10/03/2025
Se tromper est très ordinaire, insulter en se trompant est odieux
...
« A Paul Foucher
Au château de Tournay ce 31è auguste 1769 1
Monsieur,
La persévérance à défendre ceux à qui on est attaché est une vertu , l’acharnement à soutenir une critique injurieuse et injuste n'est pas si honnête .
Quand on veut faire une critique, il faut consulter toutes les éditions, voir si elles sont conformes, examiner si une faute d'imprimeur que la malignité rejette souvent sur un écrivain n'est pas corrigée dans les dernières éditions . Un censeur est une espèce de délateur ; plus son rôle est odieux, plus il a besoin d'exactitude ; il faut qu'il ait raison en tout .
Celui qui fait imprimer dans le recueil d'une académie des outrages contre un homme d'une autre académie, manque à toutes les bienséances . Il ne faut pas dire : Je parierais bien que M. de *** n'a pas lu le livre dont il parle, parce que cette expression , je parierais bien est d'un style très bas ; parce que dire à un homme : Vous ne connaissez pas les choses dont vous parlez, est une injure grossière, parce qu'il est évident que vous auriez perdu votre gageure ; parce que non seulement l'homme que vous outragez connaît les choses dont il parle, mais les fait quelquefois connaître au public d'une manière à faire repentir ceux qui l'insultent au hasard ; parce que ce n'est pas une excuse valable de dire , comme vous faites : son nom est venu au bout de ma plume . Vous sentez bien, monsieur, que le vôtre peut venir au bout de la sienne et être connu du public .
Permettez-moi, monsieur, de faire ici une réflexion générale . Une des choses qui révoltent le plus les honnêtes gens, c'est cette obstination à vouloir pallier son sort . Se tromper est très ordinaire, insulter en se trompant est odieux . Chercher mille prétextes pour faire accroire qu'on a eu raison d'insulter un homme à qui on devrait des égards est le comble du mauvais procédé . Au reste, la personne avec laquelle vous en avez si mal agi n'a jamais lu votre ouvrage, elle en a été avertie par quelques amis . J'ai vengé la vérité, j'ai fait mon devoir et vous n'avez pas fait le vôtre .
Je suis, monsieur, etc.
Bigex.
P. – S. Vous pensez, à ce que je vois par votre dernière lettre, que l'on m'a dicté mes réponses . Vous vous trompez en cela comme dans tout le reste . Je ne suis d'aucune académie, mais je sais m'exprimer et je connais les devoirs de la société .»
1 Copie de la main de Bigex ; éd. Lefèvre . Ceci représente la dernière lettre connue de la main de ce copiste . La mention du château de Tournay est bizarre ; V* n'y habitait plus depuis plusieurs années . Voir lettre du 30 avril 1769 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/10/30/j-espere-que-vous-serez-content-de-ma-politesse-6520988.html
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09/03/2025
des contretemps que je ne pouvais pas prévoir me mettent dans la nécessité de vous demander encore cent louis
... Oui, cher président et chers ministres, vous allez trouver le moyen de nous faire payer l'effort de guerre nécessaire par tout moyen que vous allez imaginer, pourvu que le mot d'impôt supplémentaire ne soit pas prononcé ; ça aura la couleur de l'impôt, le goût de l'impôt, mais ça ne sera pas de l'impôt, évidemment .
« A Guillaume-Claude de Laleu
Secrétaire du roi, Notaire
rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie
à Paris
30è auguste 1769 à Ferney 1
C'est bien malgré moi, monsieur, que je vous importune encore, mais des contretemps que je ne pouvais pas prévoir me mettent dans la nécessité de vous demander encore cent louis . Permettez-moi de les tirer sur vous . Je vous aurai l'obligation de me délivrer d'un embarras très pressant . Je vous enverrai incessamment un certificat de vie . J'ai été si malade pendant un mois entier que je n'ai pas cru que je fusse en droit de demander ce certificat . Je me flatte que le coup porté à la Compagnie des Indes n’empêchera pas qu'elle ne paie les rentes viagères qu'elle doit .
