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15/04/2026

J’attends le tonneau de vin que vous avez eu la bonté de me retenir . Voici le temps de l'envoyer

...  A votre santé  ! avec Amour, liberté, vérité , sans modération : https://www.youtube.com/watch?v=9FG3BSBarVo

 

 

« A Gaspard-Henri Schérer, Banquier

à Lyon

C'est pour vous donner avis, monsieur, que j'ai tiré sur vous une lettre de change de douze cents francs à l’ordre du sieur Landry pour la fin de ce mois .

Vous avez dû aussi recevoir de moi deux paquets de lettres de change à mon profit, les unes sur Lyon, les autres sur Paris dont je vous prierai de m'accuser la réception et l'encaissement en son temps .

J’attends le tonneau de vin que vous avez eu la bonté de me retenir . Voici le temps de l'envoyer . Je vous en remercie d'avance ; le premier que vous m'avez procuré finit .

J’ai l'honneur d’être, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur

Voltaire.

15è octobre 1770 à Ferney. 1»

1 Original, cachet en relief « Versoix ». Endos : « Reçue le 16 octobre » et « R ».

Il a réformé son plaidoyer dans plusieurs points pour captiver la faveur de ses juges

... Et oui, Nicolas , tu te fais tout petit, dégommant tes anciens complices, limite lèche-cul pour tes juges . Est-ce parce que tu es à bout d'inspiration pour un nouveau livre [sic] que tu mens si fort dans la réalité ?

Voir : https://www.franceinfo.fr/politique/affaire/financement-d...

 

 

« A Charles-Augustin Ferriol, comte d'Argental

15è octobre 1770

Mon cher ange, M. Marin me mande qu’il m’a envoyé, le 6è d'octobre, un gros paquet de vous que je n’ai point reçu, quoiqu’il m’en soit parvenu six contre-signés Choiseul et chancelier. Tous ces six étaient des factums de plaideurs. Cependant je ne crois pas être de la chambre des vacations, encore moins du conseil d’État.

Pour moi, je vous envoie le factum de Massinisse contre Scipion, par l’avocat Lantin 1. Il a réformé son plaidoyer dans plusieurs points pour captiver la faveur de ses juges. Je ne sais si Lekain pourra plaider cette cause à Fontainebleau, devant le duc de Praslin et M. le duc de Choiseul . Je vous adresserai d’autres exemplaires dès que vous l’ordonnerez.

Si vous êtes à Fontainebleau, j’ai bien fait d’adresser ce paquet à M. le duc de Praslin ; et si vous êtes à Paris, j’ai encore bien fait, parce que ce paquet lui arrivera plus sûrement.

Qu’il ait la bonté de me permettre de le féliciter et de le remercier d’avoir mis Tunis à la raison. Comme on aime passionnément dans ce pays-là les montres de France, et qu’elles sont à bien meilleur marché que celles d’Angleterre, la fabrique de Ferney offre ses très humbles services à M. le duc de Praslin.

Pour moi, mon cher ange, je ne vous offre pour le présent que des vers de six pieds en tout genre. Je me flatte que Mme d’Argental est en bonne santé . Mme Denis vous fait les plus tendres compliments.

V. »

14/04/2026

Je ne sais plus où sont ces messieurs

... dit la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet devant les rangs désertés par les députés qui se fichent du tiers comme du quart des autorisations de travailler le 1er mai , eux qui sont payés -grassement- pour glander . 

 

 

« A Jean-François-René Tabareau

Directeur général des Postes

à Lyon

et à Joseph Vasselier

Comment se portent monsieur Tabareau et monsieur Vasselier ? M. d'Alembert et M. le marquis de Condorcet sont-ils encore à Lyon ? J'ai envoyé à M. de Condorcet une lettre qui lui avait été adressée à Ferney, et je l'ai mise sous enveloppe à l'adresse de Lyon . Je ne sais plus où sont ces messieurs .

Je remercie monsieur Vasselier de la petite galanterie qu'il a bien voulu faire à M. Dupont avocat de Colmar .

