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03/04/2021

Buvez avec les sages à la santé du solitaire qui vous aimera jusqu'au dernier moment de sa vie

... Confiné à l'insu de son plein gré, la ligne d'horizon est désormais calée à dix kilomètres, et pas un troquet ouvert, encore un mois foutu !...

Amazon.fr : Poster Humour

Why not ?

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

2è décembre 1765

Je ne puis cette fois-ci, mon cher frère, vous dire autre chose sinon que je suis fort languissant, que je vous souhaite la santé la plus ferme, et à Bigex la main la plus prompte . Mon capucin vous seconde . Protégez-moi toujours auprès de Briasson .

Voici une petite lettre pour frère Protagoras 1. Je suis toujours en peine du paquet du sieur Boursier .

Si j'avais l’amour-propre d'un auteur, je serais un peu fâché que Lekain ait fait imprimer Adélaïde avec quelques vers qui n'ont pas le sens commun, et qu'on a jugé à propos d'y insérer, pour faire ce que les comédiens appellent des coupures .

Buvez avec les sages à la santé du solitaire qui vous aimera jusqu'au dernier moment de sa vie . »

1 Lettre du même jour à d'Alembert .

02/04/2021

On dit que bientôt l'Académie des sciences sera sous la direction du lieutenant de police , attendu que les boues et les lanternes sont une affaire de physique

... Si les ultra- écologistes continuent leur délire judiciaire, la prédiction voltairienne peut tout à fait se réaliser, tant l'esprit de plaideur tient lieu de mode d'éducation chez ces aigres-pisseux ( vite qu'on les recouvre de sciure et qu'on les recycle ! ) .

Réduire sa consommation d'eau - LE BOUCHE A OREILLE DE CITRY - "Agis en ton  lieu, pense avec le monde" Edouard Glissant

... merci mon dieu pour ce repas digne de Top Chef ! Amen  ! Amène la louche  !

 

 

« A Jean Le Rond d'Alembert

2 décembre 1765 1

Tout cela, mon cher et vrai philosophe, a été conduit malhonnêtement, petitement, indignement . On dit que bientôt l'Académie des sciences sera sous la direction du lieutenant de police , attendu que les boues et les lanternes sont une affaire de physique ; vous seul avez été grand dans cette affaire .

Vous avez raison de ne pas aller chez Luc ; d'Argens même n' a pu y tenir ; il est vrai que Luc méprise beaucoup Jean-Jacques ; il lui a donné quelque protection à Neuchâtel, non pas pour le favoriser, mais pour mortifier la canaille des prédicants ; ils l'ont lapidé comme Saint Etienne ; mais si le pauvre diable va à Berlin, il y sera traité comme un garçon de boutique de Genève qui a besoin d'asile, ou je suis fort trompé . Jean-Jacques est un fou qui a des demi-talents ; avec cela on va droit à l'hôpital après avoir passé par les petites-maisons.

Que vous réparez bien le tort que ce polisson a fait à la philosophie !

Envoyez votre petite drôlerie à M. Wagnière chez M. Bouché 2, négociant à Genève, par la diligence de Lyon . Il n'y a qu'à y mettre force papiers gris pour grossir le paquet afin qu'il ne s'égare pas, le couvrir d'une toile cirée, le ficeler, et m'avertir du jour du départ . Vous serez servi promptement ; ne craignez point de trop saler ce pâté, c'est le sel qui les conserve .

Les jésuites ne sont plus et votre ouvrage vivra .

Je vous sais bon gré d'aimer la campagne ; plût à Dieu que je pusse vous tenir dans mon ermitage ! Je n'ai jamais été heureux que depuis que je me suis donné à la vie champêtre .

Fortunatus et ille deos qui novit agrestes 3. »

2 N'est-ce pas plutôt Souchay ?

3 Heureux celui qui connaît les dieux agrestes ; Virgile, Georgiques, II, 493 .

01/04/2021

Il est si juste, monsieur, de pendre un homme pour avoir mangé du mouton le vendredi , que je vous prie instamment de me chercher des exemples de cette pieuse pratique dans votre province

... Plus méchants encore que les végans, les intégristes religieux !

Poisson haram! - Brisons le mythe

Poisson haram , espèce rare et protégée : pas hallal du tout , pas kasher non plus,  dommage amis juifs et musulmans ! "Sont interdits pour vous les animaux qui meurent d'eux-mêmes, le sang, la viande de porc et les animaux dédiés à d'autres qu'Allah."

http://brisonslemythe.canalblog.com/archives/2018/04/01/3...

