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27/03/2021

Il est à croire que vous ne vous bornerez pas à cet essai

... Le cannabis médical, vaste programme : détendez-vous ! Yo man !

https://www.francetvinfo.fr/sante/drogue-addictions/cannabis/cannabis-medical-l-article-a-lire-pour-tout-comprendre-a-l-experimentation-lancee-en-france_4327571.html

Le gouvernement doit lancer en mars une expérimentation du cannabis médical auprès de 3 000 patients. (ELLEN LOZON / FRANCEINFO)

Belle plante

 

 

« A Jean-François Cailhava de L'Estendoux

Au château de Ferney 30 novembre 1765 1

Je ne puis trop vous remercier, monsieur, de la bonté que vous avez eue de me faire partager le plaisir que vous avez donné à tout Paris . Je n'ai point été étonné du succès de votre pièce 2: non seulement elle fournit beaucoup de jeu de théâtre, mais le dialogue m'en a paru naturel et rapide ; elle est aussi bien écrite que bien intriguée . Il est à croire que vous ne vous bornerez pas à cet essai, et que le théâtre français s'enrichira de vos talents . Ma plus grande consolation dans ma vieillesse languissante est de voir que les beaux-arts que j'aime sont soutenus par des hommes de votre mérite .

J'ai l'honneur d'être avec toute l'estime qui vous est due, monsieur, etc. »

1 L'édition Mémoires secrets, du 2 janvier 1766, paraît pour cette fois moins soignée que celle de Kehl qui est ici suivie .

26/03/2021

je peux m'être trompé dans les moyens de pacification que j'ai proposés ; mais ces mêmes moyens serviront à en faire trouver de plus efficaces

... ""Les semaines qui viennent seront très difficiles, il faut être très lucide" [...] "Mais les perspectives qui sont les nôtres grâce à la vaccination doivent nous conduire à ensemble, le faire avec beaucoup d'esprit de responsabilité et de respect mutuel" a estimé Emmanuel Macron. "

-- Qui dit mieux ?

-- Trop facile : "tout le monde " dites-vous avec raison ; c'est vrai, dans le domaine des phrases creuses, celles-là sont quasi abyssales . Emmanuel, écoute-toi, tu dis des fadaises ! Quand on ne sait rien on se tait .

Emmanuel Macron | Urtikan.net - le premier journal satirique, actualité,  dessins, mauvais esprit et humour

 

 

 

« A Jean-André De Luc

à Genève

Si vous voulez, monsieur, nous faire l'honneur de venir dîner demain samedi dans votre ancien château de Ferney, vous y trouverez un homme mieux instruit que moi 1 de vos affaires et de vos droits ; vous pourrez vous en retourner à Genève avec lui . Il est plus en état que moi de rendre un compte détaillé au ministre de la France, et de contribuer à la concorde et au bonheur de votre estimable ville . Je n’aurai que l'avantage d'avoir préparé les voies ; c'est bien assez pour un vieux solitaire . J'ai la satisfaction de voir que les magistrats de Genève sont très contents que j'aie l'honneur de m'entretenir quelquefois avec vous, et que M. le duc de Praslin approuve ma conduite . Il est vrai que je n'ai que du zèle, et que je peux m'être trompé dans les moyens de pacification que j'ai proposés ; mais ces mêmes moyens serviront à en faire trouver de plus efficaces ; on pourra rectifier mes idées, on n'ajoutera jamais rien à mon amour pour votre liberté et pour votre patrie , ni à l'estime et à l'attachement sincère que j'aurai pour vous tant que je vivrai .

Votre très humble et très obéissant serviteur

V.

Permettez-moi de faire mille compliments à toute votre famille .

 

Vendredi 29è novembre 1765 à Ferney . »

1 Très probablement Fabry .

25/03/2021

La raison commençait à pénétrer chez les hommes, le fanatisme ecclésiastique peut l’écraser

... Vérifié à chaque instant sous tous les climats .