J'ai l'honneur d'être avec bien de la reconnaissance, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire. »
1 Original signé, cachet D sur P.D., et autre cachet rouge, mention : « Renvoyez vieille rue du Temple ».
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On croit que notre siècle n'est que ridicule, il est horrible . La nation passe un peu pour être une jolie troupe de singes, mais parmi ces singes il y a des tigres, et il y en a toujours eu
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« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental
30è auguste 1769 1
Mon cher ange, j'ai été un peu malade, je ne suis pas de fer comme vous savez ; c'est ce qui fait que je ne vous ai pas remercié plus tôt de votre dernière lettre .
Le jeune auteur des Guèbres m'est venu trouver ; il a beaucoup ajouté à son ouvrage, et j'ai été assez content de ce qu'il a fait de nouveau . Mais tous ses soins et toute sa sagesse ne désarmeront probablement pas les prêtres de Pluton . On était prêt de jouer cette pièce à Lyon , la seule crainte de l’archevêque 2, qui n'est pourtant qu'un prêtre de Vénus, a rendu les empressements des comédiens inutiles . L'intendant veut la faire jouer 3 à sa campagne ; je ne sais pas encore ce qui en arrivera . Il se trouve par une fatalité singulière que ce n'est pas la prêtraille que nous avons à combattre dans cette occasion, mais les ennemis de cette prêtraille qui craignent de trop offenser leurs ennemis .
J'ai écrit à M. le maréchal de Richelieu 4 pour prier de faire mettre Les Scythes sur la liste de Fontainebleau . Les Scythes ne valent pas Les Guèbres, il s'en faut de beaucoup ; mais tels qu'ils sont ils pourront être utiles à Lekain, et lui fournir trois ou quatre représentations à Paris .
Je me flatte que la rage de m'attribuer ce que je n'ai pas fait est un peu diminuée .
Je ne me mêle point de l'affaire Martin . Elle n'est que trop vraie, quoi qu'en dise mon gros petit neveu qui a compulsé les registres de La Tournelle de cette année au lieu de ceux de 1767 . Mais j'ai bien assez des Sirven sans me mêler des Martin . Je ne peux pas être le don Quichotte de tous les roués et de tous les pendus . Je ne vois de tous côtés que les injustices les plus barbares ; Lally et son bâillon, Sirven, Calas, Martin, le chevalier de La Barre se présentent parfois à moi dans mes rêves . On croit que notre siècle n'est que ridicule, il est horrible . La nation passe un peu pour être une jolie troupe de singes, mais parmi ces singes il y a des tigres, et il y en a toujours eu . J'ai toujours la fièvre le 24 du mois d'auguste, que ces barbares Welches nomment août . Vous savez que c'est le jour de la Saint-Barthélémy, mais je tombe en défaillance le 14 mai où l'esprit de la Ligue catholique qui dominait encore dans la moitié de la France assassina Henri IV par les mains d'un révérend père feuillant . Cependant les Français dansent comme si de rien n'était .
Vous me demandez ce que c'est que l’aventure du pape et de la perruque . C'est que mon ex jésuite Adam voulait me dire la messe en perruque pour ne pas s'enrhumer, et que j'ai demandé cette permission au pape, qui me l'a accordée . Mais l'évêque qui est un tête à perruque, est venu à la traverse et il ne tient qu'à moi de lui faire un procès en cour de Rome , ce qu’assurément je ne ferai pas .
Le parlement de Toulouse semble faire amende honorable aux mânes de Calas en favorisant l’innocence de Sirven . il a déjà rendu un arrêt par lequel il déclare le juge subalterne qui a jugé toute la famille à être pendue incapable de revoir cette affaire, et la remet à d'autres juges . C'est beaucoup. Je regarde le procès de Sirven comme gagné . J'avais besoin de cette consolation . Mes très tendres respects à mes deux anges .
