16/03/2026
monsieur m’a galvaudé deux fois
... C'est , je le souhaite, ce que pourra dire Rachida Dati au soir de dimanche prochain quand elle aura mordu la poussière ( elle qui a un sourire de rongeur ) face à Emmanuel Grégoire .
« A Jean-Chrysostome Larcher, comte de La
Touraille, Premier gentilhomme de la chambre de S.A.S. Mgr le prince de
Condé
à l'hôtel de Condé
à Paris
15è septembre 1770 à Ferney
M. Dorat, monsieur, m’a galvaudé deux fois 1 sans que je lui en aie donné le moindre sujet . Je lui ai pardonné deux fois. Comme je me meurs, et que je veux mourir en bon chrétien, s’il me fait une troisième algarade je lui pardonnerai pour la troisième, parce que je trouve qu’il a beaucoup de talents et de grâces ; mais ne lui en dites 2 mot, parce que je ne veux pas qu’on sache jusqu’à quel point je pousse les bonnes œuvres.
Si la maladie qui me tient me fait partir, recevez les adieux de votre très humble et très obéissant serviteur.
V. »
1 Dans son Avis aux sages du siècle (voir la note : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome44.djvu/565 ), et dans une épigramme en réponse à celle de La Harpe , que Dorat croyait de Voltaire.
2 L 'édition Besterman porte dit qu'on a corrigé ici en dites alors que dit est tout à fait correct : mais je ne lui en dit mot ...
11:41 | Lien permanent | Commentaires (0)
15/03/2026
faites lire , protégez douze mille citoyens infortunés
...
« A Louise-Honorine Crozat du Châtel, duchesse de Choiseul
14 septembre 1770 1
Lisez madame , faites lire 2, protégez douze mille citoyens infortunés contre vingt prêtres, et soyez bénie entre toutes les femmes .
1 Copie par Wyart . Ce manuscrit est accompagné de la transcription par Wyart d'une Nouvelle requête au roi en son Conseil, par « Me Cheri, avocat, Paget et Chapuis syndics ».
2 A propos de l'affaire des serfs du Jura : La Nouvelle requête au roi en son conseil , 1770 : https://artflsrv03.uchicago.edu/philologic4/toutvoltaire/navigate/894/1/
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
14/03/2026
Je lui sais bon gré de consulter à la fois des prophètes et des fous. Ces gens-là ont été, de tout temps, de la même espèce ; la seule différence est que les prophètes ont été des fous plus dangereux
... Bien vu mon cher Voltaire et on en a la preuve en ce XXIè siècle où les esprits belliqueux sont déchaînés, tant à l'ouest qu'à l'est et au Moyen Orient, les fous de l'acabit d'un Trump et d'un Poutine, les prophètes israëliens et iraniens, Netanyahou et Khamenei, pas un pour racheter l'autre , tous entourés d'une clique de charognards .
« A Catherine II, impératrice de Russie
À Ferney 14è septembre 1770
Madame,
Nous savions, par Venise et par Marseille, la nouvelle de vos deux victoires navales, remportées à Napoli de Romanie 1 et à Scio 2. Je reçois dans l’instant, aux acclamations de cent mille bouches, le détail que Votre Majesté impériale daigne me faire de la victoire de M. le maréchal de Roumanzof sur le vizir Halibeg 3, et sur tant de bachas suivis de cent cinquante mille hommes.
Si je meurs des maladies qui m’accablent, je mourrai à demi content, puisque Moustapha est à demi détrôné. Je lui sais bon gré de consulter à la fois des prophètes et des fous 4. Ces gens-là ont été, de tout temps, de la même espèce ; la seule différence est que les prophètes ont été des fous plus dangereux 5. Les rigides musulmans en admettent quatre cent quarante mille, en comptant tous les héros de l’Ancien Testament : cela ferait une armée beaucoup plus forte que celle d’Ali Beg ou Ali-bey.
Je vois plus que jamais que les chars de Cyrus sont fort inutiles à vos troupes victorieuses. Si elles rencontrent Hali-Bey une seconde fois, elles le battront infailliblement ; mais il faut traverser le Danube en présence d’une armée qui est très nombreuse. Il n’y a rien que je ne croie M. le comte de Roumanzof capable de faire ; mais osera-t-on tenter ce passage, après lequel il faudrait absolument ou prendre Constantinople, ou n’avoir point de retraite ? Je lève les mains au ciel, je fais des vœux, et je me tais.
