26/11/2025
Il est aussi bon homme que bon artiste . C’est la simplicité du vrai génie
... Je verrais bien Riad Satouf correspondre à cette description :

« A Jean Le Rond d'Alembert
22è juin 1770 à Ferney 1
C’est un beau soufflet, mon cher et vrai philosophe, que vous donnez au fanatisme et aux lâches valets de ce monstre. Vous employez l’art du plus habile sculpteur de l’Europe pour laisser un témoignage d’amitié à votre vieil enfant perdu, à l’ennemi des tyrans, des Ganganelli, des Pompignans et des Frérons . Vous écrasez sous ce marbre la superstition, qui levait encore la tête.
M. le duc de Choiseul se joint à vous, et c’est en qualité d’homme de lettres car je vous assure qu’il fait des vers 2 plus jolis que tous ceux qu’on lui adresse ; et soyez très certain que sans Palissot, fils de son avocat, et sans Fréron, qui a été son régent au collège des jésuites, il aurait été votre meilleur ami . Je le crois actuellement entièrement revenu.
Pour moi, je lui ai presque autant d’obligation qu’à vous. Vous savez dans quel affreux désordre est tombée cette malheureuse petite république de Genève. Les sociniens sont devenus assassins. J’ai recueilli vingt familles émigrantes ; j’ai établi une manufacture de montres chez moi ; M. le duc de Choiseul les a protégées, et a fait acheter par le roi plusieurs de leurs ouvrages. Vous voyez si son nom ne doit pas être placé à côté du vôtre dans l’affaire de la statue.
À l’égard de Federic 3, je crois qu’il est absolument nécessaire qu’il soit de la partie 4. Il me doit, sans doute, une réparation comme roi, comme philosophe, et comme homme de lettres . Ce n’est pas à moi à la lui demander, c’est à vous à consommer votre ouvrage. Il faut qu’il donne peu. Pour quelque somme qu’il contribue, Mme Denis donnera toujours vingt fois plus que lui . Elle est au rang des artistes les plus célèbres en fait de croches et de doubles croches.
M. Pigalle m’a fait 5 parlant et pensant, quoique ma vieillesse et mes maladies m’aient un peu privé de la pensée et de la parole . Il m’a fait même sourire : c’est apparemment de toutes les sottises que l’on fait tous les jours dans votre grande ville, et surtout des miennes. Il est aussi bon homme que bon artiste . C’est la simplicité du vrai génie.
J’ai vu le dessin du mausolée du maréchal de Saxe 6; ce sera le plus grand et le plus beau morceau de sculpture qui soit peut-être en Europe. Il m’a fait l’honneur de me dire, avec sa naïveté dépouillée de tout amour-propre, qu’il avait conçu le dessin des accompagnements de la statue du roi, qu’il a faite pour Reims, sur ces paroles qu’il avait lues dans le Siècle de Louis XIV 7 : C’est un ancien usage de sculpteurs de mettre des esclaves aux pieds des statues des rois ; il vaudrait mieux y représenter des citoyens libres et heureux. 8 Il communiqua cette idée à M. Bertin, qui, en qualité de ministre d’État, et plus encore de citoyen, la saisit avec chaleur, et doubla sa récompense . Ainsi c’est à lui que nous devons l’abolition de cette coutume barbare de sculpter l’esclavage aux pieds de la royauté. Il faut espérer du moins que cette lâcheté insultante à la nature humaine ne reparaîtra plus . Il faut espérer aussi qu’en figurant des citoyens heureux bénissant leurs maîtres, jamais les artistes ne mentiront à la postérité.
Adieu, mon grand philosophe, mon cher ami, et mon soutien.
V.»
1 Original ; éd. Kehl qui place au début de la présente lettre les vers figurant en fait dans la lettre du 19 juin 1770 à Mme Necker, suivant en cela une copie contemporaine, (Th. D. N. B. , Lespinasse) à laquelle est ajoutée un post scriptum : « J'ai vu Panckoucke, tout ira bien . »
2 Voltaire savait bien que le duc de Choiseul n’était pas l’auteur de l’ode contre le roi de Prusse ; voir lettre à d'Argental du 13 juin 1760 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2015/06/10/la-morale-est-un-peu-moins-ennuyeuse-en-vers-bien-frappes-qu-5637586.html
et lettre du 12 juin 1769 à Bernis : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/12/11/si-je-n-obtiens-pas-ce-que-je-demande-je-m-en-prendrai-a-vous.html
et 28 mai 1770 à Schomberg : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/10/29/je-consens-de-signer-quoique-j-aie-la-main-fort-tremblante-6568435.html
