15/02/2026
Rien de plus illégal
... que les corruptions dont ont bénéficié Dati et Sarkozy et les détournements de Marine et son RN, et pourtant ces délinquants sont encore en liberté grâce aux moyens que leurs fortunes leur permettent de s'offrir dans le même temps qu'on expulse sans délai de leurs logements des malheureux qui ne peuvent plus payer leurs loyers : selon que vous serez puissant ou misérable ...
« Joseph-Marie Balleidier
À Ferney samedi au soir 19è auguste 1770
On a ajouté à la signification, qu'on est prêt à rendre les fruits qui sont fort peu de chose au sieur Sartoris en cas qu'il montre un acte légal par lequel il ait droit à ces fruits . Il a montré au sergent un petit billet de quatre doigts de large par lequel Caumel dit qu'il lui a loué le champ et la maison, à condition qu'il paiera sept louis par an à M. de Voltaire .
Monsieur Balleidier a mandé qu'il fallait absolument un écrit en forme et fait double ; dire qu'on a loué ce n'est que faire une location . Rien de plus illégal .
Ce qui est encore très illégal c'est qu'il est dit : payer à M. de Voltaire, lorsque la terre n'est pas sous son nom . Il est bien vrai qu'il offre de payer les sept louis de rente que doit Caumel . Il est bien vrai que M. de Voltaire lui a dit qu'il les recevrait si lui Sartoris avait un titre valable de location ; mais n'en ayant point, et la rente n’ayant point été payée par Caumel suivant les clauses du contrat, Mme Denis doit, par ces clauses même, rentrer sans aucune formalité dans son bien 1. »
1 Certains y voient une manifestation continue de l'esprit de chicane et de considération de la lettre par V*.
09:12 | Lien permanent | Commentaires (0)
14/02/2026
vous serez très bien servi, et à un grand tiers meilleur marché qu’à Paris
... De nos jours cela ne peut être vrai en province que pour l'alimentation , au grand dam des paysans qui sont sous la coupe des grandes surfaces . Rébellion logique : https://www.leprogres.fr/economie/2026/02/13/degringolade...
« Au chevalier Jacques de Rochefort d'Ally
A Ferney ce 19 auguste 1770 1
Si l’aimable et digne mari de Mme Dixneufans veut une montre avec son portrait, il n’aurait qu’à envoyer ce portrait contresigné Choiseul ; il serait parfaitement copié. Vous voulez sans doute la montre à répétition, une aiguille de diamants . Donnez vos ordres précis ; vous serez très bien servi, et à un grand tiers meilleur marché qu’à Paris. Mes émigrants m’ont fourni, en dernier lieu, une montre que les horlogers de Paris auraient vendue au moins cent louis ; c’est le plus bel ouvrage que j’aie vu de cette espèce.
Nous vous attendons, monsieur, au mois d’octobre. Votre montre sera prête pour le jour que vous aurez ordonné. Nous voudrions bien que M. d’Alembert prît son chemin par Ferney. Je suis plus malade que jamais ; je me flatte que je guérirais en me trouvant avec vous, Mme Dixneufans et lui.
Mme Denis vous fait mille compliments.
V. »
1 Copie par Boissy d'Anglas ( Clarke ) ; éd. Cayrol . Moland date à tort la lettre du 20 août .
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
13/02/2026
Pour peu que la chose soit douteuse on ne veut point avoir de procès
... Qui dit procès dit justice, et pour moi, qui dit justice dit Yann Marguet : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-chronique-de-yann-marguet
ou : https://www.youtube.com/watch?v=GweB_zu_7Vg
« A Joseph-Marie Balleidier
Procureur
à Gex
Monsieur Balleidier manda d'abord ces propres mots, tout acte qui n'est pas fait à double et signé des parties est nul, il n'y a pas de difficulté etc.
En vertu de cette lettre on demanda au sieur Sartoris s'il avait un acte signé double . Il montra une lettre au lieu de montrer un acte .
Il est donc indubitable que le sieur Sartoris ne peut se porter pour locataire des pièces en question , s'il faut absolument un acte double .
Mme Denis n'a donc à faire qu'à Caumel et non à Sartoris . Si Sartoris a ensemencé, Mme Denis n'a pu savoir si le paysan qui ensemençait était envoyé par un autre que par Caumel . Il est tout naturel de croire que c'était Caumel qui faisait ensemencer .
