03/04/2026
nous nous attendons fermement que votre armée victorieuse aura passé le Danube ; que le vizir aura été battu iterum
... Entends-tu Donald ? Nous sommes avec toi en pensée, en paroles, mais surtout pas en actions, d'une guerre que tu as déclenchée , d'autant plus que tu te déballonnes de jour en jour au gré de la bourse et du cours du baril de pétrole . On sait ce qui t'importe, et ce n'est pas à coups de mensonges et de menton que tu nous impressionneras . Comme ton coup de bluff : quitter l'OTAN .
« A Catherine II, impératrice de Russie
A Ferney 2 octobre [1770] 1
Madame,
Je ne vis pas dans le dix-huitième siècle, je me trouve transporté dans les Alpes du temps de la fondation de Babylone 2. Je vois une héroïne de la maison d’Ascanie, portée sur le trône des Roxelans, qui triomphe sur le Cyrus, sur le Phase, sur le Pont-Euxin, sur la mer Égée, sur les rives du Danube. M. d’Alembert, qui est actuellement à Ferney, est dans le même enthousiasme que moi ; et la seule différence est qu’il l’exprime mieux. Nous haïssons également Moustapha ; nous ne cherchons parmi les arbustes de nos montagnes que des lauriers pour en orner le portrait de Votre Majesté impériale, mais nous n’en trouvons point. Tous les naturalistes disent qu’on n’en trouve plus qu’en Russie.
Après la lettre du 29 auguste, dont Votre Majesté impériale m’honore 3, nous nous attendons fermement que votre armée victorieuse aura passé le Danube ; que le vizir aura été battu iterum 4 vers Andrinople ; que la ville de ce méchant Constantin, qui a été baptisé si tard, aura ouvert ses portes ; que les dames du sérail auront été tirées d’esclavage ; que la flotte de la mer Égée aura donné la main à la flotte du Pont-Euxin ; que Moustapha sera parti pour Damas ou pour Alep, etc., etc., etc.
Vous aviez bien raison, madame, de dire, au commencement de cette guerre, que ceux qui vous l’avaient suscitée travaillaient à votre gloire : certainement Votre Majesté leur a une grande obligation.
Nous ne laissons pas d’avoir 5 de la gloire aussi. Il y a dans Paris de très jolis carrosses à la nouvelle mode 6, et on a inventé des surtouts pour le dessert 7 qui sont de très bon goût : on a même exécuté depuis peu un motet à grand chœur 8 qui a fait beaucoup de bruit, du moins dans la salle où l’on chantait ; enfin nous avons une danseuse 9 dont on dit des merveilles.
Malgré nos triomphes, l’âme de M. d’Alembert et la mienne volent aux Dardanelles, au Danube, à la mer Noire, à Bender, en Crimée, et surtout à Pétersbourg : c’est là qu’elles sont à vos pieds, pénétrées d'admiration, de respect, de joie, et remplies de l'espérance de lui écrire à Stamboul .
De Votre Majesté impériale l'adorateur de latrie, Voltaire, enseveli dans Ferney, et criant : Gloire dans les hauts ! »
De Votre Majesté impériale, l’adorateur de latrie,10
Voltaire,
enseveli dans Ferney, et criant : Gloire dans les hauts 11! »
1 Ed. Kehl . Le même jour Mme Du Deffand écrit à Walpole : « Le petit Craufurd est ici depuis avant-hier ; [,,,] Il a passé par Ferney , a soupé et couché chez Voltaire qui se porte à merveille et qui lui a beaucoup parlé de moi à ce qu’il dit . Je lui dois une réponse depuis près d'un mois et je ne me sens pas le courage de lui écrire » . Et le 3 d 'Alembert écrit à Suard, de Ferney : « Je compte partir d'ici le 9 pour aller en Languedoc et de là en Provence ; je ne m'aperçois guère jusqu'à présent que le voyage ait rien fait à ma tête et quelque plaisir que j'aie chez M. de Voltaire , je sens que j'en aurai davantage à revoir mes amis . »
2 Le rapport avec La Princesse de Babylone apparaît encore manifestement .
3 Voir le texte de cette brève lettre du 18/29 d'auguste » : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8011
4 De nouveau.
5 C'est en effet ce que dit Catherine dans le post scriptum de sa lettre du 17/28 décembre 1768 : « Si le succès de cette guerre se déclare pour nous ,,, » https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1768/Lettre_7419
6 Le nouveau vis-à-vis de Mme Du Barry.
7 V* se souvient de ce surtout pour le dessert dans Le Taureau blanc, chap. 6 : « Au milieu était un surtout dans le dernier goût. » . Voir aussi lettre du 6è septembre 1765 au comte d'Autrey : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/09/07/je-bois-du-vin-moderement-et-je-trouve-fort-etranges-les-gen.html
8 Le 15 août, on avait exécuté, au concert spirituel, un motet à grand chœur (Cantate Domino), par M. Hyacinthe Azais, maître de musique du collège de Sorèze. (Beuchot.)
