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27/02/2017

Vous auriez la comédie et l'opéra-comique, car nous jouons tout cela

... Sans sourciller, nous autres candidats à la présidentielle . Malheureusement, le texte de nos déclarations n'est pas de la veine d'un Voltaire, tant s'en faut ; mais cela ne nous empêchera pas de dégoiser à gogo jusqu'à la dernière seconde de notre propagande électorale ."

Il va nous falloir trouver le moins mauvais, faute d'en avoir un vrai bon . 

 

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Aurons - nous besoin des talents (sic) divinatoires de M'ame Irma ?

 

 

« A Philippe-Antoine de Claris, marquis de Florian 1

19 mars [1762]

Le grand écuyer de Cyrus va donc devenir Picard . J'en fais mon compliment à ma nièce ; je vous en remercie, et je m'en félicite . Tout mon chagrin, monsieur, est que la noce ne se fasse pas chez moi . Vous auriez la comédie et l'opéra-comique, car nous jouons tout cela . Je ferais votre épithalame . Tout ce que je peux faire à présent, c'est de m’enorgueillir de me trouver votre oncle, et de vous dire combien cet oncle vous aime, et vous aimera toujours .

Viviez heureux neveu et nièce . »

 

Vos arrangements, dont vous voulez bien me faire part, me paraissent très convenables pour toutes les parties intéressées

... Ce qui n'est sans doute pas l'avis de toute  la base des partis politiques, qu'elle soit de gauche comme de droite . Hamon, Macron, Fillon , Mélenchon, Marine, etc. signent des PACS à tour de bras, sachant bien que le divorce est inévitable, sinon désirable,  à plus ou moins brève échéance . Je tiens le pari .

 

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Les arrangements, qu'ils soient floraux ou politiques, sont périssables, toujours .

 

 

« A Marie-Elisabeth de Dompierre de Fontaine

Ferney 19 mars [1762] 1

Ma chère nièce, je n’ai qu’un moment pour vous dire combien je vous approuve et je vous félicite. Il n’y a rien de si doux ni de si sage que d’épouser son ami intime 2. Vos arrangements, dont vous voulez bien me faire part, me paraissent très convenables pour toutes les parties intéressées . Hornoy y gagnera, votre château s’embellira, la vie y sera plus animée . Tout le mal est dans cette horrible distance de votre château au mien.

Je vous prierai de m’instruire du jour de votre départ : il faut qu’un oncle s’arrange pour un petit présent de noces. Je voudrais bien être de la cérémonie ; et signer au contrat. Je vais annoncer dans l’instant cette nouvelle à madame Denis, qui répète actuellement son rôle de Statira, et qui le jouera bientôt sur un théâtre mieux entendu, mieux orné, mieux éclairé que celui de Paris.

Je suis très fâché de ne vous pas marier dans mon église, en présence du grand Jésus, doré comme un calice, qui a l’air d’un empereur romain, et à qui j’ai ôté sa physionomie niaise. Nous vous donnerions vraiment une belle fête ; car nous sommes en train, et la tête m’en tourne.

Madame Denis arrive ; elle pense comme moi ; nous vous embrassons tendrement, vous et le grand écuyer de Cyrus, devenu mon neveu. »

1 L'original est passé à la vente Edouard Meaume le 15 février 1887 ; l'édition de Kehl place à tort cette lettre en 1764 .

2 Le marquis de Florian .

 

Je conclus que l'argent est rare à Paris puisqu'on en va chercher dans nos montagnes

... L'or blanc, pour Bercy, n'est pas qu'une goutte d'eau dans le PIB . A l'heure du Salon de l'Agriculture, il est temps d'évoquer le génie des paysans français qui ont permis ce développement .

 

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« A Ami Camp et compagnie

à Lyon

A Ferney 19 mars 1762

J'ai reçu mon cher monsieur les deux billets de M. d'Albertas . Je conclus que l'argent est rare à Paris puisqu'on en va chercher dans nos montagnes . La paix entre les Russes et les Borusses paraît rencontrer des difficultés . Mes petites affaires en éprouvent aussi . Je prête beaucoup et on ne me paye rien . Les fêtes vont leur train, la dépense augmente, la ruine avance . Je suis le plus pauvre de vos correspondants . N'est-ce pas le neveu de M. Tronchin qui est votre associé ?

