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03/03/2017

ayez la bonté de payer cent louis pour nos facéties . Il nous viendra des secours au mois de mai

"... Amis contribuables et encartés de tous partis, merci pour vos dons involontaires et forcés, nous faisons le show pour vous, un seul restera, le pire ou le meilleur [sic] . A 5% ce sera la jackpot pour quelques uns , et en mai "fais ce qu'il te plait", tout est encore possible . Ne pas oublier que l'expression de nos préférences tient compte de nos exigences financières personnelles ."

 signé : Majorité des candidats à la présidentielle .

 

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« A Ami Camp, Banquier

à Lyon

A Ferney 27 mars 1762 1

Mon cher correspondant, Joyar a pu vous dire qu'il n'a point de nièce qui fasse bâtir des théâtres, habille les acteurs, et donne à souper à cent cinquante personnes . Que voulez-vous que je fasse ? Il faut bien souffrir mon plaisir et le payer . Je vous demande donc son mois . Remettons à un autre temps la défalcation, et ayez la bonté de payer cent louis pour nos facéties .

Il nous viendra des secours au mois de mai . Avez-vous des nouvelles bien vraies sur la roue de Calas ? Était-il innocent ou coupable ? Voilà d'un côté ou d'un autre le fanatisme le plus horrible dans le siècle le plus éclairé . Mes tragédies ne sont pas si tragiques . Mille tendres amitiés .

V. »

1 L'édition Gaullieur limite cette lettre à un court extrait non daté ; Cayrol donne un autre fragment fondu à une « lettre » du 27 août 1762 avec J.-R. Tronchin pour destinataire .

 

il est utile d’approfondir la vérité

... Ce que veut à tout prix éviter Fanfoué Fillon, et Marine Le Pen itou . Tous deux ont un discours identique -- copié-collé --, dès lors qu'il s'agit de faire la vérité sur leurs agissements, légaux bien entendu, indéfendables mêmement, pourtant . Ah ! les beaux candidats que nous avons là !

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Réalité / fiction / instruction ?

 

Je dois dire que le peu d'estime que j'avais pour le Fanfoué II a fondu, comme des emplois fictifs plongés dans la Sarthe, en entendant les minables, ridicules attaques du candidat crevant de trouille de perdre son prestige en même temps que son gagne-pain de politicien surpayé .

 

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Toujours inséparables, le maître es fraudes et l'élève ! c'est beau , un vieux couple ! 

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'ArgentaI

A Ferney 27 mars [1762]

Vous me demanderez peut-être, mes divins anges, pourquoi je m’intéresse si fort à ce Calas, qu’on a roué ; c’est que je suis homme, c’est que je vois tous les étrangers indignés, c’est que tous vos officiers suisses protestants disent qu’ils ne combattront pas de grand cœur pour une nation qui fait rouer leurs frères sans aucune preuve.

Je me suis trompé sur le nombre des juges, dans ma lettre à M. de La Marche 1. Ils étaient treize, cinq ont constamment déclaré Calas innocent. S’il avait eu une voix de plus en sa faveur, il était absous. A quoi tient donc la vie des hommes ? à quoi tiennent les plus horribles supplices ? Quoi ! parce qu’il ne s’est pas trouvé un sixième juge raisonnable, on aura fait rouer un père de famille ! on l’aura accusé d’avoir pendu son propre fils, tandis que ses quatre autres enfants crient qu’il était le meilleur des pères ! Le témoignage de la conscience de cet infortuné ne prévaut-il pas sur l’illusion de huit juges, animés par une confrérie de pénitents blancs qui a soulevé les esprits de Toulouse contre un calviniste ? Ce pauvre homme criait sur la route qu’il était innocent ; il pardonnait à ses juges, il pleurait son fils auquel on prétendait qu’il avait donné la mort. Un dominicain, qui l’assistait d’office sur l’échafaud, dit qu’il voudrait mourir aussi saintement qu’il est mort. Il ne m’appartient pas de condamner le parlement de Toulouse ; mais enfin il n’y a eu aucun témoin oculaire ; le fanatisme du peuple a pu passer jusqu’à des juges prévenus. Plusieurs d’entre eux étaient pénitents blancs ; ils peuvent s’être trompés. N’est-il pas de la justice du roi et de sa prudence de se faire au moins représenter les motifs de l’arrêt ? Cette seule démarche consolerait tous les protestants de l’Europe, et apaiserait leurs clameurs. Avons-nous besoin de nous rendre odieux ? ne pourriez-vous pas engager M. le comte de Choiseul à s’informer de cette horrible aventure qui déshonore la nature humaine, soit que Calas soit coupable, soit qu’il soit innocent ? Il y a certainement, d’un côté ou d’un autre, un fanatisme horrible ; et il est utile d’approfondir la vérité.

