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24/12/2025

Mon destin est de vous être bien tendrement attaché, jusqu’à ce que mon faible corps soit changé en chou ou en carotte

... Encore un Noël sans vous Mam'zelle Wagnière mais je tiens parole comme je vous l'ai promis . Heureux Noël à tous ceux qui suivent ce blog et meilleurs voeux à ceux qui y jetteront un coup d'oeil un jour prochain .

 

 

« A Marie de Vichy de Chamrond, marquise Du Deffand

12è juillet 1770 1

Je vous ai parlé plus d’une fois à cœur ouvert, madame ; il est actuellement fendu en deux, et je vous envoie les deux moitiés dans cette lettre. L’envie et la médisance sont deux nymphes immortelles. Ces demoiselles ont répandu que certains philosophes, que vous n’aimez pas, avaient imaginé de me dresser une statue, comme à leur député ; que ce n’était pas les belles-lettres qu’on voulait encourager, mais qu’on voulait se servir de mon nom et de mon visage pour ériger un monument à la liberté de penser. Cette idée, dans laquelle il y a du plaisant, peut me faire tort auprès du roi. On m’assure même 2 que vous avez pensé comme moi, et que vous l’avez dit à une de vos amies.

Cette pauvre philosophie est un peu persécutée. Vous savez que le gros recueil de l’Encyclopédie est prisonnier d’État à la Bastille avec saint Billard et saint Grizel . Cela est de fort mauvais augure.

Je me trouve actuellement dans une situation où j’ai le plus grand besoin des bontés du roi. Je ne sais si vous savez que j’ai recueilli chez moi une centaine d’émigrants de Genève, que je leur bâtis des maisons, que j’établis une manufacture de montres ; et, si le roi ne nous accorde pas des privilèges qui nous sont absolument nécessaires, je cours risque d’être entièrement ruiné, surtout après les distinctions dont M. l’abbé Terray m’a honoré.

Il est donc très expédient qu’on n’aille point dire au roi, en plaisantant, à souper , les encyclopédistes font sculpter leur patriarche. Cette raillerie, qui pourrait être trop bien reçue, me porterait un grand préjudice. Je pourrais offrir ma protection en Sibérie et au Kamschatka ; mais, en France, j’ai besoin de la protection de bien des gens, et même de celle du roi. Il ne faut donc pas que ma statue de marbre m’écrase. Je me flatte que les noms de M. et de Mme de Choiseul seront ma sauvegarde.

J’aurai l’honneur de vous envoyer, madame, les articles de la petite Encyclopédie que je croirai pouvoir vous amuser un peu : car il ne s’agit à nos âges que de passer le temps et de glisser sur la surface des choses. On doit avoir fait ses provisions un peu avant l’hiver ; et quand il est venu, il faut se chauffer doucement au coin du feu qu’on a préparé.

Adieu, madame ; jouissez du peu que la nature nous laisse. Soumettons-nous à la nécessité qui gouverne toutes choses. Homère avoue que Jupiter obéissait au destin ; il faut bien que nos imaginations lui obéissent aussi. Mon destin est de vous être bien tendrement attaché, jusqu’à ce que mon faible corps soit changé en chou ou en carotte.

V. »

1 Original ; éd. Kehl , copie par Wyart qui transcrit par erreur la date en 11, suivie par toutes les éditions .

2 D’Alembert écrit une lettre du 2 juillet utile à connaître pour comprendre le jeu compliqué d'insinuations et de mensonges qui se jouait entre ces personnages ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_7943

23/12/2025

Le système de l’égalité m’a toujours paru d’ailleurs l’orgueil d’un fou. Il n’en est pas de même de la tolérance

... Fraternité plutôt qu'égalité : pas facile ; mais quand même plus facile que l'inverse, je crois .

 

 

« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu

À Ferney, 11è juillet 1770

Monseigneur, j’ai reçu, comme j’ai pu, dans mon misérable état, M. le prince Pignatelli, mais avec tout le respect que j’ai pour son nom, et avec l’extrême sensibilité que son mérite m’a inspirée.

