15/07/2026
C'est une bagatelle, je crois
... Christine Herzog, sénatrice censurée et exclue provisoirement : https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/07/17/christine-herzog-senatrice-de-moselle-exclue-temporairement-du-senat-une-decision-rarissime_6724226_823448.html
Y a-t-il un peu de conscience au Sénat ?
« A Gaspard-Henri Schérer
19è décembre 1770 à Ferney 1
J'ai l'honneur, monsieur, de vous envoyer la montre que vous avez demandée . Je l'adresse dans une petite boite à M. Vasselier, secrétaire des Postes .
Je vous envoie cinq lettres de change valant 3 955 livres, ce qui , avec la montre de neuf louis que je paie, fait la somme de 4 171 livres que vous aurez la bonté de mettre sur mon compte . Je vous avoue que je suis étonné qu'on donne pour neuf louis un ouvrage aussi bon et aussi joli .
Je vous prie , monsieur, de vouloir bien sur-le-champ avoir la bonté de faire porter à M. Tabareau de 2 un argent qu'il a avancé pour moi . C'est une bagatelle, je crois que c'est environ cinq livres . Votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire . »
1 Original signé. Endos : « Reçue le 21 déc[em]bre » et le détail des lettres de change, trois de 889, 509 et 500 livres en janvier, deux de 557 et 1500 livres « à deux jours de vue sur Paris ».
2 On est ici à la fin de la page, en la tournant, Wagnière a oublié un mot, sans doute « Lyon ».
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14/07/2026
Nous sommes pénétrés
... Par qui, par quoi, comment, pourquoi ? Reste le principal : se dépêtrer .
« A Henri Rieu
Mon cher corsaire je suis aussi affligé qu'étonné de la perte que vient de faire M. Gaussen . Je vous conjure de lui dire combien nous nous intéressons à lui, Mme Denis et moi . Nous sommes pénétrés . Venez nous voir quand vous pourrez .
V.
19 décembre [1770]. »
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13/07/2026
Il n’est pas du tout sûr que nous ayons la guerre. Il est encore moins sûr que nous soyons payés
... Voilà deux certitudes actuelles .
« A Pierre-Michel Hennin
À Ferney, 19 décembre.
Il n’est point dit dans l’édit 1 que le parlement rendra compte au chancelier.
Le Parlement n’a point envoyé de démission. Il n’est pas du tout sûr que nous ayons la guerre.
Il est encore moins sûr que nous soyons payés.
Je regrette bien cette pauvre Mme Gaussen 2 ; je la suivrai bientôt, et vivat !
1 Décret de Maupéou du 27 novembre 1770, sur lequel le parlement fit des représentations au roi le 3 décembre.
Voir lettre du même jour à d'Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/07/18/quels-bons-ouvrages-a-t-il-faits-dira-t-on-6602206.html
2 Jane Forbes, d'Aberdeen, femme de Pierre Gaussen, de Bourdigny,dame genevoise qui venait de mourir le 17 décembre 1770, et qu’il ne faut pas confondre avec l’actrice Gaussin ou Gaussen, morte en 1767.
Voir sur les Gaussen : https://archive.org/stream/noticesgnalogiq05dufogoog/noticesgnalogiq05dufogoog_djvu.txt
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12/07/2026
Ma sottise – vous la voyez
...Paroles historiques si jamais Trump les prononçait dans un accès de lucidité et franchise pour une fois . Ce n'est pas pour un tel instant qu'on se souviendra de lui , quatre-vingts ans de vie où tout s'achète et d'orgueil stupide ne s'effacent pas . Vivement qu'il passe la main . La liste de ses "sottises" est sans fin .
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental
et à
Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental
19è décembre 1770 1
Que l’on fasse ou non la guerre aux Anglais, que le Parlement fasse ou non des sottises – moi, je fais sottises et guerre . Mes anges recevront par M. le duc de Praslin un paquet. Ce paquet est la tragédie des Pélopides, c’est-à-dire Atrée et Thyeste 2. Il est vrai qu’elle a été faite sous mes yeux, en onze jours, par un jeune homme. La jeunesse va vite, mais il faut l’encourager.
