19/06/2009
Les gens en place sont pour la plupart de grands misérables. Ils ne savent pas ce qu’on gagne à faire du bien.
Grand calme ces jours-ci au château . Trop calme.
Le beau temps est pourtant de la partie. Serait-ce un contrecoup du Bac ? Mobilisation générale des neurones, soutien accru des futures élites de la nation !
Point de distraction, fut-elle éducative, en dehors du sacro-saint « Programme » de terminale ?
La Fête à Voltaire du 27 juin se prépare gentiment, les comédiens prennent leurs marques (bisous à Pierrette !-) ) dans le parc . http://www.ferney-voltaire.net/fr/manif06.php
Je fais une commande spéciale de soleil dès à présent pour être sûr d’être livré à temps …

Hier en rentrant du travail(tard), sur le poste de la Fiesta ( et non pas en rentrant de fiesta sur le poste de travail !), La Jeanne de Brassens : Ah ! que c’est beau et bon ! Profitez-en aussi : http://radio.aol.fr/music/Georges+Brassens/_/Jeanne
"...la première des instructions d’un ministre c’est de plaire." : reste à savoir : à qui ? A son supérieur, un divin président ou un roi de droit divin ? Aux misérables gens du peuple pour lesquels il doit trouver les lois et règlements qui feront son bonheur ? (bonheur du peuple et bonheur du ministre ne faisant pas toujours bon ménage, ne nous attendons pas à des merveilles ! )...
"Il est doux, ... de regarder les épreuves d'autrui ."Volti, tu n'es jamais à cours de citations qui font mouche ... Il est vrai que tu es devenu une source dans ce domaine :
http://www.dicocitations.com/auteur/4559/Francois_Marie_A...