Mille tendres respects à mes anges.

V. »

1 Selon Georges Avenel : «  Dans cette lettre, qu’on ne nous a pas autorisé à reproduire, Voltaire dit que trois juges seulement se sont prononcés pour l’acquittement de Calas. » . Cependant, de nos jours, on connait bien cette lettre : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2017/03/02/j-en-suis-hors-de-moi-je-m-y-interesse-comme-homme-un-peu-me-5916627.html

 

02/03/2017

Rendez-vous à la loi, respectez sa justice, Elle est commune à tous, il faut qu'on l'accomplisse. La cabane du pauvre, et le trône des rois Également soumis entendant cette voix Elle aide la faiblesse, elle est le frein du crime .

... Le Pen et consorts, Balkany & son, Fillon, Sarkozy, et moult autres élus, que ne respectez-vous les lois que vous créez !

 

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« A Honoré-Armand, duc de Villars

24 [25] mars 1762 1

Relation de ma petite drôlerie.

Hier, mercredi 24 de mars, nous essayâmes Cassandre ; notre salle est sur le modèle de celle de Lyon ; le même peintre a fait nos décorations ; la perspective en est étonnante : on n’imagine pas d’abord qu’on puisse entendre les acteurs qui sont au milieu du théâtre , ils paraissent éloignés de cinq cents toises. Ce milieu était occupé par un autel ; un péristyle régnait jusqu’aux portes du temple. La scène s’est toujours passée dans ce péristyle ; mais quand les portes de l’intérieur étaient ouvertes, alors les personnages paraissaient être dans le temple, qui, par son ordre d’architecture, se confondait avec le vestibule ; de sorte que, sans aucun embarras, cette différence essentielle de position a toujours été très bien marquée.

Le grand intérêt commença dès la première scène, grâce aux conseils d’un de nos confrères de l’Académie 2, qui daigna me suggérer l’idée de supposer d’abord que Cassandre avait sauvé la vie d’Olympie.

Seul je pris pitié d’elle, et je fléchis mon père ;

Seul je sauvai la fille, ayant frappé la mère.3

Dès ce moment, je sentis que Cassandre devenait le personnage le plus intéressant.

Le mariage, la  cérémonie, la procession des initiés, des prêtres, et des prêtresses couronnées de fleurs, etc., les serments faits sur l’autel, tout cela forma un spectacle auguste.

Au second acte, Statira enfermée dans le temple, obscure, inconnue, accablée de ses infortunes, et n’attendant que la fin d’une vie usée par le malheur, reconnue enfin dans cette assemblée, l’hiérophante à ses genoux, les prêtresses courbées vers elle, ensuite Olympie présentée à sa mère, leur reconnaissance, firent le plus grand effet.

Cassandre, au troisième acte, venant prendre sa femme des mains de la prêtresse qui doit la lui remettre, et trouvant Statira dans cette prêtresse, fit un effet beaucoup plus grand encore. Tout le monde sentit par ce seul vers :  

Bienfaits trop dangereux, pourquoi m’a-t-il aimée ?4

qu’Olympie aimerait toujours le meurtrier de sa mère ; de sorte qu’on ne savait qui on devait plaindre davantage, ou Cassandre, ou Olympie, ou la veuve d’Alexandre.