 

 

« A Charles-Frédéric-Gabriel Christin [Christin fils], Avocat 1

à Saint-Claude

2è décembre 1765.

Il est si juste, monsieur, de pendre un homme pour avoir mangé du mouton le vendredi 2, que je vous prie instamment de me chercher des exemples de cette pieuse pratique dans votre province. La perte de la liberté et des biens pour avoir fourni de la viande aux hérétiques en carême n’est qu’une bagatelle. Je voudrais bien savoir de quelle date est la défense de traduire la Bible en langue vulgaire 3. Cette défense d’ailleurs était très raisonnable de la part de gens qui sentaient leur cas véreux.

Quand vous feuilletterez vos archives d’horreur et de démence, voulez-vous bien vous donner la peine de choisir tout ce que vous trouverez de plus curieux et de plus propre à rendre la superstition exécrable ?

On ne peut être plus touché que je le suis, monsieur, de votre façon de penser et de votre amitié ; vous êtes véritablement chéri dans notre maison. »

1 Christin (Charles-Gabriel-Frédéric), que l’on dit né à Saint-Claude, en 1744, a péri dans l’incendie de cette ville, en juin 1799. La publication de mémoires en faveur des mainmortables de Saint-Claude ne pouvait manquer d’être agréable à Voltaire qui, dès 1705, était en correspondance avec lui. (Beuchot.).

Voir : https://data.bnf.fr/fr/13491677/charles_gabriel_frederic_christin/

et : https://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/fiche/(num_dept)/11829

et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles-Gabriel-Fr%C3%A9d%C3%A9ric_Christin

2 C'est parait-il ce qui est arrivé à Claude Guillon le 21 juillet 1629 ; mais dans son Commentaire sur le livre des délits et des peines, XIII, V* donne une autre version, c'est du cheval et non du mouton qu'aurait mangé Guillon .

Voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Commentaire_sur_Des_D%C3%A9lits_et_des_Peines/%C3%89dition_Garnier/13#559

3 Depuis longtemps la lecture de la Bible dans sa version intégrale n'est autorisée que par permission spéciale . On peut comprendre les raisons de cette interdiction quand on voit ce que V* lui-même saura faire de la critique biblique, notamment dans son Dictionnaire philosophique et les Questions sur l'Encyclopédie .

31/03/2021

Les soufflets dégoûteraient les voyageurs

... Sûrement ! *

Une quarantaine, de cinq jours, exigée par l'Italie à tous ceux qui entrent sur son territoire va-t-elle endiguer l'arrivée de ceux qui aiment les pâtes, les gelati et le soleil du Sud ? https://www.rtl.fr/actu/international/coronavirus-l-itali...

Que va-t-on pouvoir encore faire en France pour revenir à la vie normale ?

* Les soufflets du XVIIIè sont ordinairement rangés dans la boite à baffes au XXIè .( Le Petit Litré , 2021)

Site dédié au specimen Le Fou JD, ses motos, son métier, ses amours et plus  si affinités

Merci au gouvernement pour son évident bon sens de la prévention !

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

2è décembre 1765 à Ferney

Mes anges, je vous confirme que je me suis lassé de perdre mon temps à vouloir pacifier les Genevois. J’ai donné de longs dîners aux deux partis ; j’ai abouché M. Fabry avec eux. Cette noise, dont on fait du bruit, est très-peu de chose : elle se réduit à l’explication de quelques articles de la médiation. Il n’y a pas eu la moindre ombre de tumulte. C’est un procès de famille qui se plaide avec décence. Il n’est point vrai que le parti des citoyens ait mis opposition à l’élection des magistrats, comme l’a mandé M. Fabry, qui était alors peu instruit, et qui l’est mieux aujourd’hui. Les citoyens qui élisent ont seulement demandé de nouveaux candidats. Hennin trouvera peut-être le procès fini, ou le terminera aisément. Mon seul partage, comme je vous l’ai déjà dit1, a été de jeter de l’eau sur les charbons de Jean-Jacques Rousseau.

Ce qui m’a le plus déterminé encore à renvoyer les citoyens à M. Fabry, c’est un énorme soufflet donné en pleine rue à M. le président du Tillet, l’un des malades de M. Tronchin. C’est un homme languissant depuis trois ans, et dans l’état le plus triste. Un citoyen, qui apparemment était ivre, lui a fait cet affront. Le conseil, occupé de ses différends, n’a point pris connaissance de cet excès si punissable 2. Le docteur Tronchin, pour ne pas effaroucher les malades qui viennent de France, a traité le soufflet de maladie légère, et a voulu tout assoupir. Les soufflets dégoûteraient les voyageurs. Voilà pourtant la seconde insulte faite dans Genève à des Français. Le Conseil en pouvait faire justice d’autant plus aisément qu’il a mis aux fers un citoyen pour s’être rendu caution du droit de cité qu’un habitant réclamait sans montrer ses titres.