Ma sottise – vous la voyez.
Ma guerre est contre les Allobroges qui ont soutenu qu’un Visigoth, nommé Crébillon, avait fait des tragédies en vers français ; ce qui n’est pas vrai.
Mes divins anges, il y va ici de la gloire de la nation.
De plus, le nasillonneur de Brosses, président, veut être de l’Académie . C’est Foncemagne qui veut le faire entrer. Il est bon que Foncemagne sache que j’ai une consultation de neuf avocats de Paris qui m’autorise à lui faire un procès pour dol 3. J’enverrai cette consultation si on veut. Le président, pour détourner le procès, m’a écrit pour me faire entendre que, si je lui faisais un procès, il me dénoncerait comme auteur de quelques livres contre la religion, moi qui assurément n’en ai jamais fait.
J’enverrai la lettre, si on veut.
Tous les gens de lettres doivent avoir De Brosses en recommandation. Mes anges diront à M. de Foncemagne 4 ce qu’ils voudront ; je m’en remets à leur bonté, discrétion, prudhommie, et à leur horreur contre de tels procédés.
V.»
1 Manuscrit olographe ; copies contemporaines, voir lettre du 19 décembre 1770 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/07/18/quels-bons-ouvrages-a-t-il-faits-dira-t-on-6602206.html
2 Voir : https://archive.org/details/lesplopidesouat00labigoog/page/n5/mode/2up
Voici d'après Besterman le résumé de cette tragédie des Pélopides : « Hippodamie, mère d'Atrée et Thyeste, et Polémon, leur ancien gouverneur, déplorent la discorde entre les deux frères, qui sont devenus ennemis parce que Thyeste a enlevé Erope, femme d'Atrée . Polémon dit à la reine qu'il a fait la paix : le royaume sera divisé, et Thyeste rendre Erope à son époux ; qui pardonnera à son frère . Pourtant, Thyeste aime Erope, qu'il a épousée quoique déjà marié lui-même, et le fils qu'il a d'elle, et refuse de tenir sa parole . Atrée, de son coté proclame qu'il ne pardonnera pas à moins qu'Erope ne jure qu'elle m'aime pas Thyeste . Elle refuse de le faire, et fait savoir à Atrée qu’elle a épousé son frère et qu'elle a un enfant de lui . Atrée enlève l'enfant et verse son sang , dans la coupe de l'autel sur lequel les deux frères doivent jurer amitié . La cérémonie commence et Hippodamie est sur le point de boire la coupe quand la disparition de l'enfant est découverte . Thyeste et Erope sortent pour aller à sa recherche et Atrée les tue derrière l'autel au son du tonnerre. »
3 Voir lettre du 10 décembre 1770 à d'Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/06/23/vous-ferez-tres-bien-de-savoir-s-il-a-eu-des-ordres-superieu-6599569.html
4 Voir lettre du 10 septembre 1770 à d'Argental : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/03/10/je-n-ai-point-du-tout-le-nez-tourne-a-la-plaisanterie-pour-l-6587199.html
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11/07/2026
Quels bons ouvrages a-t-il faits ? dira-t-on
... Question cruciale à l'heure du dernier départ .
A Jean Le Rond d'Alembert
Je suis bien embarrassé, vrai ami, vrai philosophe. Si j’étais à Paris, je ferais le moulinet ; mais des bords du lac Léman je ne peux rien. Vous savez ce que je vous ai écrit sur Marin 1: Quels bons ouvrages a-t-il faits ? dira-t-on. Je réponds qu’il n’a pas fait les Fétiches, et qu’il est très utile aux gens de lettres. Le président nasillonneur 2 a fait les Fétiches, et même les Terres australes, et n’a jamais été utile à personne. Si j’écris au petit abbé 3, il se mettra à rire, montrera ma lettre, comme cela lui est arrivé plus d’une fois ; si j’écris à d’Argental, il n’en parlera pas à Foncemagne, parce qu’il ne s’agit pas là de comédie : la seule ressource est Delille. Sa traduction des Georgiques 4 de Virgile est la meilleure qu’on fera jamais . On dit d’ailleurs que c’est un honnête homme.
