Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/04/2021

Il faut que les choses utiles soient publiques 

... Et de plus, que les inutiles restent privées, ce qui permettrait de faire de sérieuses économies d'énergie en restreignant la diffusion imbécile d'âneries et fake news sur les réseaux sociaux . De ce fait, j'abrège aussitôt votre temps de lecture .

infographie

https://www.bfmtv.com/sciences/la-consommation-electrique...

 

 

« A François Achard Joumard Tison, marquis d'Argence

Brigadier des armées du roi, Chevalier

de Saint-Louis

à Angoulême

Béni soit Dieu, monsieur , vous et votre chanoine vous faites de bien belles actions . Couronnez-les en faisant de J. M.1 ce que vous avez fait de la lettre sur Calas. Il faut que les choses utiles soient publiques . Vous en pourrez venir très-aisément à bout. Vous rendrez un service essentiel à tous les honnêtes gens. Ayez cette bonne œuvre à cœur. Il n’y a pas un homme de bien, dans le pays que j’habite, qui ne pense comme vous, et je me flatte qu’il en sera bientôt de même dans le vôtre.

Le docteur Tronchin craint pour les jours de M. le dauphin ; on dit que les médecins de la cour ne sont pas d’accord ; tout le monde est dans les plus vives alarmes ; mais on a toujours des espérances dans sa jeunesse et dans la force de son tempérament. Dieu veuille nous conserver longtemps le fils et le père !

Adieu, monsieur ; nous faisons les mêmes vœux pour toute votre famille.

A Ferney 8è décembre 1765 . »

Tout doit, si je l’en crois, céder à son pouvoir ; Lui plaire est ma grandeur, l’aimer est mon devoir

... Ô président adoré ! après ça je vais passer pour le plus grand courtisan, limite lèche-cul pour tout dire ! Heureusement je n'en pense pas un mot, et comme tu aimes à employer le conditionnel, moi aussi : si tu veux "prendre le virus en tenaille entre les mesures de freinage et la vaccination" ,  image d'un stratège alliant le forgeron et le garagiste, la tenaille de mon impatience confinée pourrait bien déchirer mon bulletin de vote "d'ici la fin" ... mai 2022 .

https://www.lci.fr/politique/video-covid-19-confinement-e...

blague mesures – Blagues et Dessins

 

 

 

« A Henri-Louis Lekain, Comédien

ordinaire du roi

près de la Comédie-française

à ¨Paris

7è décembre 1765

Mon cher ami, vous aurez sans doute le crédit de faire mettre deux cartons à cette pauvre Adélaïde . Le libraire ne pourra refuser de prendre cette peine, que j’ai offert de payer. Les deux fautes dont je me plains sont capitales, et peuvent faire très-grand tort à un ouvrage que vous avez fait valoir.

Le premier carton doit être à la page 30.

Non, c’est pour obtenir une paix nécessaire ;
Gardez d’être réduit au hasard dangereux
Que les chefs de l’État ne trahissent leurs vœux1.

Il faut mettre à la place :

Non, c’est pour obtenir une paix nécessaire ;
On la veut, on en traite, et dans tous les partis
Vous serez prévenu, je vous en avertis.
Passez-les en prudence 2, etc.

Le second carton doit être à la page 39, où il se trouve deux vers répétés dans la même scène :

Enflé de sa victoire, et teint de votre sang.
Il m’ose offrir la main qui vous perça le flanc3.

Il faut mettre à la place :

Tout doit, si je l’en crois, céder à son pouvoir ;
Lui plaire est ma grandeur, l’aimer est mon devoir.

Je vous demande en grâce d’exiger ces deux cartons. Si le libraire les refuse, exigez du moins qu’on fasse un errata, dans lequel ces deux corrections se trouvent. Vous sentez à quel point ma demande est juste. Celui qui a glissé dans ma pièce ce détestable vers inintelligible :

Que les chefs de l’État ne trahissent leurs vœux,

ne m’a pas rendu un bon service.

Mandez-moi, je vous prie, quand vous jouez Gustave4. On m’a écrit que si monseigneur le dauphin se porte mieux, il y aura encore des spectacles à Fontainebleau ; mais j’en doute beaucoup.

Je crois M. d’Argental à la cour ; c’est pourquoi je vous adresse cette lettre en droiture.

