28/12/2025
chef-d’œuvre de sottise fanatique
... Il est difficile de donner le top ten de ce genre d'expression tant les âneries fanatiques sont nombreuses et dépassent l'entendement . Les religions et leurs dogmes en fournissent plus qu'un curé peut en bénir, à base de miracles et promesses de vie éternelle, et de prophètes à la langue bien pendue suivis de disciples crédules et intéressés .
« A Gabriel Cramer
[vers le 15 juillet 1770 ]
Il y a quelque chose de vrai dans l'affaire de Dantzic 1, je crois celle de Lisbonne 2 très fausse .
Si on avait à la bibliothèque la vie de saint François-Xavier, apôtre des Indes 3 , le plus grand fou de son temps après Ignace, on en aurait un très grand besoin pour la lettre F, et monsieur Cramer ferait une très bonne œuvre de l'envoyer . »
1 Se disant offensé par le zèle excessif de la douane de Dantzig, Frédéric II, qui profitait de la situation créée par l'intervention russe en Pologne, avait fait occuper la ville libre le 28 et 29 juin 1770 .
2 Pombal a écrasé durement les révoltes occasionnées par ses réformes .
3 V* possédait une « nouvelle édition » de l’ouvrage de Dominique Bouhours, La Vie de saint François-Xavier, de la Compagnie de Jésus, apôtre des Indes et du Japon, 1754 ; en tête du premier volume il a porté : « par le jésuite Bouhours, chef-d’œuvre de sottise fanatique ».
Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Bouhours
et voir : https://books.google.fr/books?id=vTc_jpe1LOwC&printsec=frontcover#v=onepage&q&f=false
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27/12/2025
Vous autres, messieurs les meurtriers, vous l'aidez de toutes vos forces activement et passivement. Vanitas vanitatum et stultitia stultitiarum
... Meurtriers militaires, bien entendu chez Voltaire , et aussi civils selon moi . Que dire de tous les pays qui s'arment démesurément pendant que des milliers de sans abris crèvent, oui, je dis bien crèvent, dans le froid, y compris en France qui se lance dans la construction d'un porte-avions qui ne sera seulement qu'une cible pour nos adversaires ;les Ukrainiens ont bien montré comment se débarrasser d'un gros navire . Seul mérite : faire travailler des ouvriers et ingénieurs de toutes sortes . Résultat plus que probable : vain . Mise en route : folie orgueilleuse .
« A Gottlob Louis, comte de Schomberg
Vous me permettez, monsieur, d'avoir l'honneur de vous recevoir avec les mêmes sentiments que j'ai reçu de M. le prince Pignatelli, mais avec la même misère, en robe de chambre, et n'en pouvant plus .
Pigalle a sculpté mon squelette mais il ne m'a pas guéri . Il ne fait durer que du marbre, mais un plus grand maître que lui se joue de nos corps et de nos âmes, et vous pulvérise tout cela . Vous autres, messieurs les meurtriers, vous l'aidez de toutes vos forces activement et passivement. Vanitas vanitatum et stultitia stultitiarum 1 . Voilà l'inscription qu'il faut mettre sur tous les tombeaux . Cependant comme il faut jouir de la vie tandis qu'on la tient, j'en jouirai, monsieur, avec délices lorsqu'en revenant de votre régiment vous voudrez bien honorer ma petite retraite de votre présence . Vous y trouverez ma nièce qui vous en fera les honneurs mieux que je ne vous les ai faits.
Permettez-moi de présenter mes respects à M. le prince Pignatelli. Agréez les miens, monsieur, et conservez-moi vos bontés qui adoucissent tous mes maux . »
1 Ecclésiaste, I, 2 : vanité des vanités et sottise des sottises ( ou folie des folies ). Voir : https://www.biblegateway.com/passage/?search=Eccl%C3%A9siaste%201-2&version=LSG
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26/12/2025
un homme du monde aimable
... A part moi *, je n'en vois point d'autre !
*L'auteur a la grosse tête : trop de champagne et de bière sans doute .