Au quatrième, les deux rivaux, Antigone et Cassandre, ont déjà fondu l’un sur l’autre, dans le péristyle même ; les initiés, les Ephésiens les ont séparés. Ils sont tous dans les coulisses du péristyle ; ils en sortent tous à la fois, divisés en deux bandes ; les portes du temple s’ouvrent au même instant, l’hiérophante et les prêtres remplissent le milieu du théâtre, Antigone et Cassandre sont encore l’épée à la main. C’est par cet appareil que commence le quatrième acte. L’hiérophante, après avoir dit aux deux rois,  

Qu’osiez-vous 5 attenter, inhumains que vous êtes, etc.

continue ainsi :

Rendez-vous à la loi, respectez sa justice,

Elle est commune à tous, il faut qu'on l'accomplisse.

La cabane du pauvre, et le trône des rois

Également soumis entendant cette voix

 Elle aide la faiblesse, elle est le frein du crime .

Elle dédie à l'autel l'innocente victime …

Tout dépend d'Olympie, et surtout de sa mère,

Elle a repris ses droits, ce sacré caractère

Que la nature donne et que rien n'affaiblit.

A son auguste voix Olympie obéit,

Obéissez comme elle, il faut tous deux attendre

Ce que doit prononcer la veuve d'Alexandre .6

Alors Cassandre prend la résolution d’enlever son épouse dans le temple même. Il la trouve au pied d’un autel. Cette scène a été très attendrissante ; et à ces mots :

Ma haine est-elle juste, et l’as-tu méritée ?

Cassandre, si ta main féroce, ensanglantée,

Ta main qui de ma mère a déchiré le flanc,

N’eût frappé que moi seule, et versé que mon sang,

Je te pardonnerais, je t’aimerais, barbare. 7

les deux acteurs pleuraient, et tous les spectateurs étaient en larmes.

Cet amour d’Olympie attendrissait d’autant plus qu’elle avait voulu se le cacher à elle-même, qu’elle ne s’était point laissée aller à ces lieux communs des combats entre l’amour et le devoir, et que sa passion avait été plutôt devinée que déployée.

Immédiatement après cette scène, Statira, qui a su qu’on allait enlever sa fille, vient lui apprendre qu’Antigone va la secourir, que son hymen était réprouvé par les lois ; elle la donne à son vengeur. Alors Olympie avoue à sa mère qu’elle a le malheur d’aimer Cassandre. Statira évanouie de douleur entre ses bras, Cassandre qui accourt, les divers mouvements dont ils sont agités, forment un tableau supérieur aux trois premiers actes.

Au cinq, Antigone arrivant pour soutenir ses droits, pour venger Olympie du meurtrier d’Alexandre et de Statira, apprend que Statira vient d’expirer entre les bras de sa fille ; elle a conjuré Olympie, en mourant, d’épouser Antigone. Les voilà donc tous deux dans le temple, forcés d’attendre la décision d’Olympie, et elle est obligée de choisir : elle promet qu’elle se déclarera quand elle aura rendu les derniers devoirs au bûcher de sa mère. Le bûcher paraît, elle parle aux deux rivaux, et n’avouant son amour qu’au dernier vers, elle se jette dans le bûcher.

La scène a été tellement disposée, que tout a été exécuté avec la précision nécessaire. Deux fermes, sur lesquelles on avait peint des charbons ardents, des flammes véritables qui s’élançaient à travers les découpements de la première ferme, percée de plusieurs trous ; cette première ferme s’ouvrant pour recevoir Olympie, et se refermant en un clin d’œil ; tout cet artifice enfin a été si bien ménagé, que la pitié et la terreur étaient au comble.