Adieu ; vous savez combien je vous suis tendrement dévoué. »

4 Le Gustave Wasa, tragédie de La Harpe, non imprimée, sera joué le 3 mars 1766. Voir lettre du 16 novembre 1765 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2021/03/14/vous-avez-regarde-ma-liberte-ma-foi-comme-un-bien-de-conquet-6303360.html

06/04/2021

Je ne suis point étonné, monsieur, que vous ayez de mauvais comédiens à Nancy ; on dit que ceux de Paris ne sont pas trop bons

... AS Nancy Lorraine et PSG ? Plus comédiens que bons joueurs, effectivement .

Le football dans les collections de l'INA – Carnet de recherche de  l'Inathèque

 

 

« A Philippe-Charles-François-Joseph de Pavée, marquis de Villevieille 1

A Ferney, 4 décembre 1765

Mes maladies qui me persécutent, monsieur, quand l'hiver commence, et mes yeux qui se couvrent d'écailles quand la neige arrive, ne m'ont pas permis de répondre aussitôt que je l'aurais souhaité, à votre obligeante lettre 2. Mme Denis et Mme Dupuits sont aussi sensibles que moi à l'honneur de votre souvenir . Mme Dupuits s'est avisée d’accoucher à sept mois d'un petit garçon qui n'a vécu que deux heures ; j'en ai été fâché en qualité de grand-père honoraire ; mais ce qui me console c'est qu'il a été baptisé ; il est vrai qu'il l'a été par une garde huguenote, cela lui ôtera dans le paradis quelques degrés de gloire que père Adam lui aurait procurés .

Je ne suis point étonné, monsieur, que vous ayez de mauvais comédiens à Nancy ; on dit que ceux de Paris ne sont pas trop bons . Il est difficile de faire naître des talents quand on les excommunie . Les Grecs qui ont inventé l'art avaient plus de politesse et de raison que nous .

Il me paraît que vous n’êtes pas plus content de la société des femmes que du jeu des comédiens, le bon est rare en tout genre . Vous trouverez dans votre philosophie des ressources que le monde ne vous fournira guère . Si jamais le hasard vous ramène vers l'enceinte de nos montagnes, n'oubliez pas l'ermitage où l'on vous regrette .

Agréez les respects de V. »

2 Non connue.

05/04/2021

Il ne songe pas qu’en le faisant partir au mois de janvier par les rouliers, il m’arrivera au mois de mars ou d’avril

... On croirait bien avoir là décrites les mésaventures des livraisons du vaccin anti-Covid !

Le bateau coule normalement – Blagues et Dessins

Pourvu que ça ne soit plus vrai !

 

 

« A Etienne-Noël Damilaville

4è décembre 1765

Mon confrère Saurin, mon cher frère, m’a envoyé son Orpheline léguée, et je lui en fais mes remerciements par cette lettre que je vous adresse 1. Je ne crois pas que ce legs ait valu beaucoup d’argent à l’auteur. Il y a beaucoup d’esprit dans son ouvrage, bien de la finesse, une grande profondeur de raison dans les détails ; les vers sont bien faits, le style est aisé et agréable ; et avec tout cela, une pièce de théâtre peut très bien n’avoir aucun succès. Il faut vis comica pour la comédie et vis tragica 2 pour la tragédie ; sans cela, toutes les beautés sont perdues. Ayez la bonté de lui faire parvenir ma lettre.

Je viens d’être bien attrapé par un livre 3 que j’avais fait venir en hâte de Paris. L’annonce me faisait espérer que je connaîtrais tous les peuples qui ont habité les bords du Danube et du Pont-Euxin, et que j’entendrais fort bien l’ancien slavon. L’auteur, M. Peyssonnel, qui a été consul en Tartarie, promettait beaucoup et n’a rien tenu. Je mettrai son livre à côté de l’Histoire des Huns, par Guignes 4, et ne les lirai de ma vie.

J’attends, pour me consoler, le ballot que Briasson doit m’envoyer 5. Il ne songe pas qu’en le faisant partir au mois de janvier par les rouliers, il m’arrivera au mois de mars ou d’avril.

Je ne sais de qui est une analyse 6 qui court en manuscrit, et qui est très bien faite. Les erreurs grossières d’une chronologie assez intéressante y sont développées par colonne. On y voit évidemment que si Dieu est l’auteur de la morale des Hébreux, comme nous n’en pouvons douter, il ne l’est pas de leur chronologie ; mais ces discussions ne sont faites que pour les savants ; et pourvu que les autres aiment Jésus-Christ en esprit et en vérité il n’est pas nécessaire qu’ils en sachent autant que Neuton 7 et Masham 8.