Il n’y a pas longtemps que M. le prince Camille fut condamné dans Genève à dix louis d’une espèce d’amende, pour avoir voulu séparer un de ses laquais qui se battait avec un citoyen 3. M. Hennin, encouragé par la protection de M. le duc de Praslin, mettra ordre à toutes ces étranges irrégularités. Pour moi, que mon âge et mes maladies retiennent dans la retraite, je fais de loin des vœux pour la concorde publique. J’aime tant la paix, et je l’inspire quelquefois avec tant de bonheur, que mon curé m’a donné un plein désistement du procès pour les dîmes. Ce désistement n’empêchera pas M. le duc de Praslin de persister dans ses bontés et de faire rendre un arrêt du Conseil qui confirmera les droits du pays de Gex et de Genève . Mais à présent des objets plus importants et plus intéressants doivent attirer son attention.

Je vous supplie, mes divins anges, de vouloir bien, quand vous le verrez, l’assurer de ma respectueuse reconnaissance. Le même sentiment m’anime pour vous avec l’amitié la plus tendre.

V. »

1 Voir lettre du 29 novembre 1765 :

2 Il n'en est effectivement pas fait état dans les archives de Genève .

3 Pas de trace non plus dans les archives .

30/03/2021

Quiconque vient chez moi me fait honneur, mais je n'adopte aucun parti que celui de la tranquillité et de la paix

... Je ronge mon frein ( il va falloir que je fasse une révision avant le contrôle technique ) , et je pense que vous aussi Mam'zelle Wagnière, en attendant la réouverture du château de notre ami .

Le château de Voltaire à Ferney : la dernière demeure du philosophe des  Lumières - Culturez-vous

Welcome home !

Virus quand vas-tu nous laisser circuler librement ?

 

« A Gabriel Cramer

[novembre-décembre 1765]

Je renvoie à M. Caro sa feuille M corrigée avec un nouveau petit chapitre . Je ne sais s'il est à Genève, ou à Tournay . Je sais seulement que nous avons grande envie de le voir . Je l'avais prié il y a quelque temps 1 de me faire avoir un Grégoire de Tours de la bibliothèque ; je lui serai très obligé de vouloir bien s'en souvenir .

Comment se porte Mme Cara ? »

 

 

 

« A Gabriel Cramer

[novembre-décembre 1765]

Je prie M. Caro d'interrompre un moment les affaires politiques pour me mander si :

Il a entendu parler des deux premières feuilles de l’Histoire de Charles XII déjà tirées, les discours préliminaires, ou s'il a entendu l’histoire elle-même ? Ces discours préliminaires contiennent 58 pages dans l'édition in-8° que j'ai sous les yeux .

Il serait très convenable de placer l’addition que je prépare à la fin de ces discours préliminaires, plutôt qu'à la fin de l'histoire .

Je souhaite qu'on ait commencé en effet par ces discours, parce que je viens de recevoir du bureau des affaires étrangères des éclaircissements sur les premiers temps des expéditions de Charles XII . Il est important que monsieur Cramer me fasse une réponse positive et prompte . Il l'enverra chez M. Souchay à dix heures .

Je le prie de me renvoyer aussi la lettre que je lui ai confiée ; il m'a promis de n'en laisser courir aucune copie dans Genève . Je me flatte qu'il ne laissera pas ignorer à M. Tronchin Boissier que j'ai marqué la plus vive indignation contre la lettre du citoyen à Jean-Jacques , dans laquelle un homme de son mérite est si indignement outragé 1. Je veux bien qu'on sache que quelques personnes des rues basses, qui n'ont point du tout l'esprit bas, viennent quelquefois se promener à Ferney et me voir . Quiconque vient chez moi me fait honneur, mais je n'adopte aucun parti que celui de la tranquillité et de la paix .

