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12/07/2017

Voilà déjà sept familles qui sont sorties de France. Avons-nous donc trop de manufacturiers et de cultivateurs ?

... Question d'une cruelle actualité à l'heure où la délocalisation d'entreprises croit , et le désespoir des agriculteurs aussi . La menace en notre XXIè siècle n'est plus l'intégrisme religieux, mais une fiscalité moins favorable que celle de pays étrangers ou une concurrence difficile à battre , nous revoici avec un problème du XVIIIè, saurons-nous en trouver rapidement la solution ? La baisse de la pression fiscale prévue dès 2018 suffira-t-elle ?

 

Faisons en sorte de rester assez nombreux , l'union fait la force

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol , comte d'Argental

et à

Jeanne-Grâce Bosc du Bouchet, comtesse d'Argental

18 auguste [1762]

Divins anges, le bout de vos ailes m’est plus sacré que jamais. Je vous remercie du bateau : voilà ce qu’on peut donner de plus agréable à M. Tronchin. Je vous prie de joindre à toutes vos bontés celle d’ordonner à l’orfèvre d’envoyer par la diligence son bateau à M. Camp, banquier à Lyon, lequel M. Camp me le dépêchera sur-le-champ.

J’espère que je vous aurai bientôt une obligation encore plus grande, et que votre protection fera réformer l’abominable arrêt de Toulouse. En vérité, si le roi connaissait les conséquences funestes de cette horrible extravagance, il prendrait l’affaire des Calas plus à cœur que moi. Voilà déjà sept familles qui sont sorties de France. Avons-nous donc trop de manufacturiers et de cultivateurs ? Je soumets ce petit article à la considération de M. le comte de Choiseul. La France le bénit de travailler à la paix ; mais Marie-Thérèse poursuivra toujours Luc.

Catherine se joindra à Marie-Thérèse ; don Carlos voudra délivrer don Joseph du soin de régir la Lusitanie.

Cette pièce vraiment n’est pas aisée à faire ; et l’auteur y aura assurément bien de l’honneur. On lui battra des mains sur les bords de mon lac, comme sur les bords de la Seine. Il daigne donc aussi protéger le tripot et les curés ! Dieu le bénira. Il faut que nous lui ayons l’obligation, à lui et à M. le maréchal de Richelieu, d’être débarbarisés 1.

J’entends madame Scaliger à demi-mot . Elle veut un Cassandre . Vous l’aurez, madame ; mais je doute que vous et mon autre ange vouliez l’exposer au théâtre et à la dent des malins, qui se moqueront de père Voltaire, et du curé d’Éphèse, et de ma religieuse, et de mon Cassandre dûment confessé. Cependant je vous jure que le tout fait un effet auguste et terrible. J’en ai pour garants des huguenots, qui se moquent des sacrements, et à qui pourtant ma confession a fait grand plaisir . Enfin vous en jugerez. Je vous soumets tout ce que j’ai de sacré et de profane.

M. le maréchal de Richelieu vient-il ? Nous lui jouerons Cassandre.

Mille tendres respects.

V. »

 

1V* passe pour avoir inventé le mot débarbariser, Littré en donne le seul exemple dans une lettre à Saint-Lambert du 7 mars 1769 : http://www.edicu.com/?mot=debarbariser

11/07/2017

en remerciant ses protecteurs, on les encourage à continuer ces protections

... Aussi, fort de ce conseil voltairien, ne remercierai-je jamais assez le CMN (Centre des Monuments Nationaux), le Ministère de la Culture et M. François-Xavier Verger, administrateur du château de Voltaire pour leurs efforts de restauration du dit château [où j'ai hâte de me rendre en compagnie de Mam'zelle Wagnière].

http://www.chateau-ferney-voltaire.fr/

 http://www.chateau-ferney-voltaire.fr/Actualites/Ac...