9 Mlle Girardin avait débuté, en août 1770, sur le théâtre de l’Opéra, dans un rôle de bergère. Mais je pense qu’il s’agit de Mlle Dervieux, alors rivale de Mlle Guimard. (Beuchot.)
10 Voici appliquée à Catherine la formule culte de latrie qui en termes de théologie ne s'applique qu'à Dieu .
11 Traduction du Gloria in excelsis de la messe des latins. Formule tirée de l’Évangile de Luc, XIX, 38, employée par plaisanterie dans les Lettres d'Amabed .
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02/04/2026
Tous sont pour ce malheureux système, et ont affecté d’étouffer la réponse autant qu'ils ont pu
... Non, les Israeliens ne sont pas tous pour la peine de mort nouvellement restaurée, visant essentiellement les Palestiniens, "les terroristes", de même que j'ose espérer qu'ils ne sont pas tous pour la politique de la terre brûlée appliquée par Netanyahou et sa clique : il est la onzième et pire plaie biblique
« A Gabriel Cramer
[vers le 1er octobre 1770]
M. Marin n'a guère distribué de Réponse au Système de la nature 1 que parmi les philosophes . Tous sont pour ce malheureux système, et ont 2 affecté d’étouffer la réponse autant qu'ils ont pu . Mais M. le comte de Schomberg en emporta huit exemplaires qu'il a fait lire à la cour où ils ont eu le plus grand succès . M. de Fleury 3 et M. d'Aguesseau 4 tous deux du Conseil des dépêches, en ont été infiniment contents . M. de Fleury a envoyé son exemplaire à M. le procureur génér[al son] frère 5 en lui disant que c'est ainsi qu['il] fallait répondre, et non pas comme M. Séguier 6. M. le cardinal de Luynes a donné les plus grands éloges à ce petit ouvrage . Il est très important d’en faire passer à la cour un certain nombre . Cela ne servira pas peu à faciliter le passeport des trois volumes 7. Monsieur Cramer est prié de voir s'il n'en aurait point encor une douzaine d'exemplaires qu'il pût envoyer sur-le-champ à Ferney . S'il n'en avait plus de son édition ne pourrait-on pas en avoir à Genève de l'édition de Neuchâtel ou d'Yverdon 8? Chez qui les vend-on ? »
1 Dieu ; voir lettre du 1er juin 1770 à Cramer : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/11/01/disposer-favorablement-les-esprits-il-serait-meme-tres-bon-d-6568860.html
2 L'édition Besterman porte et qui ont qui est impossible .
3Fleury de La Valette : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_Joly_de_Fleury
4 D'Aguesseau de Fresne : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Fran%C3%A7ois_d%27Aguesseau
5Guillaume-François-Louis Joly de Fleury : https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume-Fran%C3%A7ois_Joly_de_Fleury
Le manuscrit a été endommagé, d'où la restitution .
6Antoine-Louis Séguier avait prononcé le réquisitoire concluant à brûler certains ouvrages athées, en vertu duquel avait été rendu l'arrêt du 18 août 1770 ; voir lettre du 26 septembre 1770 à Mme Necker : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/09/26/on-le-traita-de-seditieux-parce-qu-il-prononca-un-peu-haut-d.html
7 De Questions sur l'Encyclopédie .
8 S'il s'agit d'éditions séparées de Dieu, elles n'ont pas été identifiées .
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01/04/2026
ils ont fait voir à l’Europe qu’ils sont unis, et qu’ils pensent avec noblesse. Par là ils se sont mis au-dessus de ceux qui veulent les abaisser ; et ils se rendent respectables, malgré tous les efforts qu’on fait contre eux
...Il s'agit de ces pays, la France et le Japon via M. Macron et Mme Sanae Takaichi .
Nous sommes loin de Netanyahou et ses lois mortifères ; cet individu est capable d'ajouter de l'indigne à l'indigne , que sa vie ne s'éternise pas trop encore , lui qui fait si peu de cas de celle des autres .
Pour me rassurer, et savoir qu'il reste de belles choses : https://www.youtube.com/watch?v=GFoT6UUNLZc&list=RDqB...
« A Claude-Joseph Dorat
Barrière de Sèvres à l'ancienne
Académie
à Paris
1er octobre 1770 à Ferney 1
Je vous dois, monsieur, autant de remerciements que d’éloges . Les sentiments dont vous m’honorez, et les vers charmants que vous avez faits pour M. Diderot, pénètrent mon cœur. Les journaux sont enrichis par de telles pièces, qui manifestent la générosité de votre âme autant que vos talents ; ils seraient déshonorés par le nom de Fréron. L’union entre les véritables gens de lettres n’a jamais été si nécessaire. C’est uniquement pour ériger un monument de cette union que les personnes du plus rare mérite, au nombre desquelles vous êtes, ont voulu employer le ciseau de M. Pigalle. Je n’ai été que leur prête-nom ; ils ont fait voir à l’Europe qu’ils sont unis, et qu’ils pensent avec noblesse. Par là ils se sont mis au-dessus de ceux qui veulent les abaisser ; et ils se rendent respectables, malgré tous les efforts qu’on fait contre eux. Les places de l’Académie deviennent de jour en jour plus précieuses et plus dignes des principaux citoyens de Paris, qui joignent le mérite personnel à celui de leur famille.