J'embrasse l'un et l'autre tendrement .

V. »

 

26/02/2017

La nouvelle est qu'on vous prévient

... Fanfoué Hollande reconnait "le travail important des agriculteurs" . Qui donc l'a prévenu qu'il y a urgence à ne pas laisser sombrer cette filière nourricière ? Sait-il que des paysans crèvent , ruinés , paradoxalement sur des terres qui valent une fortune et qui sont finalement la proie des banques et de margoulins immobiliers ?

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Cette main là vous nourrit monsieur le président, ne l'oubliez pas, ni vous, ni ceux qui vous succèdent

 

« A Gabriel Cramer

[vers le 15 mars 1762]

Louis Wagnière, et Guillaume Corbot ont fini leur Cassandre ; quand mon cher Gabriel la voudra déclamer devant gens idoines à l'entendre, on l'enverra sur-le-champ, à condition que mon cher Gabriel la rende immédiatement après la séance .

Interim il sera convenable que j'entretienne mon cher Gabriel à fond sur Pierre, et que les deux frères redoublent de zèle . »

 

 

 

« A Gabriel Cramer

[mars 1762] 1

La nouvelle est qu'on vous prévient . Ainsi mon cher ami hâtons-nous . Quels livres 2 vous faut-il ? Presto presto, e mui atrevido 3. »

1 Daté selon l'hypothèse quasi sûre qu'il s'agit de La Pucelle .

2 V* a d'abord écrit chants, ce qui est significatif concernant La Pucelle .

3Espagnol ; vite, vite, et avec beaucoup d'audace . Suivant les Mémoires secrets, La Pucelle était à Paris le 15 avril 1762 .

 

25/02/2017

mais aussi pourquoi êtes-vous condamnés à demeurer dans votre vilaine ville de Paris ?

... Oui, pourquoi ? qu'avez-vous fait au bon Dieu pour mériter une telle peine ?

N'avez-vous pas entendu Donald le-Malfaisant-à-Houpette-pisseuse et sa vision de notre capitale ?

Que ne fuyez-vous une ville si dangereuse pour vous et tous les touristes ! Seuls Georges Clooney et son épouse seraient des Américains assez aveugles pour trouver du charme à notre capitale , ne pas être de l'avis de leur Grand Timonier [titre pompeux de Mao] ? Le jour où l'on fera un bêtisier Trump, on aura une idée de l'infini .

 

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Paris selon Trump

 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'ArgentaI

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'ArgentaI

[vers le 15 mars 1762] 1

Ô mes anges daignez recevoir pour vos œufs de Pâques ce Droit du seigneur que je crois dans son cadre . Je vous demande en grâce qu'ils soit joué tel qu'il est . J'ai malgré toute ma modestie la sincérité insolente de vous dire que je le crois très bon . Tâchez de penser comme moi, car depuis l'effet que cette pièce a fait sur mes Suisses et sur mes Savoyards, j'aurai bien mauvaise opinion de vos pauvres Français s'ils ne rient pas, et s'ils ne son pas touchés . Je veux qu'une comédie soit intéressante, mais je la tiens un monstre si elle ne fait pas rire .

Je ne mets pas encore Olympie à vos pieds, j’attends que nous l'ayons jouée, et que je puisse vous rendre compte du jugement de nos Allobroges, et de la manière admirable dont nous disposons notre vestibule, notre temple, nos autels et notre bûcher . Ce bûcher servira à jeter la pièce au feu si elle n'est pas reçue avec transport par nos montagnards . Vous êtes bien à plaindre de ne pas voir nos fêtes, mais aussi pourquoi êtes-vous condamnés à demeurer dans votre vilaine ville de Paris ?

