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27/03/2009

mon vieux cœur, qui pour être vieux n’en est pas plus dur

En préambule, juste pour voir si vous avez encore le sens des réalités , exemple typique des hauts dignitaires, civils et religieux, excellents experts du "faites ce que je dis", oubliant d'ajouter "ne faites pas ce que je fais" !

http://www.linternaute.com/actualite/depeche/photos/2054/...

 

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A combien de jours de nourriture pour un enfant du Sahel estimez-vous cette superbe tenue avec bijoux et éléments d'apparat en or ? Dites un chiffre,  et pleurez ! Ou plutôt non, disons "e finita la comedia".

 Pour retourner encore le couteau dans la plaie -(c'est mon côté tueur à sang froid ; Babeth excuse moi, c'est le naturel qui revient au galop !!) - : comment peut-on mettre hors la loi le modeste préservatif alors qu'on mobilise pour sa sainte protection - (en sus d'une cohorte d'anges qui bossent pour rien)- une foule de gardes du corps en sus d'une papamobile à vitres blindées ?? C'est vrai, il n'y a qu'un pape, et tout ce qui est rare est cher . A coté, ou plutôt en dessous de lui, il y a la foule des anonymes paumés qui n'ont même pas le droit à la protection d'un film de latex !! On a parlé du devoir d'ingérence pour les pays où sévit la guerre civile, le devoir de désobéissance est d'actualité .Je dois humblement le reconnaitre, je suis un horrible antipapiste voué à l'enfer, tant pis !!

 

 

 

 

 

 

 

« A Jean Le Rond d’Alembert

 

 

 

                            Mon très aimable Bertrand, votre lettre a bien attendri mon vieux cœur, qui pour être vieux n’en est pas plus dur. Je ne sais pas bien positivement si je suis encore en vie, mais en cas que j’existe c’est pour vous aimer.

 

                            Le gros Gabriel Cramer pendant ma maladie a imprimé un petit recueil dans lequel vous trouverez d’abord Les Lois de Minos, précédées d’une épître dédicatoire, et si la page 8 de cette épître dédicatoire ne vous plait pas, je serai bien attrapé [il demande à Richelieu de protéger « la véritable philosophie également éloignée de l’irréligion et du fanatisme »].

 

                            Je sais d’ailleurs que Raton aime Bertrand depuis trente ans et que Bernard pardonnera à une liaison de plus de cinquante [avec Richelieu].

 

                            Après la pièce sont des notes que probablement on ne réimprimera pas dans Paris, tant elles contiennent de vérités. Vous trouverez dans ce recueil la seule bonne édition de l’Épître à Horace, le Discours de l’avocat Belleguier, des réflexions [Quelques petites hardiesses de M. Clair à l’occasion d’un panégyrique de saint Louis] sur le Panégyrique de saint Louis prononcée par l’abbé Maury, lesquelles ne sont pas à l’avantage des Croisades.

 

                            Le Philosophe, par Du Marsais, qui n’a jamais été imprimé jusqu’à présent [en fait déjà imprimé de 1743 et réimprimé], se trouve dans ce recueil.

 

Il y a deux lettres très importantes de l’impératrice de Russie sur les deux puissances. [du 22 août/2 septembre 1765 et 9/20 juillet 1766 sur ses rapports avec les moines et prêtres et sur la tolérance]

                            Le principal ornement de cette collection est votre Dialogue entre Descartes et Christine.[demandé par V* le 18 mars 1771, après la visite du roi de Suède à l’Académie des Sciences ] .On y a fourré aussi la lettre du roi de Prusse dont l’original est conservé dans les archives de l’Académie, [du 28 juillet 1770, à d’Alembert, Frédéric II accepte sa contribution à la statue de V* par Pigalle, avec éloge de V*] et dont Cramer prétend qu’on a trouvé une copie dans les papiers de votre prédécesseur Duclos.

 

                            Presque toutes ces pièces sont accompagnées de remarques dont quelques unes sont assez curieuses.

 

                            J’oubliais de vous dire que, dans l’épître dédicatoire, M. de La Harpe est désigné comme le seul qui peut soutenir le théâtre français, et qui n’a éprouvé que persécutions et injustices pour tout encouragement. [La Harpe avait vu condamner son Éloge de Fénelon, et échec de son Gustave Vasa]

 

                            Comment m’y prendrai-je pour vous faire parvenir ce petit paquet de facéties allobroges ? Elles sont de contrebande et moi aussi.