Infos recommandables  : https://journals.openedition.org/chrhc/14070

dessin d'actualité humoristique sur la laïcité mise en danger

 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

29è novembre 1765 1

Je commencerai par dire que celui de mes anges qui m’a béatifié de ses réflexions sur Octave a la plus grande raison du monde , et que, si le génie du jeune homme égale la sagesse de ces conseils, l’ouvrage ne sera pas indigne du public, tout dégoûté et tout difficile qu’il est.

Je suis, comme vous savez, le serviteur de M. Chabanon . Je m’intéresse à ses succès ; il doit savoir avec quel plaisir je recevrai sa Virginie. J’ai reçu le Tuteur dupé de M. de L'Estendoux 2, je l’en remercierai incessamment. Je prends la liberté de mettre dans ce paquet une lettre pour Lekain 3. voilà pour tout ce qui regarde le tripot.

Comme mes anges daignent s’intéresser à la nièce de Corneille, il est juste que je leur dise que notre enfant en a fait un autre gros comme mon poing, que nous avons mis dans une boite à tabac doublée de coton, et qui n’a pas vécu trois heures. L’enfant-mère se porte bien, et toute la famille est aux pieds et aux ailes de mes anges.

Venons à présent aux tracasseries de Genève.

Le secrétaire d’État 4 est venu me remercier, de la part du Conseil, de la manière impartiale et du zèle désintéressé avec lequel je me suis conduit. J’ai eu le bonheur jusqu’à présent d’avoir obtenu quelque confiance des deux partis, et de leur avoir fait approuver ma franchise ; mais je me suis aperçu que ce procès me fait perdre tout mon temps, et qu’il faudrait que je fusse à Genève, où je le perdrais encore davantage. Ni ma santé, ni mon goût, ni mes travaux, ne me permettent de quitter ma douce retraite. Vous savez, mes divins anges, que je vous ai parlé une fois5 d’un M. Fabry, syndic des petits États de mon pays de Gex, maire de la ville de Gex, qui a été longtemps employé au règlement des limites avec la Suisse et Genève ; il est chargé des affaires en attendant l’arrivée de M. Hennin. Il m’a paru n’être pas mécontent des moyens de pacification que j’ai imaginés, et de ceux que j’ai ajoutés depuis ; il m’a paru désirer de travailler sur ces principes, et de préparer l’ouvrage que M. Hennin doit consommer ; il a cru que ce service lui mériterait les récompenses qu’il attend d’ailleurs de M. le duc de Praslin.

J’ai pensé, mes divins anges, que je devais lui faire le sacrifice de cette petite négociation, sans pourtant abandonner le rôle que je joue, et ce rôle est de jeter de l’eau sur les charbons ardents allumés par Jean-Jacques . Cela me suffit, je n’en veux pas davantage. Je me flatte que M. le duc de Praslin agréera ma conduite, et que M. Hennin n’en sera pas mécontent.

Si vous voyez M. le coadjuteur, je vous supplie de lui dire que je suis aussi fâché que lui du train qu’ont pris les choses. On a, ce me semble, trop fatigué le roi et le ministère par des expressions pleines d’aigreur. On a hasardé de perdre jusqu’aux libertés de l’Église gallicane, dont tous les parlements ont toujours été si justement et si invariablement les défenseurs. Cela fait de la peine à un pauvre historien qui aime sa patrie, et qui est entièrement de l’avis de l’archevêque de Novogorod la grande . La raison commençait à pénétrer chez les hommes, le fanatisme ecclésiastique peut l’écraser. J’en gémis jusqu’au fond de mon cœur ; mais je compte toujours sur la sagesse du roi et de ses ministres, qui empêcheront que ces étincelles ne deviennent un embrasement.

Pardonnez à la bavarderie 6 du vieux Suisse, qui aura toute sa vie pour vous la tendresse la plus respectueuse. »

1 L'édition de Kehl place cette lettre en 1764, ce qui est corrigé par Beuchot .

4 Pierre Lullin .

6 Terme déjà vieillissant à cette époque et que V* emploiera plus rarement .

24/03/2021

Gardez d’être réduit au hasard dangereux Que les chefs de l’État ne trahissent leurs vœux

... Que faire ? Comment vaincre le hasard, dangereux de surcroit ?

