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21/01/2018

Il faut m’en croire quand je me condamne moi-même

...Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa ....

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« A Henri-Louis Lekain

A Ferney 20è février 1763

Mon grand acteur, je proteste contre Adélaïde pour bien des raisons ; une des plus fortes, c’est qu’il n’est pas permis d’imputer à un prince du sang un crime qu’il n’a pas fait. Cette fiction révolta le public, et m’obligea de changer la pièce. L’aventure sur laquelle cette tragédie est fondée arriva en effet à un duc de Bretagne, mais non à un prince du sang de France. Les gens sensés qui savent l’histoire seront révoltés à la cour, je vous en avertis, et je présente requête par cette lettre à M. le duc de Duras ; je le supplie très instamment de faire jouer Le Duc de Foix, que je crois incomparablement moins mauvais qu’Adélaïde.

Mademoiselle Corneille, devenue madame Dupuits, vous fera de petits Corneilles, qui vous donneront de bonnes tragédies dont vous avez besoin. Je vous embrasse du meilleur de mon cœur.

J’ajoute à ma lettre qu’il y a encore dans cette Adélaïde un héros blessé dans le combat ; que cette blessure, étant absolument inutile au dénouement, n’est qu’une puérilité ; que cela seul suffirait pour gâter une pièce. Il faut m’en croire quand je me condamne moi-même. Je vous demande en grâce de montrer cette lettre à M. le duc de Duras. Bonsoir ; je suis fort occupé avec Pierre Corneille ; il me fait trouver Racine admirable.

V. »

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