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Portrait du meilleur des protecteurs , agissant même sans  remerciements : Voltaire

 

« A Anne-Rose Calas

16è août 1762

Je suppose que madame C[alas] a fait rendre à Mme la marquise de Pompadour la lettre que M. le professeur Tronchin avait écrite à cette dame il y a plus d'un mois en faveur de madame C[alas] . Je crois qu'il y en a une aussi pour M. Quesnay . Ces deux lettres sont importantes .

Si madame C ne les avait pas encore fait rendre il faudrait qu'elle ne différât plus . Elle n'aurait qu'à écrire à M. Quesnay à Versailles et mettre la lettre pour Mme de Pompadour dans le paquet de M. Quesnay .

Ceux qui dirigent madame C à Paris lui dicteraient une lettre courte et attendrissante pour M. Quesnay, cette démarche ferait un très bon effet . Il serait aussi fort utile qu'elle écrivît un petit mot de remerciement à M. le duc de La Vallière, grand fauconnier de France , à Versailles . Elle pourrait lui dire, en deux mots : Monseigneur, je sais tout ce que vous avez daigné faire en faveur d'une famille malheureuse et de la justice . Je serais aussi ingrate que je suis infortunée si je ne remplissais pas le devoir de vous remercier de tant de bontés etc.

Ces lettres que je conseille à madame C d'écrire lui seront très utiles ; en remerciant ses protecteurs, on les encourage à continuer ces protections .

S'il y a quelque difficulté sur la requête et que ces difficultés viennent de monsieur le chancelier, il est essentiel que madame Calas et son conseil aillent chez M. de Nicolaï, premier président de la chambre des comptes, parent et ami de monsieur le chancelier . Cette démarche que je conseille est la plus importante de toutes . »

 

10/07/2017

afin que je puisse passer l'hiver à Hyères

... Rêve de vacances de ce cher Voltaire, typique d'un habitant de région où l'hiver n'est pas fait pour les mauviettes, revu et corrigé par la foultitude des juilletistes et aoûtiens qui vont se griller la couenne sur le bord de la grande bleue, après inhalation, non thérapeutique et à dose de cheval, de gaz d'échappement dans les bouchons pour ne pas rompre trop brutalement avec les rites biquotidiens du métro-bouchons-boulot .

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Seul moyen pour voir Hyères sous la neige !

 

 

« A Gabriel Cramer

[vers août 1762] 1

Jean-Jacques est le fléau des philosophes . Il écrit contre eux, et il les fera pendre .

Tâchez donc, mon cher Gabriel, que j'aie trois feuilles par jour, au lieu de deux par semaine afin que je puisse passer l'hiver à Hyères . »

quoique vous soyez préféré de Baal, et moi noachide , nous pouvons en qualité d'hommes nous réunir pour faire le bien

... Ce qui devait être le mot d'ordre des chefs- d'Etats lors du G20 à Hambourg .

Volonté absolument opposée à celle des manifestants anti-capitalistes et des pourris qui les accompagnaient , véritables terroristes au sens premier du terme ; plaignons Angela Merkel d'avoir ces engeances à réprimer, comme si elle et l'Allemagne et le monde n'avaient pas assez de problèmes .

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« A Jacob Vernes

[août 1762]

Vous avez dû voir, monsieur, le premier mémoire .

Dès que vous aurez lu le second vous êtes prié instamment de faire un petit voyage à Genève .

Il y aurait ce me semble une chose assez belle à faire et on ne peut ni la faire ni même la proposer sans vous . Tâchez de venir aux délices . Car quoique vous soyez préféré de Baal, et moi noachide 1, nous pouvons en qualité d'hommes nous réunir pour faire le bien . »

1 C'est-à-dire appartenant à la secte de Noé . V* a écrit nochaide . Voir Joahann Jacob Bodmer : Der Noah, 1752, rebaptisé plus tard Die Noahchide .