Si vous ne le prenez pas, ne pourriez-vous pas avoir quelque espèce de grand seigneur 5?
Vous avez bien remarqué sans doute, dans l’édit du roi contre le Parlement 6, ce qu’on dit de l’esprit de système. Il se trouve que les philosophes ont gâté le Parlement ; on dit qu’ils font actuellement enchérir le pain, et qu’ils sont l’unique cause de la guerre entre l’Angleterre et l’Espagne 7. N’est-ce pas aussi la philosophie qui nous a pris nos rescriptions ? Par ma foi, il n’y a de plaisir à être philosophe que comme le roi de Prusse, avec cent cinquante mille soldats.
Le roi philosophe de Danemark a-t-il fait ce qu’il disait ? Laleu prétend que non, mais c’est que Laleu n’était pas encore apparemment au fait.
Parbleu, je prends mon parti ; vous pouvez faire lire habilement la déclaration ci-jointe 8 à l’abbé de V*** 9, et à tous les gens de lettres intéressés à la chose .
Ferney ce 19 décembre 1770. 10»
1 Voir lettre du 10 décembre 1770 à d'Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/06/23/vous-ferez-tres-bien-de-savoir-s-il-a-eu-des-ordres-superieu-6599569.html
Pour l'honneur de l'Académie et de V* lui-même, Marin ne fut pas élu .
2 De Brosses ; c'est le seul exemple de ce mot cité par Littré que V* utilisera encore dans les lettres du 28 octobre 1770 à Schomberg : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/04/30/ce-n-est-pas-d-aujourd-hui-que-les-bons-patissent-pour-les-m-6593615.html
Voir lettre du 28 décembre 1770 à d'Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/12/09/s-il-se-presente-quelque-eveque-ou-quelque-balayeur-du-colle.html
et lettre du 2 février 1771 à d'Alembert : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1771/Lettre_8193
et lettre du 10 décembre 1770 à d'Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/06/23/vous-ferez-tres-bien-de-savoir-s-il-a-eu-des-ordres-superieu-6599569.html
3 Voisenon.
4 Voir lettre du 6 février 1770 à Chabanon : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/07/13/nous-vous-disons-ce-que-nous-croyons-la-verite-parce-que-vou-6554993.html
L'abbé Delille fut élu, mais le roi opposa son veto à sa nomination .
5 C'est effectivement Charles Juste, prince de Beauvau- Craon, qui fut élu le 7 février 1771 pour succéder à Hénault . Voir : https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/charles-just-de-beauvau
et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles-Juste_de_Beauvau-Craon
6 Le décret de Maupéou, du 27 novembre 1770, fut adopté le 3 décembre ; il est connu sous le titre d’Édit pour règlement ou d’Édit de décembre .Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9-Nicolas_de_Maupeou
7 Voir la lettre du 25 octobre 1770 à Catherine II : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/04/28/quand-une-fois-la-terreur-s-est-emparee-d-une-nation-elle-ne-6593424.html
8 On lit ici dans l'édition de Kehl la note suivante: « Il s’agit d’une déclaration par laquelle M. de Voltaire renonçait au titre d’académicien si on lui donnait le président de Brosses pour confrère. (Kehl.) » Il semble que les éditeurs de Kehl interprètent librement une déclaration – qui a tout l'air d'une lettre circulaire écrite de Ferney – reproduite dans deux copies contemporaines de la lettre du même jour aux d'Argental ( 28 octobre 1770 à Schomberg ) et dont voici le texte : « J'ai une consultation de neuf avocats qui m'autorisent à faire un procès pour dol . J'enverrai cette consultation si on veut . Le président m'a fait entendre par lettre que si je lui faisais un procès, il me dénoncerait comme auteur de quelques livres sur la religion, moi qui assurément n'en ai jamais fait . C'est à mes confrères les gens de lettres à voir s’ils veulent dans leur corps un délateur et un calomniateur, qui de plus a fait le livre des Fétiches. Signé Voltaire. A Ferney, 19 décembre 1770. »
Voir pourtant lettre du 28 décembre 1770 à d'Alembert : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8146
