16/06/2026
Je ne sais si on oublie Pékin quand on est à Paris
... Oublie-t-on Paris quand on est à Pékin ? Un peu beaucoup .
A peu près trois cent mille Chinois ( sur un milliard quatre cent millions , potentiels ) chaque année nous font le plaisir de venir faire quelques dépenses chez nous, essentiellement à Paris . Nous ne leur rendons pas la monnaie . Mais les pickpockets les allègent et à force vont tuer la poule aux oeufs d'or .
Au passage, n'oublions pas le fameux et remarquable "Les Chinois à Paris" de Jean Yanne .
« A Marie-Jean-Nicolas-Antoine de Caritat, marquis de Condorcet, de l'Académie des
sciences, etc.
rue de Bourbon Faubourg Saint-Germain
à Paris
5è décembre 1770
Puisque M. le marquis de Condorcet tolère les vers, le roi de la Chine le prie de le tolérer. Il avait envoyé un exemplaire pour vous, monsieur, à votre compagnon de voyage. Je ne sais si on oublie Pékin quand on est à Paris. Cet exemplaire français n’est imprimé que dans une sorte de caractères. Vous savez qu’à la Chine on en a employé soixante et quatre pour rendre l’impression et la lecture plus faciles. C’est de la pâture pour messieurs des inscriptions et belles-lettres. Au reste, je ne doute pas que le roi de la Chine n’aime aussi les mathématiques. Pour moi, monsieur, j’aime passionnément les deux mathématiciens qui ont autant de justesse que de grâce dans l’esprit.
Je suis très malade, et tout de bon, quoique l’hiver soit doux. La faculté digérante me quitte, et par conséquent la faculté pensante. Il me reste l’aimante ; j’en ferai usage pour vous tant que je serai dans l’état du président Hénault, dont j’approche fort . J’entends l’état où il était avant de finir 1. C’est peu de chose qu’un vieil académicien.
La faculté écrivante me quitte. Le vieil ermite vous assure de ses tendres respects. »
1 Hénault est mort le 24 novembre 1770 .
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