Je vous avoue que je suis flatté de ma statue posée au pied de la vôtre, plus que Mlle Le Maure 1 ne l’était d’être dans le carrosse de madame la dauphine. Le carrosse et les chevaux ne sont plus ; votre statue durera, et votre gloire encore davantage. Vous me pousserez à la postérité.

Mon héros, en me caressant d’une main, m’égratigne un peu de l’autre, selon sa louable coutume. Voici ce que je réponds à ces belles invectives contre la philosophie, à laquelle il vous plaît de déclarer la guerre 2 par passe-temps. Lisez, je vous prie, cette page que je détache d’une feuille d’une Encyclopédie de ma façon 3. Elle m’est apportée dans le moment : c’est le commencement d’un article où l’on réfute une partie des extravagances absurdes de Jean-Jacques. Je déteste l’insolence d’une telle philosophie, autant que vous la méprisez. Le système de l’égalité m’a toujours paru d’ailleurs l’orgueil d’un fou. Il n’en est pas de même de la tolérance. Non-seulement les philosophes qui méritent votre suffrage l’ont annoncée, mais ils l’ont inspirée aux trois quarts de l’Europe entière. Ils ont détruit la superstition jusque dans l’Italie et dans l’Espagne. Elle est si bien détruite que dans mon hameau, où j’ai reçu plus de cent Genevois avec leurs familles, on ne s’aperçoit pas qu’il y ait deux religions. J’ai une colonie entière d’excellents artistes en horlogerie ; j’ai des peintres en émail. Le roi a acheté plusieurs montres de ma manufacture. Cet établissement fait venir en foule des marchands de toute espèce. Je bâtis des maisons, je vivifie un désert. Si j’avais été assez heureux pour en faire autant dans les landes de Bordeaux, je suis sûr que vous m’en sauriez gré et que vous appelleriez mes efforts du nom de véritable philosophie. Il était digne de vous de vous déclarer le protecteur des philosophes plutôt que celui de Palissot. Vous savez qu’ils ont un grand parti, et qu’on ambitionne leur suffrage.

Je n’ai plus qu’un désir, c’est celui de vous renouveler mes très tendres hommages, de vous entretenir, de vous ouvrir mon cœur, de vous faire voir qu’il n’est pas indigne de vos bontés. Il est vrai que la vie de Paris me tuerait en huit jours. Il y a plus d’un an que je suis en robe de chambre. J’ai bientôt soixante et dix-sept ans . Je suis très affaibli ; mais je donnerais ma vie pour passer quelques jours auprès de vous, dès que ma colonie n’aura plus besoin de moi.

Il est plaisant qu’un garçon horloger 4, avec un décret de prise de corps, soit à Paris, et que je n’y sois pas.

Votre Paris est plein de tracasseries, tandis que celles de Catherine seconde  vont à exterminer l’empire des Turcs. Croyez qu’elle est bien loin d’être dans la situation équivoque où de fausses nouvelles la représentent. Elle a fait deux légions de Spartiates, qui ont tout le courage des héros de la guerre de Troie. Elle peut dans deux mois être maîtresse de la Grèce et de la Macédoine ; et, à moins d’un revers qui n’est pas vraisemblable, vous verrez une grande révolution. Songez que cette même impératrice, dans son code qu’elle a daigné m’envoyer écrit de sa main, a établi la tolérance universelle pour la première de ses lois.

Je vous demande la vôtre. Vous savez si mon cœur est à vous et quel est mon respect, ma passion, mon idolâtrie pour mon héros.

V. »

1 Actrice de l’Opéra devenue dévote.

On raconte que lorsque Catherine-Nicole Le Maure participa à des représentations théâtrales données en 1745 à l'occasion du mariage du dauphin elle avait insisté pour se rendre à Versailles dans un carrosse royal, regrettant seulement de ne pouvoir se mettre à une fenêtre pour se regarder passer .