Ceux qui souhaitaient des revers à Votre Majesté seront bien confondus, et pourquoi lui souhaiter des disgrâces dans le temps qu’elle venge l’Europe ? Ce sont apparemment des gens qui ne veulent pas qu’on parle grec : car si vous étiez souveraine de Constantinople, Votre Majesté établirait bien vite une belle académie grecque. On vous ferait une Catheriniade ; les Zeuxis et les Phidias couvriraient la terre de vos images ; la chute de l’empire ottoman serait célébrée en grec ; Athènes serait une de vos capitales ; la langue grecque deviendrait la langue universelle : tous les négociants de la mer Égée demanderaient des passeports grecs à Votre Majesté.
Je n’aime point les Vénitiens, qui attendent si tard à se faire Grecs. Je suis un peu fâché contre cet Ali d’Égypte, qui ne remue pas plus qu’une momie. Mais enfin je n’ai point à me plaindre . Deux victoires sur mer et deux victoires sur terre sont des faveurs bien honnêtes, dont je remercie Votre Majesté impériale du fond de mon cœur, . Je chante des Te Deum dans mon lit et un De profundis pour Moustapha.
Que Votre Majesté impériale soit toujours aussi heureuse qu’elle mérite de l’être, et qu’elle daigne agréer le profond respect, la joie, et l’attachement inviolable du vieil ermite des Alpes. »
1 La nouvelle de la victoire de Napoli de Romanie (Nauplie ) est, comme on l'a dit, annoncée à V* par la lettre de Catherine du 2/13 août : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_7981
2 Catherine ne dit que deux mots de la bataille de Napoli-de-Romanie, dans la lettre du 2 août ; elle n’y parle pas de la victoire de Scio. La bataille de Scio ou Chio n' était que le prélude à la bataille de Chesme ( 5-6 juillet 1770).
3 Lettre du 2/13 août comme indiqué .
4 Voir lettre du 28 août 1770 à Catherine II : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/02/26/pardonnez-moi-cette-opiniatrete.html
5Cette remarque achemine la pensée de V* vers certains th-mes du Taureau blanc : https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Taureau_blanc
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
13/03/2026
J'ai aussi pris la liberté de tirer sur vous
... C'est la petite mise au point du nouveau barbu iranien en turban noir, Mojtaba Khamenei, revendiquant les attaques et destructions sur les pays du Golfe et les pétroliers dans le détroit d'Ormuz : https://www.franceinfo.fr/monde/iran/guerre-entre-les-eta...
« A Guillaume-Claude de Laleu
10è septembre 1770 à Ferney
A la fin, monsieur, j'ai eu l'honneur de voir M. le comte de La Bourdonnais 1 à qui j'ai payé sur-le-champ les mille livres que vous avez bien voulu tirer sur moi .
J'ai aussi pris la liberté de tirer sur vous six louis d'or pour ma colonie d'horlogers 2 à qui j'espère que vous voudrez bien faire ce plaisir . Je profite de cette occasion pour vous renouveler les sentiments avec lesquels je serai jusqu'au bout de ma vie, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire. »
1 On ne peut pas dire ici précisément en vue de qui V* cite, compte tenu de la multiplicité des personnages portant ce nom .
2 Ceci se réfère à la lettre du 8 septembre 1770 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/03/09/faire-payer-a-vue-pour-mon-compte-six-louis-d-or-neufs-6587040.html
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
12/03/2026
je ne peux les regarder que comme de sots coquins dont l'imposture sera aisément découverte
... Par exemple Zemmour et Cie qui savent manier l'invective et sont incapables de sortir un tract correct, ce qui laisse présager une qualité de gestion des communes en dessous du niveau des pâquerettes : https://www.rtl.fr/actu/politique/il-y-a-une-boulette-le-parti-reconquete-diffuse-un-tract-pour-les-municipales-contenant-nom-ville-au-lieu-de-versailles-7900610960
Ce n'est qu'un exemple de manque de rigueur de partis des extrêmes , de gauche comme de droite, n'y échappant pas bien sûr, tant ils se perdent dans leurs laïus pour démolir les concurrent.e.s . Leurs guéguerres sont clochemerlesques .
« A Gabriel Cramer
à Tournay
Monsieur Cramer peut mander à ses correspondants qui ont reçu la lettre de Neuchâtel 1 du 3è septembre ce petit mot .
Ceux qui ont écrit que je leur donne les Questions sur l'Encyclopédie corrigées et augmentées, etc., en ont menti ; et je ne peux les regarder que comme de sots coquins dont l'imposture sera aisément découverte .