La citation du jour... | Le chat geluck, Chat humour, Humour

SGDG !

 

 

« A Henri-Louis Lekain

29è novembre 1765 à Ferney

Mon cher grand acteur, j’ai reçu votre Adélaïde. Je m’imagine que la maladie de M. le Dauphin et les tracasseries de Bretagne ne permettent pas qu’on donne une grande attention aux vers bons ou mauvais. J’ai peur que cette année-ci ne soit pas l’année de votre plus grosse recette ; mais si Mlle Clairon ne donne pas sa démission, vous pourrez encore vous tirer d’affaire. M. de La Harpe me mande que vous avez donné la préférence à Stockholm sur Tolède1. Je ne doute pas qu’il n’y ait dans sa pièce autant d’intérêt que dans celle de Piron2, avec de plus beaux vers.

Quant à la pauvre Adélaïde, elle ne me paraît pas si heureuse à la lecture qu’à la représentation. Je vois bien que vos talents l’avaient embellie. L’édition a beaucoup de fautes qui ne sont point corrigées dans l’errata. Il me tombe sous la main un vers que je n’entends point du tout, c’est à la page 30 :

Gardez d’être réduit au hasard dangereux
Que les chefs de l’État ne trahissent leurs vœux3.

Cela n’est ni français pour la construction, ni intelligible pour le sens. J’ai fait beaucoup de mauvais vers en ma vie ; mais, Dieu merci, je n’ai pas à me reprocher celui-là ; il est plat et barbare. Voilà où mène la malheureuse coutume de couper et d’étriquer des tirades. Quoique je sois bien vieux, je ne laisse pas d’avoir un peu de goût, et même un peu d’amour-propre, et je suis fâché d’être si ridicule. Je vois bien qu’il n’y a plus de remède. Je vous prie, pour me consoler, de me mander comment vont les spectacles, les plaisirs ou l’ennui de Paris, et de ne plus mettre Comédie française en contre-seing sur vos lettres . Il est fort indifférent pour la poste que vos lettres viennent de la Comédie française ou de la Comédie italienne 4 . Ce qui n’est pas indifférent, c’est votre amitié. Je vous embrasse de tout mon cœur.

V.

Je reçois votre lettre du 23 5. Je ne crains pas que le temple6 vous fasse grand tort, si Gustave Vasa est beau et bien joué. »

1 Dans le Gustave Vasa de La harpe la scène est à Stockholm, et dans le Dom Pèdre de Voltaire elle est à Tolède ; voir lettre du 16 novembre 1765 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/03/14/vous-avez-regarde-ma-liberte-ma-foi-comme-un-bien-de-conquet-6303360.html

2 Gustave Vasa, une des meilleures tragédies de Piron , jouée en 1733 .

3 V* revient sur ces deux vers dans la Préface de l'édition de 1768 de son Théâtre : https://fr.wikisource.org/wiki/Th%C3%A9%C3%A2tre_(Voltaire)/Avertissement#2

4 V* ne manifeste pas la même équanimité pour la Comédie-italienne lorsqu'elle tire ses succès des pièces de Marivaux, et à l'occasion des parodies de ses propres œuvres . Voir notamment le Pot pourri pour connaître précisément son attitude à l'égard des troupes de théâtre à cette époque . Voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Pot-pourri

et http://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/voltaire-pot-pourri.html

 

5 On ne la connait pas .

6 La mauvaise édition d’Adélaïde du Guesclin donnée par Duchesne, qui avait pour enseigne au temple du Goût. Voir : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5781021c.texteImage

23/03/2021

si les deux partis voulaient communiquer ensemble amiablement, et faire chacun de leur côté ce qu'exige l'amour de la patrie et de la liberté

... Le malheur est qu'il y a infiniment plus d'un parti, et que chacun a son dieu et ses officiants, chacun borné et indifférent à la patrie et se proclamant seul chantre de la liberté . Cacophonie et galimatias sont dans un bateau ...