 

                            Si j’ai encore quelque temps à vivre, je le passerai à cultiver mon jardin. Il faut finir comme Candide, j’ai assez vécu comme lui. Ma grande consolation est que vous soutenez l’honneur de nos pauvres Welches, en quoi vous serez bien secondé par M. le marquis de Condorcet.

 

                            Adieu, mon philosophe très cher, et très nécessaire. Adieu ; vivez longtemps.

 

                            V.

                            27 mars 1773. »

 

 

 

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Je n'ai pas d'exclusive, la preuve : http://www.linternaute.com/actualite/depeche/photos/2054/...

 

 

 Pour vous faire une idée neuve, voyez ce magnifique exemplaire de clairvoyance et de modestie :"je suis un homme modeste, je vais gérer la crise ". Ouf, j'ai cru un instant qu'il allait nous faire une crise et faire péter son lifting et ressortir les malles qu'il avait -autrefois- sous les yeux !

Oui DSK, tu es le plus beau, les femmes en tombent à tes genoux !

Gère la crise comme si ton portefeuille en dépendait, ça me rassurerait si tu partageais les risques du menu peuple ... même non socialiste ...

http://www.linternaute.com/actualite/depeche/photos/2054/...

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26/03/2009

Il est bon de s’accoutumer à se passer des hommes

On ne se refait pas, vous voyez j'ai des associations d'idées tirées de je ne sais où, ce qui fait que dès que j'ai vu le nom de cette comtesse j'ai cédé à la tentation . Klinglin et Lutzelbourg quelle magnifique association de sons ! Du coup je vais de ce pas (oui, la route est longue ), placer mes hochets bling bling au Luxembourg , ou peut-être au double-axel ou "ritberger", championnat de patinage oblige ! Ah ! ça y est ! Moi aussi je patine dans l'à peu près, la chute est moins dure pour mon verre de montre (peau des fesses, comme me l'ont appris mes nobles parents ), mais risquée pour l'inestimable estime dont m'honorent ceux qui osent encore me fréquenter !!

Que les honorables descendants de Marie-Ursule

ne me fassent pas une pendule.

Cette vache est trop belle

PS : la Marguerite me fait dire qu'elle n'est pas "chaine", mais plutot "cuir" ; avis aux amateurs....

« A Marie-Ursule de Klinglin, comtesse de Lutzelbourg

 

 

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                            On me dit, Madame, que vous allez à Andelau et que ma lettre ne vous trouverait pas à Strasbourg. Je l’adresse à M. le baron Darstad [François-Christophe-Honoré de Klinglin, baron Hattstatt, neveu de la comtesse ]. J’ai bien bonne opinion de son procès. Dupont m’a lu son plaidoyer, il m’a paru contenir  des raisons convaincantes, il tourne l’affaire dans tous les sens, et il n’y a pas un côté qui ne soit entièrement favorable .J’aurais bien mauvaise opinion de mon jugement ou de celui du Conseil d’Alsace, si monsieur votre neveu ne gagnait pas sa cause tout d’une voix. Je me flatte, Madame, de vous retrouver à l’île Jard quand je retournerai à Strasbourg. Il y a six mois que je ne suis sorti de ma chambre. Il est bon de s’accoutumer à se passer des hommes. Vous savez que j’en ai éprouvé  les méchancetés jusque dans ma solitude. Ce père missionnaire [le père Mérat ]est venu s’excuser chez moi, et j’ai reçu ses excuses parce qu’il y a des feux qu’il ne faut pas attiser .Le père de Menoux a désavoué la lettre qui court sous mon nom  et je me contente de son désaveu. Il faut sacrifier au repos dont on a grand besoin sur la fin de sa vie. Comme je m’occupe à l’Histoire [Précis de l’Histoire universelle], je voudrais bien savoir s’il est vrai qu’il y ait eu autrefois un parlement à Paris. Le chef du parlement de cette province [Christophe de Klinglin] m’honore toujours d’une bonté que je vous dois. Il vient me voir quelquefois. Je me sens destiné à être attaché à tout ce qui vous appartient. Je présente mes respects aux deux ermites de l’île Jard, je me recommande à leurs saintes prières.

