03/06/2026
Croyez-vous, mon cher confrère, que M. *** se présente cette fois-ci pour remplir la place vacante ?
... Combien seront-ils cette fois qui veulent évidemment notre bien , et qui sera l'élu qu'on devra supporter tant bien que mal au moins cinq ans ? La place est tentante , jugez-en, elle permet , en toute hypocrisie, de féliciter une équipe de footeux , qui gagnent plus que soi ( monétairement et en popularité ), pour se faire bien voir du populo : ce n'est vraiment pas glorieux , à oublier au plus vite .
Presse people : https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/brigitte-et-emma...
« A Jean-François Marmontel
24 novembre [1770] 1
Je prie instamment Bélisaire de faire succéder M. Gaillard au jeune Moncrif, que j’irai trouver incessamment.
À l’égard de l’empereur Kien-long, je crois qu’il faut lui donner une place d’honoraire à l’Académie des inscriptions, qu’il enrichira de soixante espèces de caractères.
Croyez-vous, mon cher confrère, que M. Riballier se présente cette fois-ci pour remplir la place vacante ?
V. »
1 Toutes les éditions donnent mal à propos ce billet à l’année 1773. (Georges Avenel.)
Copie ancienne ; éd. Supplément au recueil, qui suivant le manuscrit place la lettre en 1773 ; l'erreur est corrigée par Avenel dans l’édition Moland, mais cette fois avec une erreur sur le jour, 28 au lieu du 24, reproduite par toutes les éditions .
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02/06/2026
vous pourrez me dire à cœur ouvert tout ce que vous penserez
... Oui, que peut bien penser Netanyahou après le compliment trumpien "tu es complètement fou" : https://www.youtube.com/watch?v=i0k55NQ1B4I
Pour une fois, Trump sait de quoi il parle . Netanyahou est plus que fou, c'est un assassin dans l'âme, immoral, à juger et condamner au plus tôt .
« A Claude-Germain Le Clerc de Montmercy
24 novembre 1770
Le vieux malade de Ferney, monsieur, vous doit depuis longtemps une réponse 1; il vous l’envoie de la Chine, et peut-être trouverez-vous les vers un peu chinois. Quand vous n’aurez rien à faire, et que vous voudrez écrire à ce vieillard, je vous prie de donner votre lettre à M. Marin ; vous pourrez me dire à cœur ouvert tout ce que vous penserez ; j’aime bien autant votre prose que vos vers.
C’est au bout de trois ans que j’ai su votre demeure par M. Marin, à qui je l’ai demandée. Si vous m’en aviez instruit, je vous aurais remercié plus tôt, tout malade que je suis. Je ne vous ai point écrit depuis la mort de M. Damilaville, notre ami 2; il se chargeait de mes lettres et de mes remerciements.
Il y a toujours dans vos vers des morceaux pleins d’esprit et d’imagination ; on se plaint seulement de la profusion qui empêche qu’on ne retienne les morceaux les plus marqués. Vous trouverez ma lettre bien courte, pour tant de beaux vers dont vous m’avez honoré ; mais pardonnez à un malade qui est absolument hors de combat, et qui sent tout votre mérite beaucoup plus qu’il ne peut vous l’exprimer. »
1 Le Clerc avait certainement envoyé à V* son Epître à M. A. Petit, docteur régent de la Faculté de médecine en l'université de Paris, 1770, qui n'a pas moins de 88 pages : https://web.explore-voltaire.org/v_studio/bv1986/
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Je ne sais pas ce qu’ont opéré messieurs les économistes ailleurs, mais je soupçonne messieurs les Welches de ne pas entendre parfaitement l’économie
... Mon cher Voltaire, nos ministres et parlementaires actuels, et tous les candidats à la présidence, sont tout à fait les Welches du XXIè siècle . Et ceux qui votent pour eux sont tout aussi incultes en prévision économique : abaisser l'âge de la retraite étant une des gaffes majeures qui va mener à une misère remarquable . Le travail semble confiné au rôle de gagne-pain à exercer le moins longtemps possible, s'en débarrasser, avant de passer la patate chaude à la génération suivante : apprenez à compter ! ça NE PEUT PAS MARCHER !
« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental
À Ferney, 24 novembre [1770]
Mon cher ange, je suis presque aveugle . J’écris de ma main, et le plus gros que je peux. Celui qui me soulageait dans ce bel art de mettre ses idées et ses pensées en noir sur du blanc s’est fendu la tête par une chute horrible 1, et j’écris très lisiblement. Vous savez que j’ai écrit aussi au roi de la Chine 2, et je vous ai envoyé la lettre 3. Je m’imagine qu’on ne pourra représenter Sophonisbe et le Dépositaire que chez lui. J’ai prié, de votre part, M. Lantin 4 d’ajouter quelques vers au quatrième acte . Il était impossible de faire mander Massinisse par Scipion, parce que deux actes, dans cette pièce, finissent par un pareil message, et que M. Mairet saurait très mauvais gré à M. Lantin de cette répétition.
À l’égard du Dépositaire, je pense qu’il faut aussi mettre ce drame au cabinet. La cabale fréronique est trop forte, le dépit contre la statue trop amer, l’envie de la casser trop grande 5. De plus, le 6 métaphysique et le larmoyant ont pris la place du comique. Le public ne sait plus où il en est. J’aime ce petit ouvrage ; et plus je l’aime, plus je suis d’avis qu’on ne le risque pas. Je suis, dans mon désert, si éloigné de Paris et de son goût que je n’oserais pas conseiller à Molière de donner le Tartuffe. Il me paraît que le goût est égaré dans tous les genres, et que la littérature ne va pas mieux que les finances.
J’ai écrit à Mlle Daudet 7, conformément à ce que vous m’aviez mandé . Je l’aurais gardée très volontiers pendant six mois, et je lui aurais donné un petit viatique pour Paris ; mais il s’est fait un tel bouleversement dans ma fortune que je n’aurais pu rien faire pour la sienne. La saisie de tout mon argent comptant par M. l’abbé Terray, dans le temps que j’établissais une colonie assez nombreuse, que je bâtissais huit maisons, et que je commençais à faire fleurir une manufacture, a été un coup de tonnerre qui a tout renversé. Figurez-vous un vieux malade obligé d’entrer dans tous les détails, accablé de soins, de vers et de l’Encyclopédie . Il n’y avait que vous et l’empereur de la Chine qui pussent me consoler.
M. le duc de Choiseul a favorisé ma manufacture autant qu’il l’a pu . Je souhaite que M. le duc de Praslin envoie beaucoup de montres à son ami le bey de Tunis, et au prétendu nouveau roi d’Égypte Ali beg ; et même qu’il ne m’oublie pas, quand il aura procuré la paix entre Moustapha et Catherine. Je vous prie instamment de l’en faire souvenir.
On nous a menacés quelque temps de la guerre et de la peste ; mais, Dieu merci, nous n’avons que la famine, du moins dans nos cantons. Le blé vaut plus de cinquante francs le setier, depuis un an, à trente lieues à la ronde. Je ne sais pas ce qu’ont opéré messieurs les économistes ailleurs, mais je soupçonne messieurs les Welches de ne pas entendre parfaitement l’économie.
À l’égard de l’économie des pièces de théâtre, je vous dirai que M. le maréchal de Richelieu refuse son suffrage à Mairet 8; et c’est encore une raison pour ne la pas hasarder. Les sifflets sont encore plus à craindre que la disette. Mes deux aimables et chers anges, vivez aussi gaiement qu’il est possible ; et si vous rencontrez M. Seguier, recommandez-lui d’être sobre en réquisitoires 9, à moins qu’il n’en fasse pour des filles. Et, sur ce, je me mets à l’ombre de vos ailes, au milieu de quatre pieds de neige.
V.»
1Bon nombre des lettres précédentes de V* sont de sa main, mais la lettre à de La Croix du 23 novembre est de celle de Wagnière .