Voltaire ;
Fait au château de Ferney le 10è septembre 1770. »
1 De la Société typographique de Neuchâtel qui se préparait à réimprimer les Questions le plus vite possible, et avec qui V* était effectivement en relations suivies . Elle lui écrivit d'ailleurs le 15 septembre une lettre d'excuses fort humbles .
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
11/03/2026
je n’ai point du tout le nez tourné à la plaisanterie pour le moment présent
... No comment .
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental
Envoyé de Parme
en son hôtel
Quai d'Orsay
à Paris
10è septembre 1770
Mon cher ange, j’ai passé bien du temps sans vous écrire ; je n’avais que mes petits désastres à vous mander ; des ouragans qui m’ont arraché le fruit de douze ans de travail ; une assez longue maladie qui voulait m’emporter dans le pays où il n’y a point d’ouragans et où l’on ne sent pas le moindre vent coulis ; des contradictions dans mes établissements, auxquelles je me suis toujours bien attendu.
La petite-fille d’Adrienne Lecouvreur 1 m’a fait entrevoir qu’elle pourrait bien aller à Paris, et demeurer chez moi en attendant. Il n’y a rien que je ne fisse pour elle, et je vous prie de l’en assurer ; mais je me trouve dans la situation la plus embarrassante . Il a fallu fournir aux frais immenses d’une colonie, et ces frais ne seront remboursés qu’à mes héritiers. Je me suis ruiné pour faire quelque bien.
Pendant ce temps-là, le contrôleur général a manqué à la parole qu’il avait donnée au nom du roi de payer les arrérages de cent soixante millions dont l’emprunt a été enregistré au parlement ; et non-seulement il a manqué à sa parole, mais il n’a pas fait délivrer, depuis six mois, les contrats d’acquisition ; de sorte que je me trouve, avec la plus grande partie de ma fortune, comme si j’étais entièrement ruiné. C’est pourtant un dépôt d’argent comptant, un bien de famille, un bien hypothéqué par contrat de mariage, qu’on m’a pris sans me donner le plus léger dédommagement.
Tant de malheurs venus coup sur coup, surchargés d’une maladie considérable, ne m’ont pas trop laissé la liberté d’écrire, et me mettent encore moins en état de faire ce que je voudrais pour la petite-fille d’Adrienne. Si j’avais quelque petite ressource au moment où je me trouve, je lui donnerais du moins un petit entresol 2 auprès de Mme Denis ; mais je suis si accablé et si désorienté, que je ne puis rien faire.
Je ne vous parle point des deux cent mille francs de M. Garant 3; je suis trop en peine des miens, et je n’ai point du tout le nez tourné à la plaisanterie pour le moment présent.
Je vous demande pardon, mon cher ange, de vous écrire une lettre si triste. Quand vous croirez qu’il sera temps de jouer Le Dépositaire, donnez-moi vos ordres : cela me ragaillardira.
Je me flatte que Mme d’Argental et vous, vous jouissez tous deux d’une bonne santé, et que vous menez une vie charmante. Cela fait ma consolation. Recevez tous deux les assurances de mon tendre et respectueux attachement.
V. »
1 Mlle Daudet, fille de Mlle Lecouvreur. Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Adrienne_Lecouvreur
2 Entrepôt dans l'édition Besterman .
3 Personnage du Dépositaire. Il est question des deux cent mille francs dans la scène iv de l’acte Ier ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome6.djvu/417
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
10/03/2026
Dès que vous pourrez m'en faire tenir un second je vous serai très obligé
... " dit Nicolas Sarkozy en apprenant que sa demande de confusion de peine est rejetée et que le deuxième bracelet est prévu normalement : https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/03/09/bygmalion-le-tribunal-decide-que-nicolas-sarkozy-doit-purger-sa-peine-ferme_6670115_3224.html
« A Gaspard-Henri Schérer Banquier
à Lyon
9è septembre 1770 à Ferney
Lorsque je ne mets point, monsieur, de jour désigné au paiement de mes lettres de change sur M. de La Borde, elles sont toujours payées à vue .
J'ai reçu aujourd'hui dimanche le group d'or d'Espagne que vous avez bien voulu m'envoyer . Dès que vous pourrez m'en faire tenir un second je vous serai très obligé .
J'ai l'honneur d'être bien véritablement, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire. »
00:10 | Lien permanent | Commentaires (0)

