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17/05/2021

Actuellement que nous avons un neveu de Corneille chez nous, nous sommes forts en orthographe

... Ainsi que tous ceux qui se fient au correcteur ortograffic orthographique de Word .

Correcteur orthographe et grammaire Word dysfonctionne - Microsoft Community

Word sait botter en touche

 

 

« A Gabriel Cramer

à Genève

[janvier-février 1766]1

A Ferney nous relisons ce soir pour nous amuser La Henriade . Nous en étions par hasard au chant 6è . Nous avons remarqué dans l'édition de 1764 la page 157 au pénultième vers :

Alors ainsi que l'astre autour de la lumière

au lieu de

Alors ainsi que l'astre auteur de la lumière.

Nous en félicitons M. Robert Etienne .

Nous trouvons page 175, 4è vers : Sa valeur efficace au lieu de Sa faveur efficace .

Nous trouvons page 217, 1er vers :

Les sillons sangeux pour sillons fangeux .

Nous trouvons une ponctuation bien fautive ; je m'en lave les mains, mais si malheureusement dans l'in-quarto on a mis autours pour des auteurs, je suis un des malheureux autours qui respirent .

Je ne dis pas cela pour faire de la peine à M. Boissier, mais j'embrasse M. Caro .

Actuellement que nous avons un neveu de Corneille chez nous, nous sommes forts en orthographe . »

1Pour la date, on note que Corneille semble, le 22 janvier 1766, être arrivé depuis peu ; il restera au moins jusqu'au 10 février 1766 . Voir lettre du 22 janvier 1766 à la marquise de Florian : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/05/11/je-ne-crois-pas-qu-a-eux-deux-ils-viennent-a-bout-de-faire-une-tragedie.html

, et lettre du 10 février 1766 à d'Argental : http://www.monsieurdevoltaire.com/2014/11/correspondance-annee-1766-partie-7.html

tous les jours ce sont nouvelles tracasseries à faire pouffer de rire

... Telle celle de définir le sexe des anges, --tâche d'une urgence qui ne manque pas de nous sauter à la gorge tel le chihuaha enragé,-- ou plus précisément la rédaction modifiée du premier article de notre sainte constitution laïque : 'garantir' ou 'préserver' l'environnement ? Les députés garantissent, les sénateurs préservent, les uns sont des assureurs (surtout bien lire toutes les petites lignes ), les autres des vendeurs de parapluie , tous sont des bonimenteurs (et dans bonimenteur il y a ... boni ? ... perdu ! ) . Messieurs et mesdames les écologistes en pantoufles, et tous ceux qui sentent le vent des élections tourner, vous avez vraiment les plus graves préoccupations du monde , foin de la pandémie, des guerres, de la pauvreté , bavasser est votre métier : https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/info-pub...

Rantanplan, tome 10 : Les Cerveaux: Amazon.fr: Morris, Léonardo, V., De  Groot, Bob: Livres

Le député , le sénateur et la constitution .

 

 

« A Gabriel Cramer

à Genève

[janvier-février 1766] 1

Mon cher Caro, Mme Denis m'a montré votre belle lettre comme elle le devait . Vous me prenez donc pour Grégorio Leti 2, qui faisait des histoires comme les poules pondent des œufs ; et vous vous imaginez que parce que j'ai fait l'histoire de Charles XII je doive faire celle du syndic Galiffre et du prédicant Vernet ? Vraiment vous, avez là une bonne idée .

L'ami Covelle , qui est un des plus profonds savants que nous ayons, me fournira sans doute des mémoires . Je suis étonné en vérité que, depuis onze ans que vous me connaissez, vous me connaissiez si peu . Genève à ce que je vois, est la ville des nouvelles sûres . Le sieur d'Ivernois en a surtout d'excellentes, et tous les jours ce sont nouvelles tracasseries à faire pouffer de rire .

Au reste, je suis enchanté que ce soit M. l'ambassadeur de France en Suisse qui soit votre médiateur . Il m'honore de quelque bonté, et j'espère qu’il aura celle de de vouloir bien venir à Ferney, car ma mauvaise santé et ma faiblesse ne me permettent pas de sortir de chez moi .

J'ai reçu, mon cher ami, vos quatre exemplaires, je vous rendrai compte des 255 livres . J’ai envoyé vos mandats pour Merlin et Panckoucke .

Si vous imprimez les tragédies souvenez-vous qu'il y a beaucoup de fautes, des vers oubliés, etc., etc., et que votre compositeur ne s'appelle pas Robert Etienne.

Je suis à vos ordres pour corriger . Si vous avez une Pucelle vous me ferez plaisir de me la donner, sinon je m'en passerai aisément à mon âge .

Ne manquez pas, mon cher ami, de faire rougir ceux qui débitent des choses aussi fausses et aussi peu vraisemblables.

V. »

1 La date est suggérée par la mention des différents personnages cités, d'Ivernois, Beauteville, Panckoucke et Merlin, rencontrés, le premier depuis la lettre du 27 novembre 1765 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/03/22/si-les-deux-partis-voulaient-communiquer-ensemble-amiablemen-6305043.html

 ; le second dans la lettre du 27 janvier 1766 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/05/15/je-vous-supplie-de-m-avertir-si-jamais-il-passe-quelque-idee-6316175.html

 ; les deux suivants dans la lettre du 27 janvier 1766 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/05/16/portez-vous-bien-mon-cher-frere-et-soit-que-je-vive-soit-que-6316233.html

; on peut y ajouter Etienne qui apparaît encore dans la lettre suivante à Cramer .

Pour la correspondance de Cramer, voir aussi : http://docnum.univ-lorraine.fr/public/DDOC_T_2017_0255_JOFFREDO.pdf

Nous raisonnerons de tout cela quand j’aurai la force de raisonner ; il n’en faut pas pour vous aimer, cela ne coûte aucun effort

... Mam'zelle Wagnière, mes pensées vous accompagnent . Le château va rouvrir ses portes, qu'en dîtes-vous ?

 

« A Michel-Paul-Guy de Chabanon 1

Chez M. de La Chevalerie

à Lyon

A Ferney 31è janvier 1766

J’ai tardé bien longtemps à vous répondre, monsieur, mais j’ai dû craindre de ne vous répondre jamais . J’ai eu une fluxion sur la poitrine, sur les yeux, et sur les oreilles ; je ne parlais ni ne voyais. Le premier usage que je fais de la voix, qui m’est un peu revenue, est de dicter mes sentiments. Vous sentez combien je désire d’avoir l’honneur de vous voir dans ma retraite, tout indigne qu’elle est à présent de votre visite. Nous sommes presque à l’air par un froid affreux, mais nous trouverons de quoi vous mettre à couvert et vous chauffer. J’ai peur qu’étant avec M. et Mme de La Chabalerie, vous ne vous empressiez pas trop de les quitter pour nos déserts. Madame votre sœur mérite assurément la préférence sur moi ; mais, quand vous voudrez partager vos faveurs, j’en aurai toute la reconnaissance possible. Vous me trouverez peut-être encore bien malade , mais vous trouverez chez moi tout ce qui reste de la famille Corneille, père, fille, et petite-fille . Vous trouverez Mme Denis, ma nièce, qui récite des vers comme vous en faites, car je vous avertis qu’il y en a d’extrêmement beaux dans votre Virginie. Nous raisonnerons de tout cela quand j’aurai la force de raisonner ; il n’en faut pas pour vous aimer, cela ne coûte aucun effort. Je vous attends, et je vous recevrai comme je vous écris, sans cérémonie.

V. »