Les larmes ont coulé pendant toute la pièce. Les larmes viennent du cœur. Trois cents personnes, de tout rang et de tout âge, ne s’attendrissent pas, à moins que la nature ne s’en mêle ; mais pour produire cet effet, il fallait des acteurs et de l’action : tout a été tableau, tout a été animé. Madame Denis a joué Statira comme mademoiselle Dumesnil joue Mérope. Madame d’Hermenches, qui faisait Olympie, a la voix de  mademoiselle Gaussin, avec des inflexions et de l’âme ; mais ce qui m’a le plus surpris, c’est notre ami Gabriel Cramer. Je n’exagère point ; je n’ai jamais vu d’acteur, à commencer par Baron, qui eût pu jouer Cassandre comme lui ; il a attendri et effrayé pendant toute la pièce. Je ne lui connaissais pas ce talent supérieur. M. Rilliet a joué le grand-prêtre, comme j’aurais voulu que M. Sarrazin l’eût représenté. Antigone a été rendu par M. d’Hermenches avec la plus grande noblesse. Je ne reviens point de mon étonnement, et je ne me console point de n’avoir pas vu ce spectacle honoré de la présence des deux illustres académiciens 8 qui m’ont daigné aider de leurs conseils pour finir mon œuvre des six jours. Eux, et deux respectables amis 9 à qui je dois tout, et que je consulte à Paris, ont fait mon ouvrage ; car malheur à qui ne consulte pas . »

1 L'édition de Kehl donne cette lettre datée inexactement et faussement adressée à d'Argental .

2 Bernis, voir lettre de ce dernier du 25 février 1762 ; voir lettre du 5 mars 1762 à Bernis : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2017/02/21/11-5913431.html

3 Olympie, I, 1 .

4 Olympie, III, 4 .

5 Nous corrigeons le texte de Besterman, Qu'oseriez-vous attenter, inhumains que vous êtes, qui fait un vers faux ; et d'ailleurs ce vers a disparu de la version définitive , Ac. IV, Sc. 3.

6Olympie, IV, 3 .

7Olympie, IV, 5 .

8 Le cardinal de Bernis et d'Alembert .

9 Les d'Argental .

 

J'en suis hors de moi . Je m'y intéresse comme homme, un peu même comme philosophe . Je veux savoir de quel côté est l'horreur du fanatisme

... Voila des paroles d'un homme d'honneur, engagé , respectable, Voltaire !

 Voila qui me console d'avoir à entendre et voir hommes et femmes en quête de pouvoir pour satisfaire leur égo, rien que leur égo, tout leur égo .

Pour paraphraser mon ami Voltaire, "voilà un abominable siècle", des Bachar El Assad, des Daech, des Trump, des Marine Le Pen, des Fillon, des Kim Jong Un, des Congos, des Kim Kardashian, des Cyril Hanouna, des gaz de schiste, usw/etc.

 

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Je n'ai rien contre les ambitieux, mais je ne peux pas souffrir les ambitieux méprisants

 

 

 