V. »
1 Original, la dernière phrase et l'initiale autographes ; éd. Kehl . d'Argental a porté sur le manuscrit : « Re[çu ?] le 4 septembre . »
3 Jacques de Flesselles, intendant de Lyon : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_de_Flesselles
et : https://exploralyon.com/histoire-de-lyon-14-juillet-1789/
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08/03/2025
Je ne vois pas pourquoi ceux qui rendent service à la patrie n'en seraient pas payés de leur vivant
... Citez-moi quelques exemples !
Et, par contre, que ceux qui desservent la patrie soient condamnés sans rémission.
« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu
A Ferney 30è auguste 1769
Je sais qu'il est beau d'être modeste, mais il ne faut pas être indifférent sur sa gloire . Je me flatte, monseigneur, que du moins cette petite édition que j'ai eu l’honneur de vous envoyer 1 ne vous aura pas déplu . Elle devrait vous rebuter s'il y avait de la flatterie, mais il n'y a que de la vérité . Je ne vois pas pourquoi ceux qui rendent service à la patrie n'en seraient pas payés de leur vivant . Salomon dit que les morts ne jouissent de rien 2 et il faut jouir .
J'ai eu l'honneur de vous parler de l'opéra de M. de La Borde . Permettez-moi de vous présenter une autre requête sur une chose beaucoup plus aisée que l'arrangement d'un opéra , c'est d'ordonner Les Scythes pour Fontainebleau au lieu de Mérope, ou Les Scythes après Mérope, comme il vous plaira . Vous me ferez le plus grand plaisir du monde . J'ai des raisons essentielles pour vous faire cette prière . Je vous demande en grâce de faire mettre Les Scythes sur la liste de vos faveurs pour Fontainebleau . Mes soixante et seize ans et mes maladies ne m'empêchent pas, comme vous voyez, de penser encore un peu aux bagatelles de ce monde . Pardonnez-les-moi en faveur de ma grande passion, c’est celle de vous faire encore une fois ma cour avant de mourir et de vous renouveler mon très tendre et profond respect .
V. »
1 Avec la lettre du 31 juillet 1769 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/02/04/bien-presenter-cette-edition-telle-qu-elle-est-sans-oter-les-6533870.html
2 Un des thèmes de l'Ecclésiaste, IX, 5 : https://saintebible.com/ecclesiastes/9-5.htm
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07/03/2025
puisqu'il demande du temps pour une bagatelle qu'il eût dû faire en moins d'une seconde, j'ai droit de conclure qu'il n'en fera rien du tout
... Qui donc est ce retardataire ? Bayrou ?
« A Marie-Louise Denis
rue Bergère vis-à-vis l'hôtel des Menus
à Paris
30è auguste 1769
Je réponds à votre lettre du 23 auguste 1, et je vous remercie d'auguste, car août est d'un welche abominable . J'ai répondu exactement, ma chère amie, à toutes les autres, et j’ai entré dans les plus grands détails . Voici ma situation présente .
Je suis très malade ; il y a quatre mois que je n'ai mis un habit . J’ai bien des raisons de fuir le commerce des hommes, mais la solitude avec les maladies continuelles composent un état qui ne laisse envisager qu'une mort prochaine .
Je vous ai toujours mandé que je redoutais l'hiver pour vous et pour moi dans le pays où je suis ; que je redoutais encore plus l'ennui que vous éprouveriez . Je n'ai jamais eu que votre bonheur en vue , et je penserai toujours de même.
Il me serait impossible d'aller actuellement à Paris mettre de l'ordre à mes affaires ; ma santé est trop déplorable, et d'ailleurs il faut que je règle tout avec les gens de Montbéliard ; j'attends sur cela M. Christin .
Je suis actuellement dans de si cruelles souffrances malgré tout mon régime, que je ne vous réponds pas de vous écrire avec beaucoup d’ordre .
Je n'augure rien de bon de la réponse de M. de Vim . Cette affaire est si peu de chose pour lui qu'il pouvait la conclure sur-le-champ quand ce n'eût été que par considération pour mon âge ; et puisqu'il demande du temps pour une bagatelle qu'il eût dû faire en moins d'une seconde, j'ai droit de conclure qu'il n'en fera rien du tout .