« A René-Louis de Voyer de Paulmy, Marquis d’Argenson , Conseiller d’Etat, rue de Vendôme au Marais à Paris.
Si j’avais l’honneur d’être auprès de mon cher monarque [Frédéric], savez-vous bien, Monsieur, ce que je ferais ? Je lui montrerais votre lettre, car je crois que ses ministres ne lui donneront jamais de si bons conseils. Mais il n'y a pas d’apparence que je voie du moins de si tôt mon messie du Nord. Vous vous doutez bien que je ne sais point quitter mes amis pour les rois ; et je l’ai mandé tout net à ce charmant prince que j’appelle Votre Humanité au lieu de l’appeler Votre Majesté. A peine est-il monté sur le trône qu’il s’est souvenu de moi pour m’écrire la lettre la plus tendre, et pour m’ordonner, ce sont ses termes, de lui écrire toujours comme à un homme et jamais comme à un roi [Frédéric est roi depuis le 31 mai ; il écrit à V* le 6 juin : « Ne voyez en moi… qu’un citoyen zélé… Pour Dieu, ne m’écrivez qu’en homme, et méprisez avec moi les titres, les noms… »]. Savez-vous que tout le monde s’embrasse dans les rues de Berlin, en se félicitant sur les commencements de son règne ? Tout Berlin pleure de joie, mais pour son prédécesseur personne ne l’a pleuré que je sache [ dans ses Mémoires, V* donne des exemples de la dureté et brutalité de Frdéric-Guillaume envers son peuple et sa famille.]. Belle leçon pour les rois. Les gens en place sont pour la plupart de grands misérables. Ils ne savent pas ce qu’on gagne à faire du bien.
J’ai cru faire plaisir, Monsieur, au roi, à vous, et à M. de Valori [ambassadeur de France en Prusse] en lui transcrivant les propres paroles de ce ministre dont vous m’avez fait part : il commence son règne comme il y a apparence qu’il le continuera, partout des traits de sa bonté etc. J’ai écrit aussi à M. de Valori. J’ai fait plus encore, j’ai écrit à M. le baron de Keizerling, favori du roi, et je lui ai transcrit les louanges non suspectes qui me reviennent de tous côtés de notre cher Marc-Aurèle prussien, et surtout les quatre lignes de votre lettre. Vous m’avouerez qu’on aime d’ordinaire ceux dont on a l’approbation et que le roi ne saura pas mauvais gré à M. de Valori de mon petit rapport, ni M. de Valori à moi. Des bagatelles établissent quelquefois la confiance, et la première des instructions d’un ministre c’est de plaire.
Les affaires me paraissent bien brouillées en Allemagne et partout, et je crois qu’il n’y a pas que le conseil de la trinité qui sache ce qui arrivera dans la petite partie de notre petit tas de boue qu’on nomme Europe. L’empereur voudrait attaquer les Borbonides, mais sa Pragmatique le retient [la Pragmatique Sanction rendue en 1713 par l’empereur Charles VI pour assurer à sa fille Marie-Thérèse la couronne d’Autriche était garantie par les puissances européennes.]. La Saxe et la Bavière disputeront sa succession [les maris des nièces de l’empereur sont électeurs de Saxe et de Bavière]. Bergues et Juliers est une nouvelle pomme de discorde, sans compter les Goths, Wisigoths et Gépides qui pourraient danser dans cette rubrique de barbares.
Dulce mari magno turbantibus aequora ventis
E Terra magnum alterius spectare laborem.
[Il est doux, quand sur la vaste mer les vents soulèvent les flots, de regarder de la terre les rudes épreuves d’autrui.]
Débrouille qui voudra ces fusées ; moi je cultive en paix les arts, bien fâché que les comédiens aient voulu à toute force donner cette Zulime, que je n’ai jamais regardée que comme de la crème fouettée, dans le temps que j’avais quelque chose de meilleur à leur donner [Mahomet]. J’ai eu l’honneur de vous en montrer les prémices.
Si me Marce tuis vatibus insere
Sublimi feriam sidera vertice.
[Si, Marcus, tu me donnes une place parmi tes poêtes, j’irai jusqu’au ciel toucher de ma tête les astres.]
Mme du Châtelet vous fait mille compliments. Vous connaissez mon tendre et respectueux attachement.
V.
A Bruxelles ce 18 juin 1740. »
Je quitte le clavier pour aller tirer quelques flèches avant la pluie ...
17:16 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voltaire, argenson, valori, brassens, jeanne
17/06/2009
Je le plaindrai s’il est pendu, mais par pure humanité
Vu émission de Jean-Luc Delarue hier soir avec le don pour sujet : don de sang, plasma, plaquettes, moëlle osseuse, organes.
Mon avis : bon.
Orientée un peu sur le sentimental, cette émission (enregistrée le 10 juin)fait le point sur les besoins et appelle au(x) don(s) bénévoles qui traduisent un engagement personnel pour le bien d’autrui.
Un peu de soi pour une ou des vies sauvées, ce qui semble évident pour les donneurs de sang et autres engagés dans cette voie, doit le devenir pour le maximum des humains.
Je souhaite qu’aucun interdit -dit religieux- ne vienne freiner l’altruisme . Je dis bien –dit religieux- car je ne conçois pas un Dieu qui refuse qu’un humain porte assistance à un autre humain . Ces interdits concernant le sang sont l’œuvre d’humains peureux ou assoiffés de pouvoir, ridiculement attardés et imbéciles, sans capacité d’amour.
« A Jean Le Rond d’Alembert, des académies etc. rue Michel-le-Comte à Paris
L’excès de l’orgueil et de l’envie a perdu Jean-Jacques [Omer de Joly de Fleury a dénoncé l’Emile ,le 9 juin, qui sera condamné par le parlement ; V* : « C’est un fatras d’une sotte nourrice en quatre tomes, avec une quarantaine de pages contre le christianisme, des plus hardies qu’on ait jamais écrites, et par une inconséquence de cette tête sans cervelle, et de ce Diogène sans cœur il dit autant d’injures aux philosophes qu’à Jésus-Christ… » ; « Il n’y a que lui qui soit assez fou pour dire que tous les hommes sont égaux et qu’un Etat peut subsister sans subordination. »], mon illustre philosophe. Ce monstre ose parler d’éducation ! lui qui n’a voulu élever aucun de ses fils, et qui les a mis tous aux Enfants trouvés. Il a abandonné ses enfants et la gueuse à qui il les avait faits. Il ne lui a manqué que d’écrire contre sa gueuse comme il a écrit contre ses amis. Je le plaindrai s’il est pendu, mais par pure humanité, car je ne le regarde personnellement que comme le chien de Diogène, ou plutôt comme un chien descendu d’un bâtard de ce chien.
Je ne sais pas s’il est abhorré à Paris comme il l’est par tous les honnêtes gens de Genève [L’Emile a été saisi à Genève le 12 juin, condamné avec le Contrat Social et J-J. lui-même le 19 juin]. Soyez sûr que quiconque abandonnera les philosophes fera une fin malheureuse.
Avez-vous assisté aux assemblées [de l’Académie] où l’on a lu mes insolences sur Rodogune [dans ses commentaires sur Corneille]? Je dis la vérité et je la dirai, mais toujours avec un petit compliment. Je défie toute la démangeaison qu’on a de n’être pas de mon avis, de m’apporter une bonne raison contre une seule de mes remarques. Je me connais un peu au théâtre et j’ai malheureusement cinquante ans d’expérience. Quand vous voudrez rire, trouvez-vous aux séances où on lira l’Héraclius de Caldéron, et le Jules César de Shakespear traduit mot à mot en vers blancs [jugement dur sur sur ces deux pièces].
Frère Thiriot dit que l’abbé mords-les [abbé Morellet] fait un excellent ouvrage. Écrasez tous l’Infâme sans qu’elle puisse vous piquer au talon. Si ce monstre de Rousseau avait voulu, il aurait servi utilement dans les troupes légères. Il se forme partout d’assez bons officiers, mais je trouve les généraux français un peu tièdes.
Je vous embrasse avec la plus grande chaleur.
V.
17 juin 1762. »
09:57 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voltaire, rousseau, thiriot, alembert, sang, imbécile
16/06/2009
empêchez, si vous pouvez, les araignées de se manger
Donneurs de sang bénévoles de Gex : vous êtes formidables. Vous avez été 168 à répondre favorablement et vous présenter à la collecte de Gex (01170), dont 10 nouveaux.
Vous avez sans doute été sensibilisés, en plus des efforts locaux, par la campagne du dimanche 14 qui était à l’honneur des donneurs de sang du monde entier.
Hier soir, l’équipe de collecte de l’EFS (Établissement Français du Sang) était K.O debout et celle de l’amicale des donneurs de Gex qui assure l’intendance fatiguée et heureuse.
Donneurs nouveaux, donneurs anciens, soyez fidèles au don, au moins deux fois par an.