« A George Gray etc.
Poland street
London
13è juillet 1770 à Ferney 1
Monsieur, je vous remercie de l’honneur, et encore plus du plaisir que vous m’avez fait. J’ai toujours pensé que l’aventure de la pomme ne méritait qu’une plaisanterie in dogrel rhimes 2 . J’aime mieux la servante Vixen qu’un ennuyeux ange Gabriel et qu’un vilain diable qui disent toujours la même chose. The Paradise lost 3 est l’ouvrage d’un fanatique éloquent, et le vôtre 4 est d’un homme du monde aimable ; je salue de loin le premier, et j’aimerais fort à vivre avec l’autre.
J’ai l’honneur d’être, avec tous les sentiments que je vous dois, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.
Voltaire. »
1 Original sur papier rose,marque de service « franco Engen », cachet constitué d'un signe illisible au-dessus de 30, le tout dans un cercle ; éd. The Manchester Guardian 27 mars 1880.
2 Les doggerel rimes sont des vers boiteux.
3 De Milton ; Paradis perdu : John Milton - Le paradis perdu
4George Gray : A Turkish tale, in five cantos : https://archive.org/details/bim_eighteenth-century_a-turkish-tale-in-five-_gray-george-of-southwi_1770/page/n5/mode/2up
George Gray, membre du conseil de Calcutta, avait écrit, pour l’amusement de la comtesse de Strathmore, une sorte de parodie du Paradis perdu de Milton, qui était intitulée Turkish Tale (conte turc) ; il l’avait envoyé à Voltaire.
Ce billet, jusque-là inconnu, a été imprimé, à l’occasion de la présente édition, dans le Manchester Guardian du 27 mars 1880, d’après l’original, qui est à la Free Library de Manchester. M. Brunetière a eu l’obligeance de le détacher pour nous des pages de ce journal.
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25/12/2025
Nos petites guerres en Allemagne sont des jeux d'enfants en comparaison du grand spectacle que vous donnez à la terre entière ; vous intéressez à la fois Rome et Pékin
... Notre mésentente avec l'Allemagne à propos du Mercosur ne peut se comparer avec les guerres d'Ukraine et de Gaza qui ont effectivement été sources de réactions chinoise et vaticane ; serions nous repartis au XVIIIè siècle ?
L'ours russe a toujours autant d'appétit démesuré, le peuple israelien toujours en quête de terre promise , la Chine compte les points en poussant ses pions en douce et le pape prie en vain , comme d'hab' .
Noël, Noël, n'oublie pas mes cadeaux !...
Fiche-moi la paix ! Paroles de Père Noël fatigué ...
Bon allons voir la Mère Noël : https://www.youtube.com/watch?v=OMfebdGIS_o
« A Catherine II, impératrice de Russie
A Ferney 13 juillet 1770
Madame,
Votre Majesté Impériale m'a bien consolé par la lettre du 27 mai 1 dont elle a daigné m'honorer, mais au 30 mai ma joie a été bien empoisonnée par toutes les mauvaises nouvelles qu'on a débitées . Je renais aujourd'hui . On débite que vos troupes victorieuses ont pris Corinthe , puissent-elles aller bientôt en Thessalie et en Macédoine . Ces pays montagneux ne sont guère propres aux évolutions de mes chars ; mais je leur donne rendez-vous dans les plaines d'Adrianople .
On publie aussi des nouvelles fort agréables de Venise . Si cette république se déclare c’est une preuve indubitable que vos affaires sont dans la meilleure situation . Vous aurez ressuscité à la fois Venise et la Grèce . Aucune cour de l'Europe ne s'attendait à ce qui est arrivé depuis que le nonce du pape déchaîna contre Votre Majesté le mouphti de Mahomet .
Nos petites guerres en Allemagne sont des jeux d'enfants en comparaison du grand spectacle que vous donnez à la terre entière ; vous intéressez à la fois Rome et Pékin .
