31/03/2026
Si vous avez quelques notions touchant les contrats des cent soixante millions je vous prie de vouloir bien me les communiquer
... Urgent ? A vous de voir , embarras du choix : https://www.lesechos.fr/finance-marches
« A Gaspard-Henri Schérer
29è septembre 1770 à Ferney 1
Je vous prie, monsieur, de vouloir bien ajouter à mon compte les trois lettres de change ci-jointes.
Je me flatte que vous avez reçu les dix mille francs de M. de La Borde, et les autres paiements .
Si vous avez quelques notions touchant les contrats des cent soixante millions je vous prie de vouloir bien me les communiquer .
J'ai l'honneur d'être, monsieur , votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire . »
1Original signé. Endos « du 29 septembre, Reçue 30 dit », et « £ 1005 sur Grognard ; 1000 sur Alliut frères [ ?] [total] 2005, 5 août ; 246 3 sur Paris à vue ».
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30/03/2026
L'exactitude avec laquelle vous m'avez fait toujours toucher de qui m'était dû, me répond de votre complaisance
... Beau duo à bénéfices réciproques au son du canon

https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/03/30/vu-par-ch...
« A Charles-Henri-Chrétien Rosé
Je vous serai, monsieur, sensiblement obligé si vous voulez bien me faire le paiement du quartier échu à la fin de ce mois. Vous savez combien ce paiement m'est nécessaire . Je vous prie de me faire ce plaisir dont je n’ai jamais eu un si pressant besoin . L'exactitude avec laquelle vous m'avez fait toujours toucher de qui m'était dû, me répond de votre complaisance ; et c'est en vous remerciant que j’ai l'honneur d'être, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire .
A Ferney 29è septembre 1770.1 »
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Son très humble et très obéissant serviteur
... Formule consacrée , disparue au profit de : " veuillez agréer l'expression de mes salutations distinguées" au mieux, ou d'un smiley
« A Guillaume-Claude de Laleu, Secrétaire
du roi, Notaire, rue du Temple
à Paris
Je prie monsieur de Laleu de vouloir bien faire payer pour mon compte quarante livres au porteur, valeur reçue .
Son très humble et très obéissant serviteur
Voltaire .
28è septembre 1770 1.»
1 Original signé ; endos « Reçu Marin », ce qui confirme l'hypothèse déjà faite sur le rôle de Marin comme agent de V* à Paris .
17:24 | Lien permanent | Commentaires (0)
Je sens bien qu'il faudra du temps pour mettre en train cette grande machine mais les délais auxquels on est forcé en affermiront les fondements
... Si vous ou nos gouvernants manquez d'idées, certains ont des conseils à donner : https://www.captaincontrat.com/exercer-un-metier/idees-business
Pourquoi pas ?
« A Louis-Gaspard Fabry
28è septembre 1770 à Ferney 1
Monsieur,
Je dois vous remercier avec tout le pays de votre bonne nouvelle . Après de tels commandements il est impossible qu'on n'achève pas, et probablement vous serez à la tête d’un grand établissement ; vos places vous y appellent, et vos talents vous rendent nécessaire .
Je sens bien qu'il faudra du temps pour mettre en train cette grande machine mais les délais auxquels on est forcé en affermiront les fondements .
Vous attendez incessamment M. Amelot . Le triste état où je suis ne me permet pas de lui faire ma cour ; mais j'espère de votre amitié que vous voudrez bien lui présenter mes très sincères hommages , et être persuadé de ceux avec lesquels j'ai l’honneur d'être,
monsieur
votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire . »
1 Original signé ( baron Gabriel Girod de l'Ain ; Neuilly-sur-Seine, et Chevry 01170 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Girod_de_l%27Ain)
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29/03/2026
Il me paraît qu’on maltraite un peu en France les pensées et les bourses. On craint l’exportation du blé et l’importation des idées
... Formidablement actuel et tristoun' .