2 En soutenant la pièce de Palissot , L'Homme dangereux ; voir lettre du 25 juin 1770 à d'Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/11/26/il-faut-reprimer-la-petite-vanite-de-ce-batard-de-diogene-6572099.html

4 J.-J. Rousseau ; V* se permet de mépriser la classe d'origine de celui-ci, comme il l'a fait pour l'évêque d'Annecy, ce qui est exagéré  et mis en avant par certains critiques du patriarche ; voir lettre du 9 juillet à d'Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/12/21/bien-des-dames-sont-comme-vous-le-savez-de-grands-enfants-le-6575738.html

22/12/2025

Vous savez que tout est arbitraire, et que le parlement aime un peu à dégraisser tout fermier du roi

... En notre temps le fermier général du roi est notre gouvernement via notre trésor public via notre percepteur et en effet la Parlement rue dans les brancards, inutilement encore une fois, ne dégraisse pas mais sabote, avec un seul but : prendre la place du calife en vidant tout vizir qui aura la malchance d'être choisi . 

Père Noël si tu existais je te demanderais une faveur prioritaire pour nous débarrasser de tant de grandes gueules qui ne pensent qu'à leurs petites personnes . 

 

 

« A Jean-François-René Tabareau, Directeur

général des Postes, etc.

à Lyon

9è juillet 1770 1

Je vous remercie de tout mon cœur, monsieur, des bonnes nouvelles que vous me donnez du succès de vos affaires . Vous savez combien je m’y intéresse. Je trouve le procès de messieurs des Postes très bon, et je ne suis pas sûr qu’ils le gagnent. Vous savez que tout est arbitraire, et que le parlement aime un peu à dégraisser tout fermier du roi.

Pour saint Billard et saint Grizel, j’opine au pilori. À l’égard du procès du Parlement avec le roi, il est curieux ; nous attendons le dénouement.

Je crois que rien ne pourra empêcher le factum de La Chalotais de paraître . Le public s’amusera, disputera, s’échauffera ; dans un mois tout finira ; dans cinq semaines tout s’oubliera.

Est-on encore, monsieur, dans l’usage de prendre des rescriptions des Postes en payant à Paris au caissier qui ne soit pas un saint ? Mme Denis veut faire venir deux cents louis de Paris . Pourriez-vous les lui faire tenir par la poste, quand son beau-frère les aurait remis à Paris au bureau ?

Mille tendres compliments à M. Vasselier.

Votre très humble, etc. sincère, très attaché, très obéissant serviteur

V.

l’ancien bibliothécaire. »

1 Manuscrit olographe, sauf la date, cachet en relief « Versoix » ; éd. Kehl qui mêle des extraits de la présente lettre et celle du 20 juillet et du 28 juillet 1770 pour en faire une seule « lettre »placée en juillet 1770 sans autre précision .

21/12/2025

Bien des dames sont, comme vous le savez, de grands enfants : le fouet et des dragées

... Punition et douceurs pour les dames qui comme Brigitte Macron font du mieux qu'elle peuvent et qui déraillent vulgairement à l'occasion . Officiellement voici ce qu'on publie sur ses occupations de conjoint de chef d'Etat : https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/actualite-de-brigit... , on dirait bien Brigitte au pays des Bisounours, ne cherchez pas, les "sales connes" ne sont pas sur son agenda . Elle est "désolée" mais n'en pense pas moins et invoquant le droit à exprimer ce qu'elle pense, elle ne rechignera pas à récidiver si  elle est loin des micros : https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/12/16/brigitte-macron-se-dit-desolee-si-elle-a-blesse-des-femmes-victimes-de-violences-sexuelles_6657831_3224.html

"Si il/elle me laisse dire merde, je le/la laisse dire amen" comme dit le bien aimé Brassens : https://www.youtube.com/watch?v=gWRzopyZBSA

 

 

 

« A Jean Le Rond d'Alembert

Je vous prie instamment, mon cher philosophe, mon cher ami, de faire rendre à Jean-Jacques sa souscription et de lui faire dire que c'est moi qui ne veut pas que son nom se trouve au coté du vôtre . Voyez ce que je pense de lui, et jugez s'il me convient de souffrir qu'il se vante d'avoir contribué ; et qu'il étale la grandeur de sa ridicule âme dans La Gazette . Pour le roi de Prusse, c'est autre chose ; il est roi 1 , et il me doit une réparation . Ses lettres ne me suffisent pas, il faut son nom dans la liste de laquelle vous êtes ; et je vous ai une très grande obligation de lui écrire fortement . Je ne dois lui parler de son devoir que quand il l'aura rempli .