9 Voisenon .
10 Copie contemporaine qui omet tout le passage depuis Vous savez jusqu'à comédie ( peut-être pris d'une autre lettre ? ) ; éd. Kehl .
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10/07/2026
Je n’aime point cette enflure et ces échasses que les sots admirent et écout[ai]ent bouche béante ...Le soin de se vanter rabaisse la grandeur...Soyez grand par les faits, et simple en vos paroles
... Entendez-vous bien , vous tous/toutes qui prétendez être les meilleur.e.s pour nous diriger ?
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental
et à
Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet , comtesse d'Argental
Voilà, mes anges, un petit allongement pour la queue trop écourtée de Sophonisbe. Je vous prie de communiquer à Lekain cette petite satire des Romains ampoulés qu’on a trop mis sur le théâtre. Je n’aime point cette enflure et ces échasses que les sots admirent et écoutaient bouche béante.
Au reste, quand vous aurez relevé de couche votre infante 1, quand vous aurez déterminé la guerre ou la paix au sujet d’une île déserte 2 dans l’autre monde, mandez-moi, je vous prie, si vous faites jouer M. Lantin de Mairet. Mandez-moi surtout si M. le duc de Duras est à Paris ; s’il revient ; quand il revient . C’est pour une affaire qui pourra amuser mes anges 3.
Il faudra du courage.
Préparez-vous.
Vous ne laisserez pas d’être surpris.
17 décembre [1770] à Ferney 4
SCIPION,
à la fin de la scène seconde du Vè acte, après ces mots,
mériter son estime (à un tribun.)
Vous, au prochain rivage ayez soin de guider
Et la reine et les siens, qu’il vous faudra garder ;
Mais, en mêlant surtout à votre vigilance
Des plus profonds respects la noble bienséance.
Les ordres du sénat qu’il faut exécuter
Sont de vaincre les rois, non de les insulter.
Gardons-nous d’étaler un orgueil ridicule,
Que nous impute à tort un peuple trop crédule.
Conservez d’un Romain la modeste hauteur :
Le soin de se vanter rabaisse la grandeur.
Dédaignez avec moi des vanités frivoles ;
Soyez grand par les faits, et simple en vos paroles.
Mais Massinisse vient 5. »
1 Marie-Amélie, femme du duc de Parme (voir lettre du 4 mai 1770 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/10/10/voici-une-autre-affaire-qui-pourra-vous-amuser-en-attendant-6565892.html ) a donné le jour le 22 novembre 1770 à une fille , Caroline .
2 L’île de Falkland ; voir lettre du 25 octobre 1770 à Catherine Ii : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/04/28/quand-une-fois-la-terreur-s-est-emparee-d-une-nation-elle-ne-6593424.html
et lettre du 20 décembre 1770 de Hennin : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8133
3 Le duc de Duras, l’un des quatre premiers gentilshommes de la chambre du roi, chargé par d’Alembert d'obtenir du roi de Danemark une souscription à la statue de V*, devait parler à Louis XV de souscrire pour la statue de Voltaire ; voir lettre de d'Alembert du 4 décembre : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8107
et lettre à d'Alembert du 10 décembre : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/12/09/s-il-se-presente-quelque-eveque-ou-quelque-balayeur-du-colle.html
4 Manuscrit olographe ; éd. Lettres inédites, peu soignée et inexactement datée, comme toutes les éditions.
5 Voir tome VII, pages 93 et 97 : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome7.djvu/103
et : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome7.djvu/107
V* supprima finalement tout le passage à partir de bienséance .