Passez d’excellentes vacances, et revenez en pleine forme pour les collectes futures, dont celle du 14 septembre à Gex.
http://www.rhonealpes.dondusang.net/donami/sang.php
Volti, lui ne connut que la saignée qui ne profite à personne, pas même raisonnablement à lui ! En revanche il fût un remarquable donneur d'espoir pour beaucoup...
« A René-Louis de Voyer de PAULMY, marquis d’Argenson
Eh ! bien, Monseigneur, vous aurai-je bientôt assez importuné, assez assommé de mes paquets [dont la cinquième édition du poême sur La Bataille de Fontenoy] pour les princesses du Nord ? Que direz-vous de mon influence ? Tantôt, c’est pour la princesse de Suède [Ulrique, sœur de Frédérique, qui avait épousé le prince héritier de Suède et venait d’inviter Voltaire], tantôt c’est pour la csarine. Vous êtes bien heureux que je vous sauve le roi de Prusse cette fois- ci. Vous auriez vraiment un paquet pour le pape si vous étiez à Paris. Je suis comme l’Arétin, en commerce avec toutes les têtes couronnées, mais il s’en faisait payer pour les amadouer. Recevez mes très humbles excuses pour cet énorme paquet que vous pourrez faire partir par la première flotte que vous enverrez à la pêche à la baleine.
Vous verrez par la lettre ci-jointe à cachet volant que j’adresse à M. d’Alion [Jean-louis d’Usson de Bonac, ambassadeur de France en Russie, par qui il fait parvenir ses œuvres à Catherine II et demande à être admis à l’Académie de Pétersbourg, étant déjà de celles de Londres, d’Edimbourg et Berlin], de quoi il s’agit, vous verrez que je veux des protections depuis Rome jusqu’à Pétersbourg, mais que surtout il me faut la vôtre. Ayez donc la bonté de me recommander à M. d’Alion comme le plus vieux serviteur que vous ayez.
Je n’ai pas encore entendu parler de M. l’abbé de Tolignan, quoiqu’il ait les portraits du saint Père encore dans sa poche [V* recevra le portrait de Benoit XIV, à qui il disait qu’il lisait ses œuvres ; les médailles reçues en août, il dédiera Mahomet au pape]. J’ai peur qu’il soit un peu fâché, car chacun est jaloux, à ce que je vois, de sa petite négociation [pour lui procurer les médailles ; Tolignan était un ami de Mlle du Thil amie de Mme du Châtelet ; le cardinal Acquaviva et l’abbé de Canillac s’étaient aussi entremis].
Je vous prépare une fête [Le Temple de la Gloire] pour votre retour. J’y couronnerai le roi de lauriers. En attendant vous recevrez une septième édition de Lille, et voici la sixième faite à Paris, de ce petit monument que j’ai élevé à la gloire de notre monarque. Dîtes-lui-en un peu de bien et empêchez, si vous pouvez, les araignées de se manger [expression qui revient quand il est question de faire la paix en Europe].
Eh ! bien, il pleut donc des victoires ! Le roi de Prusse bat nos ennemis [bataille de Friedberg 8 juin 1745], et fait des épigrammes contre eux. Oh ! la belle et glorieuse paix que vous ferez !
Voltaire
16 juin 1745 au soir. »
Pour les amateurs de BD, avec un relent historique pourquoi pas !Benoit xiv et ses contemporains dans de "folles" (comme les herbes sauvages, indisciplinées ) aventures.Je l'ai pas encore lue, qu'en dites-vous, si vous connaissez ?

