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26/02/2026

Que j’aime à voir notre vicaire Appliquer assez pesamment Un baiser, près du sanctuaire, A la femme du prédicant !

... Entente cordiale et tolérance religieuse souhaitables , en tout bien tout honneur bien sûr .

 

« A Louise-Honorine Crozat, duchesse de Choiseul

et à

Etienne-François de Choiseul-Stainville, duc de Choiseul-Stainville

Ferney, 27è Auguste 1770

Madame,

Après avoir embelli votre royaume de Chanteloup par vos bienfaits, vous venez encore, M. le duc de Choiseul et vous, d’étendre vos grâces sur notre hameau de Ferney.

Peut-être apprendrez-vous tous deux avec quelque satisfaction que nos émigrants ont donné pour la Saint-Louis une petite fête qui a consisté en un très bon souper de cent couverts, avec illumination, feu d’artifice, et des vive le roi  sans fin. Peut-être même monsieur le duc ne sera pas fâché d’apprendre au roi qu’il est aimé et célébré par ses nouveaux sujets comme par les anciens.

Vos noms, madame, n’ont été oubliés ni en buvant, ni dans le feu d’artifice.

Nous étions tous fort attendris,

Voyant, du fond de nos tanières,

Des Choiseul les beaux noms écrits

En caractères de lumières

Sur nos vieux chênes rabougris,

Et parmi nos sèches bruyères.

C’était un plaisir de voir nos huguenots et nos papistes être tous de la même religion, en 1 montrant à leurs bienfaiteurs la même reconnaissance.

Rien n’est plus selon mon humeur

Que de voir ces bons hérétiques

Boire et chanter de si grand cœur

Avec nos pauvres catholiques.

Dans cet asile du bonheur 2,

Le prêche est ami de la messe ;

Ils se sont dit : Vivons heureux,

Et tolérons avec sagesse

Ceux qui se moquent de nous deux.

 

Que j’aime à voir notre vicaire

Appliquer assez pesamment

Un baiser, près du sanctuaire,

A la femme du prédicant !

On voit bien après cela, monseigneur, qu’il n’y a pas moyen de refuser un édit de tolérance.

Nos colons, vos protégés, se mettent à vos pieds, et nous supplions tous notre bienfaiteur et notre bienfaitrice d’agréer nos profonds respects et notre reconnaissance. 

Le vieil ermite de Ferney, secrétaire. »

1 La copie Beaumarchais suivie des autres éditions remplace ce en par et .

2 Ce vers omis dans la copie Beaumarchais, est restitué d'après l'édition de Kehl .

25/02/2026

La différence qu'on a mise entre les Français de Gex et les Genevois, est aussi absurde qu'injuste

... Quoique , quoique ... Les uns rêvent des salaires des autres, lesquels rêvent de s'installer chez les uns . C'est un fait .

 

 

« A Louis-Gaspard Fabry

26è auguste 1770 à Ferney

Mille tendres remerciements, monsieur, pour Ferney et pour tout le pays . La différence qu'on a mise entre les Français de Gex et les Genevois, est aussi absurde qu'injuste . Un négociant qui bâtit actuellement une maison dans Ferney, vient de se dédire quand il a su que les Genevois seuls étaient favorisés par le ministère, et les Français écrasés .

J'ai l'honneur d'être avec un attachement respectueux, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire . »

Il a semblé bon au Saint-Esprit et à lui de passer par chez moi en allant voir le Pape

... Mais si tu ne vas pas au Pape, Léon XIV viendra à toi : https://www.ktotv.com/article/le-vatican-annonce-plusieur...

 

 

« A Gottlob Louis, comte de Schomberg

Ferney 25 auguste 1770 1

Puisque vous poussez vos bontés, monsieur, jusqu’à vouloir bien honorer encore de votre présence la solitude du mont Jura, et consoler un vieux malade par les charmes de votre conversation, je vous avertis pour vous encourager à cette bonne œuvre que vous y trouverez probablement M. d'Alembert .

Il a semblé bon au Saint-Esprit et à lui de passer par chez moi en allant voir le Pape . On ne peut mieux prendre son temps . J'ai établi une colonie de huguenots, c'est un petit commencement de réunion entre les deux plus belles sectes de philosophie qui font tant d'honneur à l'esprit humain, les papistes et les calvinistes . Vous ferez trêve pour quelques jours dans ma retraite pacifique à votre grand art de tuer les hommes avec gloire et salaire . Que ne puis-je tous les ans me trouver sur votre route !

Agréez toujours , monsieur, mon respectueux attachement . »

 

1 Copie Beaumarchais-Kehl ; éd. Kehl .

24/02/2026

Je ne sais comment m'y prendre

... Tel devrait être le constat d'Emmanuel Macron au sortir du Salon de l'Agriculture, s'il avait un tant soit peu de réalisme . Mais ce n'est pas sa principale qualité .

 

 

« A François de Caire

25è auguste 1770 à Ferney

J'ai encore recours à vous, monsieur, pour faire passer un faible secours à un infortuné malgré ses torts . Je ne sais comment m'y prendre, ni si la poste voudra se charger de mon paquet à M. de Chatelanaz . Je ne puis qu'implorer vos bontés .

Agréez, monsieur, les tendres respects du vieux malade, et très malade

V.