Amphigouri - Le Garde-mots

http://blog.legardemots.fr/post/2006/11/18/Amphigouri.html

 

 

« A François-Henri d'Ivernois

27 novembre 1765 1

[…] Plus j'ai connu vos citoyens, plus ils me sont devenus chers . Il n'y a rien que je ne fisse pour rétablir l'union qui doit régner parmi vous, et cela ne serait peut-être pas si difficile que l’on pense, si les deux partis voulaient communiquer ensemble amiablement, et faire chacun de leur côté ce qu'exige l'amour de la patrie et de la liberté, qui est dans le cœur de tout le monde […]. »

1 Ce seul passage a été publié par Sir Francis d'Ivernois dans son Tableau historique et politique de Genève […] par M. […] , 1882 . On peut supposer que cette lettre ou une lettre suivante contient quelque offre de service à Rousseau, car celui-ci écrit le 13 février 1766 à d'Ivernois : « Vous n'avez pas dû penser que je voulusse être redevable à M. de Voltaire de mon rétablissement . Qu'il vous serve utilement et qu’il continue au surplus ses plaisanteries sur mon compte […] . Le moins d'explication que vous aurez avec lui sur mon compte sera le mieux […] . Il veut pardonner et protéger . Nous sommes fort loin de compte . »

Voir : https://data.bnf.fr/fr/12463095/francois-henri_d__ivernois/

et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_d%27Ivernois#G%C3%A9n%C3%A9alogie_de_Fran%C3%A7ois_d'Ivernois

et : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k836736.texteImage

et : https://www.ville-ge.ch/cjb/rousseau/pdf_rousseau/panneaux_fr/1.pdf

et : https://books.openedition.org/pur/135072?lang=fr

22/03/2021

ce sont des bagatelles qui n'ont qu'un temps, après quoi elles périssent comme les feuilles

... Ce qui n'empêche pas l'inénarrable et racoleur  Jean-Luc Mélenchon de défendre urbi et orbi le caractère essentiel des jeux vidéo ! Mais, à la radio,  était-ce vraiment bien  lui, ou son hologramme ? La culture nationale est en péril ! rendez-vous compte ô ignares du gouvernement : "quand on se confine, c'est l'une des activités à laquelle on se livre les plus volontiers" dixit le verbeux . Au cas où il ne le saurait pas, la vente par correspondance est remarquable dans cette branche commerciale . Yo  geek Jean-Luc !

Jean-Luc Mélenchon apparaît en meeting sous forme d'hologramme

Jean-Luc, tes paroles sont comme ton hologramme : inconsistantes

https://www.bfmtv.com/politique/la-france-insoumise/restr...

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

27è novembre 1765 1

Je ne manquai pas, mon cher ami, de faire chercher il y a quelques jours à Genève chez le sieur Boursier 2, les deux petites facéties de Neufchâtel 3. Je les adressai sous l’enveloppe de M. de Courteilles, comme vous me l'aviez prescrit . Je serai fâché qu'elles fussent perdues , il serait difficile de les retrouver ; ce sont des bagatelles qui n'ont qu'un temps, après quoi elles périssent comme les feuilles de Fréron .

Je recommande toujours à vos bontés, l'affaire Sirven . Un homme de loi de son pays m'a mandé qu'il lui avait conseillé lui-même de fuir, et que dans la fanatisme qui aliénait alors tous les esprits, il aurait été infailliblement sacrifié comme Calas . Cette seconde affaire fera autant d'honneur à M. de Beaumont que la première, sans avoir le même éclat . On verra que l'amour de l'humanité l'anime plutôt que celui de la célébrité .