Un peu de poésie et de beau texte pour souffler : Prendre de la Hauteur, Magali Michaut : https://www.youtube.com/watch?v=7m5h8TAdBcs
« A Michel-Paul-Guy de Chabanon
28 septembre 1770
M. d’Alembert, mon cher ami, me donne les mêmes consolations que j’ai reçues de vous, quand vous avez égayé et embelli Ferney de toutes vos grâces. Non seulement il n’a point de mélancolie, mais il dissipe toute la mienne. Il me fait oublier la langueur qui m’accable, et qui m’a empêché pendant quelques jours de vous écrire. Il arriva à Ferney dans le moment où M. Seguier en partait. J’aurais bien voulu qu’ils eussent dîné ensemble ; mais Dieu n’a pas permis cette plaisante scène.
En récompense, j’ai M. le marquis de Condorcet, qui est plus aimable que tout le parquet du parlement de Paris.
Il me paraît qu’on maltraite un peu en France les pensées et les bourses. On craint l’exportation du blé et l’importation des idées. Platon dit que les âmes avaient autrefois des ailes ; je crois qu’elles en ont encore aujourd’hui, mais on nous les rogne.
Pour les ailes qui ont élevé l’auteur du Système de la Nature, il me paraît qu’elles ne l’ont conduit que dans le chaos. Non seulement ce livre fera un tort irréparable à la littérature, et rendra 1 les philosophes odieux, mais il rendra la philosophie ridicule. Qu’est-ce qu’un système fondé sur les anguilles de Needham ? quel excès d’ignorance, de turpitude, et d’impertinence, de dire froidement qu’on fait des animaux avec de la farine de seigle ergoté ! il est très imprudent de prêcher l’athéisme ; mais il ne fallait pas du moins tenir son école aux Petites-Maisons.
Ma foi, juge et plaideurs, il faudrait tout lier.2
Voilà ce que je dis toujours, et sauve qui peut ! et sur ce je vous embrasse tendrement ainsi font tous ceux qui habitent Ferney.
V.»
1 Les éditions modernes corrigent tiendra en rendre, qui est en effet plus plausible .
2 Racine, Les Plaideurs, acte I, scène 8 : [Petitjean] : https://www.theatre-classique.fr/pages/programmes/edition.php?t=../documents/RACINE_PLAIDEURS.xml#A1.S18
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28/03/2026
justesse d’esprit, goût et style naturel, avec l’art de vous exprimer avec force sans faire de contorsions
... Qu'on me donne le nom d'un.e qui corresponde à ce compliment .
Faut-il avoir recours à Chatj'aipété qui offre ses services lorsque je lui demande qui peut être l'individu es qualité , et qui botte en touche : "Voulez‑vous un seul mot, une expression courte, ou une formulation plus littéraire/poétique ? Je peux aussi proposer des variantes adaptées à un CV, une biographie ou un texte publicitaire."
Je le presse alors et j'obtiens ceci : "- Barack Obama — éloquence mesurée, clarté et force sans artifice.
- Michelle Obama — authenticité, style et puissance communicative.
- Emmanuel Macron — verve et goût pour la formulation soignée (style politique).
- Chimamanda Ngozi Adichie — finesse d’esprit et prose naturelle en littérature.
- Zadie Smith — élégance, humour et justesse littéraire.
- Alain de Botton — style accessible, culture et sens de la mesure (essais).
- Ta-Nehisi Coates — force argumentative et style direct (journalisme/essais).
- David Sedaris — sens du détail, esprit et naturel dans la narration.
- Angela Merkel — sobriété, pensée claire et expression sans fioritures (politique).
- Nelson Freire / Martha Argerich — (musique) goût, justesse et expression naturelle.
- Emma Watson — élégance, clarté d’engagement et retenue de style (actrice/activiste).
- Satya Nadella — communication claire, sobriété et leadership nuancé (entreprise).
- Ruth Reichl — goût, sensibilité et style dans le monde gastronomique/journalisme.
- Malala Yousafzai — force du propos, simplicité et justesse morale.
- Ibram X. Kendi — rigueur intellectuelle avec expression percutante (chercheur/auteur)."
Une majorité d'inconnus pour moi . Je poursuis la recherche côté francophone : "- Emmanuel Macron (France, politique) — formulation contrôlée, style travaillé.