 

                            L’ermite de Colmar

                            A Colmar 26 mars 1754. »

25/03/2009

il est bon d’égayer les affligés

A force de fréquenter Volti, je prends goût de plus en plus pour ce gaillard étonnant en lisant sa prose, beaucoup moins ses vers, je suis allé voir une représentation de sa première tragédie qui lui a valu un succès monstre "Oedipe". Jusqu'à cet après-midi, je prononçais "Eu-dipe" alors que le bon usage est de dire "é-dipe" ; je me coucherai avec un modeste savoir de plus !

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Tragédie : oui ! Tout le monde connait cet Oedipe, parricide et époux de sa propre mère par ignorance et fatalité du destin , origine du trop fameux complexe d'Oedipe cher aux psy ! Pour moi, soirée agréable, bonne performance d'acteurs qui ont su me faire oublier une chaise mal placée (tant pis pour moi, j'aurais dû faire une réservation ; tant mieux pour moi, j'ai pu entrer ). Si un jour, vous avez l'occasion d'assister à cette pièce, allez-y sans crainte et sans haine ! Si vous êtes déçus, dîtes moi pourquoi !

Sans vouloir être trop moqueur -quoique, si ! - , attendez-vous à "un suspense" comme le dit si naïvement un présentateur enthousiaste (trop, à mon avis, trop !). C'est un peu le même "suspense" que dans Titanic ou dans les Dix commandements : le paquebot va-t-il couler, Moïse va-t-il redescendre du mont Sinaï ? Oedipe va-t-il vivre heureux et avoir beaucoup d'enfants ( qui seront du même coup ses frères et soeurs et les petits enfants de Jocaste, comprenne qui peut !! ) ? ou va-t-il être puni et subir le châtiment mérité par ses crimes ? Vous le saurez dans le prochain épisode de "Fantasia chez les Thébains I ".

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"A Claude-Philippe Fyot de La Marche

 

 

 

                            Il y a longtemps que je n’ai eu l’honneur d’écrire à celui qui sera toujours mon premier président. J’ai bien des choses à lui dire. Premièrement son parlement m’afflige [le parlement de Bourgogne a « cessé de rendre justice pour faire dépit au roi »]. Le roi se soucie fort peu qu’on juge ou non les procès auxquels je m’intéresse [Croze, contre le curé de Moëns qui a blessé gravement son fils, et les jeunes de Crassier contre les jésuites d’Ornex qui les ont spoliés] mais moi je m’en soucie .Voilà une plaisante vengeance d’écolier de dire : je ne ferai pas mon thème parce que je suis mécontent de mon régent. C’est pour cela au contraire qu’il faut bien faire son thème. J’apprends que vous faites tous vos efforts pour parvenir à une conciliation. Qui peut y réussir mieux que vous ? Vous serez le bienfaiteur de votre compagnie, c’est un rôle que vous êtes accoutumé à jouer. Je vous demande pardon de donner des fêtes quand la province souffre [le 24, représentation de Cassandre-Olympie, et le 7 mars il y avait eu Le Droit du Seigneur, suivi d’un bal], mais il est bon d’égayer les affligés. Il y en a de plus d’une sorte. Il vient de se passer au parlement de Toulouse une scène qui fait dresser les cheveux sur la tête. On l’ignore peut-être à Paris, mais si on en est informé, je défie Paris tout frivole, tout opéra-comique qu’il est, de n’être pas pénétré d’horreur. Il n’est pas vraisemblable que vous n’ayez appris qu’un vieux huguenot de Toulouse, nommé Calas, père de cinq enfants, ayant averti la justice que son fils ainé, garçon très mélancolique, s’était pendu, a été accusé de l’avoir pendu lui-même en haine du papisme pour lequel ce malheureux avait, dit-on, quelque penchant secret. Enfin le père a été roué ; et le pendu tout huguenot qu’il était a été regardé comme un martyr et le parlement a assisté pieds nus à des processions en l’honneur du nouveau saint. Trois juges [il corrigera plus tard : « Je me suis trompé sur le nombre des juges … Ils étaient treize, cinq ont constamment déclaré Calas innocent . S’il y avait eu une voix de plus en sa faveur, il était absous »]  ont protesté contre l’arrêt. Le père a pris Dieu à témoin de son innocence en expirant, a cité ses juges au jugement de Dieu, et a pleuré son fils sur la roue. Il y a deux de ses enfants dans mon voisinage qui remplissent le pays de leurs cris [ deux versions existent dans la relation des faits selon Voltaire , soit un –Donat Calas-, soit deux]. J’en suis hors de moi. Je m’y intéresse comme homme, un peu même comme philosophe. Je veux savoir de quel côté est l’horreur du fanatisme. L’intendant de Languedoc est à Paris .Je vous conjure de lui parler ou de lui faire parler. Il est au fait de cette aventure épouvantable. Ayez la bonté, je vous en supplie, de me faire savoir ce que j’en dois penser. Voilà un abominable siècle, des Calas, des Malagrida, des Damiens, la perte de toutes nos colonies, des billets de confession et l’opéra-comique.