Au lieu d'Olympie je vous supplie d'agréer le présent mémoire . Pouvez-vous mes divins anges, avoir la bonté de le faire recommander par M. le comte de Choiseul ? Le frère du capitaine 2 qui veut tirer du canon contre les Hanovriens et Prussiens, est connu de M. le comte de Choiseul, et reçoit quelquefois des ordres de lui pour nos limites .

On ne demande qu'un mot . Ce mot est juste . L'officier qui a la rage de servir est très bon . Enfin je vous demande instamment cette grâce .

Je ne sais plus que penser de mon Shouvalow . On n'a rien fait pour lui . Il voulait voyager et il reste à sa cour . Je suis encore très incertain sur le traité des Borusses 3 avec les Russes . Qui vous eût dit, quand nous étions petits, qu'un jour ces Scythes tiendraient la balance de l’Europe ? Pauvres petits Français, ce n'est pas vous encore qui la tenez . Il faut espérer que nous ne serons pas toujours dans la boue , mais jusqu’ici nous jouons un triste rôle malgré le prodigieux succès de la farce italienne .

Divins anges continuez vos bontés à la marmotte des Alpes .

V. »

1 Malgré la mention de d'Argental « 10 avril 1762 » la lettre est datée d'après la représentation d’Olympie à Ferney le 24 mars et d'après la lettre du 4 avril 1762 par laquelle V* remercie les « anges » pour l'intervention de Choiseul en faveur de « notre artilleur» : voir : http://www.monsieurdevoltaire.com/article-correspondance-annee-1762-partie-11-122935273.html

2 Il pourrait avoir été l'un des membres de la famille Gallatin ; voir lettre de Choiseul du 11 avril 1762 où celui-ci parle de « votre jeune Gallatin ».

3 Les Prussiens .

 

Il me faut les suffrages de ma nation pour mériter le vôtre

... Mise sous une forme interrogative, cette affirmation correspondrait tout à fait à une demande de parrainage pour un candidat aux présidentielles, raisonnant par l'absurde ( évidence : l'absurde étant monnaie courante pour la majorité des candidats ) : " Faut-il que j'obtienne les suffrages de ma nation pour obtenir le vôtre ?"

 

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« A Ivan Ivanovitch Schouvalov

Au château de Ferney 15 mars ns. 1762 1

Monsieur, Je reçois la lettre dont vous m'honorez en date du 14/25 janvier . J'avais eu l'honneur d'écrire à Votre Excellence par la voie de M. le comte de Caunits qui eut la bonté de se charger de mon paquet . Je vous écrivis trois lettres 2 dès que je sus la triste nouvelle qui m'a fait verser des larmes . Je crois que des trois lettres vous en avez reçu deux . La troisième qui accompagnait un gros paquet a eu un sort funeste . Le maître de poste de Nuremberg à qui il était adressé m'a mandé que le courrier qui le portait a été assassiné par des inconnus qui ont pris l'argent dont il était chargé, un paquet destiné pour Vienne, et un autre pour la Suède . J'en rends compte à M. le comte de Caunits qui sans doute en est déjà informé .

Je vois monsieur par votre lettre que vous prenez un parti bien digne d'un philosophe, vous voulez vous berner à cultiver les lettres . Vous serez l'Anacharsis 3 moderne . Mais puisque vous avez une intention si sage et si noble , pourquoi ne feriez-vous pas comme Anacharsis ? pourquoi ne voyageriez-vous point ? Je parle un peu pour mon intérêt . Je me trouverais peut-être sur votre route , j'aurais le bonheur de vous voir et d'entretenir celui dont les lettres m'ont fait tant de plaisir . Il serait difficile qu'en passant d'Allemagne en France ou en Italie, vous ne vous trouvassiez pas à portée de mes ermitages . Je vous en ferais les honneurs de mon mieux et ce serait le cœur qui les ferait . Je suis trop vieux pour venir vous trouver . Vous êtes jeune et si votre santé est un peu altérée, ce voyage dans des climats plus doux que le vôtre la raffermirait . Je vois avec douleur que si la nature donne à vos compatriotes une constitution robuste elle leur accorde rarement une longue vie ; voyez à quel âge meurent tous vos souverains . Aucun n'atteint une heureuse vieillesse . Je souhaite que l'empereur régnant et dont vous faites un si bel éloge ait ce nombre de jours que je souhaitais à l'impératrice que je pleure 4. Il mérite de vivre longtemps, lui et son auguste épouse, puisqu'ils ne vivent que pour le bonheur des hommes .