M. le duc de Praslin , M. de Sainte-Croix [so]n premier commis digne de toute sa confiance, M. Hennin qui m'honore de son amitié peuvent me rendre témoignage que je ne leur ai jamais rien écrit sur Genève dont personne ait le moindre sujet de s'alarmer . J'ai l'honneur d'être voisin de la République, et je dois souhaiter plus que personne sa prospérité et son repos ; et je supplie M. Cramer d'assurer les parents et les amis qu'il a dans le Conseil, que j'ai droit à leur bienveillance par mes sentiments . »

1 Il s'agit de la Lettre d'un citoyen à Jean-Jacques Rousseau en mars 1765, qui vient de paraître à Genève et a été supprimée par le Conseil de Genève le 16 novembre 1765 ; « l'homme de mérite » critiqué dans l'opuscule est Tronchin-Boissier .

29/03/2021

Tous les chefs de l’État, lassés de ces ravages, Cherchent un port tranquille après tant de naufrages

... Si au moins ces vers étaient notre réalité, on pourrait être plus optimiste pour l'avenir de nos enfants et petits enfants !

Les tutos de la croisière - préparez-vous à naviguer

Nos pays sont-ils des Titanic ?

 

 

« A Mme Nicolas-Bonaventure Duchesne 1

Au château de Ferney, par Genève, 30 novembre 1765

M. de Voltaire ayant lu la tragédie intitulée Adélaïde du Guesclin, que Mme Duchesne a imprimée, la prie très instamment d’ajouter à la pièce la feuille qu’il lui envoie. Il est de l’intérêt de Mme Duchesne de faire cette addition. Il lui fait ses compliments.

L’auteur, en lisant cette pièce dont il n’a pu ni voir la représentation ni conduire l’impression, a été étonné d’y trouver des vers qui non-seulement ne sont pas de lui, mais que même il ne peut entendre.

On trouve à la page 30 :

Non, c’est pour obtenir une paix nécessaire.
Gardez d’être réduit au hasard dangereux
Que les chefs de l’État ne trahissent leurs vœux.

Il ne sait ni de quels chefs de l’État, ni de quels vœux on veut parler : ce vers ne lui a pas paru intelligible. Apparemment que les comédiens ayant fait ce qu’ils appellent des coupures, ils ont fait aussi ce vers, que l’auteur ne comprend pas.

Il y a dans son manuscrit :

Non, c’est pour obtenir une paix nécessaire.
Les Anglais la feront, et peut-être sans vous.
Laissez à l’intérêt désarmer le courroux.
Tous les chefs de l’État, lassés de ces ravages,
Cherchent un port tranquille après tant de naufrages.
Ne vous exposez point au hasard dangereux
De vous voir ou trahir ou prévenir par eux.

L’habitude où sont les acteurs de faire ainsi des changements à la plupart des pièces qu’ils jouent les oblige quelquefois à gâter le style. On ne s’en aperçoit pas à la représentation ; les libraires impriment sur la copie qui est entre les mains des comédiens, de sorte qu’une pièce tolérée au théâtre devient très défectueuse à la lecture ; ce qui fait tort également à l’intérêt de l’éditeur et au soin que tout écrivain doit avoir de son art, quelque peu de cas qu’il fasse de ses ouvrages.

Cet avertissement est indispensable. »

28/03/2021

n’importe d'où vienne la lumière, pourvu qu’elle éclaire

... Au passage, je suppose que, comme la journée de ce dimanche, --premier jour à l'heure d'été,-- est amputée d'une heure, le bilan, publié lundi, des contaminés et morts du Covid sera d'au moins 4% inférieur aux jours précédents . Hélas, très prosaïquement, les statisticiens comptent sur 24 H et non en jour : dur-dur, on n'aura pas même ce petit plaisir, cette illusion que quelque chose va mieux !

Guide de lumière

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

30è novembre 1765

J’ai lu Thrasybule 1, mon cher ami : il y a de très bonnes choses et des raisonnements très forts. Ce n’est pas là le style de Fréret ; mais n’importe d'où vienne la lumière, pourvu qu’elle éclaire. Il eût été plus commode pour le lecteur que cet ouvrage eût été partagé en plusieurs lettres. On divise les pièces de théâtre en cinq actes pour donner du relâche à l’esprit.

Jean-Jacques se conduit toujours comme un écervelé ; cet homme-là n’a pas en lui de quoi être heureux.

J’ignore toujours si le petit paquet que le sieur Boursier m’a dit vous avoir envoyé 2 de Genève par M. de Courteilles vous est parvenu.

Comment va votre mal de gorge ? Ma santé est actuellement fort mauvaise . Je suis accoutumé à ces dérangements . Ils n’affaiblissent pas assurément les tendres sentiments que j’ai pour mon cher ami. Je recommande toujours les pauvres Sirven à votre humanité bienfaisante. »



2 La Collection des Lettres sur les miracles .