Je me mets aux pieds de madame de Caire tout indigne que j'en suis . »

23/02/2026

il restait à peine la place de signer mon nom

... tant la liste des candidats à la présidentielle est longue !" 

 

« A Gaspard-Henri Schérer

A Ferney 24è auguste 1770 1

J'ai l'honneur , monsieur, de vous adresser quatre lettres de change de 400, de 500, de 1000 et de 1800 livres .

Il y en a une à laquelle il restait à peine la place de signer mon nom .

Quand vous en aurez reçu le paiement je vous prie de m'en donner avis .

J'ai l'honneur d'être, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire.

Comme c'est vous qui tenez les livres et non pas moi, monsieur, permettez-moi de vois demander si je ne vous ai pas envoyé des lettres de change signées Meiner pour 2714 livres il y a environ six semaines ou un mois .« 

1 Original signé ; endos « Reçue le 26 août » et « £ 1800 en août sur Pagnier ; 400 au 13 septembre;1000 au 5 septembre ; 500 au 15 d° Paris ».

22/02/2026

Tout ce que vous daignez faire pour la petite colonie de nouveaux Français montre bien la générosité de votre cœur

... Quelques informations officielles sur la naturalisation française qui font taire les on-dit : https://www.youtube.com/watch?v=X-oUFV_D_-A

Si vous trouvez que c'est trop facile de changer de nationalité en France, je vous invite à vous informer sur les conditions des autres pays .

 

 

« A Pierre Paul, marquis d'Ossun

24è auguste 1770 à Ferney par Lyon

Monsieur,

Permettez que j’importune encore Votre Excellence par mes remerciements. Tout ce que vous daignez faire pour la petite colonie de nouveaux Français montre bien la générosité de votre cœur, et fait voir que vous représentez un roi de France.

Je me suis vanté à M. le duc et à Mme la duchesse de Choiseul 1 des extrêmes bontés dont vous m’honorez . J’en étais trop plein pour m’en taire. Je vous supplie de me pardonner cette indiscrétion elle ne dérobe rien à la reconnaissance que je vous dois. Le fort du commerce de mes colons étant en Espagne, jugez, monsieur, quelles obligations je vous ai.

J’ai l’honneur d’être avec un profond respect,

monsieur,

de Votre Excellence

le très humble et très obéissant serviteur

Voltaire . »

21/02/2026

Vous suppléerez à tout ce que je n'ai pas dit, car malheur à qui dit tout

... C'est bien ce que M. Macron aurait dû dire lors de la conférence de presse en Indes, plutôt que de s'embourber avec son "doute", et ses "erreurs" qui ne sont en fait pas nouvelles pour ceux  qui  suivent sa manière de gouverner . Reste que nous avons enlevé un marché énorme pour fournir des avions de combat, que nous ne serons pas capables de fournir en temps voulu, et qui de plus risquent d'être payés en roupies de sansonnet ! Ave Emmanuel !!

 

 

« A Jean-François de Saint-Lambert

22è auguste 1770

Mon très cher confrère en Théodicée et en Académie, je vous envoie un peu de la chétive prose que vous me demandez . Je sais bien qu'il n'est pas juste que je vous demande en échange de l'or pour mon cuivre . Mais comme vous êtes fort généreux il ne tiendrait qu'à vous de m'envoyer quelques vers de votre poème 1 dont on dit encore plus de bien que des Saisons . Je suis très malade, très languissant, et il n’y a que vos vers qui puissent me ranimer . Je vous les demande comme un restaurant dont j'ai un besoin extrême .

Vous verrez que j'ai deviné vos sentiments dans la réponse au Système de la nature . Vous suppléerez à tout ce que je n'ai pas dit, car malheur à qui dit tout .

Je vous remercie tendrement de vos bonté pour M. de Varicourt 2 . Je les implorerai dès que je saurai nettement ses intentions .

Vous me faites trembler en parlant de ces coups du ciel qui peuvent changer la face de la terre . Je m’intéresse fort à la face de ceux que vous aimez . Je ne sais comment il arrive que les coups du ciel font toujours beaucoup de mal .

Voulez-vous bien présenter mes respects à M. le prince de Beauvau et à Mme de Boufflers . Soyez surtout bien persuadé , monsieur, de tous les sentiments que vous m'inspirez, de l'extrême obligation que je vous ai de faire tant d'honneur aux lettres, de mon estime infinie, et de mon attachement inviolable .

V.

M. de Varicourt est très affligé de la goutte ; il demande sa retraite d'invalide, il dit que c'est tout ce qui lui convient dans le triste état où il est . Je vous supplie, monsieur, de ménager en sa faveur toutes les bontés dont M. le prince de Beauvau l’honore . »

1 Le Génie, dont on connaissait des extraits, mais que Saint-Lambert ne publia jamais lui-même . Voir : file:///C:/Users/jeanmarc/Downloads/rde-5512.pdf

2 Marie-Etienne Rouph de Varicourt, mari de Gilberte Prospère Deprez de Crassier, père de « belle et bonne » ; il avait servi dans les gardes du corps du roi sous le commandement de Beauvau . Voir : https://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&opi=89978449&url=https://excerpts.numilog.com/books/9782706221101.pdf&ved=2ahUKEwjSnNnduuiSAxVCRKQEHdfpCyAQFnoECCQQAQ&usg=AOvVaw2qhthLX1udx8Gb_SxCcLBL