http://images.google.fr/imgres?imgurl=http://ombres.stryg...
16:04 | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : voltaire, argenson, benoit, frederique, paix, suède, gex, sang
12/06/2009
Il faut amorcer le lecteur par des choses intéressantes, sans quoi on ne tient rien
Volti offrait son aide, des diamants, de l'argent, des médailles, son temps, des bols de lait ...
Permettez-moi de vous offrir une simple fleur ...

Quelques conseils d'un expert dans l'art d'écrire et de captiver .
« A François-Louis-Claude Marin
J’ai le capitaine Lawrence [Les mémoires du colonel Laurence, 1766, qui sont dans sa bibliothèque ; Lawrence a quitté l’Inde en 1759]. Ce n’est pas là ce qu’il me faut. Personne ne lit les détails des combats et des sièges ; rien n’est plus ennuyeux que la droite et la gauche, les bastions et la contrescarpe. J’ai de meilleurs mémoires que toutes ces minuties des horreurs de la guerre. Il faut amorcer le lecteur par des choses intéressantes, sans quoi on ne tient rien. [V* travaille sur Fragments historiques sur l’Inde où il mettra les mémoires concernant Lally Tollendal].
J’ai un Holwel [J. Z. Holwell , Interesting Historical Events, relative to the Provinces of Bengal, and the Empire of Indostan, 1766-1777] , un Scrafton [Luke Scrafton, Reflections on the Government of Indostan, 1763]. Il s’agit de faire un ouvrage attachant, une histoire qui ait l’air simple et qui touche le cœur ; point de partialité, mais beaucoup de vérité. On est perdu pour peu que l’ouvrage ait la moindre ressemblance avec un factum d’avocat [factum en faveur de Lally]. Une pareille histoire d’ailleurs doit être courte, quoique pleine ; elle doit avoir, comme une tragédie, exposition, nœud et dénouement, avec épisode agréable.
Je finirai par vous dire, mon cher correspondant : si vous voulez voir un beau tour, faites-le ; mais si vous ne le faites pas, je le ferai.
Je trouve le jugement de M. de Morangiés absurde, mais que diable allait-il faire dans cette galère ? Quelque parti qu’on prît, il semble qu’il n’y a que Dieu seul qui pût juger ce procès.
Voltaire
A Ferney, 12 juin 1773. »
19:23 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : voltaire, marin, morangies, lally, scrafton, holwell
11/06/2009
au nom du genre humain protégez-la !
Tendresse et douceur , magie du désert qui nous tente pour mieux nous perdre , aller plus loin, aller trop loin,…