La dame en question 2 fut toujours pourvue d'une maligne langue . Elle le sait bien, mais il faut pardonner en faveur des yeux . J'ai pris la liberté quelquefois de lui laver la tête . Bien des dames sont, comme vous le savez, de grands enfants : le fouet et des dragées 3.

Fréron, protégé plus que nous tous, Fréron fêté, Fréron digne du pilori me tient un peu au cœur . Il me semble qu'il est fort aisé de constater tous les faits rapportés dans les anecdotes . Thieriot connaît l'auteur, il me les envoya, il y a sept ou huit ans . L’infamie de la canaille littéraire est découverte, on n'a pas changé un mot du manuscrit ; Panckoucke dit que tout en est vrai . Est-il possible qu'un maraud tel que ce fripier soit soutenu ! Et par qui ? Encore s’il était capable de mourir de honte et de rage ! J'y ferai de mon mieux, mais je vous aime plus que je ne le déteste .

V.

Ce 9 juillet [1770]. 4»

1 Cette phrase et le passage qui précède sur Rousseau, permettent d’apprécier la vérité de certains traits du « portrait de Voltaire » composé en 1733 ( voir R. A. Leigh, « An anonymous eigteenth century character sketch of Voltaire », Studio, t. II, et qui est probablement de Piron ; ainsi : « Il aime la grandeur et méprise les grands ; est aisé avec eux, contraint avec ses égaux [...] »

2 Mme Du Deffand .

3 Il est inutile de supposer avec Th. Besterman que quelques mots manquent ici ; avec deux point, substitut naturel de la virgule du manuscrit, le texte est parfaitement clair .

4 Copie contemporaine suivant une note de Seymour de Ricci, l'original se trouverait au musée de Calais ; on ne l'a trouvé ni là ni ailleurs .

20/12/2025

Les émigrants me ruinent, et il faut que je devienne économe .

... Contrairement à certains nationalistes bas de plafond, Voltaire ne dit pas "fichons-les dehors au plus vite", il décide de se serrer un peu la ceinture, donner moins, mais continuer à bâtir pour les abriter et leur permettre de travailler . Cette attitude est évidemment bien loin de celle d'un Zemmour et tout autre d'extrême droite ou gauche . Merci au Patriarche .

 

 

« A Louis-Gaspard Fabry

Je vous avoue, monsieur, que je me faisais un scrupule de vous envoyer le chiffon ci-joint 1, qui me paraît de quatre mains différentes, que je pouvais à peine lire, et où je ne reconnaissais pas la signature de M. Hennin . Je craignais de fournir des armes pour perdre quelqu'un. Mais étant pleinement informé, je vois que la signature de M. Hennin est de sa main, que ce n'est point un ordre, que ce n'est qu'un simple certificat mêlé avec d'autres d'une manière assez confuse , et que tout est en règle de ce côté .

S'il y a eu quelque manque de formalité c'est ce que j’ignore, et ce que vous pouvez aisément découvrit .

Landry proteste qu'il n'a jamais produit aucun certificat, et que c'est l'affaire de ses marchands . Je pense qu'il dit vrai, car toutes les fois qu'il me fait venir des bois pour mes maisons, ce sont toujours les marchands voituriers qui présentent les certificats au visa, et non Landry . J'en ai actuellement un besoin extrême ; et je crois avoir donné en dernier lieu cinq déclarations que les marchands de Franche-Comté doivent montrer .

Quant aux comédiens qui doivent s'établir auprès de Prégny, je leur conseille de se faire capucins . Un pauvre bateleur qui prétendait être de cette troupe vint il y a quelques jours me demander l'aumône .

Ni la ville de Versoix, ni le théâtre des Genevois ne seront bientôt bâtis .

Les bois de Landry qui sont à Prégny, et qui ne servent plus à rien, me reviennent de droit . Il vaut mieux qu'ils servent à loger des émigrants qu'à réjouir des représentants . Ainsi, monsieur, je vous demanderai en grâce d'ordonner qu'ils soient transportés à Ferney, et qu'on ne soit point obligé ( en prenant le plus court chemin ) de payer des droits .