« A Claude-Philippe Fyot de La Marche

A Ferney 25 mars 1762

Il y a longtemps que je n'ai eu l'honneur d'écrire à celui qui sera toujours mon premier président . J'ai bien des choses à lui dire . Premièrement son parlement m'afflige . Le roi se soucie fort peu qu'on juge ou non les procès auxquels je m'intéresse ; mais moi je m'en soucie . Voilà une plaisante vengeance d'écolier de dire, je ne ferai pas mon thème parce que je suis mécontent de mon régent . C'est pour cela même au contraire qu'il faut bien faire son thème . J'apprends que vous faites tous vos efforts pour parvenir à une conciliation . Qui peut y réussir mieux que vous ? Vous serez le bienfaiteur de votre compagnie, c'est un rôle que vous êtes accoutumé à jouer . Je vous demande pardon de donner des fêtes quand la 1 province souffre , mais il est bon d’égayer les affligés . Il y en a de plus d'une sorte . Il vient de se passer au parlement de Toulouse une scène qui fait dresser les cheveux à la tête . On l'ignore peut-être à Paris, mais si on en est informé, je défie Paris tout frivole, tout opéra-comique qu'il est, de n'être pas pénétré d'horreur . Il n'est pas vraisemblable que vous n'ayez appris qu'un vieux huguenot de Toulouse nommé Calas, père de cinq enfants, ayant averti la justice que son fils ainé, garçon très mélancolique s’était pendu, a été accusé de l'avoir pendu lui-même en haine du papisme pour lequel ce malheureux avait dit-on quelque penchant secret . Enfin le père a été roué ; et le pendu tout huguenot qu'il était a été regardé comme un martyr et le parlement a assisté pieds nus à des processions en l'honneur du nouveau saint . Trois juges ont protesté contre l'arrêt . Le père a pris Dieu à témoin de son innocence en expirant, a cité ses juges au jugement de Dieu, et a pleuré son fils sur la roue . Il y a deux de ses enfants dans mon voisinage qui remplissent le pays de leurs cris . J'en suis hors de moi . Je m'y intéresse comme homme, un peu même comme philosophe . Je veux savoir de quel côté est l'horreur du fanatisme . L'intendant de Languedoc 2 est à Paris . Je vous conjure de lui parler ou de lui faire parler . Il est au fait de cette aventure épouvantable . Ayez la bonté je vous en supplie de me faire savoir ce que j'en dois penser . Voilà un abominable siècle, des Calas, des Malagrida, des Damiens, la perte de toutes nos colonies, des billets de confession et l'opéra-comique .

Mon cher et respectable ami, ayez pitié de ma juste curiosité . Je soupçonne que c'est vous qui m'avez écrit il y a environ deux mois, mais les écritures quelquefois ressemblent à d'autres . Quand vous aurez la bonté de m'écrire mettez un M au bas de la lettre, cela avertit . Je devrais vous reconnaître à votre style et à vos bontés, mais mettez un M. Car quand je vous renouvelle mon tendre et respectueux attachement je mets un V. »

1 V* , en changeant de page a répété la .

2 Jean-Emmanuel de Guignard, vicomte de Saint-Priest qui était à l'époque intendant du Languedoc .

 

01/03/2017

On prétend que trois juges ont protesté contre l’arrêt ; cette aventure me tient au cœur ; elle m’attriste dans mes plaisirs, elle les corrompt

... Non, il ne s'agit pas ici de Fanfoué Fillon qui lui, au contraire , s'estimant au-dessus des lois, dit que les trois juges désignés sont à la solde du gouvernement, et leur reproche leur célérité, leur parti pris . As-tu jamais intercédé, toi châtelain nanti, auprès d'un juge pour faire sursoir à une expulsion de domicile ? non, que je sache ; alors vaux-tu mieux que ceux qui se retrouvent dehors faute d'argent ?

Mon cher petit bonhomme aux sourcils broussailleux, tu nous déclare avec emphase que tu ne te retireras jamais, mais cela nous le savions déjà, et Pénélope aussi : bilan cinq enfants !

 Voltaire défendrait-il Fillon ? et Marine la harengère ? Non ! je ne crois pas .

 

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Bien avant le Salon de l'agriculture 2017, Fillon connaissait l'amour vache .

 

 

« Au cardinal François-Joachim de Pierre de Bernis

A Ferney, le 25 mars [1762]

Permettez, monseigneur, que ce vieux barbouilleur vous remercie bien sincèrement du plaisir qu’il a eu. Sans vos bontés, sans vos conseils, mon œuvre de six jours eût toujours été le chaos : permettez que je fasse lire à Votre Éminence la petite relation historique que j’envoie à M. le duc de Villars 1. Quand elle l’aura lue, si tant est qu’elle daigne lire un tel chiffon, un peu de cire mis proprement sous le cachet par un de vos secrétaires rendra le paquet digne de la poste. Voilà de plaisantes négociations que je vous confie.

Je profite de tous vos conseils ; je me donne du bon temps, peut-être un peu trop, car il ne m’appartient pas de donner à souper à deux cents personnes. J’ai eu cette insolence.  Nota bene que nous avions deux belles loges grillées. Nous avons combattu à Arques : où était le brave Crillon ?2 pourquoi était-il à Montélimar 3?