 

                            Mon cher et respectable ami, ayez pitié de ma juste curiosité. Je soupçonne que c’est vous qui m’a écrit il y a environ deux mois, mais les écritures quelquefois ressemblent à d’autres .Quand vous aurez la bonté de m’écrire mettez un M au bas de la lettre, cela m’avertit .Je devrais vous reconnaitre à votre style et à vos bontés, mais mettez un M. car quand je  vous renouvelle mon tendre et respectueux attachement je mets un V.

 

 

                            V

                            A Ferney 25 mars 1762. »

 

 

20/03/2009

Vous devriez quitter votre habit de prêtre

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Dans le domaine "belles pensées et bonnes intentions qui tuent", je voudrais le père, non, pardon, le Pape !

Ben O I T x v i  dixit : on ne peut pas "règler le problème du SIDA avec la distribution de préservatifs, au contraire leur utilisation aggrave le problème!". Bougre d'enfonceur de portes ouvertes, c'est sur, on ne va pas régler le problème, mais bougre de sainteté mal embouchée , apprend à te servir du préservatif ! Attends, je t'explique ! Il n'aggrave le problème que si tu l'utilise plusieurs fois avec des partenaires différent(e)s sans le désinfecter à l'eau de Javel (lavage au savon, rinçage soigneux, bain de Javel une demie-heure, égouttage, réenroulage,...) : tu vois, maintenant tu sauras comment ne pas aggraver le problème ; simplicité, efficacité, catholicité ! Ah, oui, j'allais oublier : un trou dépingle au bout pour faire des enfants aseptisés qui n'auront que des désirs d'anges et d'auréoles (qui a dit "sous les bras"?).

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 Les idiots comme moi sont cependant, en temps qu'utilisateurs de base, capables de reconnaitre l'imbécilité criminelle. Que sa sainteté ne se décalotte pas et qu'elle mette sa tiare par dessus (qui a dit que je fais des allusions grivoises ?)!

Le père L'eusse-tu-cru Lombardi (Fédé pour les intimes ):"développer une idéologie de confiance dans le préservatif.... ne met pas l'accent sur le sens des responsabilités" . Yes, ça c'est envoyé !

Bande de malotrous, que développez-vous dans le préservatif ? hein, dites le moi si vous osez ! Personnellement mon développement ne dépasse pas la moyenne et mon indice de confiance dépend de la partenaire ! Comprenne qui peut, je ne ferai pas un dessin qui me ferait passer classe tout -X !

En tout cas, les rois du sens des responsabilités, non contents de nous menacer des enfers dans la vie dite éternelle, nous envoient en enfer dès cette vie terrestre si tant déja courte (si ! si ! je peux le dire comme ça !). "Vous devriez quitter votre habit de prêtre.": vous n'êtes plus humains et il ne vous protège pas de la plus belle co.....ie.

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Malheureux catholiques praticants et sidéens potentiels (ce n'est pas incompatible, j'espère ?), ne vous laissez pas embobiner !   Protégez-vous réellement, efficacement ! Laissez l'eau bénite et protégez votre goupillon ! 

 

Je n'ai pas le talent de Volti pour enguirlander cet extra-terrestre de pape à la noix, mais lisez ce qu'il écrivait joliment à un pasteur calviniste (à cette époque là, on disait couramment ministre , du cul -te ). 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

« A Monsieur le Ministre Jacob Vernes, chez Monsieur son père à Genève

 

 

                            Nous avons été honorés hier samedi de la présence de douze ministres , qui ont amené tous les proposants [= pasteurs non encore consacrés] . Nous avions de plus dans l’orchestre deux ministres qui jouaient très bien du violon . La piété n’est point ennemie des plaisirs honnêtes [Vernes , austère, n’était pas venu fin février voir « L’Enfant prodigue » ; V* lui avait écrit :  « Vous devriez, vous et M. Claparède, quitter votre habit de prêtre, et venir à Montriond en habit d’hommes . Nous vous garderons le secret . On ne se scandalise point à Lausanne ; on y respire les plaisirs honnêtes… »]. On redonne la pièce nouvelle [Zulime, rebaptisée Fanime] demain lundi et mardi . Voilà mon cher prédicateur, toutes les nouvelles qu’on peut mander de Samarie à Jérusalem.