Comme tous les humains, sur notre pirogue-terre, au milieu du fleuve-voie lactée, perdue dans l’univers sans limite

En souvenir d’un ami malgache, mort trop jeune pour avoir le temps de revoir son pays natal , salut à toi Jean-Noël :

Force tranquille, retour à la maison

Quittons le rêve, attaquons l'infâme, et rêvons encore, à des jours meilleurs...
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d’Argental, envoyé de Parme etc., rue de la Sourdière Paris
et à Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d’Argental
Mes divins anges, je me jette réellement à vos pieds et à ceux de M. le comte de Choiseul. La veuve Calas est à Paris dans le dessein de demander justice. L’oserait-elle si son mari eût été coupable ? Elle est de l’ancienne maison de Montesquieu par sa mère (ces Montesquieu sont de Languedoc). Elle a des sentiments dignes de sa naissance et au dessus de son horrible malheur. Elle a vu son fils renoncer à la vie et se pendre de désespoir ; son mari accusé d’avoir étranglé son fils, condamné à la roue et attestant Dieu de son innocence en expirant ; un second fils accusé d’être complice d’un parricide, banni, conduit à une porte de la ville et reconduit par une autre porte dans un couvent, ses deux filles enlevées, elle-même enfin interrogée sur la sellette, accusée d’avoir tué son fils, élargie, déclarée innocente, et cependant privée de sa dot. Les gens les plus instruits me jurent que la famille est aussi innocente qu’infortunée. Enfin si malgré toutes les preuves que j’ai, malgré les serments qu’on m’a faits, cette femme avait quelque chose à se reprocher, qu’on la brûle. Mais si c’est, comme je le crois, la plus vertueuse et la plus malheureuse femme du monde, au nom du genre humain protégez-la.[le même jour lettre à Ribote-Charron : « …nos sommes très peu informés du fond de l’affaire. Ceux qui devraient nous donner le plus de lumières gardent un silence bien lâche, et qui même est suspect… On se donnera tous les mouvements possibles pour faire rendre justice à l’innocence ; mais il faut savoir pleinement la vérité. »]. Que M. le comte de Choiseul daigne l’écouter. Je lui fais tenir un petit papier qui sera son passeport pour être admise chez vous. Ce papier contient ces mots : la personne question vient se présenter chez M. d’Argental, conseiller d’honneur du parlement, envoyé de Parme, rue de la Sourdière.
V.
Mes anges, cette bonne œuvre est digne de votre cœur.
V.
11 juin 1762. »
22:21 | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : voltaire, calas, argental, choiseul
09/06/2009
vivre avec d’honnêtes gens au jour la journée, ne penser ni à la mort, ni aux méchancetés des vivants
Encore un gros lot en Espagne !
Non, pas un Euromillionnaire, mais ce que je nomme un footeux : Kaká. Je ne sais pas comment ça se prononce, mais sans doute a-t-il marché dedans du bon pied pour avoir autant de veine (si vous trouvez que j’exagère, jetez-moi votre dernière paire de chaussettes sales de votre dernier match en derby contre Trifouillis-les Oies !) .

