Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/01/2026

Je trouve qu’il y aurait une faiblesse inexcusable à laisser jouir en paix ce monstre du fruit de ses crimes...Quand on a des armes pour tuer une bête puante, il ne faut pas les laisser rouiller

... Il en est quelques uns qui méritent cette dénomination et par conséquent le châtiment . Curieusement Chat-j'ai-pété se trouve incapable de citer les chefs d'états dictateurs ou sanguinaires, ce qui selon moi est signe d'une déficience remarquable, signe d'une crainte de censure externe et rétorsion commerciale correspondante, ou alors censure interne qui montre les limites de ce prétendu fournisseur d'informations universel .  Amusez-vous à lui soumettre le titre de cette note qu'il prend au premier degré en ignorant son origine voltairienne .

Mieux vaut faire sa demande via son FAI habituel : https://major-prepa.com/geopolitique/dictatures-dans-le-m...

 

 

« A Jean Le Rond d'Alembert

16è juillet 1770 1

Mon très cher philosophe, je vous prie de me dire ce que vous pensez du Système de la Nature 2 . Il me paraît qu’il y a des choses excellentes, une raison forte, et de l’éloquence mâle, et que par conséquent il fera un mal affreux à la philosophie. Il m’a paru qu’il y avait des longueurs, des répétitions, et quelques inconséquences ; mais il y a trop de bon pour qu’on n’éclate pas contre ce livre avec fureur. Si on garde le silence, ce sera une preuve du prodigieux progrès que la tolérance fait tous les jours. On s’arrache ce livre dans toute l’Europe.

Je persiste dans la prière que je vous ai faite[1] 3 de faire rendre à Jean-Jacques sa mise . C’est l’avis de M. de Saint-Lambert. Je ne peux voir cet homme dans la liste à côté de vous et de M. le duc de Choiseul . Mais je vous recommande toujours Frédéric, non pas parce qu’il est roi, mais parce qu’il m’a fait du mal et qu’il me doit une réparation.

Je vous prie instamment, mon cher ami, de me mander si vous lui avez écrit 4.

J’ai appris avec plaisir qu’on ne jouerait point cette infâme pièce intitulée Le Satirique 5. Ceux qui l’ont protégée doivent rougir.

Si vous voyez monsieur l’archevêque de Toulouse 6, dites-lui, je vous en prie, qu’on lui demandera sa protection pour les Sirven. Ces Sirven plaident hardiment pour avoir des dépens, dommages et intérêts qu’on leur doit. La jeunesse du Parlement est pour nous ; mais nous avons contre nous un procureur général 7 qui, dans ses conclusions sur le procès des Calas, requit qu’on pendît et qu’on brûlât Mme Calas. Cette bonne et vertueuse mère me vint voir ces jours passés . Je pleurai comme un enfant.

Portez-vous bien ; vivez pour enseigner les sages et pour réprimer les fous.

Encore un petit mot. Je ne saurais m’accoutumer à voir un Fréron protégé ; je pense qu’il est aussi important pour tous les gens de lettres de faire connaître ce lâche scélérat qu’il l’était à tous les pères de famille de faire arrêter Cartouche. Thieriot ne sera pas assez lâche pour nier qu’il m’ait envoyé l’original des anecdotes imprimées 8. Pour peu que La Harpe ou quelque autre se donne la peine d’interroger ceux qui sont nommés dans ces anecdotes, on découvrira aisément la vérité ; le monstre sera reconnu, et je me charge, moi, de faire instruire tous ceux dont il a surpris la protection. Je trouve qu’il y aurait une faiblesse inexcusable à laisser jouir en paix ce monstre du fruit de ses crimes. Conférez-en, je vous en prie, avec M. de Marmontel . Quand on a des armes pour tuer une bête puante, il ne faut pas les laisser rouiller .

Cependant portez-vous bien, vous dis-je. »

1 Original ; éd. Kehl qui omet les deux derniers alinéas ( le dernier étant constitué par a formule ).

2 Voir lettre du 7 mai 1770 à Vernes : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/01/01/on-a-tant-dit-de-sottises-sur-la-nature-6577302.html

Dans une lettre du 18 juillet 1770 Bonnet écrit à Haller : « Quelqu'un de qui je le tiens immédiatement surprit l'autre jour Voltaire occupé à corriger un manuscrit . Ce garçon philosophe dit à cette personne qu'il corrigeait une Réfutation du Système de la nature . Il ajouté que l’auteur de ce système n'était point son homme ; qu'il détruisait tout ; qu'à la bonne heure qu'on tombât sur la superstition et sur le fanatisme ; mais qu'il ne pouvait souffrir qu'on attaquât l’existence de Dieu ; qu'il ne nous resterait aucune consolation, etc. J'avais, en quelque sorte prévu que Voltaire s'élèverait contre cet abominable livre . Il m'avait toujours paru opposé à l’athéisme . Il veut un Dieu pour rendre raison de l'univers .il est vrai que son Dieu est presque aussi oisif que celui d’Épicure . Et en général, ce grand brochurien me paraît plus déiste que théiste . Je n'ai pas une merveilleuse opinion d'une Réfutation revue et corrigée par un écrivain qui ne connaît de la métaphysique que le nom et qui insulte sans cesse au christianisme . »