 

                            Votre ami M. Clapparel [Claparède]sait qu’on  n’aurait pas entendu une mouche voler, et que c’est tout ce que peut lui dire David Durand .

 

                            Nous avons quatre lits à Montriond . Je ne sais qui les occupera, mais je sais bien qui je voudrais recevoir chez moi etc. etc.

 

 

                            Voltaire

                            Montriond 20 mars 1757. »

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En ce beau jour de printemps, par une bise à décorner un cocu, si vous voulez faire comme les bestioles ci-dessus, réchauffez-vous, sortez couverts !!

être aimé de vous, voilà la plus belle de toutes les places

Maintenant, je sais pourquoi Alain Delon parle de lui à la troisième personne, il a été surement contaminé par cet affreux écrivain dit  François-Marie de Voltaire ! Pardonnons donc à AD. ce détachement qui peut sembler hautain pour le vulgum pecus dont je fait partie ! Ah ! Voltaire que de mal tu as fait ! Un jeune premier à qui tout souriait, bourré de talent , à n'en point douter, et qui tombe dans l'immodestie la plus sincère comme un vulgaire (vulgus, ou vil-gugusse, c'est vous qui choisissez ! )chef d'état bling-bling !!

Veuillez trouver ci-dessous les germes de l'agent contaminateur!

Mettez des lunettes et des gants, à lire avec précaution !!...

«  A Charles-Augustin Ferriol, comte d’Argental et à Jeanne –Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d’Argental

 

 

                            Voltaire sait d’hier la mort du président Bouhier [académicien mort le 17 mars], mais il oublie tous les présidents vivants et morts quand il voit M. et Mme d’Argental . On a parlé déjà à V. de la succession dans la partie de fumée [le siège à l’Académie] qu’avait à Paris ledit président commentateur . V. est malade, V. n’est guère en état de se donner du mouvement, V. grisonne et ne peut honnêtement frapper aux portes, quoiqu’il compte sur l’agrément du roi . Il remercie tendrement ses adorables anges . Il sera très flatté d’être désiré, mais il craindra toujours de faire des démarches [pour l’élection à l’Académie française, où il sera élu le 25 avril]. Mes divins anges ! être aimé de vous, voilà la plus belle de toutes les places.

 

                            V.

                            20 mars 1746. »

Pour les curieux , réf . Bouhier : http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://upload.wikim...

19/03/2009

Ce qu’il y a de désespérant pour la nature humaine

Manque de temps - doit être partout à la fois - pousserai ma goualante demain ....

Brut de décoffrage, Volti ci-après :

« A Jean Le Rond d’Alembert

 

 

                   Mon très digne et ferme philosophe, vrai savant, vrai bel esprit ; homme nécessaire au siècle ; voyez, je vous prie dans mon Épître à Mme Denis une partie de mes réponses à votre énergique lettre.

                   Mon cher archidiacre et archi-ennuyeux Trublet est donc de l’Académie ! Il compilera un beau discours des phrases de La Motte. Je voudrais que vous lui répondissiez : cela ferait un beau contraste. Je crois que vous accusez à tort Cicéron d’Olivet ; il n’est pas homme à donner sa voix à l’aumônier d’Houdar et de Fontenelle. Imputez tout au surintendant de la reine.

 

                   Ce qu’il y a de désespérant pour la nature humaine c’est que ce Trublet est athée comme le cardinal Tencin, et que ce malheureux a travaillé au Journal chrétien pour entrer à l’Académie par la protection de la reine.

