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29/10/2026

Il me paraît qu’il y a bien d’autres places à donner actuellement. Voilà un grand labyrinthe dont il sera difficile de sortir

... Tel Icare , Mme Le Pen , il faudra avoir des ailes pour sortir de ce labyrinthe sac de noeuds  qu'est la constitution d'un gouvernement avec un Jordan qui sent le soufre et a plus de plomb dans l'aile que de libre choix de ministres, chapeauté par Marine qui veille au grain, et va faire payer toutes ses années de frustration . On ne craint pas au RN de promettre merveilles de son fait, et sang et larmes par tous autres .

Il est infiniment pénible de voir à quel point en sont arrivés ces citoyens qui se laissent gruger par ces partis des extrêmes menés par des menteurs et délinquants notoires récidivistes . Il y a de coups de pied occultes qui se perdent !

 

 

« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu

13è février 1771 à Ferney

Par la sainte Vierge, monseigneur, c’est à vous, c’est à notre doyen, c’est à M. le maréchal de Richelieu à gouverner notre Académie ; mais mon héros ne peut y donner qu’un coup d’œil en passant ; il a quelques affaires un peu plus importantes. Tout ce que je sais, c’est que je vous demande votre protection pour M. Gaillard 1, que vous en trouverez très digne, et qui n’est point du tout infecté de ces principes que vous haïssez avec raison.

Je vous prie de remarquer que M. D’Alembert est le seul de nos académiciens qui ait travaillé à l’Encyclopédie, et que c’est assurément un homme d’un très rare mérite. Je ne connais guère que Jean-Jacques Rousseau à qui on puisse reprocher ces idées d’égalité et d’indépendance, et toutes ces chimères qui ne sont que ridicules. Mais ne craignez pas que je vous demande jamais une place d’académicien pour lui, encore moins pour La Beaumelle, qui est fort inférieur à Jean-Jacques pour l’esprit et pour les connaissances, et infiniment supérieur en méchanceté et en impudence.

Il me paraît qu’il y a bien d’autres places à donner actuellement. Voilà un grand labyrinthe dont il sera difficile de sortir. Pour moi, qui ne sors guère de mon lit depuis que la neige couvre mes déserts, et qui suis privé à la fois de mes yeux et de mes jambes, je ne vois point les événements de ce monde du fond de mon tombeau de neiges. J’attends paisiblement les beaux jours ; je n’en trouverai que quand je pourrai vous faire encore ma cour avant d’achever ma carrière, et je prie Dieu que celle de notre doyen égale au moins celle du doyen Fontenelle.

Agréez mon tendre et profond respect.

V. »

1 En fait Gaillard a déjà été élu le 7 février 1771 : https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/gabriel-henri-gaillard

On se flatte qu'il y aura dorénavant plus d'économie dans les finances...Au reste les esprits du public sont partagés sur tous ces événements...un peu de temps calmera tout

... Tout ira bien dans la meilleure des France !

 

 

« A Alexandre-Marie-François de Paule de Dompierre d'Hornoy

à Sancoins

13è février 1771

Je hasarde de vous écrire et je crois qu'en effet c'est hasarder, car j'ignore si vous avez reçu ma première lettre 1 qui était à l’adresse de Mme d'Hornoy sous l'enveloppe de M. de Magnanville .

Vous avez sans doute des nouvelles directes de Paris . J'ai bien peur de ne faire ici que vous répéter ce que vous avez appris mieux que moi, ou de vous dire des choses peu sûres ; mais vous combinerez mes nouvelles avec les vôtres et vous en jugerez .

Premièrement, une nouvelle très sûre, c'est que M. Fabry, maire de Gex, dans son voyage à Paris où tout le monde va pour voir la pièce nouvelle 2, [a] perdu les pastels qu'on envoyait à Mme d'Hornoy . Cela se réparera plus aisément que le reste .

Je crois que les parlements feront au roi de très humbles remontrances . Le parlement de Dijon notre voisin a déjà envoyé les siennes . Ce sont les cadets qui prient le père de famille en faveur de leur aîné .

Vous savez que la Chambre des comptes et la Cour des aides font la même démarche .

Vous avez peut-être vu le nouveau projet dont il court de copies dans Paris, c'est de créer un parlement pour l’Île-de-France qui sera la cour des pairs, et ne sera composé que de cinquante membres ; les places seront données par le roi avec des appointements sans épices . Le reste du ressort sera partagé en cours souveraines de vingt membres chacune. On proposera l'édit d'enregistrement qui a fait le sujet de la querelle à tous les parlements du royaume, et on fera dans chaque province le même arrangement qu'on projette pour le parlement de Paris . Ceux qui mandent cette nouvelle disent que les pairs et les princes s'opposent à cette nouveauté qui paraît d'une exécution bien difficile . On espère que le roi, qui a de l'expérience et de la bonté, ne prendra qu'un parti sage .

On s'attendait que M. le duc d'Aiguillon serait nommé la semaine passée ministre des Affaires étrangères . Cependant il ne l’a point été .

Au reste les esprits du public sont partagés sur tous ces événements . La sagesse du roi les réunira, et un peu de temps calmera tout . On dit qu'il a déjà eu la bonté d'écrire une lettre consolante à Mme la duchesse de Choiseul . Je n'en suis pas sûr, j'en serai bientôt informé . Cela donnerait de grandes espérances . On n' a ôté à M. le duc de Choiseul ni les Suisses, ni la pension de ministre, et Sa Majesté n'ignore pas les services qu'il a rendus à l’État 3 .

On se flatte qu'il y aura dorénavant plus d'économie dans les finances . On laisse six mois en arrière de toutes les rentes que le roi doit, excepté celles sur l'hôtel de ville .

Le système de l'exportation des grains n'a servi jusqu'à présent qu'à nous apporter la famine . Le blé vaut chez nous vingt écus le setier mesure de Paris depuis trois mois . Plusieurs provinces souffrent une extrême disette, et j'ai peur que celle où vous êtes ne soit dans le même cas .

Pendant que nous gémissions, l’impératrice de Russie donne les fêtes les plus superbes et les plus galantes, et n'en continue pas moins à presser l'empire ottoman de tous les côtés .

Voilà tout ce que je sais des nouvelles de ce monde pour le présent . Je ne pousserai pas jusqu'à la Chine, de peur de déplaire à mon confrère Séguier qui à ce que je vois n'est pas encore assez formé pour entendre raillerie.

Je vous embrasse tous deux autant que mes très faibles bras peuvent vous embrasser . J'ai la goutte, je suis un peu sourd et un peu aveugle, mais cela ne fait rien . »

2 Le nouveau ministère.

3 V* compte lamnifestement sur la censure ppour faire connaître au roi ce paragraphe de sa lettre, avec d'autres extraits .