Jugez plutôt –non, ne jugez pas – et admirez jusqu’où va l’ego de certains dirigeants dits sportifs : soixante huit millions d’euros pour quatre vingt kilos de muscle et d’os, crampons compris !!! 850 000 euros le kilo, belle bête !
Rugissant, denture impeccable, il en veut c'est sûr !
Il aurait tort de ne pas en profiter . Quoique … au pays de la corrida, il risque de finir sans queue ni … oreilles .
L’A.C. Milan va avoir assez d’argent pour en faire bénéficier les victimes du séisme quelques uns qui ont du mal à changer de Ferrari !... voilà que je m’égare encore, je suis fait comme un rat, vous savez maintenant que je n’apprécie guère le foot et son monde !...
Volti estime suffisamment les femmes pour les entretenir de faits d'armes ; je souligne ceci, car je fais partie de cette génération qui a eu l'immense honneur (sic) de faire son service national armé (=service militaire) et qui me suis bien gardé d'évoquer mes hauts faits devant un auditoire féminin . Par expérience, je sais que c'est un pensum pour ces dames, même si le prestige de l'uniforme existe toujours dans un petit coin de leurs fantasmes ... Etre militaire, oui, en parler, cent fois non !
« A Marie-Ursule de Klinglin, comtesse de Lutzelbourg
Que Dieu protège Marie [l’impératrice Marie-Thérèse ; depuis le 6 mai une partie de l’armée autrichienne est prisonnière de Prague] et qu’il vous rende sœur Broumath [Mme Zuckmantel de Brumath, sœur de l’envoyé de Prusse à Mannheim] . Ne soyez pas surprise, Madame, que Frédéric ait eu tant d’avantage sur l’irlandais Brown, et sur le prince Charles [prince Charles de Lorraine, frère de l’empereur et le comte Ulysse-Maximilien von Brown général autrichien, enfermés dans Prague]. Le conseil des rats est détruit par le chat Raminagrobis [comme dans la fable de La Fontaine]. Si le maréchal d’Estrées [ commandant l’armée française du Rhin chargée d’envahir le Hanovre tenu par le duc de Cumberland] ne prévient pas le duc de Cumberland, soyez sure que le Raminagrobis enverra vingt mille de ses grands coquins qui tirent sept coups par minute, et qui étant plus grands, plus robustes, mieux exercés que nos petits soldats et de plus ayant des fusils d’une plus grande longueur, auront autant d’avantage avec la baïonnette qu’avec la tiraillerie.
Que faire à tout cela, Madame ? Cultiver son champ et sa vigne, se promener sous les berceaux qu’on a plantés, être bien logé, bien meublé, bien voituré, faire très bonne chère, lire de bons livres, vivre avec d’honnêtes gens au jour la journée, ne penser ni à la mort, ni aux méchancetés des vivants. Les fous servent les rois, et les sages jouissent d’un repos précieux.
Mille tendres respects.
V.
Aux Délices 4 juin 1757 près de Genève. »
Pour apprécier notre monde, imitons autant que faire se peut, ce brave matou rouquin (qui me rappelle d'excellents souvenirs et la grande peine à sa mort) et ce toutou confiant : http://www.zigonet.com/chat/un-chat-pratique-un-massage-s...
15:59 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : voltaire, klinglin, autriche, prusse, euromillion, milan
08/06/2009
nous choisirons un autre petit couvent puisque vous voulez bien prendre le voile avec moi, et recevoir ma bénédiction
Allez, je ne recule devant aucun sacrifice, juste pour vous montrer mon immense désarroi, ma grande détresse : il n’y a plus de gabonais au numéro que vous avez demandé !

Couple à la Dubout ! Non? Alors, Laurel et Hardy ! Non ? Pardon madame, vous me rappelez Marie-Thérèse d'Autriche ; comprenne qui sait (qui a visité le chateau de Voltaire, sait ).
Oh ! Dieu, O-dieux, O-mar Bongo l’inamovible a cassé sa pipe ! Guerre de succession possible, ce mortel profiteur ayant gardé seul les rênes du pouvoir ; qui l’aime le suive ?
Roland Garros , lui , a vu naitre un dieu helvétique, donc neutre, Roger Federer qui ne lance que des balles jaunes en caoutchouc velu .Sans danger pour les mortels que nous sommes.