2 Voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome10.djvu/422
3 Voir lettre de novembre 1770 à Cramer : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/05/21/le-sermon-patriotique-de-tartuffe-6595913.html
4 Nom sous lequel Voltaire a donné sa Sophonisbe ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome7.djvu/39
5 Première allusion indiscutable au projet qui doit aboutir à la statue de V* par Pigalle, érigée d'abord au château d'Hornoy, et finalement à l'Institut : https://panoramadelart.com/analyse/voltaire-nu
6 Les éditions ont corrigé ce le en la mais le sens est évidemment « le [genre] métaphysique » . V* pense par exemple aux pièces de « Marivaux le métaphysique » dont certaines étaient encore jouées régulièrement sur les différents théâtres .
7 Cette lettre manque.
8 C’est-à-dire à la Sophonisbe de Voltaire ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome7.djvu/39
9Voir lettre du 26 septembre 1770 à Suzanne Necker : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2010/09/26/on-le-traita-de-seditieux-parce-qu-il-prononca-un-peu-haut-d.html
Seguier venait d’annoncer à Voltaire qu’il ferait en février un réquisitoire contre l’Histoire du Parlement ; cette menace ne fut pas exécutée . Voyez les lettres à Mme de Choiseul, du 15 mai 1771 : https://www.monsieurdevoltaire.com/2016/02/correspondance-annee-1771-partie-12.html
; à Mme de Saint-Julien, du 22 janvier 1772 : https://www.monsieurdevoltaire.com/2016/02/correspondance-annee-1772-partie-1.html
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01/06/2026
Vous voyez, mon cher ami, que les philosophes n’ont pas beau jeu en France
... Tiennent dorénavant le haut du pavé quelques centaines de milliers de gogols fans du PSG, qui permettent à quelques milliers de salopards d'agresser et détruire . Le crétinisme n'a plus de bornes, tout ça parce que des gugusses millionnaires ont pu mettre une baballe de plus que les autres au fond d'un filet . Footeux, vous qui payez si volontiers vos places au stade et abonnements TV, cessez de vous plaindre des prix de la baguette !
« A Jean Le Rond d'Alembert
De tous les malades, mon cher philosophe, le plus ambulant c’est vous, et le plus sédentaire c’est moi.
J’ai d’abord à vous dire que votre archevêque de Toulouse, si tolérant, a fait mourir par son intolérance le pauvre abbé Audra, l’intime ami de l’abbé Mords-les et le mien. Il a fait un mandement cruel contre lui 1, et a sollicité sa destitution de la place de professeur en histoire, qui lui valait plus de mille écus par an. Cette aventure a donné la fièvre et le transport au pauvre abbé ; il est mort au bout de quatre jours . Je viens d’en apprendre la nouvelle 2. On me l’avait cachée pendant plus de six semaines 3. Vous voyez, mon cher ami, que les philosophes n’ont pas beau jeu en France.
Voici une petite persécution à la Décius contre notre primitive église ; mais nous avons pour nous l’empereur de la Chine, l’impératrice Catherine II, le roi de Prusse, le roi de Danemark, la reine de Suède et son fils, beaucoup de princes de l’Empire, et toute l’Angleterre. Dieu aura toujours pitié de son troupeau.
Je crois que vous feriez fort bien de donner pour successeur à Moncrif 4 M. Gaillard, au lieu d’un archevêque, à condition qu’il ne parlera pas des cantiques sacrés que ce Moncrif faisait pour la reine 5. Ma nièce vous fait les plus tendres compliments . Ne m’oubliez pas auprès de votre compagnon de voyage . Et quand vous n’aurez rien à faire, mandez-moi si vous êtes revenu en bonne santé. Je vous embrasse le plus tendrement du monde.
V.
23è novembre 1770. 6»
1 Voir note 1 : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome11.djvu/517
2 Dans une lettre de Firmin de La Croix à laquelle V* répond le 23 novembre 1770 .
3Il est mort le 17 octobre 1770 . V* exagère en attribuant sa mort à l'évêque de Toulouse ; voir lettre du 28 décembre 1770 à d'Alembert : https://www.monsieurdevoltaire.com/2020/07/correspondance-avec-d-alembert-partie-75.html
Voir lettre du 15 janvier 1769 à Gal-Pomaret : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/07/29/le-sang-coulera-tant-que-les-hommes-auront-la-folie-atroce-de-penser-que-no.html
4 Mort le 12 novembre 1770, à quatre-vingt-trois ans. Il eut pour successeur , non pas Gaillard, à la candidature duquel Richelieu fut défavorable, mais Jean-Armand de Bossuejouls de Roquelaure, évêque de Senlis : https://www.academie-francaise.fr/les-immortels/jean-armand-de-roquelaure
5 Ses Poésies chrétiennes composées par l'ordre de la reine, 1747 . V* oublie qu'il a lui-même mis en vers le Cantique des cantiques pour Mme de Pompidou .