Les divisions de Genève continuent toujours, mais sans aucun trouble . Ce fut ces jours passés une chose assez curieuse de voir 850 citoyens 4 refuser leurs suffrages aux magistrats avec beaucoup plus d'ordre et de décence que les moines n'élisent un prieur dans un chapitre . Plusieurs magistrats et plusieurs citoyens m'ont prié de leur donner un plan de pacification . Je n'ai pas voulu prendre cette liberté sans consulter M. d'Argental . Je crois d'ailleurs qu'il faut attendre que les esprits un peu échauffés soient refroidis . M. Hennin nommé à la résidence de Genève viendra bientôt ; c'est un homme de mérite et très instruit ; il est plus capable que personne de porter les Genevois à la concorde . Jean-Jacques a un peu embrouillé les affaires . On découvre tous les jours de nouvelles folies de ce Jean-Jacques . Vous connaissez, je crois, Cabanis 5 qui est un chirurgien de grande réputation . Ce Cabanis a mis longtemps des bougies 6 en sa vilaine petite verge ; il l'a soigné, il l'a nourri longtemps . Jean-Jacques a fini par se brouiller avec lui comme avec M. Tronchin . Il paraît que l'ingratitude entre pour beaucoup dans la philosophie de Jean-Jacques .

Je vous demande toujours votre protection auprès de Briasson . La situation de Protagoras ne me sort ni de la tête ni du cœur .

Notre enfant, Mme Dupuits vient d'accoucher à sept mois d'un garçon qui est mort au bout de deux heures . Il a été heureusement baptisé, c'est une grande consolation . Il est triste que père Adam n'ait pas fait cette fonction salutaire, dont il se serait acquitté avec une extrême dignité . Adieu mon très cher. Écr l'inf . »

1 L'édition de Kehl donne un texte qui comporte transpositions et suppressions .

4 Les archives d’État de Genève mentionnent 1282 votes le 17, et 1274 le 24 . V* semble faire allusion à la majorité qui refusa d'élire le procureur général .

6 Instrument de chirurgien, nommé par sa ressemblance aux bougies de cire, qu'on introduit dans l'urètre, soit pour le dilater soit pour porter un caustique sur quelque point de sa surface (Littré).

21/03/2021

quand je leur ai envoyé un plan, qui n'est pas un plan de tragédie, je n'ai pris cette liberté que parce que plusieurs personnes des deux partis m'en avaient prié

... Actualité française, n'est-ce pas mister président ?

Si ça peut vous aider : https://www.lepoint.fr/sondages-oui-non/les-nouvelles-mesures-pour-lutter-contre-l-epidemie-vous-semblent-elles-plus-contraignantes-pour-votre-vie-quotidienne-19-03-2021-2418472_1923.php?M_BT=443989616563#

 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

27è novembre [1765] 1

Je dois dire, ou répéter , à mes anges, que quand je leur ai envoyé un plan, qui n'est pas un plan de tragédie, je n'ai pris cette liberté que parce que plusieurs personnes des deux partis m'en avaient prié . J'ajoute encore que je n'ai mis par écrit mes idées que pour donner à M. Hennin des notions préliminaires de l'état des choses . M. Fabry, dont j'ai déjà eu l'honneur de vous parler, et qui est à peu près chargé des affaires par intérim, m'a paru être de mon avis dans les conversations que j'ai eues avec lui . Ce qui pourrait me faire croire que j'ai rencontré assez juste , c'est qu'ayant proposé en général le nombre de sept cents citoyens, pour exiger une assemblée du corps entier de la république, ce nombre a paru trop fort aux citoyens, et trop petit aux magistrats . Par conséquent il ne s’écarte pas beaucoup du juste milieu que j'ai proposé, puisque l'assemblée générale n'est presque jamais composée que de treize cents tout au plus, et qu'il n'y a qu'un seul exemple où elle ait été de quatorze cents .

Mes remontrances à Lekain deviennent inutiles après l'édition faite d'Adélaïde, ainsi n'en parlons plus . Un temps viendra où les tracasseries de la comédie seront finies comme celles de Bretagne, et où le petit ex-jésuite pourra revenir à ses Roués ; mais pour moi je serai toujours, à mes anges, avec respect et tendresse.

V. »