Y a-t-il un M. de Sorry 1 qui soit connu à Lyon ? Y a-t-il une maison de campagne ou un village sous le nom de Saint-Rambert ?2

Mille compliments, mille amitiés . »

1 S'agit-il du Sorry à qui V* voulait jadis faire remettre par Brossette à Lyon un exemplaire de l'Histoire de Charles XII ? D'après Brossette, il s'agissait en fait d'un M. de Sozzi.

2 Ce Saint-Rambert n'est pas la localité sise comme le dit Besterman « à mi-chemin de Lyon et de Genève » ; c'est une petite commune située sur la Saône, dite de nos jours Saint-Rambert-l'île-Barbe, à quelques kilomètres au nord de Lyon . Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Rambert-l%27%C3%8Ele-Barbe

monsieur le chef de brigade nous en aurait dit de bonnes !

... Si jamais on lui avait demandé son avis . Mais pour l'instant, Trump en dit de mauvaises !

 

« Au chevalier Jacques de Rochefort d'Ally

A Ferney 12è octobre 1770 1

Mon ombre a été consolée, égayée par M. d’Alembert et par M. de Condorcet pendant quinze jours. J’aurais bien dû me vanter de ma fortune à mes deux consolateurs du Vivarais, dont je regrettais plus que jamais la présence. Que Mme la philosophe Dixneufans nous aurait animés ! Que monsieur le chef de brigade nous en aurait dit de bonnes ! Je ne peux plus écrire, tant je suis faible ; mais j’aurais pensé et senti.

M. d’Alembert est actuellement à Lyon, et s’achemine tout doucement en Provence.

Nous jetons enfin les fondements de Versoix ; nous y bâtissons, Mme Denis et moi, la première maison , ce n’est pas que l’aventure des rescriptions 2 m’ait laissé le moyen de bâtir ; mais le zèle fait des efforts, et l’envie de mettre la première pierre dans la ville de M. le duc de Choiseul m’a fait passer par-dessus tout. Je sais bien que je n’habiterai pas cette maison ; mais Mme Denis en jouira, et je suis content ; en attendant, je me flatte d’être encore assez heureux pour voir M. et Mme de Rochefort honorer Ferney de leur présence ; on ne peut finir plus agréablement sa carrière.

Les ordres de monsieur de Rochefort seront ponctuellement exécutés par la colonie des horlogers .

Pardon d'écrire si tard et si peu ; mais je n'en puis plus .

Mille tendres respects .

Le vieil ermite V. » 

1 Copie par Boissy d'Anglas ; autre copie contemporaine ; éd. Vie privée de Voltaire, qui rattache cette lettre à celle de mai 1768 : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2024/01/10/il-s-eleve-une-espece-d-inquisition-en-france-6479649.html

2 Les mesures financières de l’abbé Terray.

13/04/2026

tout ce qui nous environne est l’empire du doute, et le doute est un état désagréable

... For sure !

 

« A Frédéric II, roi de Prusse

À Ferney 12 octobre [1770]

Sire,

Nous avons été heureux pendant quinze jours ; d’Alembert et moi, nous avons toujours parlé de Votre Majesté 1; c’est ce que font tous les êtres pensants ; et s’il y en a dans Rome, ce n’est pas de Ganganelli qu’ils s’entretiennent. Je ne sais si la santé de d’Alembert lui permettra d’aller en Italie : il pourrait bien se contenter cet hiver du soleil de Provence, et n’étaler son éloquence sur le héros philosophe qu’aux descendants de nos anciens troubadours. Pour moi, je ne fais entendre mon filet de voix qu’aux Suisses et aux échos du lac de Genève.

J’ai été d’autant plus touché de votre dernière lettre que j’ai osé prendre en dernier lieu Votre Majesté pour mon modèle. Cette expression paraîtra d’abord un peu ridicule : car en quoi un vieux barbouilleur de papier pourrait-il tâcher d’imiter le héros du Nord ? Mais vous savez que les philosophes vinrent demander des règles à Marc-Aurèle quand il partit pour la Moravie 2, dont Votre Majesté revient.