3 Nom sous lequel Frédéric II signait ses lettres à V*.
4Voir lettre du 27 avril 1770 à d'Alembert : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/10/01/il-y-a-beaucoup-de-turpitude-dans-toute-cette-affaire.html
5 Arrivé le 17, Pigalle a déjà réalisé une maquette ; voir lettre du 23 juin 1770 à Schomberg : https://www.monsieurdevoltaire.com/2015/12/correspondance-annee-1770-partie-18.html
La statue faite par Pigalle est dans la bibliothèque de l’Institut. On lit au bas ces mots :
À Monsieur De Voltaire, / Par Les Gens de Lettres / Ses Compatriotes et ses Contemporains, 1776.
6 Il est conservé de nos jours dans la cathédrale de Strasbourg après avoir été terminé seulement en 1776.
7 Chapitre XXVIII, page 495 : https://fr.wikisource.org/wiki/Le_Si%C3%A8cle_de_Louis_XIV/%C3%89dition_Garnier/Chapitre_28
8 Sur Bertin, voir lettre du 26 octobre 1768 à Mme Denis : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/05/06/m-6497131cela-est-effroyable.html
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
25/11/2025
Je leur fais de grosses avances, sans aucune vue d'intérêt
... Se vante Donald-à-la-Houppe-Pisseuse dans le même temps qu'il accepte n'importe quoi venant de Moscou au grand dam des Ukrainiens : https://www.lemonde.fr/international/live/2025/11/24/en-d...
« A Gaspard-Henri Schérer, Banquier
à Lyon
20è juin 1770 à Ferney 1
MM. Dufour et Ceret 2 ont répondu, monsieur, au marchand que vous avez eu la bonté de nous procurer . Ils vous présentent leurs remerciements et j'y joins les miens .
Comme ils attendent actuellement des pistoles de Cadix, ils m'ont prié de ne me pas presser de leur en faire venir d'ailleurs .
Je leur fais de grosses avances, sans aucune vue d'intérêt . M. le duc de Choiseul les protège et l'on saura toujours beaucoup de gré à ceux qui auront bien voulu favoriser leur manufacture .
J'ai l'honneur de vous envoyer leur tarif, en vous priant d'en donner copie aux marchands de Lyon, et à vos correspondants de Milan . J’ai l’honneur d'être, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
V. »
1 Original, cachet « Versoix » ; mention « reçue 21 juin ».
2 Une des principales compagnies confectionnant et vendant des montres : la Manufacture royale ; voir : https://www.osenat.com/lot/143817/23531533-dufour-ceret-a-ferney-montre-esearch=&
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
24/11/2025
Je frappe à toutes les portes pour parer ce coup, qui serait funeste aux habitants
... C'est ainsi que Volodymyr Zelensky continue inlassablement sa quête d'aides pour obtenir une paix honorable et non pas un dépouillement à la Poutine soutenu par un Trump qui se fiche du tiers comme du quart de la vie des autres, hableur de première classe, foutriquet au fond .
« A Charles-Frédéric-Gabriel Christin
19è juin 1770 au soir
Mon cher petit philosophe, nous avons donc été malades, éloignés l’un de l’autre, et c’est ce qui m’afflige doublement.
Il est vrai que le libraire de Genève avait vendu quelques exemplaires 1, quoiqu’il n’en dût pas vendre. On a pris alors le parti d’en faire une nouvelle édition. Vous verrez combien elle était nécessaire par la copie de ma lettre à M. de Cléry 2. Vous verrez combien on craint que vous ne soyez renvoyés au parlement de Besançon. Je frappe à toutes les portes pour parer ce coup, qui serait funeste aux habitants.
Il me semble qu’il y a un ancien édit qui porte : nulle servitude sans titre. N’est-ce pas au roi d’expliquer cet édit, émané de l’autorité royale ?
Bonsoir, mon cher philosophe ; je vous embrasse bien tendrement.
V.
On vous envoie quelques exemplaires de la nouvelle fournée, qui pourra adoucir un peu les chanoines.
Le sieur Bavard, dont vous me parlez, a voulu sans doute faire sa cour à ses maîtres aux dépens de ses concitoyens. »
1 Du mémoire au roi pour les serfs de Saint-Claude : requête Au Roi en son Conseil ; voir lettre du 30 janvier 1770 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/07/06/il-faudra-craindre-les-oppositions-de-ceux-qui-sont-interess-6554052.html
Destinée au Conseil, cette requête ne devait pas être rendue publique .