On ne savait pas auparavant s'il y avait un Brahilow dans le monde . Daignez donc prendre ce Brahilow, madame, je vous en conjure, et passez le Danube qui coule chez les papistes, et chez les protestants et chez les circoncis .
Rendez aux pauvres Grecs leur Jupiter, leur Mars, leur Vénus ; ils n'ont eu de la réputation que tous ces dieux-là . Je ne sais par quelle fatalité ils ont été abrutis dès qu'ils ont été chrétiens . J'espère que tout chrétiens qu'ils sont ils ranimeront leur courage sous vos drapeaux .
Si Votre Majesté ne peut pas prendre Constantinople cette année, ce qui me fâche beaucoup, prenez du moins la Grèce entière 2 , et puissiez vous avoir une communication ouverte de Corinthe à Moscou . Cela aura très bonne grâce dans les cartes géographiques et me consolera un peu de ne pas venir me mettre à vos pieds sur le canal de la mer Noire .
Agréez toujours, madame,mon profond respect et mon admiration pour Votre Majesté impériale.
Le vieil ermite de Ferney. »
2 En fait, comme déjà vu, la campagne de Grèce se termina par une sérieuse défaite russe près de Tripolis.
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24/12/2025
Mon destin est de vous être bien tendrement attaché, jusqu’à ce que mon faible corps soit changé en chou ou en carotte
... Encore un Noël sans vous Mam'zelle Wagnière mais je tiens parole comme je vous l'ai promis . Heureux Noël à tous ceux qui suivent ce blog et meilleurs voeux à ceux qui y jetteront un coup d'oeil un jour prochain .
« A Marie de Vichy de Chamrond, marquise Du Deffand
12è juillet 1770 1
Je vous ai parlé plus d’une fois à cœur ouvert, madame ; il est actuellement fendu en deux, et je vous envoie les deux moitiés dans cette lettre. L’envie et la médisance sont deux nymphes immortelles. Ces demoiselles ont répandu que certains philosophes, que vous n’aimez pas, avaient imaginé de me dresser une statue, comme à leur député ; que ce n’était pas les belles-lettres qu’on voulait encourager, mais qu’on voulait se servir de mon nom et de mon visage pour ériger un monument à la liberté de penser. Cette idée, dans laquelle il y a du plaisant, peut me faire tort auprès du roi. On m’assure même 2 que vous avez pensé comme moi, et que vous l’avez dit à une de vos amies.
Cette pauvre philosophie est un peu persécutée. Vous savez que le gros recueil de l’Encyclopédie est prisonnier d’État à la Bastille avec saint Billard et saint Grizel . Cela est de fort mauvais augure.
Je me trouve actuellement dans une situation où j’ai le plus grand besoin des bontés du roi. Je ne sais si vous savez que j’ai recueilli chez moi une centaine d’émigrants de Genève, que je leur bâtis des maisons, que j’établis une manufacture de montres ; et, si le roi ne nous accorde pas des privilèges qui nous sont absolument nécessaires, je cours risque d’être entièrement ruiné, surtout après les distinctions dont M. l’abbé Terray m’a honoré.
Il est donc très expédient qu’on n’aille point dire au roi, en plaisantant, à souper , les encyclopédistes font sculpter leur patriarche. Cette raillerie, qui pourrait être trop bien reçue, me porterait un grand préjudice. Je pourrais offrir ma protection en Sibérie et au Kamschatka ; mais, en France, j’ai besoin de la protection de bien des gens, et même de celle du roi. Il ne faut donc pas que ma statue de marbre m’écrase. Je me flatte que les noms de M. et de Mme de Choiseul seront ma sauvegarde.
J’aurai l’honneur de vous envoyer, madame, les articles de la petite Encyclopédie que je croirai pouvoir vous amuser un peu : car il ne s’agit à nos âges que de passer le temps et de glisser sur la surface des choses. On doit avoir fait ses provisions un peu avant l’hiver ; et quand il est venu, il faut se chauffer doucement au coin du feu qu’on a préparé.
