01/05/2021
ce qu’il y a de souverainement ridicule, c’est que cette belle idée est la cause unique de la dissension qui règne aujourd’hui
... Ce qui me fait instinctivement penser à la cause de l'écologie défendue par une foultitude , qui, à la croire, n'est composée que d'experts, et donc de chefs auto-proclamés, tirant à hue et à dia, en tout cas en France .
Et tout ce beau monde prétend nous appeller aux urnes et veut notre bien coûte que coûte : kikaréson-c-nous !

https://www.relations-publiques.pro/190672/leadersheep-le...
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental
et à
Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental
11è janvier 1766
Mes divins anges, j’aurais pu faire une sottise si j’avais mis ma dernière lettre d’hier1 sous l’enveloppe d’un autre ministre que M. le duc de Praslin, ou M. le duc de Choiseul, qui sont également vos amis ; quoi qu’il en soit, vous me pardonnerez de n’avoir pu résister à la passion qui est devenue chez moi dominante de vous voir médiateur à Genève. Je crois bien que cette nomination ne sera pas sitôt faite. Le conseil de Genève n’a écrit au roi et au conseil de Berne et de Zurich que pour réclamer la garantie, et il est probable que ce ne sera qu’après beaucoup de préliminaires que le roi daignera envoyer un médiateur.
Je vous répète que si les petites passions ne s’étaient pas opposées à la raison, dont elles sont les ennemies mortelles, les petites querelles qui divisent Genève se seraient apaisées aisément. Je crus devoir faire lire un précis de la décision judicieuse des avocats de Paris à quelques-uns des plus modérés des deux partis. Ils tombèrent d’accord que rien n’était plus sagement pensé. Ils commençaient à agir de concert pour faire accepter des propositions si raisonnables, lorsque M. Hennin arriva. Je sentis qu’il était de la bienséance que je lui remisse toute la négociation, et que mon amour-propre ne devait pas balancer un moment mon devoir. Les choses se sont fort aigries depuis ce temps-là, comme je vous l’ai mandé2, sans qu’on puisse reprocher à M. Hennin d’avoir négligé de porter les esprits à la concorde.
M. Hennin paraît penser, comme moi, qu’il y a un peu de ridicule à fatiguer un roi de France pour savoir en quels cas le conseil des Vingt-Cinq de Genève doit assembler le conseil général des Quinze-Cents. C’était une question de jurisprudence qu’on devait décider à l’amiable par des arbitres ; et, encore une fois, les avocats de Paris avaient saisi le nœud de la difficulté, et en avaient présenté le dénouement.
Plusieurs citoyens y ayant plus mûrement pensé sont venus chez moi aujourd’hui ; ils m’ont prié de leur communiquer la consultation, ou du moins le précis de cette pièce, me disant qu’ils espéraient qu’on pourrait s’y conformer. Je leur ai répondu que je ne pouvais le faire sans votre permission. Je me suis contenté de leur en lire le résultat tel que je l’avais lu il y a plus d’un mois à quelques magistrats et à quelques citoyens.
Je vous demande donc aujourd’hui cette permission, mes divins anges ; je crois qu’elle ne fera qu’un très-bon effet. Cette démarche me sera utile, en persuadant de plus en plus mes voisins de mon extrême impartialité, et de mon amour pour la paix.
Il faut que Jean-Jacques Rousseau soit un grand extravagant d’avoir imaginé que c’était moi qui l’avais fait chasser de l’État de Genève et de celui de Berne ; j’aimerais autant qu’on m’eût accusé d’avoir fait rouer Calas que de m’imputer d’avoir persécuté un homme de lettres ; si Rousseau l’a cru, il est bien fou ; s’il l’a dit sans le croire, c’est un bien malhonnête homme. Il en a persuadé Mme la maréchale de Luxembourg3, et peut-être M. le prince de Conti ; et ce qu’il y a de souverainement ridicule, c’est que cette belle idée est la cause unique de la dissension qui règne aujourd’hui dans Genève.
On dit que c’est un petit prédicant, originaire des Cévennes, qui a semé le premier tous ces faux bruits . Un prêtre en est bien capable. Il faudra tâcher que la paix de Genève se fasse, comme celle de Westphalie : aux dépens de l’Église. Je suis comme le vieux Caton, qui disait toujours au sénat : « Tel est mon avis, et qu’on ruine Carthage. »
Respect et tendresse.
V. »
1 Sans doute celle-ci : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/04/29/j-ai-fait-un-tres-bon-accommodement-avec-le-cure-il-m-a-rendu-maitre-de-tou.html
2 Lettre du 8 janvier 1766 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/04/28/je-m-applaudis-tous-les-jours-de-m-etre-eloigne-de-cette-ville-ou-la-concor.html
3 Voir la lettre du 9 janvier 1765 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2020/03/17/c-est-un-exercice-qui-apprend-a-la-fois-a-bien-parler-et-a-bien-prononcer-e.html
17:35 | Lien permanent | Commentaires (0)
Il serait à souhaiter que nous ne nous occupassions que de ces gaietés amusantes
... J'adore ces imparfaits du subjonctif .
Les CRS des Côtes-d'Armor, eux , ont fort à faire, au présent, pour que force reste à la loi face aux gugusses organisateurs et participants de rave party : https://actu.orange.fr/france/les-gendarmes-ont-mis-fin-a-une-rave-party-dans-les-cotes-d-armor-CNT000001AAH03.html
CRS : 1-Jeunes Crétins : 0 . Pas de match retour .