Bonsoir, mon cher frère. Ecr. l’inf. »

2 La force comique et la force tragique .

3 Observations historiques et géographiques sur les peuples barbares qui ont habité les bords du Danube et du Pont-Euxin., de Claude-Charles Peyssonnel : https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/peyssonnel1765?ui_lang=eng

4 Histoire générale des Huns, des Turcs, des Mogols et des autres Tartares occidentaux (1756-1758), de Joseph de Guignes . Voir : https://journals.openedition.org/emscat/4507?lang=en

et https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1510021t.image

5 Les volumes de l'Encyclopédie .

6 Analyse de la religion chrétienne ; sur ce genre d'ouvrage, et celui-ci en particulier, voir Ira O. Wade ; The clandestine Organization and Diffusion of Philosophic Ideas in France, 1938 . L'Analyse a déjà été publiée mais V* peut l'ignorer .

7 Sur les idées de Newton en la matière, voir sa Chronology of Ancient Kingdoms amended, 1728 : https://en.wikipedia.org/wiki/The_Chronology_of_Ancient_Kingdoms_Amended

8 Chronicus canon aegyptiacus, ebraicus, graecus, et disquisitiones D . Johannes Marshami, 1672 , de Sir John Marsham : https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Marsham

et voir : https://books.google.fr/books?id=lXQvAAAAYAAJ&pg=PP9&...

L'ouvrage a été signalé à V* par Fabry de Moncault, comte d'Autrey, dans une longue lettre du 1er juillet 1765 .( voir : https://societe-voltaire.org/cv-index.php

Autrey, Henri-Jean-Baptiste Fabry de Moncault, comte d’ (1723-1777), Le Pyrrhonien raisonnable, ou méthode nouvelle proposée aux incrédules par M. l’abbé de ***, XI 108n )

Il me paraît que madame votre femme est de ce nombre [des sages], puisqu’elle sent votre mérite et qu’elle vous rend heureux ; c’est une preuve qu’elle l’est aussi

... En mathématiques on pourrait parler de raisonnement par l'absurde et au billard d'un point par deux bandes . Ô femmes soyez sages selon Voltaire, et vous messieurs méritez-les ! On n'aura jamais trop de gens heureux .

HUMOUR DU 13.4.18 - Chez dom

Il va de soi que la femme en fait et sait  autant .

 

« A Bernard-Joseph Saurin, de l'Académie

française, rue Neuve des Petits-

Champs, vis-à-vis la rue d'Antin

à Paris 1

4è décembre 1765.

Je soupçonne, monsieur, qu’il en est à peu près aujourd’hui comme de mon temps. Il y avait tout au plus aux premières représentations une centaine de gens raisonnables ; c’est pour ceux-là que vous avez écrit. Votre pièce est remplie de traits qui valent mieux à mon gré que bien des pièces nouvelles qui ont eu de grands succès ; on y voit à tout moment l’empreinte d’un esprit supérieur, et vous ne ferez jamais rien qui ne vous fasse beaucoup d’honneur auprès des sages.

Il me paraît que madame votre femme est de ce nombre, puisqu’elle sent votre mérite et qu’elle vous rend heureux ; c’est une preuve qu’elle l’est aussi ; je vous en fais à tous deux mes très tendres compliments.

Quant aux Anglais, je ne peux vous savoir mauvais gré de vous être un peu moqué de Gilles Shakespear 2 ; c’était un sauvage qui avait de l’imagination ; il a fait même quelques vers heureux 3, mais ses pièces ne peuvent plaire qu’à Londres et au Canada. Ce n’est pas bon signe pour le goût d’une nation, quand ce qu’elle admire ne réussit que chez elle.

Rendez toujours service, mon cher confrère, à la raison humaine. On dit qu’elle a de plats ennemis qui osent lever la tête. C’est un bien sot projet de vouloir aveugler les esprits, quand une fois ils ont connu la lumière.

Conservez-moi votre amitié ; elle me fera oublier les sots dont votre grande ville est encore remplie.

V. »

1 Adresse complétée par une autre main

2 Dans la préface de L'Orpheline léguée, Saurin fait des allusions méprisantes  en parlant des «plus   monstrueuses absurdités » des pièces de Shakespeare . Voir : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5853624q/f4.item.texteImage

3 Dans l'édition Garnier on a , curieusement : « Il a fait beaucoup de vers heureux ».

04/04/2021

nous serons cinq ou six spectateurs, tous gens discrets

... M. Djebbari Jean-Baptiste, vous le voyez, même Voltaire suit les ordres gouvernementaux ! Inutile de lui demander la fumeuse attestation de déplacement qui ressemble à un inventaire à la Prévert ; même Wagnière rechigne à en faire des copies !