Adieu, madame ; jouissez du peu que la nature nous laisse. Soumettons-nous à la nécessité qui gouverne toutes choses. Homère avoue que Jupiter obéissait au destin ; il faut bien que nos imaginations lui obéissent aussi. Mon destin est de vous être bien tendrement attaché, jusqu’à ce que mon faible corps soit changé en chou ou en carotte.
V. »
1 Original ; éd. Kehl , copie par Wyart qui transcrit par erreur la date en 11, suivie par toutes les éditions .
2 D’Alembert écrit une lettre du 2 juillet utile à connaître pour comprendre le jeu compliqué d'insinuations et de mensonges qui se jouait entre ces personnages ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_7943
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23/12/2025
Le système de l’égalité m’a toujours paru d’ailleurs l’orgueil d’un fou. Il n’en est pas de même de la tolérance
... Fraternité plutôt qu'égalité : pas facile ; mais quand même plus facile que l'inverse, je crois .
« A Louis-François-Armand du Plessis, duc de Richelieu
À Ferney, 11è juillet 1770
Monseigneur, j’ai reçu, comme j’ai pu, dans mon misérable état, M. le prince Pignatelli, mais avec tout le respect que j’ai pour son nom, et avec l’extrême sensibilité que son mérite m’a inspirée.
Je vous avoue que je suis flatté de ma statue posée au pied de la vôtre, plus que Mlle Le Maure 1 ne l’était d’être dans le carrosse de madame la dauphine. Le carrosse et les chevaux ne sont plus ; votre statue durera, et votre gloire encore davantage. Vous me pousserez à la postérité.
Mon héros, en me caressant d’une main, m’égratigne un peu de l’autre, selon sa louable coutume. Voici ce que je réponds à ces belles invectives contre la philosophie, à laquelle il vous plaît de déclarer la guerre 2 par passe-temps. Lisez, je vous prie, cette page que je détache d’une feuille d’une Encyclopédie de ma façon 3. Elle m’est apportée dans le moment : c’est le commencement d’un article où l’on réfute une partie des extravagances absurdes de Jean-Jacques. Je déteste l’insolence d’une telle philosophie, autant que vous la méprisez. Le système de l’égalité m’a toujours paru d’ailleurs l’orgueil d’un fou. Il n’en est pas de même de la tolérance. Non-seulement les philosophes qui méritent votre suffrage l’ont annoncée, mais ils l’ont inspirée aux trois quarts de l’Europe entière. Ils ont détruit la superstition jusque dans l’Italie et dans l’Espagne. Elle est si bien détruite que dans mon hameau, où j’ai reçu plus de cent Genevois avec leurs familles, on ne s’aperçoit pas qu’il y ait deux religions. J’ai une colonie entière d’excellents artistes en horlogerie ; j’ai des peintres en émail. Le roi a acheté plusieurs montres de ma manufacture. Cet établissement fait venir en foule des marchands de toute espèce. Je bâtis des maisons, je vivifie un désert. Si j’avais été assez heureux pour en faire autant dans les landes de Bordeaux, je suis sûr que vous m’en sauriez gré et que vous appelleriez mes efforts du nom de véritable philosophie. Il était digne de vous de vous déclarer le protecteur des philosophes plutôt que celui de Palissot. Vous savez qu’ils ont un grand parti, et qu’on ambitionne leur suffrage.
Je n’ai plus qu’un désir, c’est celui de vous renouveler mes très tendres hommages, de vous entretenir, de vous ouvrir mon cœur, de vous faire voir qu’il n’est pas indigne de vos bontés. Il est vrai que la vie de Paris me tuerait en huit jours. Il y a plus d’un an que je suis en robe de chambre. J’ai bientôt soixante et dix-sept ans . Je suis très affaibli ; mais je donnerais ma vie pour passer quelques jours auprès de vous, dès que ma colonie n’aura plus besoin de moi.
Il est plaisant qu’un garçon horloger 4, avec un décret de prise de corps, soit à Paris, et que je n’y sois pas.