« A Marie-Louise Denis

Je pars dans le moment, ma chère enfant. Je passerai deux jours à Senones [il y restera 3 semaines] avant d’arriver à Plombières. Vous ne connaissez pas l’abbé de Senones. C’est un bénédictin de quatre-vingts ans, [né en 1672, en fait] qui a une bibliothèque de trente mille volumes, c’est dom Calmet. Avez-vous entendu parler de dom Calmet et de la Bible ? Il l’a commentée en quatorze tomes que j’ai dans notre cabinet de livres [Dissertations tirées du commentaire de dom Augustin Calmet. La Sainte Bible en latin et en français, 1750, 14 vol in-4°], et que vous pourriez fort bien vendre. L’auteur ni l’ouvrage ne sont trop faits pour vous. Mais je serai bien à mon aise dans la bibliothèque de Senones qui est une des plus belles du royaume. Je me ferai deux jours bénédictins, après quoi je viendrai vous attendre dans Plombières dont le séjour me serait insupportable sans vous. Croiriez-vous que je ne pars point de Colmar sans quelque regret ? Ma mauvaise réputation m’avait d’abord attiré un petit camouflet de la part de la Sainte Église, mais tous les honnêtes gens du pays ont bien réparé ce scandale.
Je vous prie, ma chère enfant, de m’écrire à Plombières avant votre arrivée et de me donner vos ordres, je n’ai rien à ajouter aux prières que je vous ai faites. Je suis toujours très indigné du titre de Colmar dont on a noirci cette nouvelle édition de cette maudite prétendue Histoire universelle. Il n’y a point de libraire qui ne hasardât de faire brûler un auteur pour gagner un écu. J’aimerais bien mieux que Lambert songeât à faire une édition honnête de mes petites œuvres [V* pensait que cette édition était faite par Lambert et le lui reproche le 1er juin ; en réimprimant l’édition Néaulme, Lambert met l’errata insuffisant donné à la hâte par V* ; il est dit que « le titre porte à Colmar, et qu’elle a été imprimée sous les yeux de l’auteur » ; V* le prie donc « de faire que cette fausseté soit supprimée »]. Je serais un peu consolé si vous pouviez mettre cette affaire en train avant votre départ. Quelle pitié de ne se voir qu’aux eaux dans un trou malsain où l’on dit que l’on va pour sa santé. Sachez, Héloïse, que sans vous Abélard se ferait moine à Senones pour six mois au moins, mais nous choisirons un autre petit couvent puisque vous voulez bien prendre le voile avec moi, et recevoir ma bénédiction. Je renonce au monde, et je ne suis qu’à vous.
V.
A Colmar 8 juin 1754
J’ai reçu en montant en carrosse votre lettre qui m’interdit Plombières [Maupertuis et La Condamine vont eux aussi à Plombières]. Je vous manderai ma marche, et ensuite, j’attendrai vos ordres. Adieu ma chère enfant.
9 juin
Je renvoie cette lettre à Colmar. »
"Quelle pitié de ne se voir qu’aux eaux dans un trou malsain où l’on dit que l’on va pour sa santé " : j'espère que cette phrase ne sera pas reprise par la Sécu qui rechigne tant et plus pour prendre en charge les soins en station thermale, et qu'elle ne sera pas prise au premier degré -trou malsain- par les dites stations. Etant proche de Divonne-les-Bains, station spécialisée dans les soins aux nerveux, je peux certifier qu'au moins celle-ci n'est pas un "trou", juste le bout du monde, ou plus simplement le bout oriental du Pays de Gex (oriental à double titre, géographiquement et par les émirs et princes du pétrole qui y ont leurs résidences secondaires somptueuses ! ).
Sans oublier le casino, boite à gogos !
14:17 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : voltaire, denis, calmet, abélard