Je voudrais pouvoir vous imiter dans votre éloquence, et dans le beau portrait que vous faites de l’empereur 3. Je vois à votre pinceau que c’est un maître qui a peint son disciple.

Voici en quoi consiste l’imitation à laquelle j’ai tâché d’aspirer c’est à retirer dans les huttes de mon hameau quelques Genevois échappés aux coups de fusil de leurs compatriotes, lorsque j’ai su que Votre Majesté daignait les protéger en roi dans Berlin.

Je me suis dit : les premiers des hommes peuvent apprendre aux derniers à bien faire. J’aurais voulu établir, il y a quelques années, une autre colonie à Clèves, et je suis sûr qu’elle aurait été bien plus florissante, et plus digne d’être protégée par Votre Majesté ; je ne me consolerai jamais de n’avoir pas exécuté ce dessein ; c’était là où je devais achever ma vieillesse. Puisse votre carrière être aussi longue qu’elle est utile au monde, et glorieuse à votre personne !

Je viens d’apprendre que M. le prince de Brunswick 4, envoyé par vous à l’armée victorieuse des Russes, y est mort de maladie. C’est un héros de moins dans le monde, et c’est un double compliment de condoléance à faire à Votre Majesté : il n’a qu’entrevu la vie et la gloire ; mais, après tout, ceux qui vivent cent ans font-ils autre chose qu’entrevoir ? Je n’ai fait qu’entrevoir un moment Frédéric le Grand ; je l’admire, je lui suis attaché, je le remercie, je suis pénétré de ses bontés pour le moment qui me reste : voilà de quoi je suis certain pour ces deux instants.

Mais pour l’éternité, cette affaire est un peu plus équivoque ; tout ce qui nous environne est l’empire du doute, et le doute est un état désagréable. Y a-t-il un Dieu tel qu’on le dit, une âme telle qu’on l’imagine, des relations telles qu’on les établit ? Y a-t-il quelque chose à espérer après le moment de la vie 5? Gilimer, dépouillé de ses États 6, avait-il raison de se mettre à rire quand on le présenta devant Justinien ? et Caton avait-il raison de se tuer, de peur de voir César ? La gloire n’est-elle qu’une illusion ? Faut-il que Moustapha, dans la mollesse de son harem, faisant toutes les sottises possibles, ignorant, orgueilleux, et battu, soit plus heureux, s’il digère, qu’un héros philosophe qui ne digérerait pas ?

Tous les êtres sont-ils égaux devant le grand Être qui anime la nature ? En ce cas, l’âme de Ravaillac serait à jamais égale à celle de Henri IV ; ou ni l’un ni l’autre n’aurait eu d’âme. Que le héros philosophe débrouille tout cela, car, pour moi, je n’y entends rien.

Je reste, du fond de mon chaos, pénétré de respect, de reconnaissance et d’attachement pour votre personne, et du néant de presque tout le reste. »

1 Bonne nouvelle confirmée au roi de Prusse par une lettre de d'Alembert écrite de Lyon le jour même : « Je viens de passer quinze jours à Ferney chez M. de Voltaire ; il m'a paru pénétré de reconnaissance des bontés de V[otre] M[ajesté] , et les sentir avec un vif attendrissement . Il m'a souvent parlé avec le plus grand intérêt de tout ce que la philosophie et les lettres doivent à V M, du besoin égal et important qu'elles ont et de votre protection et de votre exemple, et du vœu unanime qu'elles doivent faire pour la conservation de vos jours si précieux à l'humanité. » (Œuvres de Frédéric, XXIV, 556)

2 L'allusion à Marc-Aurèle, en rapport avec la Moravie, s'explique de façon précise par un mot de Frédéric lui même, dans une lettre du 9 ou 10 septembre 1752 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1752/Lettre_2429

Frédéric confondait Carnovia ( actuellement Jägendorf ) avec Carnurum, où avait séjourné Marc-Aurèle ; en 1778, selon une note des Œuvres de Frédéric, XXII, 335, il fait encore la même confusion que semble partager V*.