Les émigrants me ruinent, et il faut que je devienne économe .

J'ai l'honneur d'être avec l'attachement le plus sincère et le plus respectueux,

monsieur,

votre très très humble et très obéissant serviteur

Voltaire.

A Ferney 8è juillet 1770. 2»

1 Il n'est pas connu .

2 Copie par Th. Dufour. L'original est en possession de Mme de Laure, née Fabry, jusqu'à sa mort en 1913 ; éd. Lettres inédites, 1946 . On a ici suivi le texte de la copie Dufour qui est littérale ; voir lettre du 24 juin 1770 à Fabry : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/11/26/encore-faire-payer-aux-autres-ce-qu-il-doit-6572093.html

19/12/2025

je ne suis pas trop bien avec eux

... Tel est le constat du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva face à ces Européens qui lui tiennent tête en ne voulant pas signer des accords déloyaux pour nos paysans : https://www.liberation.fr/environnement/agriculture/en-di...

C'est aussi l'impression qu'a la ministre de l'Agriculture Annie Genevard face aux paysans, et qui , suivant les directives sanitaires vétérinaires actuelles, reste du côté de l'abattage de tout troupeau suspect ; on verrait bien la tête qu'elle ferait si on lui supprimait tous les fonctionnaires de son ministère . Voyons voir : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/histoire-...

Voir aussi : https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/sebastien...

 

 

 

« A Joseph Vasselier

7 juillet [1770] à Ferney

Voici mon cher correspondant la réponse de monsieur le résident 1. Il n'y a plus ce me semble d'autre parti à prendre que de demander grâce à ces messieurs les fermiers généraux . Mais ils sont maudits dans l’Évangile ; et je ne suis pas trop bien avec eux . Comptez que si j'étais le maître, votre protégé aurait bientôt ses montres et son argent . Vous ne savez pas combien il me serait doux de vous servir .

M. Tabareau a-t-il tiré son épingle du jeu de Billard ? Les affaires de ce saint homme sont bien embrouillées .

J'ai mandé à M. le duc de Choiseul qui daigne être notre facteur comme notre protecteur que je vous avais donné la préférence cette fois-ci pour le débit de Cadix .

Si votre protégé s'était adressé à moi, il n'aurait rien perdu . Mille tendres amitiés à M. Tabareau.

V. »

18/12/2025

Je ne ferai rien sans vos ordres

... Dixit Sebastien Lecornu, premier ministre de son état, interpellé par le Conseil d'Etat qui en a ras-le-bol de voir trainer la signature de décrets : https://documentation.maregionsud.fr/Default/doc/SYRACUSE...

 

 

 

« A Pierre-Michel Hennin

M. Fabry, monsieur, ayant inquiété le menuisier Landry sur les bois qu’il a fait transporter à Prégny sans avoir fait viser votre ordre, et ayant demandé à voir votre signature, que j’ai entre les mains, je n’ai pas cru devoir m’en dessaisir sans votre permission expresse, d’autant plus qu’elle est la seule justification de Landry, et que si elle était perdue il serait très exposé. Je ne ferai rien sans vos ordres.

J’ai l’honneur d’être, monsieur, avec tous les sentiments que vous me connaissez, votre très humble et très obéissant serviteur.

Voltaire.

7è juillet 1770 à Ferney

P. S. Vous savez comme le parlement traite M. d’Aiguillon 1. Malgré les lettres patentes du roi, il ne veut point obtempérer 2.

1  Par un arrêt du 2 juillet, le Parlement , poursuivant sa fronde avait ignoré les ordres du roi, donnés par les lettres patentes du 27 juin, d'abandonner les procédures contre le duc d’Aiguillon ; en conséquence, le roi annula l'arrêt du Parlement par un arrêt du Conseil du 3 juillet 1770 ; voir aussi : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome28.djvu/392

et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuel-Armand_de_Vignerot_du_Plessis

2 Il n'en était rien comme on le verra bientôt .