27/09/2026
Il est trop aisé de faire taire les plus horribles injustices, et trop difficile de les réparer
... Je plains Léon XIV qui est confronté à cela par la faute de clercs détestables et d'une justice française à la traine . Je plains évidemment encore davantage les victimes . Que peut le pape ? On va le voir ce jour à Lourdes , sans miracle .
« A Anne-Rose Cabibel Calas
chez M. Duvoisin aumônier 1
de M. l'ambassadeur de Hollande
à l'hôtel d'Hollande
à Paris
19è janvier 1771 à Ferney 2
C'était à moi, madame, de vous remercier de l'honneur et du plaisir infini que vous m'avez fait . La chose du monde que je désirais le plus était de vous voir . J'étais comme les premiers chrétiens qui auraient fait cent lieues pour aller baiser les mains de la veuve d'un martyr . J'ai été enchanté de me trouver entre vous, vos filles et votre gendre ; je me croyais de la famille . Il me manquait M. de Lavaysse que je joins ici à vous , et à qui je fais mes très tendres compliments .
Le procès de Sirven n'est pas encore terminé et je doute qu'il obtienne tous les dédommagements qu’on lui doit . Il est trop aisé de faire taire les plus horribles injustices, et trop difficile de les réparer .
L'aventure dont vous me parlez me parait être au nombre des choses les plus funestes .
Adieu madame, on ne peut vous être plus dévoué, plus inviolablement attaché que le vieil ermite de Ferney. »
1 Jean-Jacques Duvoisin était un ministre protestant suisse (originaire d'Yverdon) qui a exercé la fonction de chapelain (aumônier) de l'ambassadeur de Hollande à Paris de 1759 à 1780 . Jean-Jacques Duvoisin est particulièrement célèbre pour avoir épousé à Paris, en février 1767, Anne (dite Nanette) Calas, la fille de Jean Calas
2 Original, cachet en relief « Versoix » ; éd. Coquerel.
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