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30/08/2016

Vous avez un beau champ pour rendre justice à notre nation

... Monsieur le président ...

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Vous nous en avez fait voir des vertes et des pas mures, on en garde des bleus à la croissance !

 

 

« A Pierre Rousseau

Château de Ferney, en Bourgogne, par Genève,

16 septembre [1761]

Je ne connais plus, monsieur, la lettre de M. de Formey 1 que l'Ode sur la guerre 2. Cette ode me paraît d'un homme de génie ; mais il y a trop de fautes contre la langue . Elle commence par des idées très fortes, peut-être trop fortes, mais elle ne se soutient pas . Elle est d'un étranger qui a beaucoup d'esprit . Voici un autre objet qui m'intéresse véritablement . M. l'abbé d'Olivet me mande que cette lettre 3, que je vous envoie, doit être publique, j'y consens très volontiers . Elle tiendra lieu d'un programme en forme, dont je n'aime pas trop l’étalage .Vous verrez par cette lettre de quoi il est question, et je crois qu'elle fera un très bon effet dans votre journal . Vous avez un beau champ pour rendre justice à notre nation , qui encourage avec tant de zèle une entreprise honorable et utile . J'ai l'honneur d'être, etc. »

1 « Lettre de M. Formey qui peut servir de modèle aux lettres à insérer dans les journaux » de V*, qui fut d'abord publiée dans Réponse de M. de Voltaire au sieur Fez (Aux Délices [1762])

2 Cette Ode sur la guerre est de Bordes ; le Journal encyclopédique, lorsqu'il la publia (Bouillon, 1er août 1761, V, iii,117-123) l'attribua à « un illustre auteur » . Voir : https://books.google.fr/books?id=rExbAAAAQAAJ&pg=PA33...

3 C'est la lettre du 20 août 1761 à d'Olivet, qui fut en effet publiée dans le Journal encyclopédique .

 

29/08/2016

Je donne quelquefois des coups de pieds dans le ventre à Corneille, l'encensoir à la main, mais je serai plus poli

... Oui, messieurs et mesdames les politiciens restez polis, démolissez à votre gré vos chefs de partis sous couvert d'admiration et de respect mutuel .

 

Comme c'est beau et touchant un homme qui pense !

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« A Pierre-Joseph Thoulier d'Olivet

16è septembre 1761, Ferney

Je vous envoie, mon très cher maitre, ma lettre du 20è august, à laquelle j'ai ajouté des détails nécessaires, qui tiendront lieu d'un programme, que je n’aime point . Envoyez-moi quatre lignes en réponse, et faites imprimer le tout au moyen de frère Thieriot .

Je vous réitère que j'ai déjà mandé à notre secrétaire perpétuel, que je vous envoie mes ébauches, et que je travaillerai à tête reposée sur les observations que l'Académie veut bien mettre en marge . Je donne quelquefois des coups de pieds dans le ventre à Corneille, l'encensoir à la main, mais je serai plus poli .

Vous souvenez-vous de Cinna ? C'est le chef-d’œuvre de l'esprit humain, mais je persiste toujours, non seulement à croire, mais à sentir vivement qu'il fallait que Cinna eût des remords , immédiatement après la belle délibération d'Auguste . J'étais indigné, dès l'âge de vingt ans, de voir Cinna confier à Maxime qu'il avait conseillé à Auguste de retenir l'empire pour avoir une raison de ne plus l'assassiner . Non, il n'est pas dans le cœur humain qu'on ait des remords après s'être affermi dans cette horrible hypocrisie . Non, vous dis-je, je ne puis approuver que Cinna soit à la fois infâme et en contradiction avec lui-même . Qu’en pense M. Duclos ? Moi je dis tout ce que je pense, sauf à me corriger . Vale .

V. »