En ce cas, ce sera un malheur de plus pour moi , mais je ne suis pas moins touché de l’amitié et du zèle que vous avez mis dans cette entreprise ; vous m'en seriez plus chère si ma tendresse pour vous pouvait augmenter .
Vous me parlez de la lettre de M. des Franches, vous verrez encore une fois , par mes précédentes, que j'ai répondu à tous les articles . Vraiment ce M. Conti se moque bien du monde de me proposer de traduire un chant du Tasse pour lui procurer le débit d 'un livre qu'il n’aura point fait . Cet homme ne sait pas apparemment que j'ai soixante et seize ans, que je suis malade, et que j'ai plus d'une affaire . Je n'ai ni le temps ni la force seulement de lui répondre . Je vous prie de le lui dire si vous le voyez . Le Tasse devint fou, mais cet homme ne le deviendra pas .
Je vais écrire à M. de La Sourdière pour la Scythie . J'ai bien peur que ce M. de La Sourdière 2 ne gâte par ses plaisanteries l'affaire que vous avez entamée avec Mme de Le Long 3 ; il est tout propre à cela ; il y a quarante ans que je connais mon homme .
Vous me faites beaucoup trop d'honneur en pensant que je vis avec les deux personnes qui sont chez moi . Je garde le prêtre parce qu’il y a cinq ans que je l'ai . Je n'ai pris l'autre 4 pour quelque temps que parce que j'ai eu compassion de ses malheurs inouïs . Je l'ai tiré d'un état fort triste qui lui aurait fait perdre le peu qu'il lui reste . La dame qui le vit à Neuchâtel ne le vit qu'abruti par le malheur . Il est vrai qu'il fait de très mauvais vers, comme bien d'autres 5 ; mais c'est un vieil enfant très bon, très serviable et très infortuné . Nous verrons quel parti il pourra prendre . Pour moi, je ne sais encore quel sera le mien ; il faut que j'aie un peu de santé, ou que je songe à mourir . Mais vif ou mort, vous verrez que je vous ai toujours aimée .
Je vous prie , ma chère amie, de donner cette lettre à votre gros magistrat 6 .
En voici encor une autre pour la dame Duchesne 7. »
1 Conservée . Mme Denis s'y plaint de Durey . Elle suggère de nouveau d'écrire à Richelieu pour Les Scythes . Enfin, elle répond qu'aucune affaire concernant un « Martin » n'est mentionnée dans les registres du parlement de Paris .
2Richelieu ainsi que le note Mme Denis au-dessus de la ligne .
3Mme Denis a porté « de Pompadour » au-dessus de la ligne .
4Durey de Morsan , voir lettre de Mme Denis du 11 septembre 1769 .
5 Comme Mme Denis elle-même, entre autres .
6 Cette lettre à d'Hornoy qui était chargé de se renseigner sur la prétendue affaire martin ne nous est pas parvenue ; sa réponse fut négative ( voir lettre du 30 août 1769 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/03/08/on-croit-que-notre-siecle-n-est-que-ridicule-il-est-horrible-la-nation-pass.html
) et V* revint à la charge plus tard sans plus de succès .
7 Non conservée.
17:52 | Lien permanent | Commentaires (0)
son affaire traînera encore longtemps
... Pauvre Ukraine , que peut-on faire pour toi ?
https://www.publicsenat.fr/actualites/international/guerr...
« A l'abbé Joseph Audra
Baron de Saint-Just, Professeur
en histoire, etc.
place Mage
à Toulouse
Mon cher professeur en histoire, il faudra mettre un jour dans l'histoire de votre vie la protection que vous avez donnée à Sirven.
Mandez-moi, je vous prie, s'il est remis en prison à Castres ou à Mazamet ; si son affaire traînera encore longtemps, et à qui il faudra s'adresser quand on pourra lui faire tenir quelque argent .