6 Copie contemporaine ; éd. Kehl , qui suivie des éditions, omet la formule du dernier paragraphe « Ma nièce [...] »
Le même jour Mme Du Deffand informe Walpole : « Il paraît une brochure qui a pour titre Testament de M. de Voltaire , je n'ose vous l’envoyer, je craindrais qu'elle ne vous ennuyât ; il y a du bon et du mauvais, il y est parlé de beaucoup de gens dont il n'y a que la lettre initiale de leur nom [...] ».
Il s'agissait du Testament politique de M. de V*** de Jean -Henri Marchand, 1770 ; cette satire fut plusieurs fois rééditée . Voir : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6215976r.texteImage
08:57 | Lien permanent | Commentaires (0)
(supposé que les morts soient sensibles )
... André Santini peut s'estimer heureux d'avoir fait carrière de maire d'une , et d'échapper à la justice pour délits sexuels, et de deux .
Personne ne le pleurera , il a vécu comme un nanti , champion du cumul de mandats ( trop bien payés ), magouilleur à l'occasion, en se fichant de la tête des gens : https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Santini
En toute franchise, je n'ai jamais pu blairer cet individu, bon débarras !
« A Pierre-Firmin de Lacroix
Avocat en Parlement, etc .
À Toulouse
23è novembre 1770
J'ignorais, monsieur, la triste fin de notre ami l'abbé Audra ; elle me pénètre de douleur . Je lui avais écrit il n'y a pas quinze jours ; la lettre doit être au bureau de la poste 1. Nous vous aurons grande obligation le mort et moi (supposé que les morts soient sensibles ) de vouloir bien la retirer .
Je ne manquerai pas d'écrire à M. le premier président Niquet 2 , mais je crois que votre mémoire 3 fera beaucoup plus d'effet que toutes les lettres du monde . Vous servez la cause de Sirven avec autant de générosité que d’éloquence . Je prendrai, et je tâcherai de faire vendre des exemplaires .
Il est très vrai qu'on a beaucoup de peine à vivre actuellement vers la Suisse . Le blé y est d'une cherté excessive ainsi que dans notre petite province . Le setier de Paris vaut plus de cinquante francs dans nos quartiers . Je vais tâcher de soulager les filles de Sirven et les engager à attendre la décision . Je doute fort que M. le procureur général 4 soit favorable à Sirven mais je suis très sûr que vous lui concilierez tous les suffrages . La mort de ce pauvre abbé Audra n'a fait qu’augmenter votre zèle . Je pleure sa perte, ma consolation est que Sirven a trouvé en vous un protecteur qui ne l'abandonnera point .
J'ai l'honneur d'être avec tous les remerciements que je vous dois, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
V. »
1 Elle n'est pas connue .
2 Antoine-Joseph de Niquet successeur de Drouyn de Vaudeuil comme premier président après que celui-ci eût résigné sa charge le 29 novembre 1770 ; on ne sait si V* lui écrivit effectivement .
Voir : https://man8rove.com/fr/profile/hrkwcdx2-antoine-joseph-de-niquet
et : https://fr.wikipedia.org/wiki/Premier_pr%C3%A9sident_du_parlement_de_Toulouse
3 Sur ce mémoire voir lettre du 4 septembre 1769 à Lacroix : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/03/17/m-6540038pourquoi-tant-d-assassinats-religieux.html
4 Riquet de Bonrepos .
04:30 | Lien permanent | Commentaires (0)
31/05/2026
À l’égard du plan de l'embellissement de votre ville, je crois qu'avant de commencer cet ouvrage il faudrait s'adresser à quelqu'un qui eût la pierre philosophale
... Il serait bon que les maires, surtout les nouveaux élus, se gardent bien de se lancer dans des projets fumeux et dispendieux . Consulter : https://www.lafinancepourtous.com/2026/03/12/municipales-...