2 Cette lettre n'est pas connue.
16:42 | Lien permanent | Commentaires (0)
J'ajoute à cette triste excuse l'avis que vous me donnâtes, que vous alliez pour longtemps hors de Paris
... Telle est la déclaration du premier ministre Lecornu au président Macron avant son départ pour le G20 en Afrique du Sud , tous deux étant au four et au moulin : https://www.info.gouv.fr/suivre-l-actualite-du-premier-ministre
et https://www.elysee.fr/toutes-les-actualites
A côté d'eux les VRP semblent des pantouflards !
« A [ Anne-Robert-Jacques Turgot ] Monsieur l'abbé de l'Aage
Des Bournais
à Paris
19è juin 1770 à Ferney 1
Monsieur,
Une vieillesse très décrépite, et une longue maladie, sont mon excuse de ne vous avoir pas remercié plus tôt de l'honneur et du plaisir que vous m'avez faits . J'ajoute à cette triste excuse l'avis que vous me donnâtes, que vous alliez pour longtemps hors de Paris .
J'emploie les premiers moments de la convalescence à relire encore votre ouvrage, et à vous dire combien j'en ai été content . Voilà la première traduction où il y ait de l’âme . Les autres pour la plupart sont aussi sèches qu’infidèles . Je vois dans la vôtre de l’enthousiasme, et un style qui est à vous . Qui traduit ainsi méritera bientôt d'avoir des traducteurs . J'applaudis à votre mérite autant que je suis sensible à votre politesse.
J'ai l'honneur d'être avec une estime respectueuse,
monsieur,
votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire. »
1 Original signé . Le nom qu'on lit dans l’adresse -Aage- est celui d'une personne imaginaire inventée par Turgot, tant pour jouer un tour à V* que pour obtenir de lui une appréciation élogieuse de sa poésie . Turgot a en effet tenté une traduction de Virgile en vers mesurés qui est loin d'être sans intérêt ; voir F. Deloffre, Le Vers français, 1979, p. 103-106.
16:14 | Lien permanent | Commentaires (0)
tout spectacle amuse les hommes ; on va également aux marionnettes, au feu de la Saint-Jean, à l’Opéra-Comique, à la grand-messe , à un enterrement
... On manifeste pour , on manifeste contre, on défile en masse pour honorer des assassinés, on tente de se faire remarquer (le fameux 'vu à la TV") par des dépôts de fleurs, bougies, photos, lettres et cartes qui viennent encombrer les trottoirs , faisant les affaires des commerçants , agaçant les employés de la voirie, et ne faisant pourtant pas revenir les morts . On fait ces frais inutiles , et à côté de ça, on râle parce que le kilo de nouilles augmente de cinq centimes : Débile !
« A Suzanne Necker
19è juin 1770 1
Vous qui chez la belle Hypathie 2
Tous les vendredis raisonnez
De vertu , de philosophie
Et tant d'exemples en donnez,
Vous saurez que dans ma retraite
Est venu Phidias Pigal
Pour dessiner l'original
De mon vieux et petit squelette.
Chacun rit vers le mont Jura
En voyant ces honneurs insignes,
Mais la France entière dira
Combien vous seuls en étiez dignes.
Quand les gens de mon village ont vu Pigalle déployer quelques instruments de son art : tiens, tiens, disaient-ils, on va le disséquer ; cela sera drôle. C’est ainsi, madame, vous le savez, que tout spectacle amuse les hommes ; on va également aux marionnettes, au feu de la Saint-Jean, à l’Opéra-Comique, à la grand-messe 3, à un enterrement. Ma statue fera sourire quelques philosophes, et renfrognera les sourcils réprouvés de quelque coquin d’hypocrite ou de quelque polisson de folliculaire . Vanité des vanités !
Mais tout n’est pas vanité 4 ; ma tendre reconnaissance pour mes amis et surtout pour vous, madame, n’est pas vanité.
V.
Mille tendres obéissances à M. Necker. »
1 Original ; minute olographe ; éd. Kehl qui à la suite de la minute omet les vers . Ceux -ci figurent pourtant dans la Correspondance littéraire de Grimm. Au verso de la minute, on lit encore l’ébauche suivante :
« Ce n'est pas moi que l'on contemple
Sous le beau ciseau de Pigal ;
C'est vous, c'est cet illustre exemple
Qu'on donne à mon pays natal ;
C'est »
2 Hypathie qui vécut à Athènes à la fin du IVè siècle après J.-C., était si savante que les magistrats lui demandèrent de faire des cours publics . Peu favorable aux chrétiens, elle mourut assassinée . Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Hypatie
3 Nouvelle assimilation des cérémonies religieuses aux divertissements ; c'est la veine du Pot-Pourri : https://www.libreplay.fr/livres/voltaire/pot-pourri.pdf
Voir par ailleurs une analyse de la présente lettre (prose seule ) par Léo Spitzer, A method of interpreting literature, 1949, p. 74-98 ; voir : https://journals.openedition.org/praxematique/1959?lang=en
4 L’Ecclésiaste dit le contraire, chapitre I, verset 2 : https://saintebible.com/lsg/ecclesiastes/1.htm
15:14 | Lien permanent | Commentaires (0)
Vive désormais le parlement de Toulouse !