etc. https://www.ordissinaute.fr/diaporamas/humour/2020-07-27-...
« A Etienne-Noël Damilaville
10 janvier 1766 1
Vous m’avez recommandé, monsieur, de vous envoyer les petites brochures innocentes qui paraissent à Neuchâtel et à Genève . En voici une que je vous dépêche 2. Il serait à souhaiter que nous ne nous occupassions que de ces gaietés amusantes ; mais nos tracasseries, toutes frivoles qu’elles sont, nous attristent. M. de Voltaire, votre ami, a fait longtemps ce qu’il a pu pour les apaiser ; mais il nous a dit qu’il ne lui convenait plus de s’en mêler, quand nous avions un résident qui est un homme aussi sage qu’aimable. Nous aurons bientôt la médiation et la comédie ; ce qui raccommodera tout.
Le petit chapitre intitulé Du czar Pierre et de J.-J. Rousseau3 est fait à l’occasion d’une impertinence de Jean-Jacques, qui a dit dans son contrat insocial4 que Pierre Ier n’avait point de génie, et que l’empire russe serait bientôt conquis infailliblement.
Le dialogue sur les anciens et les modernes5 est une visite de Tullia, fille de Cicéron, à une marquise française. Tullia sort de la tragédie de Catilina, et est tout étonnée du rôle qu’on y fait jouer à son père. Elle est d’ailleurs fort contente de notre musique, de nos danses, et de tous les arts de nouvelle invention ; et elle trouve que les Français ont beaucoup d’esprit, quoiqu’ils n’aient point de Cicéron.
J’ai écrit à M. Fauche6. Voilà, monsieur, les seules choses dont je puisse vous rendre compte pour le présent. J’ai l’honneur d’être, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Boursier7 »
1 L'édition Garnier la date du 6 janvier 1766 .
2 Troisième volume des Nouveaux mélanges .
3 Actuellement inclus dans le Dictionnaire philosophique sous le titre – peu justifié dans un dictionnaire – de « Pierre le Grand et J.-J. Rousseau » : https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_philosophique/Garnier_(1878)/Pierre_le_Grand_et_Jean-Jacques_Rousseau
4 Chapitre VIII du livre II du Contrat social : https://fr.wikisource.org/wiki/Du_contrat_social/%C3%89dition_1762/Livre_II/Chapitre_8
5 Les Anciens et les Modernes, ou la Toilette de Mme de Pompadour : https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Anciens_et_les_Modernes/%C3%89dition_Garnier
6 Samuel Fauche, libraire de Neuchâtel qui apparemment a imprimé quelques-unes des Questions sur les miracles, et des négligences duquel se plaindra V* ; voir lettre du 28 décembre 1765 à du Peyrou : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/04/18/a-voir-s-il-veut-rendre-ce-service-au-genre-humain.html
et lettre du 5 janvier 1766 au même : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/04/26/vingt-quatre-a-misoprist-6312160.html
7 C’était un des noms que prenait Voltaire, pour dérouter ses ennemis ; Boursier était un prêtre janséniste auquel il a donné un article dans son Siècle de Louis XIV ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Si%C3%A8cle_de_Louis_XIV/%C3%89dition_Garnier/Catalogue_des_%C3%A9crivains#46
— Quant à M. Boursier, prétendu citoyen de Genève et commerçant, demeurant dans les Rues-Basses, je le crois propre frère de M. l’abbé Bazin, de M. Covelle, de Beaudinet, de M. le proposant Théro, et d’une foule d’autres braves gens. Si vous savez bien votre catéchisme indien, vous devez dire au bout des doigts les quarante-huit métamorphoses de Visnou. Je crois que celles du patriarche sont plus nombreuses. (Note de Grimm.)
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Je ne suis pas juge de votre mérite, mais je me flatte de le sentir
... Chère Mam'zelle Wagnière, notre ami V* vous écrit ! Il est sincère et ne se trompe pas .

« A Giuseppe Colpani
à Brescia
Monsieur,
Je ne puis vous exprimer ni le plaisir que m’ont fait vos beaux vers 1, ni la reconnaissance que je vous dois. Je ne puis avoir l’honneur de vous répondre dans cette belle langue italienne à laquelle vous prêtez de nouveaux charmes. L’état où je suis me permet à peine de dicter dans la mienne. La vieillesse et les maladies qui m’accablent m’empêchent de vous témoigner de ma main ma sensibilité, mais ne la diminuent pas. Je ne suis pas juge de votre mérite, mais je me flatte de le sentir. Les grâces sont de tous les pays, celles de votre style ne m’échappent pas. Vous avez ce que Pétrone aime tant dans Horace : curiosam felicitatem.2
Agréez les sentiments bien véritables de la respectueuse reconnaissance avec lesquels j’ai l’honneur d’être,
monsieur,
votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire,
gentilhomme de la chambre du roi.
Au château de Ferney, par Genève, 10 janvier 1766.3 »
1 Colpani a écrit une pièce Al signor de Voltaire, qui commence par ces vers :
Mentr'io nell ozio delle amiche selve,
spirto immortal, sulle tue dotte carte
pasco la mente di si eletto e raro
cibo, che il nettar non invidio ai Dei […]
(Pendant que dans le loisir des forêts amies, esprit immortel, sur tes doctes écrits je repais mon esprit d'une nourriture si choisie et si rare que je n'envie pas aux dieux leur nectar [...]
2 Pétrone applique ces mots à Horace dans le Satyricon ; faisant l'éloge du fondu dans le style, il cite comme modèles Homère et les lyriques , « Virgile le romain et le bonheur d'expression d'Horace. »
3 (Inédite.) Communiquée par le docteur Pelizzari, bibliothécaire de la Queriniana, à Brescia, par l’intermédiaire de M. Melzi.
L'édition Opere del cavaliere Giuseppe Colpani donne 6 comme quantième et quelques erreurs ou écarts négligeables .
Voir : https://www.tesionline.it/tesi/lettere-e-filosofia/%27%27...
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