Voulez-vous, quand vous voudrez vous amuser, que je vous envoie le Droit du Seigneur ? Cela est gai et honnête ; on peut envoyer cette misère à un cardinal. Je ne dis pas à tous les cardinaux, Dieu m’en garde : Pauci, quos æquus amavit Jupiter 4. 

J’ai encore à vous dire que je suis très soumis à la leçon que vous me donnez de ne point lire, ou de ne lire guère, tous ces livres où des marquis 5 et des bourgeois gouvernent l’État. Connaissez-vous, monseigneur, la comédie danoise du Potier d’étain 6 ? c’est un potier qui laisse sa roue pour faire tourner celle de la fortune, et pour régler l’Europe . On lui vole son argent, sa femme, sa fille, et il se remet à faire des pots.

Oserai-je, sans abandonner mes pots, supplier Votre Éminence de vouloir bien me dire ce que je dois penser de l’aventure affreuse de ce Calas 7, roué à Toulouse pour avoir pendu son fils ? c’est qu’on prétend ici qu’il est très innocent, et qu’il en a pris Dieu à témoin en expirant. On prétend que trois juges ont protesté contre l’arrêt ; cette aventure me tient au cœur ; elle m’attriste dans mes plaisirs, elle les corrompt. Il faut regarder le parlement de Toulouse, ou les protestants, avec des yeux d’horreur. J’aime mieux pourtant rejouer Cassandre, et labourer mes champs. Oh ! le bon parti que j’ai pris !

Le rat retiré dans son fromage de Gruyère souhaite à votre très aimable Éminence toutes les satisfactions de toutes les espèces qui lui plairont ; il est pénétré pour elle du plus tendre et du plus profond respect.»

3 Où habitait Bernis .

4 Il en est peu qu'aima Jupiter favorable ; Virgile, Enéïde, VI, 129-130 .

5 Allusion à Victor Riqueti, marquis de Mirabeau, auteur de L'Ami des hommes ou Traité de la population, 1756-1758, et de la Théorie de l'impôt, 1760 . Voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Livre:Mirabeau_-_L%E2%80%99Ami_des_hommes,_ou_Trait%C3%A9_de_la_population,_1759,_t1.djvu

et : https://books.google.fr/books?id=lXxIAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

6 La première pièce de Holberg, intitulée en danois Den Politiske Kandestöber, 1722 . Voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Revue_des_Deux_Mondes_-_1832_-_tome_7.djvu/55

7 Première fois que Calas est nommé dans la correspondance .

 

Vous m'avez fait présent d'un sac de navets dont je fais plus de cas que de tous les sacs de procès qui pendent au croc des juges

... Reconnait Marine Le Pen-fleur-de-nave lors de sa visite au Salon de l'agriculture .

Son allure , sa démarche me font préférer celles des animaux qu'on dit bêtes , elle est d'une inélégance égale à celle de Trump , des idées ineptes, une lâcheté innée ; ah ! quel beau couple ils feraient nos deux blondies , mais pourvu que Dieu ne leur permette pas de procréer !

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« Au Président Germain-Gilles-Richard de Ruffey

à Dijon

Ferney 22è mars 1762

Beaucoup de comédies à jouer et à faire, Corneille à commenter, mes terres à labourer etc., etc., m'ont empêché mon cher Président de vous remercier aussi vite que je l'aurais voulu . M. de Vivey 1 n'est-il pas conseiller de votre parlement non séant ? n'est-ce pas lui qui est venu à Ferney un jour que nous avions trois cents spectateurs et soupeurs ? Il arriva tout harassé au milieu de la cohue .

Moi aller à Paris ! Quelle idée ! J’ai cherché le repos, je l'ai trouvé, je ne le hasarderai pas ; et d’ailleurs puis-je m'absenter de ma charrue, et de Corneille ?