... Si toutefois il existait encore ! Pour celui de Paris, aucune félicitation à lui accorder, c'est le haut-lieu de la gabegie , et même guéguerre de chefs de partis par affidés et démolisseurs bêtifiants . Bande de tireurs de couverture ! et dire qu'on les paye grassement pour seulement tourner en rond indéfiniment . Ah ! quelle belle bande pour diriger un pays !
« A l'abbé Joseph Audra
Baron de Saint-Just, Professeur en
histoire etc.
Place Mage
à Toulouse
19è juin 1770
Mon très cher philosophe, vous m’avez raccommodé avec Sirven. Je vois avec plaisir qu’il poursuit son affaire . Je ne doute pas qu’un homme aussi sage et aussi éloquent que M. de La Croix ne lui fasse remporter une victoire entière. Tous les honnêtes gens lui applaudiront. Dites-lui, je vous prie, qu’il ait la bonté d’adresser son mémoire 1 à M. Vasselier, premier commis de la poste de Lyon. Il ne serait pas mal qu’il y en eût deux exemplaires dans le paquet, l’un pour M. Vasselier, l’autre pour moi. Je préviendrai M. Vasselier que l'un de ces mémoires est pour moi 2.Vive désormais le parlement de Toulouse !
Je dois vous dire que j’ai prié M. de La Croix 3 de gronder Sirven d’avoir été six mois entiers sans écrire à ses filles.
À l’égard de votre sage hardiesse, vous n’avez rien à craindre. Il n’y a pas un mot dans votre Abrégé 4 sur lequel on puisse vous inquiéter. On sera fâché, mais comme les plaideurs qui ont perdu leur procès. Vous avez d’ailleurs un archevêque 5 qui pense comme vous, qui est prudent comme vous, et qui sera bientôt de l’Académie . Il ne ressemble point du tout à messire Lefranc de Pompignan 6.
Je vous demande votre bénédiction, mon cher docteur de Sorbonne et je vous donne la mienne, en qualité de capucin. »
1 Ce mémoire est annoncé par Lacroix dans une lettre du 23 août 1770 .
2 Cette phrase est omise dans la copie Beaumarchais-Kehl suivie des éditions .
3 Cette lettre n'est pas connue .
4 L'Histoire générale à l'usage des collèges . Voir : lettre 20 septembre 1769 à Audra : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/04/04/n-6542509si-on-rend-une-justice-complete-a-cette-famille-innocente-et-oppri.html
En fait cet ouvrage attira des ennemis à Audra .
Voir note 1 : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome11.djvu/517
5 M. de Brienne. (Kehl.) — Voir note 2 : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome43.djvu/568
6 Cette phrase depuis « Vous avez … est lisible bien qu'énergiquement biffée sur le manuscrit .
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
23/11/2025
Il jure toujours qu’il y a eu du cul dans cette affaire
... Voyons ce que dira la justice à Gaël Perdriau le 1er décembre : https://www.ledauphine.com/faits-divers-justice/2025/09/3...
Qu'il se souvienne que ce n'est pas beau de mettre son grain de sel où il ne faut pas, en résumé on peut bien le traiter de foutu tordu .
« A Pierre-Michel Hennin
Vous êtes trop bon, monsieur, et Dalloz est un animal. Je vous l’envoie tout malade qu’il est ; je le suis aussi. Il jure toujours qu’il y a eu du cul dans cette affaire. Le mien est dans un piteux état ; il n’est pas fait pour être sculpté par Pigalle. Prêtez-nous le vôtre, ou plutôt votre belle mine,
Consule Fabricio dignum que numismate vultum 1.
Lundi [18 juin 1770] à dix heures trois quarts. 2»
1 Visage digne d'être frappé en médaille sous le consulat de Fabricius . Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Caius_Fabricius_Luscinus
2 Voir lettre de Hennin du 17 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_7921
et celle du 18 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_7925
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)