Dans cette situation où sont aujourd’hui les lettres, c’est une grande consolation pour moi, monsieur, de pouvoir déjà compter parmi mes amis un homme dont les talents et les grâces m’avaient fait tant de plaisir avant que je fusse à portée de connaître ses qualités essentielles.
J’ai l’honneur d’être avec les sentiments le plus vifs, et dont vous ne pouvez douter, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur .
Permettez- moi de présenter mes très humbles obéissances à M. de Pezay, qui doit partager tous les tributs d'estimes que je vous dois ."
1 Original ; édition Cayrol . Noter que V* a oublié de signer l'original de cette lettre .
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31/03/2026
Si vous avez quelques notions touchant les contrats des cent soixante millions je vous prie de vouloir bien me les communiquer
... Urgent ? A vous de voir , embarras du choix : https://www.lesechos.fr/finance-marches
« A Gaspard-Henri Schérer
29è septembre 1770 à Ferney 1
Je vous prie, monsieur, de vouloir bien ajouter à mon compte les trois lettres de change ci-jointes.
Je me flatte que vous avez reçu les dix mille francs de M. de La Borde, et les autres paiements .
Si vous avez quelques notions touchant les contrats des cent soixante millions je vous prie de vouloir bien me les communiquer .
J'ai l'honneur d'être, monsieur , votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire . »
1Original signé. Endos « du 29 septembre, Reçue 30 dit », et « £ 1005 sur Grognard ; 1000 sur Alliut frères [ ?] [total] 2005, 5 août ; 246 3 sur Paris à vue ».
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30/03/2026
L'exactitude avec laquelle vous m'avez fait toujours toucher de qui m'était dû, me répond de votre complaisance
... Beau duo à bénéfices réciproques au son du canon

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/03/30/vu-par-ch...
« A Charles-Henri-Chrétien Rosé
Je vous serai, monsieur, sensiblement obligé si vous voulez bien me faire le paiement du quartier échu à la fin de ce mois. Vous savez combien ce paiement m'est nécessaire . Je vous prie de me faire ce plaisir dont je n’ai jamais eu un si pressant besoin . L'exactitude avec laquelle vous m'avez fait toujours toucher de qui m'était dû, me répond de votre complaisance ; et c'est en vous remerciant que j’ai l'honneur d'être, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire .
A Ferney 29è septembre 1770.1 »
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Son très humble et très obéissant serviteur
... Formule consacrée , disparue au profit de : " veuillez agréer l'expression de mes salutations distinguées" au mieux, ou d'un smiley
« A Guillaume-Claude de Laleu, Secrétaire
du roi, Notaire, rue du Temple
à Paris
Je prie monsieur de Laleu de vouloir bien faire payer pour mon compte quarante livres au porteur, valeur reçue .
Son très humble et très obéissant serviteur
Voltaire .
28è septembre 1770 1.»
1 Original signé ; endos « Reçu Marin », ce qui confirme l'hypothèse déjà faite sur le rôle de Marin comme agent de V* à Paris .
17:24 | Lien permanent | Commentaires (0)
Je sens bien qu'il faudra du temps pour mettre en train cette grande machine mais les délais auxquels on est forcé en affermiront les fondements
... Si vous ou nos gouvernants manquez d'idées, certains ont des conseils à donner : https://www.captaincontrat.com/exercer-un-metier/idees-business
Pourquoi pas ?
« A Louis-Gaspard Fabry
28è septembre 1770 à Ferney 1
Monsieur,
Je dois vous remercier avec tout le pays de votre bonne nouvelle . Après de tels commandements il est impossible qu'on n'achève pas, et probablement vous serez à la tête d’un grand établissement ; vos places vous y appellent, et vos talents vous rendent nécessaire .
Je sens bien qu'il faudra du temps pour mettre en train cette grande machine mais les délais auxquels on est forcé en affermiront les fondements .
Vous attendez incessamment M. Amelot . Le triste état où je suis ne me permet pas de lui faire ma cour ; mais j'espère de votre amitié que vous voudrez bien lui présenter mes très sincères hommages , et être persuadé de ceux avec lesquels j'ai l’honneur d'être,
monsieur
votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire . »
1 Original signé ( baron Gabriel Girod de l'Ain ; Neuilly-sur-Seine, et Chevry 01170 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Girod_de_l%27Ain)
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