M. de La Croix pourrait m'envoyer son mémoire 1 en l'adressant à M. Vasselier, premier commis des postes de Lyon ; il n'y aurait qu'à mettre sur la première page : Monsieur Vasselier est prié de faire parvenir ce mémoire à M. de Voltaire, quand il l'aura lu .
Mais il faudrait en prévenir le directeur de la poste de Toulouse, sans quoi on taxerait le paquet pour M. Vasselier comme celui d'un autre .
M. le prince de Beauvau me fait l'honneur de me mander que l'affaire de Sirven est en très bon train, qu'il l'a fortement recommandée , et qu'il en espère beaucoup 2.
Dès qu'il y aura quelque chose de nouveau, je ne manquerai pas de l'adresser à monsieur votre cousin . Notre ami l'abbé Morellet a donc écrasé la Compagnie des Indes ; mais cette compagnie a fait couper le cou à Lally, qui à mon gré ne le méritait pas . Il y avait quelques employés aux Indes qui méritaient mieux une pareille catastrophe . C'est ainsi que va la monde . Tout ira bien dans la Jérusalem céleste . Je vous donne ma bénédiction en vous embrassant de tout mon cœur .
30è auguste 1769. 3 »
1 Mémoire pour le sieur Pierre-Paul Sirven […] appelant , Contre les consuls et communauté de Mazamet, proposé par Firmin de La Croix dans une lettre à V* du 23 août 1769, qui parut effectivement en 1770 . Voir : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6291073c/f225.item.texteImage
2 Lettre inconnue.
3 Original cachet « de Lyon » ; éd. Kehl (fragment ajouté en post scriptum à la lettre du 4 septembre 1769 à de La Croix , d'après la copie Beaumarchais ) ; L. G. Pélissier « Lettres de divers écrivains français », Bulletin du bibliophile, mai 1906 .
Par erreur la lettre du 4 septembre 1769 à La Croix est attribuée à Audra : https://www.monsieurdevoltaire.com/2015/09/correspondance-annee-1769-partie-30.html
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06/03/2025
vous rendrez à la France un service dont elle a grand besoin
... Paroles de partisan, ou d'opposant, au président Macron ? Conseil ou menace ?
Voyons les commentaires après son intervention télévisée; par exemple : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/geopoliti...
« A Joseph-Michel-Antoine Servan
Ferney 26 auguste [1769] 1
Voici un jeune homme à qui je porte envie, non parce qu'il est dans la fleur de l'âge et que je suis très vieux, non parce qu'il a la santé et que je suis très malade , mais parce qu'il aura l'honneur de vous faire sa cour : c'est M. Mallet-Dupan 2, d'une ancienne famille de la magistrature de Genève . Il sait que c'est à Grenoble qu'il faut aller pour voir l'honneur de la magistrature ; il est un de ceux qui respectent le plus la vraie vertu et la vraie éloquence . Je prends la liberté, monsieur, de vous le présenter pour me consoler du malheur d'être éloigné de vous . Agréez les sentiments que je vous ai voués pour le reste de ma vie . Personne n'est plus sensible que moi à vos grands talents et à vos bontés . Je me flatte que votre santé vous permet de vous occuper de l'important ouvrage que vous avez commencé 3 ; vous rendrez à la France un service dont elle a grand besoin .
J'ai l'honneur d'être avec respect, monsieur, etc.
Voltaire. »
1 Manuscrit olographe acheté par Holloway à la vente John Young du 20 avril 1869 à Londres ; éd. Beuchot.
2 Jacques Mallet, connu sous le nom de Mallet-Du Pan , est un cousin éloigné de Dupan dont les lettres aux Freudenreich sont une source intéressante de la connaissance de V* . Sa mère est Eve-Michée-Elisabeth, fille de Jacob Dupan .
Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Mallet_du_Pan
et : https://www.histoire-en-citations.fr/citations/on-crut-que-robespierre-allait-fermer-l-abime
3 Ce projet aboutira à un Discours sur le progrès des connaissances humaines en général, de la morale et de la législation en particulier, 1781 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6578022d.texteImage
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