3Quant à d’Alembert, voici ce qu'il répondit le 25 juillet : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_7973

4 Il l'avait fait par rune lettre du 6 juillet 1770 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_7943

6 Il devait être reçu à l'Académie le 6 septembre 1770.

7 Riquet de Bonrepos.

01/01/2026

C'est le fin du fin

... Adieu 2025 .

Bonne année 2026

à vous qui lisez les écrits voltairiens, et bonne année aussi à ceux qui ne les. connaissent pas et se conduisent bien eux aussi . 

images.jpeg

C'est vrai

Aussi je recommande Christophe Alévèque et ses revues de presse . 

https://www.youtube.com/watch?v=UlQKFG5Egqc

 

 

« A Gabriel Cramer

[juillet 1770 ?]

On voit bien, mon cher ami, que vous n'avez pas été souvent à l'opéra . Il y a cent exemples de cette mesure de vers . Ce sont des canevas que le musicien donne à remplir. Ces canevas exigent très souvent des vers de neuf ou de onze syllabes. Les deux vers qui vous effraient sont de neuf syllabes chacun, parce que la dernière syllabe d'une rime féminine n'est jamais comptée . C'est le fin du fin .

Recommandez je vous prie à votre Suisse de ne mettre absolument des grandes lettres qu'aux noms propres 1.

1 Cette observation de V* justifie l'éditeur qui modernise sur ce point ( comme sur les autres ) l'orthographe des éditions des œuvres de V* .

31/12/2025

ne poursuivre ce qu'il a commencé ...qu'après qu'on lui aura parlé et qu'on sera convenu de tout avec lui

...

 

« A Gabriel Cramer

[juillet 1770 ?]

On remercie de tout son cœur monsieur Cramer de l’envoi qu'il a bien voulu faire .

On le prie de vouloir bien envoyer deux Alphabet de la raison 1 .

Il est surtout instamment supplié de ne poursuivre ce qu'il a commencé pour M. Panckoucke 2 qu'après qu'on lui aura parlé et qu'on sera convenu de tout avec lui . »

1La référence à Panckoucke suggère qu'il s'agit de la « septième » édition de La raison par l'alphabet qui parut vers le milieu de l'année .

2 L'accord avec Panckoucke pour la publication de l'Encyclopédie est, selon Charly Guyot, daté du 26 juin 1770 ( Le Rayonnement de l'Encyclopédie en Suisse française, 1955). Cramer , de Tournes et Panckoucke avaient convenu de réimprimer 2000 exemplaires de l’Encyclopédie de Paris sur la base d'un partage des frais et des bénéfices . Des difficultés s'ensuivirent, ainsi qu'il appert d'une lettre de Cramer à Louis Necker de Germigny du 25 mai 1770 dont on donnera des extraits à la date en question .

30/12/2025

Enfin , mon inquiétude est dissipée

... Voltaire, mon génial philosophe, n'est heureusement pas oublié de tous : https://www.youtube.com/watch?v=gYVH8986QCc

 

 

« A Gabriel Cramer

[juillet 1770]

Ce n'est point à l'article « Chant » du troisième volume, c'est à l'article « Art dramatique » du second tome à la feuille Q que se trouve l'endroit en question où l’on craignait de s'être trompé . Je ne l'avais pas sous les yeux quand j’ai été si alarmé, parce que depuis la feuille O, je n'ai pas deux feuilles qui se suivent . Enfin , mon inquiétude est dissipée . Je craignais d'avoir offensé M. Watelet , et Dieu merci il n'en est rien .

J'attends monsieur Cramer pour l'errata et les cartons qui sont absolument nécessaires, et nous verrons si on peut réformer les deux planches pour l'article « Ciel »1. Genève a malheureusement plus de prêtres que de graveurs . Je lui demande pardon de lui avoir fait suspendre le tirage de l'article « Chant » , tout va bien hors le ciel . »

1 Il s'agit plus ici de diagrammes que de planches ; l'un d'entre eux est omis dans les éditions modernes, ce qui est dommage car il est très drôle .

qui est l'auteur des sottises que nous combattons ... il n’y a pas un moment à perdre

...