Aujourd’hui Sartoris se présente tout d'un coup non pas au nom de Caumel, mais au sien propre .
Tantôt il se dit locataire, tantôt il dit qu'il a une procuration de Caumel pour faire un abergement .
Si à présent il se dit fermier, ne faut-il pas qu'il montre un acte par lequel il est fermier ?
On n'a jamais dit à monsieur Balleidier que Mme Denis s'opposât au paiement qu'on voudrait lui faire au nom de Caumel . On n'a jamais dit qu'on regardât Sartoris comme abergataire de Caumel . On lui a toujours mandé que Sartoris de disait locataire sans montrer d'autre titre qu'une simple lettre ; et c'est sur cela que monsieur Balleidier écrivit que cette lettre était insuffisante, tout acte qui n'est pas fait à double est nul, et qu'il n'y avait nul inconvénient d'empêcher l’enlèvement de la récolte .
Si actuellement Sartoris change d'idée, s'il se dit fermier, il paraît qu'il doit dire quelles sont les conditions de sa ferme, et montrer qu'en effet il est fermier .
Dans la lettre que Sartoris nous montré, il est dit je vous ai loué ma maison, et non pas je vous ai affermé ma maison .
Ne peut-on pas demander au juge que Sartoris exhibe cette lettre, laquelle prouve que Sartoris ne s'est présenté qu'en qualité de locataire sans titre ?
Monsieur Balleidier est prié de consulter et de faire réponse . Pour peu que la chose soit douteuse on ne veut point avoir de procès .
À Ferney 19è auguste 1770. 1»
1 Original signé . Endos « Répondu le même jour ». Vézinet a édité quelques lignes de cette lettre . Ce jour là le conseil de Genève prit d’énergiques sanctions contre les horlogers qui s'étaient établis à Ferney, et ceux qui pourraient émigrer à Ferney ou à Versoix ; mais le 10 septembre, l'application pratique de cette décision fut suspendue .
00:05 | Lien permanent | Commentaires (0)
12/02/2026
faire une réponse positive
... C'est bien ce que viennent de faire nos champions olympiques qui nous enthousiasment et nous mènent au bord des larmes . Bravo à eux, ce sont des modèles de travail et de courage .
« A Joseph-Marie Balleidier
Le sieur Sartoris, Genevois, a voulu s’impatroniser de la maison et du champ situés à l'entrée de l’avenue du château de Ferney, dans laquelle demeure par ordre du roi le sieur Fillon, horloger .
Cette maison et ce champ ont été abergés 1 par Mme Denis à un nommé Caumel, étranger qui a disparu et dont on ignore la demeure .
On a demandé à Sartoris de quel droit il s'emparait de ces possessions, il a répondu qu'il avait passé un acte avec Caumel. On lui a dit de montrer cet acte qui doit être signé des deux parties et fait double . Il est revenu le lendemain avec une simple lettre du dit Caumel qui parait toute fraîche, et dans cette lettre il dit simplement : Monsieur, je vous ai loué la maison et le champ, sans rien spécifier de plus .
Nous demandons à monsieur Balleidier si c'est là une location en règle, et si nous ne sommes pas en droit d'empêcher qu'on enlève les grains qui répondent du paiement de Caumel, jusqu'à l’exhibition d'un acte en forme . Nous prions monsieur Balleidier de nous faire une réponse positive.
À Ferney 17è auguste 1770 2. »
1 Sur aberger et plus loin abergement, nom de même sens, voir lettre du 7 juin 1770 à Balleidier : http://voltaireathome.hautetfort.com/archive/2025/11/11/obtenues-que-sur-un-faux-expose-et-qu-il-est-evident-qu-il-a-6570035.html
2 Original . Endos de Balleidier : « Répondu le même jour ».
08:40 | Lien permanent | Commentaires (0)
11/02/2026
Croyez-moi, très peu de choses sont dignes du public, surtout dans un temps où ce public est très éclairé et très surchargé
... En voici un exemple fracassant avec l'affaire Epstein et ses trois millions de pièces a disséquer : effarant et désespérant . Voir un survol avec Wiki : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Epstein
Voir aussi avec ChtGPT : " une chronologie complète et factuelle de l’affaire Jeffrey Epstein depuis les premières révélations jusqu’à sa situation au 10 février 2026".