« A Joseph Vasselier
Mon cher correspondant, je reçus par la dernière poste un gros paquet de M. le duc de Choiseul que ses secrétaires avaient oublié de contresigner . Je l'ai trouvé taxé de trois livres . J'ai renvoyé l'adresse à Versoix pour y être fait droit à Lyon . Ce paquet contenait la lettre de M. le duc de Choiseul ci-jointe qui s'est déchirée en ouvrant la première enveloppe . Je vous la renvoie telle qu'elle est, mon cher correspondant, afin que vous ayez la bonté de la faire parvenir à Salses à son adresse .
De plus le même paquet contenait un brevet de brigadier pour mon neveu La Houlière commandant à Salses ; et c’est ce même brevet que je lui envoie aujourd’hui par Lyon cacheté de mon cachet ; il en paiera le port avec plaisir .
Cette petite affaire bien éclaircie, il faut que je vous dise encore un mot des Perra 1 et du duc de Pecquigny qu'on fait le héros de cette affaire . Il se peut à tout force qu'un gagne-denier un peu vif ait sanglé un bon soufflet à un duc, mais il est impossible que ce gagne-denier en ait demandé pardon au Saint-Esprit, quand ce duc n'est pas chevalier du Saint-Esprit .
Mais que ce soit le duc de Pecquigny ou un autre à qui on ait sacrifié la petite Lerouge, cette affaire m’embarrasse . On me reproche de m'être trop avancé en assurant qu'il n'y avait aucun coupable . Il est de la plus grande probabilité que c'est le corps de la Lerouge qu'on a retrouvé dans le Rhône ; et il serait bien étonnant qu'un enfant de cinq ans et demi dît avoir vu les choses singulières qu'il n' a point vues . On dit qu'il n'est pas rare à Lyon qu'on jette des filles dans le Rhône après avoir couché avec elles . Cependant, les Perra me paraissent innocents, et je crois que le tribunal de Lyon a très bien jugé . Reste à savoir qui a jeté la Lerouge dans le Rhône .
Mille tendres compliments à M. Tabareau . Je vous embrasse de tout mon cœur .
V.
21è novembre 1770 à Ferney .
À l’égard du plan de l'embellissement de votre ville, je crois qu'avant de commencer cet ouvrage il faudrait s'adresser à quelqu'un qui eût la pierre philosophale . »
1 Voir lettre du 16 février 1770 à Elie de Beaumont : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/07/24/m-6556559.html
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30/05/2026
vous savez avec quelle tiédeur on parle pour les intérêts d'autrui . On insiste toujours faiblement, et le ministre, accablé d'affaires, oublie très promptement
... Rien de nouveau de ce côté là mon cher Voltaire, les ministres sont toujours des humains, aussi faillibles que leurs concitoyens sont quémandeurs .
« A Mathieu-Henri Marchant de La Houlière
21 novembre 1770
Voici votre brevet, mon cher neveu . M. le duc de Choiseul me l'avait adressé avec un autre paquet pour vous, qui est, je crois, du bureau . Il y a eu deux ou trois malentendus dans cette affaire . Ce paquet du bureau s'est déchiré et j'ai été obligé de le renvoyer à Lyon, tel qu'il est, pour vous être remis à Salses . On avait oublié , aussi, de contresigner l'autre paquet que je vous envoie . Tout cela fait que vous recevez tard votre brevet de brigadier ; mais enfin, vous le recevez . Jouissez, soyez heureux, vous et les vôtres . Je ne vous écris qu'un mot, pour ne pas vous ruiner en port de lettres .
V.
Tous les gens puissants que vous me citez vous ont dit qu'ils avaient parlé : je veux les croire ; mais vous savez avec quelle tiédeur on parle pour les intérêts d'autrui . On insiste toujours faiblement, et le ministre, accablé d'affaires, oublie très promptement . Écrivez, vous dis-je, au plus vite, si vous ne l'avez déjà fait . »
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