- Christine Lagarde (France, finance/institutions) — sobriété, clarté et autorité.
- Léa Salamé (France, journalisme) — aisance à l’antenne, questions précises et naturelle.
- Annie Ernaux (France, littérature) — prose juste, dépouillée et percutante.
- Leïla Slimani (France/Maroc, littérature) — finesse d’analyse et style clair.
- Marion Cotillard (France, cinéma) — naturel, élégance et force d’expression.
- Isabelle Huppert (France, théâtre/cinéma) — style discret, intensité maîtrisée.
- Anne‑Sophie Pic (France, gastronomie) — goût, exigence et simplicité expressive.
- Stromae (Belgique, musique) — sens du mot, élégance et authenticité scénique.
- Angèle (Belgique, musique) — naturel, justesse émotionnelle et style contemporain.
- Dany Laferrière (Haïti/Canada, littérature) — finesse, humour et élégance narrative.
- Olivier Py / Olivier Germain‑Thomas (arts/curation) — goût affirmé et expression mesurée.
Souhaitez‑vous une liste restreinte par domaine (politique, littérature, médias, arts, musique) ou uniquement des personnalités françaises/strictement francophones ?"
A part Macron et Christine Lagarde, pas de politicien notable . A vous de jouer !
« A Jean-François de La Harpe
27è septembre 1770
Vous ne m’aviez point dit, mon cher Suétone 1, que je dusse envoyer les deux tomes à M. Suard ; j’en dépêche un, et vous renvoie l’autre ensuite par la même voie.
Je suis bien sûr que vous réussirez en prose et en vers . Vous avez ce qui manque à presque tous les écrivains de ce siècle, justesse d’esprit, goût et style naturel, avec l’art de vous exprimer avec force sans faire de contorsions.
Il est vrai que dans une lettre à Mme la duchesse de Choiseul 2 je glissai quelques vers, 3 où je lui disais tout ce que je pense de vous . J’en cherche la minute, et je ne puis la retrouver. Je suis plus zélé pour mes amis que je ne suis soigneux.
M. d’Alembert est à Ferney ; il m’a mis au fait de tout. Il me semble qu’on traite les gens de lettres comme du temps où on les prenait pour des sorciers. Il faut espérer que la raison, qui fait tant de progrès, en fera aussi sur certaines choses.
Comptez sur les sentiments du vieux malade, qui vous embrasse de tout son cœur.
V. »
1 Les Douze Césars, traduits par La Harpe, venaient de paraître.Voir : https://books.google.fr/books?id=81ZFAQAAMAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=traduits%20de%20suetone&f=false
et https://archive.org/details/lesdouzecsarst02suetuoft/page/n3/mode/2up
2 Lettre du 8 août 1770 adressée en fait à Mme Du Deffand : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2026/01/27/m-6580902.html
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27/03/2026
ils supposent tous qu’il a pensé autre chose que ce qu’il a dit. Il y a longtemps que ces suppositions sont à la mode
... Choisissez un quelconque quidam , politicien de préférence, ou auteur de tout acabit, et soyez bien persuadés que ce que dit le Patriarche se vérifie quasiment toujours, les pour et les contre étant présents depuis Caïn et Abel . Suspecter la duplicité de l'adversaire , pour seul élément de défense ou d'attaque est bien pauvre, mais regardez un peu les débats télévisés et vous en aurez votre soûl , à vomir .
« A Suzanne Necker
26è septembre 1770
Je vous crois actuellement à Paris, madame ; je me flatte que vous avez ramené M. Necker en bonne santé 1. Je lui présente mes très humbles obéissances, aussi bien qu’à monsieur son frère, et je les remercie tous deux de la petite correspondance qu’ils ont bien voulu avoir avec mon gendre, le mari de Mlle Corneille.
J’ai actuellement chez moi M. d’Alembert, dont la santé s’est affermie, et dont l’esprit juste et l’imagination intarissable adoucissent tous les maux dont il m’a trouvé accablé. J’achève ma vie dans les souffrances et dans la langueur, sans autre perspective que de voir mes maux augmentés si ma vie se prolonge. Le seul remède est de se soumettre à la destinée.