09:41 | Lien permanent | Commentaires (0)
09/07/2026
Si la guerre se déclare, notre petit canton est perdu pour longtemps
... C'est valable aussi pour les USA autant que pour Israël et l'Iran .
A suivre , danger immédiat : https://www.lemonde.fr/international/live/2026/07/08/en-d...
« A Jean-Baptiste-Louis-Georges Séroux d'Agincourt 1
17è décembre 1770 à Ferney 2
Non, monsieur, je ne suis point assurément de l’avis des sots et des ignorants qui pensent que les chevaliers romains chargés du recouvrement des impôts publics n’étaient pas des citoyens nécessaires et estimables. Je sais que Jésus-Christ les anathématise 3 ; mais en récompense il prit un commis de la douane pour un de ses évangélistes. Pour moi, je n’ai qu’à me louer de messieurs les fermiers généraux et de leur générosité, depuis que j’ai établi une petite colonie dans un désert qui n’est pas celui de Jean.
Je recommande encore cette colonie à leur bienveillance. Ces nouveaux habitants ne sont venus que sur la promesse royale, expédiée en bonne forme, d’être exempts de toutes charges et de tous droits jusqu’à nouvel ordre. Vous m’avouerez qu’un Suisse ne peut pas deviner qu’en France il faut, d’un village à un autre, pour une livre de beurre, un acquit-à-caution qui coûte de l’argent.
Certainement l’intention du roi, ni celle des fermes générales, n’est pas que des fabricants payent pour les outils qu’ils apportent.
Je laisse à votre humanité et à votre sagesse, et à celle de messieurs vos confrères, à vous arranger avec M. le duc de Choiseul, quand il aura fondé la ville de Versoix. Vous pensez comme lui sur l’avantage du royaume. Je me flatte que nous lui aurons l’obligation de la paix, parmi tant d’autres. Si la guerre se déclare, notre petit canton est perdu pour longtemps.
Oui, monsieur, j’ai dit que Neuton et Loke étaient les précepteurs du genre humain 4, et cela est vrai ; mais Loke et Neuton n’auraient pas mis le monde en feu pour une île déserte, située vers le pays des Patagons 5.
Il est encore très vrai que Louis XIV dut la paix d’Utrecht au ministère d’Angleterre ; mais ce n’est pas une raison pour que la France fasse la guerre au roi George III, qui n’en a certainement nulle envie.
Je vois, monsieur, que vous êtes patriote et homme de lettres autant pour le moins que fermier général. Vous me faites souvenir d’Atticus, qui était fermier général aussi ; mais c’était de l’empire romain.
J'ai l'honneur d'être avec tous les sentiments que je vous dois, monsieur, votre très humble . »
1 Jean-Baptiste-Louis-George Séroux d’Agincourt, né à Beauvais en 1730, mort à Rome le 24 septembre 1814, connu par son Histoire de l’Art par les Monuments, 1810-1823, trois volumes in-folio ; voir : https://bibliotheque-numerique.inha.fr/collection/item/12655-histoire-de-l-art-par-les-monuments-tome-1
Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Baptiste_Louis_Georges_Seroux_d%27Agincourt
2 Minute avec des additions de V* ; éd. Kehl .
3 Matthieu, chapitre xviii, v. 17 : https://saintebible.com/matthew/18-17.htm
voir aussi : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome25.djvu/363
4C'est bien la pensée de V* et c'est dans les Lettres philosophiques , 1734, lettre XXII, qu'il approche le plus de la présente formule .
Voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome22.djvu/195 ; et la dédicace d’Alzire : https://www.theatre-classique.fr/pages/pdf/VOLTAIRE_ALZIRE.pdf
5 Voir lettre du 25 octobre 1770 à Catherine II : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/04/28/quand-une-fois-la-terreur-s-est-emparee-d-une-nation-elle-ne-6593424.html
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