L'humour face aux épidémies – Partie I. Le Charivari, le choléra et la  grippe entre 1832 et 1870 | L'Histoire à la BnF

Avissss à la population, urbi et orbi  : "On a déjà donné"

 

 

« A Michel-Paul-Guy de Chabanon

de l'Académie des belles-lettres

à Paris

4è décembre 1765 à Ferney

Voulez-vous savoir, monsieur, l’effet que fera Virginie 1 ? Envoyez-la-nous. S’il y a deux rôles de femme, je vous avertis que j’ai chez moi deux bonnes actrices , l’une, ma nièce Denis ; l’autre, ma fille Corneille ; j’ai deux ou trois acteurs sous la main qui ne gâteront point votre ouvrage ; nous serons cinq ou six spectateurs, tous gens discrets, soyez sûr que la pièce ne sortira pas de mes mains, et que les rôles me seront rendus à la fin de la représentation.

C’est, à mon sens, la seule manière de juger d’une pièce de théâtre. J’ai toujours ouï dire que Despréaux, qui était le confident de Racine et de Molière, se trompait toujours sur les scènes qu’il croyait devoir réussir le plus, et sur celles dont il se défiait ; or jugez, si Despréaux se trompait toujours dans Auteuil près de Paris, ce qui m’arriverait à Ferney au pied du mont Jura. Je crois qu’il faut voir les choses en place pour en bien juger.

Je me flatte qu’en effet, monsieur, vous pourrez nous donner les violons dans notre enceinte de montagnes ; on nous assure que madame votre sœur 2 doit acheter une belle terre dans mon voisinage ; vous y viendrez sans doute. Le plaisir de vous entretenir augmentera, s’il se peut, encore l’estime que vos lettres m’ont inspirée ; mais dépêchez-vous, car ma mauvaise santé m’avertit que je ne serai pas doyen de l’Académie française. Je vous donne ma voix pour être mon successeur, à moins que vous n’aimiez mieux choisir selon l’ordre du tableau.

Vous me parlez de la meilleure édition de mes sottises : il n’y en a point de bonne ; mais j’aurai l’honneur de vous envoyer la moins détestable que je pourrai trouver.

Permettez-moi de vous embrasser tout comme si j’avais déjà eu l’honneur de vous voir.

V."

2 Mme de La Chabalerie .

Je vous crois actuellement, monsieur, en train d’être grand père ; car je m’imagine qu’on ne perd pas son temps dans votre beau climat

... Beau climat ou pas, l'art d'être grand-père s'est raréfié faute de naissances, le confinement n'ayant pas stimulé le besoin de câlins progestatifs , ce qui est tout à fait logique, on ne veut pas mettre au monde un enfant dans un pays en guerre .

Petit aparté , le triste sire Bolsonaro a trouvé le moyen le plus radical pour réduire le nombre de chômeurs et de peuples indigènes au Brésil : Covid 19 + le moins de soins disponibles, armes de destruction massive et hypocrite ( c'est ce que je suppose, et je crains bien d'être dans le vrai  ) : https://www.podcastjournal.net/Covid-19-Les-peuples-autoc...

Covid-19 : Les peuples autochtones du Brésil sur le point d'être décimés ?

 

 

 

« A François Achard Joumard Tison, marquis d'Argence

Brigadier des armées du roi etc.

à Angoulême

Je vous crois actuellement, monsieur, en train d’être grand père ; car je m’imagine qu’on ne perd pas son temps dans votre beau climat. Notre petite Dupuits a perdu le sien : elle s’est avisée d’accoucher avant sept mois d’un petit drôle gros comme le pouce, qui a vécu environ deux heures. On était fort en peine de savoir s’il avait l’honneur de posséder une âme ; père Adam, qui doit s’y connaître, et qui ne s’y connaît guère, n’était pas là pour décider la question ; une fille l’a baptisé à tout hasard, après quoi il est allé tout droit en paradis, où votre archevêque d’Auch prétend que je n’irai jamais 1, mais il devrait savoir que ce sont les calomniateurs qui en sont exclus, et que la porte est ouverte aux calomniés qui pardonnent et qui font du bien.

Permettez-moi de présenter mes respects à toute votre famille présente et à venir. Tout Ferney vous fait les plus sincères compliments.

4è décembre 1765. »

1 C'est , en substance, ce qu'a laissé entendre Jean-François de Chatillard de Montillet-Grenaud dans son Instruction pastorale de 1765 . V* lui répondra par la Lettre pastorale à M. l'archevêque d'Auch, incorporée plus tard aux Honnêtetés littéraires, XXIII.

Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Fran%C3%A7ois_de_Montillet_de_Grenaud

et : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome25.djvu/479