M. Thomas fait trop d’honneur à mes deux bras. Ce ne sont que deux fuseaux fort secs ; ils ne touchent qu’à un temps fort court ; mais ils voudraient bien embrasser ce poète philosophe qui sait penser et s’exprimer. Comme dans mon triste état ma sensibilité me reste encore, j’ai été vivement touché de l’honneur qu’il a fait aux lettres par son discours académique 2, et de l’extrême injustice qu’on a faite à ce discours en y entendant ce qu’il n’avait pas certainement voulu dire 3. On l’a interprété comme les commentateurs font Homère ; ils supposent tous qu’il a pensé autre chose que ce qu’il a dit. Il y a longtemps que ces suppositions sont à la mode.
J’ai oui conter qu’on avait fait le procès, dans un temps de famine, à un homme qui avait récité tout haut son Pater noster ; on le traita de séditieux parce qu’il prononça un peu haut « Donnez-nous aujourd’hui notre pain quotidien ».
Vous me parlez, madame, du Système de la Nature, livre qui fait grand bruit parmi les ignorants et qui indigne tous les gens sensés. Il est un peu honteux à notre nation que tant de gens aient embrassé si vite une opinion si ridicule. Il faut être bien fou pour ne pas admettre une grande intelligence quand on en a une si petite . Mais le comble de l’impertinence est d’avoir fondé un système tout entier sur une fausse expérience faite par un jésuite irlandais 4 qu’on a pris pour un philosophe. Depuis l’aventure de ce Malcrais de La Vigne 5, qui se donna pour une jolie fille faisant des vers, on n’avait point vu d’arlequinade pareille. Il était réservé à notre siècle d’établir un ennuyeux système d’athéisme sur une méprise. Les Français ont eu grand tort d’abandonner les belles-lettres pour ces profondes fadaises, et on a tort de les prendre sérieusement.
À tout prendre, le siècle de Phèdre et du Misanthrope valait mieux.
Je vous renouvelle, madame, mon respect, ma reconnaissance et mon attachement.
V. »
1 M. et Mme Necker étaient allés aux eaux de Spa.
2 Le 5 septembre 1770, lors de la réception de Loménie de Brienne, archevêque de Toulouse, à l’Académie française, Thomas, directeur, prononça une réponse beaucoup plus longue que le discours du récipiendaire, et dans laquelle, traitant De l’Esprit des affaires, il donna lieu à des applications piquantes. On défendit l’impression de cette Réponse, qui n’a paru que dans les Œuvres posthumes de Thomas, en 1802. Thomas dit que Voltaire a associé la grâce à l’élévation, la gaieté au sentiment, et le goût au génie ; mais il ne parle pas des bras de Voltaire, du moins dans le discours tel qu’il est imprimé. (Beuchot.)
3 Comme l'avait annoncé Marin à V* le 15 septembre 1770, le discours de Thomas, directeur de l'Académie recevant Loménie de Brienne n'avait pas été publié car on y avait vu une attaque contre le réquisitoire de Séguier qui avait fait condamner divers ouvrages d'Holbach, ainsi que Dieu de V*, et qui fut publié sous le titre Réquisitoire sur lequel est intervenu l'arrêt du parlement du 18 août, qui condamne à être brûlés différents livres et brochures , 1770. : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8614502m.image
Voir : https://www.academie-francaise.fr/discours-de-reception-de-lomenie-de-brienne
Le discours de Thomas fut saisi et l'auteur réduit au silence pendant deux ans . Le discours paru pourtant dans les Œuvres posthumes, 1802. il contient des allusions flatteuses à V*.
4 Needham ; voir : https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_%C5%92uvres_compl%C3%A8tes_Garnier_tome27.djvu/167
5 Sur la supercherie de Paul Desforges-Maillard qui fit passer ses vers pour ceux d'une demoiselle Malcrais de La Vigne, voir lettre de février 1735 : https://fr.wikisource.org/wiki/Correspondance_de_Voltaire/1735/Lettre_464
Voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Desforges-Maillard
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