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18/01/2011

Y a-t-il une âme de boue aussi lâche , aussi méprisable ?

 

 

 

Voltaire

et

Gabrielle-Émilie Le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet-Lomont

à

Charles -Augustin Ferriol, comte d'Argental

 

Cirey, ce 18 [janvier 1739]

 

Mon cher ange, pourquoi faut-il que le chevalier de Mouhy, qui ne me connait pas, agisse comme mon frère, et que Thieriot, qui me doit tout, se tienne les bras croisés dans sa lâche ingratitude ? Quoi ! Mouhy court déposer cher M. Hérault i et Thieriot se tait ! Lui qui a été traité avec tant de mépris par Desfontaines, lui qui m'a écrit cette lettre de 1726 et tant d'autres, où il avoue que Desfontaines fit un libelle contre moi au sortir de Bicêtre ! Il a aujourd'hui l'insolence et la bassesse d'écrire, de publier une lettre à Mme du Châtelet dans laquelle il désavoue ses anciennes lettres ii, il l'envoie au prince royal iii et pour se justifier il dit tranquillement que les Lettres philosophiques ne lui ont valu que 50 guinées, et qu'il ne m'a mangé que 80 souscriptions . Y a-t-il une âme de boue aussi lâche , aussi méprisable ? Ce malheureux dit froidement qu'il ne fera rien que vous ne lui ordonniez. Eh bien ! Ordonnez lui donc sur le champ de courir chez M. Hérault, et de confirmer sa lettre du 16 août 1726 , et les autres, dont voici copie.

 

Cela nous est de la dernière importance, mon cher ami, il y va du repos de ma vie. Je vous conjure avec autant d'insistance que M. de V. et je vous aime aussi tendrement. Nous disons mille choses à Mme d'Argental et à monsieur votre frère. »

 

i René Hérault, lieutenant de police.

 

iii Frédéric, futur roi de Prusse.

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