 

« A Gabriel Cramer

[juillet 1770]

Nous venons de découvrir à l'article « Chant »1 que je renvoyai hier ou avant-hier, que ce n'est point à M. Watelet qu’il faut s'adresser, que c'est M. de Cahusat qui est l'auteur des sottises que nous combattons 2 ; que par conséquent il faut changer une page entière à cette feuille ; qu'il faut arrêter sur-le-champ le tirage si on la tire ; qu'il n’y a pas un moment à perdre ; qu'il faut me renvoyer cette feuille ; que j'implore toute la célérité, toute la vivacité de monsieur Cramer ; qu'il faut dépêcher trois ou quatre courriers etc. , etc.

Je lui envoie le Seguier . Je n'ai point le clergé . »

1 Ou plutôt l'article « Art dramatique ».

2 Louis de Cahusac . La faute résultait du fait que , dans l'Encyclopédie, l’article « Expression ( peinture) » signé Watelet , suit immédiatement l'article « Expression (opéra) » qui est seulement signé d'un B . Voir lettre suivante .

s'ils croient que le poison est mêlé aux confitures, ce seront eux qui seront les empoisonneurs, et non pas nous

... On croirait bien entendre l'Ukraine discutant en vain avec une Russie menée par un truand qui est prêt à tout pour s'en tirer, le sang de ses citoyens pouvant couler autant, et même plus si besoin, que celui de ceux qu'il veut asservir .

 

 

« A Gabriel Cramer

[juillet 1770]1

Votre Suisse vraiment a fait une jolie faute, et moi j'ai eu une belle négligence . Il a mis à la page 199 du tome II:

tyran pour anglais, tirannos pour britannos 2.

Comme nous accusons un peu les Anglais d'être les tyrans des mers, on croira que je l'ai fais exprès, et ce livre qui est précisément fait pour l'Angleterre y serait regardé avec horreur si cette sottise subsistait . Je suis persuadé que vous y perdriez mille exemplaires outre le discrédit qui en résulterait .

J'attendais les feuilles de l' « Art dramatique »  . Je soupçonne que vous êtes un peu empêché à la page où il faut exprimer de la musique . Votre Suisse n'y est pas accoutumé, et il ne paraît pas avoir l'oreille sonnante .

Je pense que vous devriez envoyer incessamment les deux premiers volumes à Paris, attendu que l'artillerie de l’assemblée du clergé a consommé toute sa poudre , et que cette armée se sépare vers le 22è d'auguste ou d'août pour aller prendre ses quartiers .

Je suppose que quand vous avez donné deux exemplaires à notre ami Panckoucke vous n'avez pas manqué d'y mettre le carton du premier volume .

J'ai envoyé plusieurs feuilles à Mme la duchesse de Choiseul ; j'en ai donné à quelques connaisseurs ; tout le monde s'accorde à trouver l'ouvrage très modéré et très décent . S'il y a des gens qui veulent absolument y entendre finesse, s'ils croient que le poison est mêlé aux confitures, ce seront eux qui seront les empoisonneurs, et non pas nous .

Il y a encore quelques fautes qu'on a oubliées dans l'errata . Il y a un petit pervertissement à mettre au-devant du premier volume 3 .

Je vous prie, mon invisible Caro, de m'envoyer tout de qui est imprimé cousu, car je n'ai pas deux feuilles qui se suivent . Donnez-moi deux exemplaires cousus de tout de qui a été imprimé, car je ne sais plus où j'en suis .

Voilà des feuilles que vous pouvez ajouter avec ce que vous m'enverrez . Mille compliments à madame Cramer, j'embrasse monsieur Jean-Louis. »

1 Original ; éd. Gagnebin qui place la lettre en août ; mais la mention du mois d'août ( et non du mois « courant ») à propos de l'assemblée du clergé suggère, entre autres raisons, une date moins tardive .

2 Ce qui fut corrigé avant la publication .

3 Il ne fut pas imprimé .

J'ai tort, je vous demande pardon

... Voilà quelques mots que Brigitte Bardot aurait pu dire après ses prises de positions politiques très discutables, les humains étant  rabaissés plus bas que ses chers animaux . Des propos racistes, même dans une des plus belles bouches du monde restent détestables et discréditent ceux qui veulent décerner un hommage national : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-p...

images.jpeg

Poids des mots plus fort que le choc des photos

https://ludoch-dessins.blogspot.com/

 

 

 

« A Gabriel Cramer

à Tournay

[juillet 1770]

J'ai tort, je vous demande pardon. C'est que « Art 1» devait être avant « Art dramatique », « Art poétique », et voilà ce qui m'a trompé .

J’embrasse de tout mon cœur mon cher Gabriel, et je suis bien fâché de la peine que je lui ai donnée . »

1Il fut inclus dans les articles supplémentaires parus dans le volume IX : https://artflsrv03.uchicago.edu/philologic4/toutvoltaire/navigate/938/table-of-contents/