3 Frédéric a en effet raconté son entrevue avec Joseph II qui semble avoir eu des échos dans l’œuvre de V*, par exemple dans l’Eloge historique de la raison ; voir lettre du 16 septembre 1770 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1770/Lettre_8025

et voir/écouter : https://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/voltaire-eloge-historique-de-la-raison.html

4 Guillaume-Adolphe, né en 1745, mort en Bessarabie le 24 août 1770 ; il était membre de l’Académie de Berlin. Outre ce prince, Frédéric avait encore envoyé d’autres officiers à l’armée russe. Voir lettre du 27 juillet 1770 à Frédéric : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/01/19/partageons-les-depouilles-prends-les-dimes-et-laisse-moi-le-6579843.html

5 Ces lignes expriment de façon sincère les doutes de V* : il se sent incapable de répondre à ces questions .

6 Gilimer fut le dernier roi des Vandales.

si Moustapha, son vizir Azem, et son mouphti, étaient informés de l’intérêt que je prends à eux, ils m’en remercieraient en me faisant empaler

... Et c'est peut-être pour ça que notre président ne se rend pas dans ces régions orientales qui voient ces négociateurs mal intentionnés adeptes de cette pensée voltairienne :" malgré mon humeur pacifique, je préfère sans contredit des victoires nouvelles à un accommodement."

Le Donald Trump, lui, continue ses effets de manches, les Iraniens les menaces , bilan : tout le monde perd .

 

 

« A Catherine II, impératrice de Russie

À Ferney 12è octobre 1770 1

Madame,

La lettre de Votre Majesté impériale, du 11 septembre 2, me confirme dans ma joie continue, mais sans redoublement. Je suis persuadé que si Moustapha, son vizir Azem, et son mouphti, étaient informés de l’intérêt que je prends à eux, ils m’en remercieraient en me faisant empaler.

Béni soit leur Allah, si en effet Ali est roi d’Égypte ! mais cette nouvelle grâce de la Providence en faveur de Moustapha me paraît bien douteuse. Nous le saurions à Marseille, qui envoie continuellement des vaisseaux au port d’Alexandrie ; nous en aurions eu des nouvelles certaines par Venise ; personne n’en parle ; on ne se fait pas roi d’Égypte incognito. J’ose dire plus : Votre Majesté aurait déjà, dans ce pays de Pharaon et de Moïse, quelque bon Israélite qui encouragerait la révolution au nom du Seigneur, et qui vous en rendrait compte. Je me borne donc à faire les plus tendres vœux pour que mon cher Moustapha soit chassé à jamais des bords du Nil et de ceux du Danube.

Que Votre Majesté me permette seulement de plaindre ces pauvres Grecs, qui ont le malheur d’appartenir encore à des gens qui parlent turc. Ce sont de petites mortifications que j’éprouve au milieu des plaisirs que me donnent toutes vos victoires. C’est bien assez qu’en aussi peu de temps vous soyez maîtresse absolue de la Moldavie, de la Valachie, de presque toute la Bessarabie, des deux rivages de la mer Noire, d’un côté vers Azoph, et de l’autre vers le Caucase.

Quand Votre Majesté faisait ses belles lois, dont la première était la tolérance, elle ne se doutait pas qu’une aussi bonne chrétienne deviendrait la protectrice des circoncis du Budziak, tous descendants en droite ligne de Tamerlan et de Gengis Kan. Mais puisque vous êtes tous enfants de Noé (quoiqu’il n’ait jamais été connu de personne, excepté des Juifs 3), il est clair que vous êtes tous cousins, et que vous devez vous supporter les uns les autres. Cette tolérance de Votre Majesté pour messieurs les Tartares Bessarabes engagera sans doute l’invincible Moustapha à vous demander la paix. Mais que deviendra ma pauvre Grèce ? Aurai-je la douleur de voir les enfants du galant Alcibiade obéir à d’autres qu’à Catherine la Grande ?