Sans doute, monsieur, il vous attachent l'un et l'autre à Petersbourg ; et d'ailleurs je sens bien que vous ne voulez pas quitter une patrie qui vous aime, et que vous illustrez .

Si vous êtes toujours, monsieur, dans le dessein d'achever le monument auquel vous avez bien voulu que je travaillasse , je vous prierai de faire adresser les gros paquets à M. de Czernichev à Vienne qui les remettra à notre ambassadeur M. le comte du Châtelet 5. Il aura la bonté de me les faire parvenir 6 par le courrier qui passe par Strasbourg . J'en préviens M. le comte de Czernischew . Je suis obligé de prendre ces précautions .

Je suis charmé que vous daigniez monsieur accepter le témoignage public que je veux vous donner de ma très respectueuse et très tendre estime . Si le petit ouvrage dont il est question est reçu favorablement du public, je vous le présenterai avec plus de confiance . Il me faut les suffrages de ma nation pour mériter le vôtre . Votre Excellence sait combien je lui suis dévoué pour jamais .

Votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire .

J'ajoute que depuis trois mois Votre Excellence doit avoir reçu quatre paquets pour l'Histoire et huit lettres 7. »

1 A partir de la formule, la fin , omise dans l'édition de Kehl manque dans les éditions suivantes ; le post-scriptum est écrit dans la marge du bas de la quatrième page .

2 Aucune de ces trois lettres ne nous est parvenue .

4 De fait, Pierre III fut détrôné le 9 juillet et assassiné le 18 juillet 1762 .

6 Depuis par le courrier..., la phrase biffée sur la copie Beaumarchais manque dans les éditions .

 

24/02/2017

Je ne vous ai point remercié mon cher ami de toutes vos attentions

... Aussi , je tiens à vous remercier publiquement pour cette nouvelle attention envers les automobilistes, - caste des taillables et corvéables à merci,- et envers les chomeurs et les Uberisés qui vont avoir un nouveau job (égal à celui des conducteurs de moto-crottes) : chauffeur de voiture radar-tirelire . Il va devenir difficile de conduire, un oeil sur le tachymètre (NDLR - James se la pète un peu avec des termes techniques ) et l'autre sur le rétroviseur, avantage à ceux qui ont un strabisme divergent . Nous sommes sur le chemin des polices privées pour nantis, prochaine étape du désistement public . A suivre .

 

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« A François de Chennevières

De Ferney du 14 mars [1762] 1

Je ne vous ai point remercié mon cher ami de toutes vos attentions ; nous avons été occupés à jouer la comédie . Il a fallu faire le théâtre, la pièce et les acteurs . J'en excepte Mme Denis que la nature a fait une excellente actrice . Mlle Corneille l'est devenue . Je ne m'étais pas attendu qu'elle développerait un talent si marqué . Elle dit des vers, comme son oncle les faisait . Nous avons un théâtre digne d'elle, mieux entendu, mieux orné, plus éclairé que celui de Paris ; et ce qui est fort extraordinaire, nous avons un auditoire composé de très bons juges . Il y a beaucoup d'esprit dans l'enceinte de nos montagnes, et point de cabales ; on ne vient à notre spectacle que pour avoir du plaisir ; que ne pouvons-nous jouir de celui de vous y avoir . Je vous embrasse, etc. »

1 Pour l'année, voir la référence à Mlle Corneille dans la lettre du même jour à Thibouville : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2017/02/24/les-anges-ni-vous-ni-moi-ne-connaissaient-la-piece-il-y-a-qu-5914624.html