« A Gabriel Cramer
A Ferney 16è auguste 1770 1
Vous me disiez, mon cher voisin, que vous prétendiez absolument que les trois premiers volumes fussent finis au 1er septembre . Votre Suisse n'en prend pas le chemin . Je n'ai eu que deux feuilles depuis votre retour . Vous avez peut-être déjà commencé l'Encyclopédie et vous avez préféré le grand au petit ; mais quand on s'est engagé il ne faut rien sacrifier .
Peut-être aussi avez-vous commencé quelque in-quarto de cette collection que vous faites de mes misères .
Je vous réitère mes instances les plus pressantes, de ne point charger votre édition de tous ces fatras dont je vous ai parlé tant de fois , de toutes ces bagatelles qui n'ont qu'un temps ; de toutes ces petites pièces de société qui ne sont bonnes que pour la société dans laquelle elles ont été faites . Croyez-moi, très peu de choses sont dignes du public, surtout dans un temps où ce public est très éclairé et très surchargé .
Ne réimprimez pas, surtout, les articles que j'avais donnés à l'Encyclopédie . Ce serait un double emploi qui n’est digne ni de vous ni de moi . Vous êtes le maître de mes ouvrages , je ne puis vous empêcher d'imprimer tout ce qu'il vous plaira à vos risques, périls et fortunes ; mais ne m’exposez pas aux révérendes injures de frère Patouillet ex-jésuite, qui dans un mandement de M. de Montillet, archevêque d'Auch, m'appelle auteur mercenaire (quoique assurément je ne vende point mes ouvrages ) , qui m'intitule vagabond, quoique je réside depuis douze ans dans mon château sans en sortir . Si je pouvais vagabonder , ce serait pour aller voir mes amis et surtout vous . »
1 Original ; copie contemporaine incomplète avec en-tête de Wagnière « A M. Gabriel Cramer à Tournay » ; éd. Gagnebin.
17:29 | Lien permanent | Commentaires (0)
10/02/2026
la chose est si importante que je vous supplie de me donner tous les éclaircissements nécessaires sur cet objet
... Nous ne sommes plus en mesure de nous plaindre des avantages commerciaux des Genevois à l'heure où la Chine , elle, géante aux dents longues, veut dévorer la concurrence . Une lutte --à cette heure encore à fleurets mouchetés-- est planifiée :
Allons-nous la faire à la Trump ? Sans réflexion ? Ce serait ridicule .
« A Louis-Gaspard Fabry
16è auguste 1770 à Ferney
Ce que je désire savoir, mon cher monsieur, c'est si les Genevois ne sont pas exempts de certains droits à Lyon, et à Collonge.
On prétend aussi que les Genevois ne paient point la douane de Valence .
En un mot il faut qu'il y ait quelques raisons qui rendent toutes les denrées moins chères à Genève que quand on les fait venir de France, du moins on me l'assure ; et la chose est si importante que je vous supplie de me donner tous les éclaircissements nécessaires sur cet objet . Je vous aurai une obligation infinie et j'espère que la province la partagera avec moi . J'ai l'honneur d'être avec un attachement respectueux, monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur
Voltaire. »
00:09 | Lien permanent | Commentaires (0)
09/02/2026
Malheur aux derniers venus
... Condamnation de tous les candidats tardifs pour les élections municipales ?
« A Gabriel Cramer
[août 1770]
Il est très important que j'envoie à Fontainebleau quelques exemplaires de la réponse au Système de la nature . Je prie monsieur Cramer de vouloir bien m'indiquer où l'on en vend dans Genève . On a donné les ordres les plus rigoureux contre tout ce qui est moulé 1 fût-ce la bible .
Peut-être laissera-t-on entrer quelques exemplaires des Questions mais cela n'est rien moins que sût . Je vous répète que ce Système a tout perdu .
Deux reliés pour Mme Denis, trois ou quatre douzaines en feuilles pour moi si vous le voulez bien . »
1 Moulé, vieux mot équivalent à imprimé ; il restait d’usage dans la langue populaire, et c'est sans doute par plaisanterie que V* l'emploie ici .
« A Gabriel Cramer
[août 1770]
On a attendu monsieur Cramer à souper comme il l'avait promis .
Voici un Errata pour les deux premiers volumes des Questions .
On prétend toujours que le premier volume de l'Encyclopédie suisse paraîtra au mois de janvier . Celui de Lucques va son train . C'est la foire des encyclopédies . Malheur aux derniers venus .
Mille tendres compliments à monsieur et madame Cramer et à monsieur Jean-Louis . »
00:07 | Lien permanent | Commentaires (0)