09/07/2017

les juges qui ont rendu l’horrible arrêt, sont intimidés eux-mêmes . Remercions-les des armes qu'ils donnent contre eux

... Félicitons le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin en particulier, et le gouvernement en général, d'avoir le courage (sic) de s'attaquer (le mot est un peu fort) à un avantage disproportionné et immérité : le jour de carence de paiement du premier jour d'arrêt maladie dans la fonction publique . Ô  vraiment quel "horrible arrêt" pour ces centaines de milliers de fonctionnaires qui coinçaient la bulle sans souci pour leur paye ; ils n'ont plus que moins de six mois pour encore en abuser ; prions,  mes frères du privé, pour ces malheureux .

http://www.ladepeche.fr/article/2017/07/08/2608725-foncti...

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  A Philippe Debrus

[août 1762] 1

Je vous renvoie, mon cher monsieur, toutes les lettres que vous avez bien voulu me confier, avec la pièce concernant le malheureux accusé d'avoir tué son père . Vous sentez combien il importe de ne point mêler à notre juste cause une cause si étrangère et si mauvaise . Gardons-nous de présenter aux juges la cruelle idée que les parricides sont communs en Languedoc, et que le parlement est aussi sévère envers les catholiques qu'envers les réformés .

Laissons aussi dans les anciens recueils de la ligue l'arrêt rendu contre Henri IV . Le parlement de Paris en fit tout autant . Ne réveillons point ces anciennes horreurs . Il vaut encore mieux songer à rendre notre veuve intéressante qu'à rendre le tribunal de Toulouse odieux . Il le sera assez quand on aura démontré l'innocence de la famille .

Bénissons Dieu des démarches indignes et absurdes qu'on fait faire aux filles de Mme Calas . On leur dicte des lettres pour engager leur mère à trahir son devoir et la mémoire de son mari . On veut l’intimider . Il est bien clair que les juges qui ont rendu l’horrible arrêt, sont intimidés eux-mêmes . Remercions-les des armes qu'ils donnent contre eux .

J'ai toujours pensé que M. de Saint-Florentin ne rendrait les filles à la mère qu'après le jugement en révision . Il faudrait tâcher de calmer l'esprit de la mère sur cet article . Elle parle dans toutes ses lettres du couvent où ses filles sont bien traitées et bien nourries . Elle ne prononce jamais le nom de son mari . Jamais elle ne rappelle son horrible mort, l'iniquité affreuse des juges, leur fanatisme, son innocence . Il me semble que si on avait roué mon père, je crierais un peu plus fort .

Voici une lettre de M. le procureur général de Bretagne concernant MM. Cathala et de La Serre . Elle pourra vous amuser . Renvoyez-la moi je vous prie , dès que M. Cathala l'aura lue, sans en prendre copie . Ce point est essentiel . Dieu vous conserve la santé et que votre belle et bonne âme habite longtemps son étui .

V. »

1 L'édition Lettres inédites, 1863, place cette lettre entre le 31 juillet et le 5 août 1762, ce qui paraît un peu tôt .

08/07/2017

Tantum relligo potuit suadere malorum ! / Tant la religion a pu conseiller de crimes !

... Et pour le moins d'injustices, comme au Salvador --le mal nommé-- : http://www.20minutes.fr/monde/2101431-20170708-salvador-3...

 Comment peut-on conserver de telles lois qui défient l'entendement et oppriment les femmes ? Un machisme imbécile et lâche est donc le terrible point commun de ces intégristes religieux , tant chrétiens que musulmans ou autres infâmes !

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Croisement hautement dangereux

 

 

« A Bernard-Louis Chauvelin

Aux Délices 13 août [1762]1

Vous connaissez donc aussi, monsieur, le prix de la santé par les maladies ! Vous avez donc souffert comme moi ! Il y a quelque cinquante ans que je fais le métier, et je n’y suis pas encore entièrement accoutumé. Je vous crois bien persuadé que les rois et les représentants des rois n’ont rien de mieux à faire que de se bien porter. On parle d’une colique violente qui a délivré Pierre Ulric 2 du petit désagrément d’avoir perdu un empire de deux mille lieues. Il ne manquera plus qu’un Ninias à votre Sémiramis pour rendre la ressemblance parfaite. J’avoue que je crains d’avoir le cœur assez corrompu pour n’être pas aussi scandalisé de cette scène qu’un bon chrétien devrait l’être. Il peut résulter un très grand bien de ce petit mal. La Providence est comme étaient autrefois les jésuites ; elle se sert de tout. Et d’ailleurs, quand un ivrogne meurt de la colique, cela nous apprend à être sobres.