Je remets toujours, madame, au premier congrès les intérêts des jeux olympiques et du théâtre d’Athènes entre vos mains ; mais j’aime mieux m’en rapporter à une bataille qu’à une assemblée de plénipotentiaires. Vous êtes si bien servie par MM. les comtes d'Orlof et par M. le maréchal de Roumanzoff, que, malgré mon humeur pacifique, je préfère sans contredit des victoires nouvelles à un accommodement.

Je suis un peu pressé, je l’avoue, parce que, étant fort vieux et malade, je veux jouir au plus tôt. Pour peu que vous tardiez à vous asseoir sur le trône de Stamboul, il n’y aura pas moyen que je sois témoin de ce petit triomphe.

Que Votre Majesté impériale daigne toujours agréer le profond respect, et la reconnaissance, et les désirs honnêtes du vieil ermite de Ferney.

V. »

1 Minute corrigée par V*, initiale autographe ; éd. Kehl.

2 Ou plutôt du 12 . Voir lettre ( 53 ) dont le dernier paragraphe contient une satire des Français, avec une allusion à un passage de Zadig figurant seulement dans certaines éditions : https://www.monsieurdevoltaire.com/article-correspondance-catherine-ii-et-voltaire-partie-7-37188231.html

les choses iront toujours leur train, quelque opinion qu’on ait ou qu’on feigne d’avoir

... Aussi, cette fois je fais comme Simonide face à Hieron ...

Vive les Ukrainiens : https://www.youtube.com/watch?v=tBRu8PsW6Ew

 

 

« A Marc-René de Voyer de Paulmy, marquis d'Argenson 1

A Ferney 12è octobre 1770

Monsieur,

Je ne suis pas étonné qu’un maître de poste tel que vous 2 mène si bon train l’auteur du Système de la nature 3 . Il me paraît que les maîtres de poste de France ont bien de l’esprit. Vous avez daté votre lettre d’un château où il y en a plus qu’ailleurs, et c’est aussi la destinée du château des Ormes, où je me souviens d’avoir passé des jours bien agréables.

Je ne savais pas, quand je vous fis ma cour à Colmar 4, que vous étiez philosophe ; vous l’êtes, et de la bonne secte : je n’approche pas de vous, car je ne fais que douter. Vous souvenez-vous d’un certain Simonide à qui le roi Hiéron demandait ce qu’il pensait de tout cela ? il prit deux jours pour répondre, ensuite quatre, puis huit ; il doubla toujours, et mourut sans avoir eu un avis.

Il y a pourtant des vérités, et c’en est une peut-être de dire que les choses iront toujours leur train, quelque opinion qu’on ait ou qu’on feigne d’avoir sur Dieu, sur l’âme, sur la création, sur l’éternité de la matière, sur la nécessité, sur la liberté, sur la révélation, sur les miracles, etc., etc., etc.

Rien de tout cela ne fera payer les rescriptions, ni ne rétablira la Compagnie des Indes. On raisonnera toujours sur l’autre monde ; mais sauve qui peut dans celui-ci !

L’ouvrage dont vous m’avez honoré, monsieur, me donne une grande estime pour son auteur, et un regret bien vif d’être si loin de lui. Ma vieillesse et mes maladies ne me permettent pas l’espérance de le revoir, mais je lui serai bien respectueusement attaché, à lui et à toute sa maison, jusqu’au dernier moment de ma vie.

V. »

1 Marc-René, né en 1722, mort dans sa terre des Ormes le 18 septembre 1782.

2 Le marquis a établi aux Ormes une sorte de service postal rapide par poneys .

3 Allusion au protégé du marquis, dom Léger Marie Deschamps dont l'ouvrage Le Vrai Système ne fut publié que de nos jours par Jean Thomas et Franco Venturi, 1939 ; voir Jean Wahl, Cours sur l'athéisme éclairé de dom Deschamps, 1967 .

Voir : https://www.parti-masculin.org/pdf/%c5%92uvres_philosophiques_Dom_Deschamps.pdf

4 Alors qu'il était encore vicomte de Paulmy , voir lettre du 28 mars 1755 ( il lui adressait , ainsi qu' à Sébastien Dupont, un mémorandum demandant la création d'une chaire de droit civil à l'université de Strasbourg )