Il y a des apothicaires qui les distribuent, et, en qualité d’apothicaire, je saurai où placer mes trois exemplaires. Le libraire n’aura qu’à me mander comment il veut que je lui fasse tenir son argent, et il sera payé avec ponctualité. Je vous demande bien pardon de la liberté que je prends ; mais je vous crois bon médecin, et j’implore vos bontés pour l’apothicaire, qui est votre très humble et très obéissant serviteur. »