Si vous n’avez pas les mémoires des Calas, ordonnez par quelle voie vous voulez qu’on vous en adresse. Cette aventure est bien mince en comparaison de tout ce qui se passe chez les grands de la terre, mais enfin c’est quelque chose qu’un vieillard, qu’un père de famille, accusé d’avoir pendu son fils par dévotion, et roué sans aucune preuve. Tantum relligo potuit suadere malorum ! 3 Voici, en attendant, deux petites relations 4 qui pourront vous amuser quelques moments ; elles supposent des mémoires précédents . Mais ces mémoires enfleraient trop le paquet.

La tragédie des Calas, et celle qui se joue depuis Pétersbourg jusqu’en Portugal, ne m’ont pas fait abandonner la famille d’Alexandre 5. Je n’ai pas cru devoir laisser imparfait un ouvrage sur lequel vous avez daigné m’honorer de vos conseils . Vous m’avez rendu chère cette pièce à laquelle vous avez bien voulu vous intéresser. Si jamais il vous prend envie de la relire, vous n’avez qu’à commander.

Pierre Corneille m’occupe encore plus que Pierre Ulric. C’est une terrible tâche que d’être obligé d’avoir toujours raison dans quatorze tomes.

Il faut donc renoncer à l’espérance de voir vos excellences dans nos jolis déserts. Cependant le théâtre est tout prêt ; et quand madame l’ambassadrice voudra faire pleurer des Allobroges, il ne tiendra qu’à elle. Il faudra que mademoiselle votre fille joue Joas dans Athalie, et moi, si l’on veut, je ferai le confident de Mathan, Qui ne sert ni Baal ni le Dieu d’Israël 6. Ma piété en sera effarouchée ; mais il faut se faire tout à tous 7.

Que votre excellence me conserve ses bontés . J’en dis autant à madame l’ambassadrice, à qui ma nièce présente la même requête. »

1 Une main tardive a noté sur le manuscrit «  à M. de Shouwalof » qui fut accepté jusqu'à ce que Beuchot note : « toute la fin de cette lettre [à partir du paragraphe 3] me porte à croire qu'elle est adressée au marquis de Chauvelin ». Moland en fit alors une lettre séparée ; voir : http://www.monsieurdevoltaire.com/article-correspondance-annee-1762-partie-23-123140158.html

2 Empoisonné et étranglé .

3 Tant la religion a pu conseiller de crimes ; Lucrèce, De natura rerum, I, 101 .

4 Histoire d’Élisabeth Canning et des Calas .

5 Olympie .

6 Adapté d'Athalie, III, 3 .

7 Adapté de la Première Épître aux Corinthiens, IX, 22 ; voir : https://bible.catholique.org/1ere-epitre-de-saint-paul-apotre-aux/3369-chapitre-9

07/07/2017

Il faudrait être un tigre pour ne pas protéger ces infortunés

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 http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20170707.AFP6825/m...

 

« A Jean Ribote-Charron

On a présenté requête, tous les esprits sont soulevés en faveur de l'innocence . Il faudrait être un tigre pour ne pas protéger ces infortunés, quand l’injustice de leur arrêt est démontrée .

On ne corrige point Pierre Corneille . On le fait imprimer en 12 ou 13 volumes , avec un commentaire utile, en faveur de Mlle Corneille . Quand l'ouvrage sera achevé on en enverra à monsieur R[ibote] plutôt qu'à Toulouse .

13è auguste [1762] 1»

1 Edition Ch. Frossard, « Affaire Calas . Une lettre inédite de Voltaire. »