Vous m'avez fait présent d'un sac de navets dont je fais plus de cas que de tous les sacs de procès qui pendent au croc des juges . Il me semble qu'on ménage votre parlement plus qu'on n'a ménagé celui de Besançon 2. Pour les frères jésuites, je crois qu'ils seront conservés et réformés et en voici la raison dans le papier honnête et modéré qui m'est venu de Paris .

Je vous embrasse tendrement ; je vous aime et regrette .

V. »

1 Vivey n'est pas connu comme parlementaire de Dijon .

2 Le parlement de Besançon avait été puni par l'exil et l'emprisonnement de quelques meneurs ; dans des circonstances similaires, à propos de Varenne, le parlement de Dijon eut l'avantage . Voir : http://portail.atilf.fr/cgi-bin/getobject_?a.88:1:11./var/artfla/encyclopedie/textdata/IMAGE/

et : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k426180/texteBrut

et à propos de Varenne , note 3 : http://www.buffon.cnrs.fr/correspondance/corr_buffon_affi_lettre.php?lang=fr&table=buffon_corr_main&bookId=66

 

 

28/02/2017

Ils furent si effarouchés de notre désordre que je n'ai plus entendu parler d'eux . J'en suis très fâché

... Nous avoue  Warren Beatty , après la cérémonie des Oscars, où accompagné de Faye Dunaway qui, emportée par son enthousiasme, avait déclaré "La la land" meilleur film au lieu de  "Moonlight" . Nouvelle pépite pour bêtisier, dans le genre bénin .

http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/02/27/mauv...

 

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Mai 2017 - France : "And the new president is ... !  O sorry , I beg your pardon,  it is ... "

 

 

« A Antoine-Jean-Gabriel Le Bault, Conseiller

du Parlement

à Dijon

22è mars à Ferney

Je crois monsieur que les voyageurs que vous avez eu la bonté de m'adresser auront été un peu étonnés de la cohue qu'ils trouvèrent dans un ermitage qui devrait être consacré au repos . Nous leur donnâmes la comédie et le bal, mais monsieur votre parent eut bien de la peine à trouver un lit . Ils furent si effarouchés de notre désordre que je n'ai plus entendu parler d'eux . J'en suis très fâché . Votre parent, monsieur, m'a paru infiniment aimable, dans la presse ; et j'entrevis que dans la société il doit être de la meilleure compagnie du monde .

Vous ne voulez donc pas que je boive du vin de Mme Le Bault . Vous m'avez abandonné, vous ne me jugez ni ne m'abreuvez . Je n'ai plus je crois de procès avec M. le président De Brosses mais aussi je n'ai plus de son vin de Tournay . J'ai abandonné le tout à un fermier pour éviter toute noise .

Vous avez entendu parler peut-être d'un bon huguenot que le parlement de Toulouse a fait rouer pour avoir étranglé son fils 1. Cependant ce saint réformé croyait avoir fait une bonne action, attendu que son fils voulait se faire catholique , et que c’était prévenir une apostasie . Il avait immolé son fils à Dieu, et pensait être fort supérieur à Abraham, car Abraham n'avait fait qu'obéir, mais notre calviniste avait pendu son fils de son propre mouvement, et pour l’acquit de sa conscience . Nous ne valons pas grand-chose, mais les huguenots sont pires que nous, et de plus ils déclament contre la comédie .

J'ai l'honneur d'être avec bien du respect monsieur

votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire. »

1 Première référence de V* à l'affaire Calas . Ce doit être un jour ou deux après avoir écrit cette lettre qu'il reçut la visite dont il parle dans une lettre à Damilaville le 1er mars 1765 , car, dès le 25 mars 1762, son jugement sur l'affaire avait changé (voir lettre du 25 mars 1762 à C.P. Fyot de La Marche ) . Voir Jacques Van den Heuvel, Voltaire , L'Affaire Calas , 1975, et Besterman qui donne une chronologie de l'affaire Calas 1761-1765 . Voir aussi : http://www.monsieurdevoltaire.com/tag/affaire%20calas/