Votre Paris est plein de tracasseries, tandis que celles de Catherine seconde vont à exterminer l’empire des Turcs. Croyez qu’elle est bien loin d’être dans la situation équivoque où de fausses nouvelles la représentent. Elle a fait deux légions de Spartiates, qui ont tout le courage des héros de la guerre de Troie. Elle peut dans deux mois être maîtresse de la Grèce et de la Macédoine ; et, à moins d’un revers qui n’est pas vraisemblable, vous verrez une grande révolution. Songez que cette même impératrice, dans son code qu’elle a daigné m’envoyer écrit de sa main, a établi la tolérance universelle pour la première de ses lois.
Je vous demande la vôtre. Vous savez si mon cœur est à vous et quel est mon respect, ma passion, mon idolâtrie pour mon héros.
V. »
1 Actrice de l’Opéra devenue dévote.
On raconte que lorsque Catherine-Nicole Le Maure participa à des représentations théâtrales données en 1745 à l'occasion du mariage du dauphin elle avait insisté pour se rendre à Versailles dans un carrosse royal, regrettant seulement de ne pouvoir se mettre à une fenêtre pour se regarder passer .
2 En soutenant la pièce de Palissot , L'Homme dangereux ; voir lettre du 25 juin 1770 à d'Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/11/26/il-faut-reprimer-la-petite-vanite-de-ce-batard-de-diogene-6572099.html
3 Peut-être une partie de l'article « Homme » : https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_philosophique/Garnier_(1878)/Index_alphab%C3%A9tique/H#cite_ref-72
4 J.-J. Rousseau ; V* se permet de mépriser la classe d'origine de celui-ci, comme il l'a fait pour l'évêque d'Annecy, ce qui est exagéré et mis en avant par certains critiques du patriarche ; voir lettre du 9 juillet à d'Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/12/21/bien-des-dames-sont-comme-vous-le-savez-de-grands-enfants-le-6575738.html
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22/12/2025
Vous savez que tout est arbitraire, et que le parlement aime un peu à dégraisser tout fermier du roi
... En notre temps le fermier général du roi est notre gouvernement via notre trésor public via notre percepteur et en effet la Parlement rue dans les brancards, inutilement encore une fois, ne dégraisse pas mais sabote, avec un seul but : prendre la place du calife en vidant tout vizir qui aura la malchance d'être choisi .
Père Noël si tu existais je te demanderais une faveur prioritaire pour nous débarrasser de tant de grandes gueules qui ne pensent qu'à leurs petites personnes .
« A Jean-François-René Tabareau, Directeur
général des Postes, etc.
à Lyon
9è juillet 1770 1
Je vous remercie de tout mon cœur, monsieur, des bonnes nouvelles que vous me donnez du succès de vos affaires . Vous savez combien je m’y intéresse. Je trouve le procès de messieurs des Postes très bon, et je ne suis pas sûr qu’ils le gagnent. Vous savez que tout est arbitraire, et que le parlement aime un peu à dégraisser tout fermier du roi.
Pour saint Billard et saint Grizel, j’opine au pilori. À l’égard du procès du Parlement avec le roi, il est curieux ; nous attendons le dénouement.
Je crois que rien ne pourra empêcher le factum de La Chalotais de paraître . Le public s’amusera, disputera, s’échauffera ; dans un mois tout finira ; dans cinq semaines tout s’oubliera.
Est-on encore, monsieur, dans l’usage de prendre des rescriptions des Postes en payant à Paris au caissier qui ne soit pas un saint ? Mme Denis veut faire venir deux cents louis de Paris . Pourriez-vous les lui faire tenir par la poste, quand son beau-frère les aurait remis à Paris au bureau ?
Mille tendres compliments à M. Vasselier.
Votre très humble, etc. sincère, très attaché, très obéissant serviteur
V.
l’ancien bibliothécaire. »
1 Manuscrit olographe, sauf la date, cachet en relief « Versoix » ; éd. Kehl qui mêle des extraits de la présente lettre et celle du 20 juillet et du 28 juillet 1770 pour en faire une seule « lettre »placée en juillet 1770 sans autre précision .
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