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07/11/2009

de petits brouillons, de petits intrigants, à qui les petits talents qui font parvenir aux grandes places ne servent qu’à montrer leur ineptie aussitôt qu’ils y sont parvenus

Après l’orage d’hier (tempête sous un crâne, exactement !), un peu de calme sans mollesse, quand même , et le choix du titre de ce jour n'y est pas étranger (NDLR : je parle de la note).

 

Pour les plus doués d'entre vous, vous pourrez tout à votre guise, mettre le nom qui vous plait sur "petit intrigant" , je n'assure pas le SAV (Sarkozy A Venir ).

 

Relax:

http://www.youtube.com/watch?v=0mKV-mL0Mgg&NR=1&f...

 

 

 

 

 

 

 

Quant à la lettre de ce jour, je vous invite à aller voir illico la page de ce jour sur le "Dictionnaire philosophique" : article "P comme ..." http://www.monsieurdevoltaire.com/

(non pas comme ce que dit sans discontinuer un copain qui a décidé d'arrêter de fumer ; on se croirait à Amsterdam ! oui, à cause des p'tains, s'il faut que je vous explique mes blagues à deux balles !! Ignares que vous êtes !! )

 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d’Argental et à Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d’Argental

 

7è novembre 1766

 

                            Vraiment, ça n’allait pas mal, j’étais en train. Je me disais : il y a là des choses qui plairont à mes anges [Allusion aux Scythes] ; cette idée me soutenait. Mais ô mes anges ! les tracasseries viennent en foule, elles tarissent la source qui commençait à couler. On me conteste la turpitude de notre ami Jean-Jacques. On soutient que Jean-Jacques était secrétaire d’ambassade à Venise, et qu’il avait seul le secret du ministère. M. le chevalier  de Taulès [Barrau-Taulès, à Genève, collaborateur de l’ambassadeur Beauteville ; il avait fait d’intéressantes remarques sur le Siècle de Luis XIV] m’a apporté les originaux des lettres de Jean-Jacques [adressées à du Teil les 8 et 15 août 1744] où il n’est question que de coups de bâton, et point du tout de politique. Il s’est avéré que ce grand homme, loin d’avoir le secret  de la cour [c'est-à-dire être le secrétaire d’ambassade], était copiste chez M. le comte de Montaigu, à deux cents livres de gages. M. l’ambassadeur et M. le chevalier de Taulès sont d’avis qu’on imprime ces lettres pour les joindre à l’éducation de l’Emile, dès qu’Emile sera reçu maître menuisier, et qu’il aura épousé la fille du bourreau [allusion à Emile, V].

 

                   Je conçois bien que la publication de la honte de Jean-Jacques pourrait servir à ramener à la raison le  parti qu’il a encore dans Genève, et refroidirait des têtes qu’il enflamme, et qui s’opposent à la médiation [V* attribuait un rôle à JJ Rousseau dans le début des dissensions de Genève dès le 30 janvier 1766]. Mais comme ces lettres sont tirées du dépôt des Affaires étrangères je n’ose rien faire sans le consentement de  M. le duc de Praslin et de M. le duc de Choiseul. Je remets cette affaire, mes divins anges, comme toutes les autres, à votre prudence et à vos bontés. Il me parait essentiel que le ministère de France soit lavé de l’opprobre qui rejaillirait sur lui, d’avoir employé un Jean-Jacques ; c’est trop que des d’Eon et des Vergy [accusés d’avoir desservi d’Argental, par V* ; Treyssac de Vergy notamment dans les Lettres à Monseigneur le duc de Choiseul,  Liège 1764]. La manière insultante dont ce malheureux Rousseau a parlé dans plusieurs endroits de la cour de France exige qu’on démasque ce charlatan aussi méchant qu’absurde [il écrivait le 6 novembre au chevalier de Taulès : « il n’est pas juste que Jean-Jacques passe pour avoir été une sorte de ministre de France, après avoir dit dans son contrat insocial, page 165, que ceux qui parviennent dans les monarchies ne sont que de petits brouillons, de petits intrigants, à qui les petits talents qui font parvenir aux grandes places ne servent qu’à montrer leur ineptie aussitôt qu’ils y sont parvenus. »]. Nous verrons si  Mme la duchesse de Luxembourg et Mme de Boufflers le soutiendront encore ; on me mande qu’il est en horreur à tous les honnêtes gens, mais je sais qu’il a encore des partisans.

 

                            Dites-moi, je vous en prie, des nouvelles de Mlle Durancy. On est toujours fou d’Olympie à Genève ; on la joue tous les jours, le bucher tourne la tête, il y avait beaucoup moins de monde au bucher de Servet quand vingt-cinq faquins le firent brûler.

 

                            Je me mets au bout de vos ailes.

 

                            V. »

 

 

http://www.youtube.com/watch?v=B1wxGPn75ok&NR=1

Et maintenant, en toute sérénité je vais tirer quelques flèches bien concrètes, elles …

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