 

                   Les philosophes sont désunis. Le petit troupeau se mange réciproquement quand les loups viennent le dévorer. C’est contre votre Jean-Jacques que je suis le plus en colère. Cet archifou qui aurait pu être quelque chose, s’il s’était laissé conduire par vous, s’avise de faire bande à part, il écrit contre les spectacles, après avoir fait une mauvaise comédie, il écrit contre la France qui le nourrit, il trouve quatre ou cinq douves pourries au tonneau de Diogène ; il se met dedans pour aboyer , il abandonne ses amis, il m’écrit à moi la plus impertinente lettre que jamais fanatique ait griffonnée . Il me mande en propres mots : vous avez corrompu Genève pour prix de l’asile qu’elle vous a donné. Comme si je me souciais d’adoucir les mœurs de Genève, comme si j’avais besoin d’un asile, comme si j’en avais pris un dans cette ville de prédicants sociniens, comme si j’avais quelque obligation à cette ville. Je n’ai point fait de réponse à sa lettre, M. de Chimène a répondu pour moi, et a écrasé son misérable roman .Si Rousseau avait été un homme raisonnable à qui on ne pût reprocher qu’un mauvais livre il n’aurait pas été traité ainsi.

 

                   Venons à Pancrace Colardeau ; c’est un courtisan de Pompignan et de Fréron. Il n’est pas mal de plonger le museau de ces gens là dans le bourbier de leurs maîtres.

 

                   Mon digne philosophe que deviendra la vérité ? que deviendra la philosophie ? Si les sages veulent être fermes, s’ils sont hardis, s’ils sont liés, je me dévoue pour eux. Mais s’ils sont divisés, s’ils abandonnent la cause commune, je ne songe plus qu’à ma charrue, à mes bœufs et à mes moutons ; mais en cultivant la terre, je prierai Dieu que vous l’éclairiez toujours ; et vous me tiendrez lieu du public. Que dites-vous du bonnet carré de Midas Omer ? Je vous embrasse très tendrement.

 

                            V.

                            A Ferney pays de Gex 19 mars 1761

                   Ne m’écrivez plus avec de l’Académie ni à Genève. »

17/03/2009

mais le travail est une jouissance

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« A Charles-Augustin Ferriol, comte d’Argental et à Jeanne –Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d’Argental

 

 

 

                                   Divins anges, la protection que vous avez donnée aux Calas n’a pas été inutile. Vous avez goûté une joie bien pure en voyant le succès de vos bontés [réhabilitation de Jean Calas le 9 mars 1765 et demande de pension en faveur de Calas]. Un petit Calas [Donat Calas] était avec moi quand je reçus votre lettre, et celle de Mme Calas, et celle d’Elie, et tant d’autres ; nous versions des larmes d’attendrissement, le petit Calas et moi. Mes vieux yeux en fournissaient autant que les siens ; nous étouffions, mes chers anges. C’est pourtant la philosophie toute seule qui a remporté cette victoire. Quand pourra-t-elle écraser toutes les têtes de l’hydre du fanatisme ?

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                                   Vous me parlez des Roués [Octave ou Le Triumvirat], mais le roué Calas est le seul qui me remue .Seriez-vous capable de descendre à lire de la prose au milieu de la foule des vers dont vous êtes entourés ? Voici le commencement d’une espèce d'histoire ancienne qui me parait curieuse [sa Philosophie de l’Histoire]. Si elle vous fait plaisir, je tâcherai d’en avoir la suite pour vous amuser ; elle a l’air d’être vraie, et cependant la religion y est respectée .N’engagerez-vous pas frère Martin à en favoriser le débit ? Je crois que les bons entendeurs pourront profiter à cette lecture ; il y a en vérité des chapitres fort scientifiques, et le scientifique n’est jamais scandaleux.

 

                                   Je crois qu’on tousse dans tout le royaume, nous toussons beaucoup sur la frontière, c’est une épidémie. Nous espérons bien que M. Fournier empêchera l’une de mes anges de tousser .Tout Ferney qui est sans dessus dessous est à vos pieds. Et pourquoi est-il sans dessus dessous ? C’est que je suis maçon ; je bâtis comme si j’étais jeune ; mais le travail est une jouissance.

 

                                   Me sera-t-il permis de vous présenter encore un placet pour un passeport ? Les Genevois m’accablent parce que vous m’aimez, mais je serai sobre sur l’usage que je ferai de vos bontés. Encore ce petit passeport, je vous en conjure, et puis plus ; vous me ferez un plaisir bien sensible, vous ne vous lassez jamais d’en faire.

 

 

                                   Voltaire

                                   18 mars 1765. »