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04/12/2009

Pardonnez-moi mes saintes importunités

 

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Résultat pour une recherche sur "importunités" !
Qu'en dites-vous ?
Voyez-vous le rapport ?
Si, oui, dites-le moi , SVP !

 

 

 

 

 

 

« A Gabriel Cramer

 

 

                            Aux Délices 4 décembre 1755

 

                            On me presse extrêmement, Monsieur, pour l’œuvre du seigneur. J’ai la fièvre, et je ne veux point mourir sans avoir satisfait mon zèle. Prenez cela, si vous voulez, pour un transport au cerveau ; mais je vous demande en grâce de vouloir bien me dire si vous avez donné à un imprimeur L’Oraison funèbre de Lisbonne [il s’agit d’un véritable sermon : de celui qui a été « prononcé à Berne dans l’église française, le 30 novembre 1755 » par le pasteur Bertrand (qui était ami de V* à ce moment là) . Ce sermon fut imprimé sous le titre de La Considération salutaire des malheurs publics, ou sermon prononcé dans l’église française, le 30 novembre 1755, après la nouvelle de la déplorable catastrophe arrivée à Lisbonne … (Genève 1755)], et encore à quel imprimeur. Si vous n’en avez point trouvé, ayez la bonté de me renvoyer le sermon ; je trouverai pratique sur le champ. Pardonnez-moi mes saintes importunités.

 

                            Le malade vous embrasse sans cérémonie.

 

                            V. »

 

 

03/12/2009

il ne sied pas à un dévot comme moi de songer encore aux vanités de ce monde,

Un style de tango que j'aime : http://www.youtube.com/watch?v=as59Id4eHhc&feature=re...

 

 

 

 

 

 

« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu

 

3è décembre 1769

 

                            Enfin, Monseigneur, voici les Souvenirs de Mme de Caylus que j’attendais depuis si longtemps ; ils sont détestablement imprimés. C’est dommage que Mme de Caylus ait si peu de mémoire. Mais enfin, comme elle parle de tout ce que vous avez connu dans votre première jeunesse, et surtout de Mme la duchesse de Richelieu votre mère, et de M. le duc de Richelieu qui est votre père quoi qu’on die [sous cette forme, formule qui peut correspondre à celle des Femmes savantes ], je suis persuadé que ces souvenirs vous en rappellerons mille autres, et par là vous feront un grand plaisir. Je me flatte que le paquet vous parviendra, quoique un peu gros. Permettez-moi de vous faire souvenir des Scythes pour le dernier mois de votre règne des Menus [Menus plaisirs = spectacles, et en particulier ceux de la Comédie Française ; poste occupé en tant que premier gentilhomme de la chambre « de quartier » ]. On dit qu’ il ne sied pas à un dévot comme moi de songer encore aux vanités de ce monde, mais ce n’est pas vanité, c’est justice. Je vous supplie d’être assez bon pour me dire si les Souvenirs de Mme de Caylus vous ont amusé.

 

                            Recevez avec votre bonté ordinaire mon très tendre respect.

 

 

                            V. »

 

 

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Quelques renseignements sur les Caylus :

 Le comte de Caylus, fils de Mme de Caylus , auteur des Souvenirs ::

http://www.freres-goncourt.fr/caylusbis/caylusabsm.htm

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Marthe-Marguerite_Le_Valois_...

 

 

 

02/12/2009

au trou où je demeure [petite chambre n°144 près du « piu puzzolente cacatoio di Versailles]

Volti n'a pas connu que des lieux prestigieux, il a connu aussi les à-côtés des palais, à savoir les toilettes qui au XVIIIème siècle "brillaient" par leur état rudimentaire . Vu la description -pourtant sommaire de Volti- , il n'était sans doute pas nécessaire d'en demander la localisation , un aveugle aurait trouvé sans peine .

 

Pour ceux qui aiment se cultiver , en tout domaine, même les plus prosaïques : http://fr.allafrica.com/stories/200911190622.html

 

 

 

 

 

Et puis revenons, à Volti ...

 

 

« A  Marie-Louise Denis

 

A l’hotel d’Herbouville, rue Pavée au Marais à Paris / en diligence / 12 s. au porteur.

 

 

 

                            Ma chère enfant, mandez-moi combien vous serez de bayeuses pour voir la seconde fête, qui sera plus belle que la première [Première représentation du Temple de la Gloire le 27 novembre, seconde le 4 décembre ]. Le roi a été très content de la première représentation et c’est lui-même qui en a demandé une seconde. J’ai à tout hasard demandé cinq billets, c’est  beaucoup parce qu’il y aura un rang de loges de moins. Et si vous me demandez pourquoi ce rang de moins, c’est que la salle a été changée pour le bal paré. Tout cela fait le plus beau coup d’œil que vous puissiez imaginer. Les fêtes de Louis XIV n’étaient pas si belles. Je n’ai pu revenir à Paris. J’ai donné mes  soins à bien des bagatelles nécessaires. Je suis très satisfait et il ne me manque que vous. Tachez d’amener Mme de Fontaine et Mme Dosseur. Il faudra être à Versailles à trois heures après midi samedi prochain. Vous ferez avancer votre carrosse dans la cour des princes. Je vous enverrai samedi matin un petit laquais gros comme le poing qui vous conduira au trou où je demeure [petite chambre n°144 près du « piu puzzolente cacatoio di Versailles ».], je vous rendrai vos diamants, je vous mènerai à la salle et je vous placerai. Je vous embrasse tendrement. Bonjour.

 

Ce jeudi matin [2 décembre 1745].

 

         Réponse au château à l’appartement de M. le duc de La Vallière. »

Oui, je vais aux genoux d’un objet adoré,

http://www.youtube.com/watch?v=VeNm7Co7MfA

 

 

Et pourquoi pas ?

 

 En VO : http://www.youtube.com/watch?v=6J9iSpA9QTs&NR=1

 

 

 

 « A Frédéric II, roi de Prusse

 

         [Vers le 1er décembre 1740]

 

Je vous quitte, il est vrai ; mais mon cœur déchiré

Vers vous revolera sans cesse ;

Depuis quatre ans vous êtes ma maitresse,

Un amour de dix ans doit être préféré ; [Emilie du Châtelet]

Je remplis un devoir sacré.

Héros de l’amitié, vous m’approuvez vous-même.

Adieu, je pars désespéré.

Oui, je vais aux genoux d’un objet adoré,

Mais j’abandonne ce que j’aime.

 

                            Votre ode est parfaite enfin, [elle commençait par « Voltaire, ta fidèle veine … » et a circulé d’appartement en appartement, à la suite de Voltaire, Frédéric disant que ses corrections ont rendu ces vers passables.], et je serais jaloux, si je n’étais transporté de plaisir. Je me jette aux pieds de Votre Humanité, et j’ose être attaché tendrement au plus aimable des hommes, comme j’admire le protecteur de l’empire, de ses sujets, et des arts.

 

                            Voltaire. »

 

 

 

"Si tu ne vas pas au genou, le genou viendra à toi" : proverbe thaï !!

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